Bourbaki

§ 1. Intégrale supérieure d’une fonction positive

1. Intégrale supérieure d’une fonction positive semi-continue inférieurement

Soient X un espace localement compact, μ\mu une mesure positive sur X ; on sait que μ\mu est une fonction croissante dans l’ensemble réticulé K+(X)\mathscr{K}_+(X) (que nous noterons aussi K+\mathscr{K}_+).

Nous désignerons par I+(X)\mathscr{I}_+(X) (ou simplement I+\mathscr{I}_+) l’ensemble des fonctions numériques positives, finies ou non, et semi-continues inférieurement dans X. Rappelons que la somme d’une famille quelconque de fonctions de I+\mathscr{I}_+ appartient à I+\mathscr{I}_+; le produit d’une fonction de I+\mathscr{I}_+ par un nombre fini α>0\alpha > 0 appartient à I+\mathscr{I}_+; l’enveloppe supérieure d’une famille quelconque de fonctions de I+\mathscr{I}_+ et l’enveloppe inférieure d’une famille finie de fonctions de I+\mathscr{I}_+ appartiennent aussi à I+\mathscr{I}_+ (Top. gén., chap. IV, § 6, n° 2, prop. 2 et th. 4). Nous utiliserons en outre le lemme suivant :

Lemme 1

Toute fonction f∈I+f \in \mathscr{I}_+ est l’enveloppe supérieure de l’ensemble (filtrant pour la relation ⩽\leqslant) des fonctions g∈K+g \in \mathscr{K}_+ telles que g⩽fg \leqslant f.

En effet, pour tout x∈Xx \in X tel que f(x)>0f(x) > 0, et pour tout nombre réel fini aa tel que 0<a<f(x)0 < a < f(x), il existe par hypothèse un voisinage compact V de x tel que f(y)≥af(y) \geq a dans V; d’autre part, il existe une fonction g∈K+g \in \mathscr{K}_+, de support contenu dans V, égale à aa au point xx et ≤a\leq a dans V (Top. gén., chap. IX, § 1, n° 5, th. 2); on a donc 0≤g≤f0 \leq g \leq f et g(x)≥ag(x) \geq a, ce qui démontre le lemme.

Définition 1

Etant donnée une mesure positive μ\mu sur X, on appelle intégrale supérieure d’une fonction f∈J+f \in \mathscr{J}_+ (par rapport à μ\mu) le nombre positif (fini ou égal à +∞+\infty)

μ∗(f)=sup⁡g∈K+,g≤fμ(g). \mu^*(f) = \sup_{g \in \mathscr{K}_+, g \leq f} \mu(g).

Pour toute fonction f∈K+f \in \mathscr{K}_+, il est clair que μ∗(f)=μ(f)\mu^*(f) = \mu(f), autrement dit μ∗\mu^* est un prolongement de μ\mu à J+\mathscr{J}_+.

Exemple

Soient X un espace discret, μ\mu une mesure positive sur X, et posons α(x)=μ(φ{x})\alpha(x) = \mu(\varphi_{\{x\}}) pour tout x∈Xx \in X. Toute fonction numérique ff définie dans X est alors continue; pour une telle fonction f≥0f \geq 0, on a μ∗(f)=∑x∈Xα(x)f(x)\mu^*(f) = \sum_{x \in X} \alpha(x)f(x), en convenant de poser α(x)f(x)=0\alpha(x)f(x) = 0 lorsque α(x)=0\alpha(x) = 0 et f(x)=+∞f(x) = +\infty. En effet, on a

∑x∈Xα(x)f(x)=sup⁡M(∑x∈Mα(x)f(x)), \sum_{x \in X} \alpha(x)f(x) = \sup_M (\sum_{x \in M} \alpha(x)f(x)),
où M parcourt l’ensemble des parties finies de X. S’il existe x0∈Xx_0 \in X tel que f(x0)=+∞f(x_0) = +\infty et α(x0)>0\alpha(x_0) > 0, on a ∑x∈Mα(x)f(x)=+∞\sum_{x \in M} \alpha(x)f(x) = +\infty dès que x0∈Mx_0 \in M, et d’autre part, pour tout entier n>0n > 0, on a f≥n⋅φ{x0}f \geq n \cdot \varphi_{\{x_0\}}, donc μ∗(f)≥nα(x0)\mu^*(f) \geq n \alpha(x_0), et par suite μ∗(f)=+∞\mu^*(f) = +\infty. Si au contraire α(x)=0\alpha(x) = 0 en tous les points où f(x)=+∞f(x) = +\infty, la fonction g égale à ff aux points x∈Mx \in M où α(x)>0\alpha(x) > 0, à 0 ailleurs, appartient à K+\mathscr{K}_+, et l’on a, en vertu des conventions faites, μ(g)=∑x∈Mα(x)f(x)\mu(g) = \sum_{x \in M} \alpha(x)f(x), ce qui prouve encore la relation μ∗(f)=∑x∈Xα(x)f(x)\mu^*(f) = \sum_{x \in X} \alpha(x)f(x).

