Espaces vectoriels topologiques, IV, p. 66
Soient E,F deux espaces de Banach, u un morphisme strict de E sur F. Il existe alors un nombre m>0 tel que pour tout ε∈]0,m[ et tout y∈F, il existe z∈E tel que u(z)=y et ∥z∥≤(m−ε)−1∥y∥. a) Soit B une boule fermée ∥x−a∥≤r dans E, et soit w une application de B dans F vérifiant les conditions suivantes : 1o supx∈B∥w(x)∥=M<+∞;2o il existe un nombre k>0 tel que, quels que soient x,x′ dans B, on ait ∥w(x)−w(x′)∥≤k∥x−x′∥ (« condition de Lipschitz »). Montrer que si k<m et M<r(m−k), l’image de B par l’application x↦u(x)+w(x) contient une boule de centre b=u(a). (Montrer que pour tout y∈F assez voisin de b, on peut définir une suite (xn)n≥0 de points de B telle que u(x0)=y, et u(xn)=y−w(xn−1) pour n≥1, telle que la suite (xn) converge vers un point de B.) b) On suppose que w soit une application de E tout entier dans F, telle que l’on ait ∥w(x)−w(x′)∥≤k∥x−x′∥ quels que soient x,x′ dans E. Montrer que si k<m, u+w est une application surjective et ouverte de E sur F. c) En particulier, si w est une application linéaire continue de E dans F telle que ∥w∥<m, v=u+w est un morphisme strict de E sur F. Si ε∈]0,m[, pour tout x∈v−1(0) tel que ∥x∥=1, il existe x0∈u−1(0) tel que ∥x−x0∥≤∥w∥(m−ε); si de plus ∥w∥<m−ε, pour tout x0∈u−1(0) tel que ∥x0∥=1, il existe x∈v−1(0) tel que
∥x−x0∥≤∥w∥(m−ε−∥w∥). En déduire que s’il existe un sous-espace vectoriel fermé
G de
E supplémentaire de
u−1(0),
G est aussi supplémentaire de
v−1(0) dès que
∥w∥ est assez petit (raisonner par l’absurde pour montrer que la projection de
v−1(0) sur
u−1(0) ne peut être contenue dans un hyperplan fermé de
u−1(0); noter d’autre part qu’il existe
a>0 tel que tout point
x∈G tel que
∥x∥=1 ait une distance
≥a à
u−1(0)).