Proposition 1

Pour tout nombre réel fini α>0\alpha > 0 et toute fonction f∈J+f \in \mathscr{J}_+, on a

(1)

μ∗(αf)=αμ∗(f). \mu^*(\alpha f) = \alpha \mu^*(f).

Proposition 2

Sur l’ensemble J+\mathscr{J}_+, la fonction μ∗\mu^* est croissante.

Les démonstrations sont immédiates à partir de la déf. 1.

Théorème 1

Soit H un ensemble non vide de fonctions de J+\mathscr{J}_+, filtrant pour la relation ≤\leq. Pour toute mesure positive μ\mu sur X, on a

(2)

μ∗(sup⁡g∈Hg)=sup⁡g∈Hμ∗(g)=lim⁡g∈Hμ∗(g). \mu^*(\sup_{g \in H} g) = \sup_{g \in H} \mu^*(g) = \lim_{g \in H} \mu^*(g).

Posons f=sup⁡g∈Hgf = \sup_{g \in H} g. Nous démontrerons d’abord le théorème dans le cas particulier où les fonctions g∈Hg \in H et leur enveloppe supérieure ff appartiennent à K+\mathscr{K}_+. Il résulte alors du th. de Dini (Top. gén., chap. X, 2e éd., § 4, n° 1, th. 1) que le filtre des sections de H converge uniformément vers ff dans toute partie compacte de X, et en particulier dans le support K de ff. Comme 0≤g≤f0 \leq g \leq f pour toute fonction g∈Hg \in H, le support de toute fonction de H est contenu dans K ; mais par définition μ\mu est continue dans l’espace vectoriel K(X,K;C)\mathscr{K}(X, K; \mathbf{C}) des fonctions continues à support contenu dans K, pour la topologie de la convergence uniforme ; d’où la relation (2) dans ce cas.

Passons au cas général. Il est clair que μ∗(g)≤μ∗(f)\mu^*(g) \leq \mu^*(f) pour toute fonction g∈Hg \in H. D’après la déf. 1, tout revient à montrer que, pour toute fonction ψ∈K+\psi \in \mathscr{K}_+ telle que ψ≤f\psi \leq f, on a

μ(ψ)≤sup⁡g∈Hμ∗(g). \mu(\psi) \leq \sup_{g \in H} \mu^*(g).

Pour toute fonction g∈Hg \in H, soit Φg\Phi_g l’ensemble des fonctions φ∈K+\varphi \in \mathscr{K}_+ telles que φ≤g\varphi \leq g, et soit Φ\Phi la réunion des ensembles Φg\Phi_g lorsque g parcourt H ; comme H est filtrant, il en est de même de Φ\Phi, et on a f=sup⁡φ∈Φφf = \sup_{\varphi \in \Phi} \varphi. Comme ψ≤f\psi \leq f, ψ\psi est l’enveloppe supérieure de l’ensemble des fonctions inf⁡(ψ,φ)\inf (\psi, \varphi) lorsque φ\varphi parcourt Φ\Phi ; mais comme ψ\psi et les fonctions inf⁡(ψ,φ)\inf (\psi, \varphi) appartiennent à K+\mathscr{K}_+, la première partie de la démonstration prouve que μ(ψ)=sup⁡φ∈Φμ(inf⁡(ψ,φ))\mu(\psi) = \sup_{\varphi \in \Phi} \mu(\inf(\psi, \varphi)). Or, chaque φ∈Φ\varphi \in \Phi appartient à un ensemble Φg\Phi_g, donc

μ(inf⁡(ψ,φ))≤μ(φ)≤μ∗(g)≤sup⁡g∈Hμ∗(g) \mu(\inf (\psi, \varphi)) \leq \mu(\varphi) \leq \mu^*(g) \leq \sup_{g \in H} \mu^*(g)

d’où l’on déduit aussitôt que μ(ψ)≤sup⁡g∈Hμ∗(g)\mu(\psi) \leq \sup_{g \in H} \mu^*(g). Nous avons donc prouvé que μ∗(f)=sup⁡g∈Hμ∗(g)\mu^*(f) = \sup_{g \in H} \mu^*(g); la relation μ∗(f)=lim⁡g∈Hμ∗(g)\mu^*(f) = \lim_{g \in H} \mu^*(g) est alors une conséquence du théorème de la limite monotone (Top. gén., chap. IV, § 5, n° 2, th. 2).

Théorème 2

Si f1f_1 et f2f_2 sont deux fonctions de J+\mathscr{J}_+, on a

(3)

μ∗(f1+f2)=μ∗(f1)+μ∗(f2). \mu^*(f_1 + f_2) = \mu^*(f_1) + \mu^*(f_2).

En effet, lorsque φ1\varphi_1 (resp. φ2\varphi_2) parcourt l’ensemble des fonctions de K+\mathscr{K}_+ telles que φ1≤f1\varphi_1 \leq f_1 (resp. φ2≤f2\varphi_2 \leq f_2), les fonctions φ1+φ2\varphi_1 + \varphi_2 forment un ensemble filtrant (pour ≤\leq) dont l’enveloppe supérieure est f1+f2f_1 + f_2. En vertu du th. 1, on a donc

μ∗(f1+f2)=sup⁡μ(φ1+φ2)=sup⁡(μ(φ1)+μ(φ2)), \mu^*(f_1 + f_2) = \sup \mu(\varphi_1 + \varphi_2) = \sup (\mu(\varphi_1) + \mu(\varphi_2)),

(φ1,φ2)(\varphi_1, \varphi_2) parcourant l’ensemble des couples de fonctions de K+\mathscr{K}_+ telles que φ1≤f1\varphi_1 \leq f_1 et φ2≤f2\varphi_2 \leq f_2; comme on a

sup⁡(μ(φ1)+μ(φ2))=sup⁡μ(φ1)+sup⁡μ(φ2) \sup (\mu(\varphi_1) + \mu(\varphi_2)) = \sup \mu(\varphi_1) + \sup \mu(\varphi_2)

(Top. gén., chap. IV, § 5, n° 7, cor. 2 de la prop. 12), le théorème est démontré.

Proposition 3

Pour toute famille* (fi)i∈I(f_i)_{i \in I} de fonctions de I+\mathscr{I}_+, *on a

μ∗(∑i∈Ifi)=∑i∈Iμ∗(fi). \mu^*\left( \sum_{i \in I} f_i \right) = \sum_{i \in I} \mu^*(f_i).

En effet, pour toute partie finie JJ de II, il résulte du th. 2 (par récurrence sur le nombre d’éléments de JJ) que μ∗(∑i∈Jfi)=∑i∈Jμ∗(fi)\mu^*\left( \sum_{i \in J} f_i \right) = \sum_{i \in J} \mu^*(f_i); lorsque JJ parcourt l’ensemble des parties finies de II, les fonctions gJ=∑i∈Jfig_J = \sum_{i \in J} f_i appartiennent à I+\mathscr{I}_+ et forment un ensemble filtrant pour la relation ≤\leq, dont l’enveloppe supérieure est la fonction ∑i∈Ifi\sum_{i \in I} f_i; la proposition résulte donc du th. 1.

Proposition 4

Soit* ff une fonction de I+\mathscr{I}_+. L’application μ↦μ∗(f)\mu \mapsto \mu^*(f) de l’ensemble M+(X)\mathscr{M}_+(X) des mesures positives sur XX, dans la droite achevée Rˉ\bar{\mathbf{R}}, est semi-continue inférieurement pour la topologie vague sur M+(X)\mathscr{M}_+(X) (chap. III, § 1, n° 9).

En effet, cette application est par définition l’enveloppe supérieure des applications μ↦μ(g)\mu \mapsto \mu(g), où gg parcourt l’ensemble des fonctions de K+\mathscr{K}_+ telles que g≤fg \leq f; et par définition de la topologie vague, les applications μ↦μ(g)\mu \mapsto \mu(g) sont continues dans M(X)\mathscr{M}(X).

2. Mesure extérieure d’un ensemble ouvert

Etant donné un ensemble ouvert G⊂XG \subset X, sa fonction caractéristique φG\varphi_G est semi-continue inférieurement dans XX (Top. gén., chap. IV, § 6, n° 2, cor. de la prop. 1). On peut donc poser la définition suivante:

Définition 2

Etant donnée une mesure positive μ\mu sur XX, pour tout ensemble ouvert G⊂XG \subset X, on appelle mesure extérieure de GG, et l’on note μ∗(G)\mu^*(G), l’intégrale supérieure μ∗(φG)\mu^*(\varphi_G).

La mesure extérieure d’un ensemble ouvert GG est donc un nombre ⩾0\geqslant 0, fini ou égal à +∞+\infty. On a μ∗(∅)=0\mu^*(\emptyset) = 0. En outre μ∗(X)=∥μ∥\mu^*(X) = \| \mu \|, comme le montre la formule (23) du chap. III, § 1, n° 8.

Proposition 5

La mesure extérieure d’un ensemble ouvert relativement compact GG est finie.

En effet, il existe alors une fonction f∈K+f \in \mathscr{K}_+ telle que φG⩽f\varphi_G \leqslant f (chap. III, § 1, n° 2, lemme 1), d’où

μ∗(G)=μ∗(φG)⩽μ∗(f)=μ(f)<+∞. \mu^*(G) = \mu^*(\varphi_G) \leqslant \mu^*(f) = \mu(f) < +\infty.
Un ensemble ouvert de mesure extérieure finie n’est pas toujours relativement compact (exerc. 3).

Proposition 6

Si G1G_1 et G2G_2 sont deux ensembles ouverts tels que G1⊂G2G_1 \subset G_2, on a μ∗(G1)⩽μ∗(G2)\mu^*(G_1) \leqslant \mu^*(G_2).

En effet, la relation G1⊂G2G_1 \subset G_2 équivaut à φG1⩽φG2\varphi_{G_1} \leqslant \varphi_{G_2}.

Proposition 7

Soit G\mathfrak{G} un ensemble de parties ouvertes de XX, filtrant pour la relation ⊂\subset; on a

μ∗(⋃G∈GG)=sup⁡G∈Gμ∗(G). \mu^*\left( \bigcup_{G \in \mathfrak{G}} G \right) = \sup_{G \in \mathfrak{G}} \mu^*(G).
En effet, les fonctions φG\varphi_G forment un ensemble filtrant (pour ⩽\leqslant) dans J+\mathscr{J}_+ et leur enveloppe supérieure est la fonction caractéristique de la réunion des ensembles G∈GG \in \mathfrak{G}; la proposition est donc une conséquence du th. 1.

Proposition 8

Soit (Gi)i∈I(G_i)_{i \in I} une famille quelconque d’ensembles ouverts; on a

μ∗(⋃i∈IGi)⩽∑i∈Iμ∗(Gi). \mu^*\left( \bigcup_{i \in I} G_i \right) \leqslant \sum_{i \in I} \mu^*(G_i).
En outre, si les GiG_i sont deux à deux sans point commun, on a
μ∗(⋃i∈IGi)=∑i∈Iμ∗(Gi). \mu^*\left( \bigcup_{i \in I} G_i \right) = \sum_{i \in I} \mu^*(G_i).
En effet, si G=⋃i∈IGiG = \bigcup_{i \in I} G_i, on a φG=sup⁡i∈IφGi⩽∑i∈IφGi\varphi_G = \sup_{i \in I} \varphi_{G_i} \leqslant \sum_{i \in I} \varphi_{G_i}; lorsque les GiG_i sont deux à deux sans point commun, φG=∑i∈IφGi\varphi_G = \sum_{i \in I} \varphi_{G_i}; la proposition est donc conséquence du th. 1 et de la prop. 3.

Exemple

Prenons X=RX = \mathbf{R}, et soit μ\mu la mesure de Lebesgue sur R\mathbf{R} (chap. III, § 1, n° 3); nous allons déterminer la mesure extérieure d’un intervalle ouvert G=]a,b[G = ]a, b[ (−∞≤a<b≤+∞-\infty \leq a < b \leq +\infty). Supposons d’abord aa et bb finis. Pour toute fonction de ff de K+\mathscr{K}_+ telle que f≤φGf \leq \varphi_G, on a, d’après le th. de la moyenne,

∫−∞+∞f(x) dx=∫abf(x) dx≤b−a, \int_{-\infty}^{+\infty} f(x) \, dx = \int_a^b f(x) \, dx \leq b - a,

d’où μ∗(G)≤b−a\mu^*(G) \leq b - a. D’autre part, pour tout ε>0\varepsilon > 0, il existe une fonction f∈K+f \in \mathscr{K}_+ telle que f≤φGf \leq \varphi_G et f(x)=1f(x) = 1 pour a+ε≤x≤b−εa + \varepsilon \leq x \leq b - \varepsilon; d’où μ∗(G)≥b−a−2ε\mu^*(G) \geq b - a - 2\varepsilon; comme ε\varepsilon est arbitraire, on a

μ∗(G)=b−a; \mu^*(G) = b - a;

en d’autres termes, la mesure extérieure de GG est égale à sa longueur. Ce résultat s’étend aussitôt au cas où GG est un intervalle ouvert illimité, puisqu’il contient alors des intervalles ouverts bornés de longueur arbitrairement grande; on a donc dans ce cas μ∗(G)=+∞\mu^*(G) = +\infty.

Soit maintenant GG un ensemble ouvert quelconque dans R\mathbf{R}; GG est une réunion d’un ensemble dénombrable (fini ou infini) d’intervalles ouverts ]ak,bk[]a_k, b_k[, deux à deux sans point commun (Top. gén., chap. IV, § 2, n° 5, prop. 2); on a par suite

μ∗(G)=∑k(bk−ak) \mu^*(G) = \sum_k (b_k - a_k)

(prop. 8); autrement dit:

Proposition 9

Pour la mesure de Lebesgue sur R\mathbf{R}, la mesure extérieure d’un ensemble ouvert dans R\mathbf{R} est égale à la somme des longueurs de ses composantes connexes.

On notera en particulier que si GG est un ensemble ouvert dans R\mathbf{R} tel que μ∗(G)=0\mu^*(G) = 0, GG est vide.

3. Intégrale supérieure d’une fonction positive

Pour toute fonction numérique f≥0f \geq 0 (finie ou non) définie dans XX, il existe des fonctions h∈J+h \in \mathscr{J}_+ telles que f≤hf \leq h, ne serait-ce que la constante +∞+\infty.

Définition 3

Soit μ\mu une mesure positive sur XX; pour toute fonction numérique f≥0f \geq 0 (finie ou non) définie dans XX, on appelle intégrale supérieure de ff (par rapport à μ\mu) le nombre positif (fini ou égal à +∞+\infty)

μ∗(f)=inf⁡h≥f,h∈I+μ∗(h). \mu^*(f) = \inf_{h \geq f, h \in \mathscr{I}_+} \mu^*(h).

Lorsque f∈I+f \in \mathscr{I}_+, le nombre μ∗(f)\mu^*(f) ainsi défini est égal à l’intégrale supérieure définie dans la déf. 1, puisque μ∗\mu^* est croissante dans I+\mathscr{I}_+.

Au lieu de la notation μ∗(f)\mu^*(f), nous utiliserons aussi les notations ∫∗fdμ\int^* f d\mu, ∫∗f(x)dμ(x)\int^* f(x) d\mu(x), ∫∗fμ\int^* f\mu et ∫∗f(x)μ(x)\int^* f(x)\mu(x).

Exemple

Si XX est un espace discret, μ\mu une mesure positive sur XX et si l’on pose α(x)=μ(φ{x})\alpha(x) = \mu(\varphi_{\{x\}}), on a μ∗(f)=∑x∈Xα(x)f(x)\mu^*(f) = \sum_{x \in X} \alpha(x)f(x) pour toute fonction numérique f≥0f \geq 0 définie dans XX, puisqu’une telle fonction est continue (n° 1, Exemple).

Proposition 10

Si ff et gg sont deux fonctions numériques ≥0\geq 0 définies dans XX et telles que f≤gf \leq g, on a μ∗(f)≤μ∗(g)\mu^*(f) \leq \mu^*(g).

Proposition 11

Pour tout nombre réel fini α>0\alpha > 0 et toute fonction numérique f≥0f \geq 0 définie dans XX, on a

μ∗(αf)=αμ∗(f). \mu^*(\alpha f) = \alpha \mu^*(f).

Proposition 12

Si f1f_1 et f2f_2 sont deux fonctions numériques ≥0\geq 0 définies dans XX, on a

μ∗(f1+f2)≤μ∗(f1)+μ∗(f2). \mu^*(f_1 + f_2) \leq \mu^*(f_1) + \mu^*(f_2).

En effet, pour toute fonction h1∈I+h_1 \in \mathscr{I}_+ telle que f1≤h1f_1 \leq h_1 et toute fonction h2∈I+h_2 \in \mathscr{I}_+ telle que f2≤h2f_2 \leq h_2, on a, en vertu du th. 2,

μ∗(f1+f2)≤μ∗(h1+h2)=μ∗(h1)+μ∗(h2) \mu^*(f_1 + f_2) \leq \mu^*(h_1 + h_2) = \mu^*(h_1) + \mu^*(h_2)

d’où (Top. gén., chap. IV, § 5, n° 7, cor. 2 de la prop. 12)

μ∗(f1+f2)≤inf⁡h1≥f1,h1∈I+μ∗(h1)+inf⁡h2≥f2,h2∈I+μ∗(h2) \mu^*(f_1 + f_2) \leq \inf_{h_1 \geq f_1, h_1 \in \mathscr{I}_+} \mu^*(h_1) + \inf_{h_2 \geq f_2, h_2 \in \mathscr{I}_+} \mu^*(h_2)

ce qui n’est autre que l’inégalité (9).

Les prop. 10, 11 et 12 expriment que μ∗\mu^* est une fonction croissante, positivement homogène et convexe dans l’ensemble des fonctions numériques ≥0\geq 0 définies dans XX (chap. I, n° 1). On notera que si f1f_1 et f2f_2 sont deux fonctions positives quelconques, les deux membres de (9) ne sont pas nécessairement égaux (§ 4, exerc. 8 d)); nous donnerons au § 5, n° 6 des conditions moyennant lesquelles l’égalité a lieu.

Théorème 3

Pour toute suite croissante (fn)(f_n) de fonctions numériques ⩾0\geqslant 0 définies dans E, on a

μ∗(sup⁡nfn)=sup⁡nμ∗(fn). \mu^*(\sup_n f_n) = \sup_n \mu^*(f_n).

Comme chacune des fonctions fnf_n est au plus égale à sup⁡nfn\sup_n f_n, tout revient à prouver que μ∗(sup⁡nfn)⩽sup⁡nμ∗(fn)\mu^*(\sup_n f_n) \leqslant \sup_n \mu^*(f_n); c’est évident si le second membre de cette inégalité est +∞+\infty. Dans le cas contraire, on a μ∗(fn)<+∞\mu^*(f_n) < +\infty pour tout nn; nous allons montrer que, pour tout ε>0\varepsilon > 0, il existe une suite croissante (gn)(g_n) de fonctions de I+\mathscr{I}_+ telle que fn⩽gnf_n \leqslant g_n et que μ∗(gn)⩽μ∗(fn)+ε\mu^*(g_n) \leqslant \mu^*(f_n) + \varepsilon. Si gg est l’enveloppe supérieure de la suite (gn)(g_n), on aura μ∗(g)=sup⁡nμ∗(gn)\mu^*(g) = \sup_n \mu^*(g_n) (n° 1, th. 1), d’où μ∗(g)⩽sup⁡μ∗(fn)+ε\mu^*(g) \leqslant \sup \mu^*(f_n) + \varepsilon; comme sup⁡fn⩽g\sup f_n \leqslant g et que ε\varepsilon est arbitraire, le théorème sera démontré.

Par hypothèse, il existe une fonction hn∈I+h_n \in \mathscr{I}_+ telle que fn⩽hnf_n \leqslant h_n et que μ∗(fn)⩽μ∗(hn)⩽μ∗(fn)+ε2n\mu^*(f_n) \leqslant \mu^*(h_n) \leqslant \mu^*(f_n) + \frac{\varepsilon}{2^n}; montrons que les fonctions gn=sup⁡(h1,h2,…,hn)g_n = \sup(h_1, h_2, \ldots, h_n) répondent à la question. Elles appartiennent à I+\mathscr{I}_+, forment une suite croissante, et l’on a fn⩽gnf_n \leqslant g_n pour tout nn; nous allons prouver qu’on a

μ∗(gn)⩽μ∗(fn)+ε(1−12n). \mu^*(g_n) \leqslant \mu^*(f_n) + \varepsilon \left(1 - \frac{1}{2^n}\right).

Raisonnons par récurrence sur nn; le cas n=1n = 1 est trivial. On a d’autre part gn+1=sup⁡(gn,hn+1)g_{n+1} = \sup(g_n, h_{n+1}), gn⩾fng_n \geqslant f_n et hn+1⩾fn+1⩾fnh_{n+1} \geqslant f_{n+1} \geqslant f_n, d’où inf⁡(gn,hn+1)⩾fn\inf(g_n, h_{n+1}) \geqslant f_n; comme on a

inf⁡(gn,hn+1)+sup⁡(gn,hn+1)=gn+hn+1, \inf(g_n, h_{n+1}) + \sup(g_n, h_{n+1}) = g_n + h_{n+1},

il résulte du th. 2 du n° 1 que

μ∗(gn+1)=μ∗(gn)+μ∗(hn+1)−μ∗(inf⁡(gn,hn+1)) \mu^*(g_{n+1}) = \mu^*(g_n) + \mu^*(h_{n+1}) - \mu^*(\inf(g_n, h_{n+1}))
⩽μ∗(gn)+μ∗(hn+1)−μ∗(fn)⩽μ∗(fn+1)+ε(1−12n)+ε2n+1 \leqslant \mu^*(g_n) + \mu^*(h_{n+1}) - \mu^*(f_n) \leqslant \mu^*(f_{n+1}) + \varepsilon \left(1 - \frac{1}{2^n}\right) + \frac{\varepsilon}{2^{n+1}}
=μ∗(fn+1)+ε(1−12n+1). = \mu^*(f_{n+1}) + \varepsilon \left(1 - \frac{1}{2^{n+1}}\right).

C.Q.F.D.

Corollaire

Soit F\mathfrak{F} un ensemble de fonctions numériques ⩾0\geqslant 0, filtrant pour la relation ⩽\leqslant et tel qu’il existe une partie cofinale dénombrable G\mathfrak{G} de F\mathfrak{F} (Ens., chap. III, § 1, n° 7); on a

μ∗(sup⁡f∈Ff)=sup⁡f∈Fμ∗(f). \mu^*(\sup_{f \in \mathfrak{F}} f) = \sup_{f \in \mathfrak{F}} \mu^*(f).
En effet, il existe une suite croissante de fonctions de G\mathfrak{G} ayant même enveloppe supérieure que F\mathfrak{F}: si (fn)(f_n) est la suite des fonctions de G\mathfrak{G}, rangées dans un ordre quelconque, soit (fnk)(f_{n_k}) une suite partielle définie par récurrence par les conditions n1=1n_1 = 1, fnk+1⩾sup⁡(fnk,fk)f_{n_{k+1}} \geqslant \sup(f_{n_k}, f_k); il est clair que cette suite partielle a les propriétés indiquées.

Remarque 1

La relation (11) ne subsiste plus nécessairement lorsque F\mathfrak{F} est un ensemble filtrant non dénombrable de fonctions ⩾0\geqslant 0 non semi-continues inférieurement. Prenons par exemple X=RX = \mathbf{R}, μ\mu étant la mesure de Lebesgue sur R\mathbf{R}, et considérons l’ensemble filtrant (pour ⩽\leqslant) F\mathfrak{F} des fonctions caractéristiques φM\varphi_M de toutes les parties finies MM de R\mathbf{R}. On a μ∗(φM)=0\mu^*(\varphi_M) = 0 quel que soit l’ensemble fini MM, car un point est contenu dans un intervalle ouvert de longueur arbitrairement petite, et la fonction caractéristique d’un ensemble réduit à un point a donc une intégrale supérieure nulle, en vertu de la déf. 3 et de la prop. 9 du n° 2. Mais l’enveloppe supérieure de F\mathfrak{F} est la fonction constante égale à 1 et l’on a μ∗(1)=+∞\mu^*(1) = +\infty.

Remarque 2

On observera que pour une suite décroissante (fn)(f_n) de fonctions ⩾0\geqslant 0, on n’a pas nécessairement μ∗(inf⁡nfn)=inf⁡nμ∗(fn)\mu^*(\inf_n f_n) = \inf_n \mu^*(f_n), même si μ∗(fn)<+∞\mu^*(f_n) < +\infty pour tout nn (cf. § 4, exerc. 8 c)).

Proposition 13

Pour tout suite (fn)(f_n) de fonctions numériques ⩾0\geqslant 0, définies dans XX, on a

μ∗(∑n=1∞fn)⩽∑n=1∞μ∗(fn). \mu^*\left( \sum_{n=1}^\infty f_n \right) \leqslant \sum_{n=1}^\infty \mu^*(f_n).
Il suffit d’appliquer la relation (10) à la suite croissante des fonctions gn=∑k=1nfkg_n = \sum_{k=1}^n f_k en tenant compte de ce que, d’après (9), on a
μ∗(gn)⩽∑k=1nμ∗(fk). \mu^*(g_n) \leqslant \sum_{k=1}^n \mu^*(f_k).
Au § 5, n° 6, nous donnerons des conditions moyennant lesquelles les deux membres de (12) sont égaux.

Proposition 14 (lemme de Fatou)

Pour toute suite (fn)(f_n) de fonctions numériques ⩾0\geqslant 0, on a

μ∗(lim⁡n→∞inf⁡fn)⩽lim⁡n→∞inf⁡μ∗(fn). \mu^*(\lim_{n \to \infty} \inf f_n) \leqslant \lim_{n \to \infty} \inf \mu^*(f_n).

En effet, pour tout entier nn, posons gn=inf⁡p≥0fn+pg_n = \inf_{p \geq 0} f_{n+p}; la suite (gn)(g_n) est croissante, et l’on a lim⁡.inf⁡fn=sup⁡n→∞gn\lim . \inf f_n = \sup_{n \to \infty} g_n, d’où, en vertu de (10),

μ∗(lim⁡.inf⁡fn)=sup⁡n→∞μ∗(gn); \mu^*(\lim . \inf f_n) = \sup_{n \to \infty} \mu^*(g_n);
mais comme gn≤fn+pg_n \leq f_{n+p} pour p≥0p \geq 0, on a μ∗(gn)≤μ∗(fn+p)\mu^*(g_n) \leq \mu^*(f_{n+p}), d’où μ∗(gn)≤inf⁡p≥0μ∗(fn+p)\mu^*(g_n) \leq \inf_{p \geq 0} \mu^*(f_{n+p}), et finalement
μ∗(lim⁡.inf⁡fn)≤sup⁡n→∞(inf⁡p≥0μ∗(fn+p))=lim⁡.inf⁡n→∞μ∗(fn). \mu^*(\lim . \inf f_n) \leq \sup_{n \to \infty} (\inf_{p \geq 0} \mu^*(f_{n+p})) = \lim . \inf_{n \to \infty} \mu^*(f_n).

Corollaire

Soit (fn)(f_n) une suite de fonctions numériques ≥0\geq 0 telle que, pour tout x∈Xx \in X, lim⁡n→∞fn(x)=+∞\lim_{n \to \infty} f_n(x) = +\infty. Si la mesure μ\mu n’est pas nulle, on a lim⁡n→∞μ∗(fn)=+∞\lim_{n \to \infty} \mu^*(f_n) = +\infty.

En effet, si f0f_0 est la fonction constante égale à +∞+\infty, f0f_0 est l’enveloppe supérieure de toutes les fonctions de K+\mathscr{K}_+, et comme μ≠0\mu \neq 0, on a μ∗(f0)>0\mu^*(f_0) > 0; mais comme f0=αf0f_0 = \alpha f_0 pour tout α>0\alpha > 0, on a nécessairement μ∗(f0)=+∞\mu^*(f_0) = +\infty (prop. 11). L’inégalité (13) montre alors que μ∗(fn)\mu^*(f_n) tend vers +∞+\infty avec nn.

Proposition 15

Pour tout scalaire α>0\alpha > 0 et tout couple de mesures positives μ,ν\mu, \nu sur XX, on a

(αμ)∗=αμ∗ (\alpha \mu)^* = \alpha \mu^*
(μ+ν)∗=μ∗+ν∗. (\mu + \nu)^* = \mu^* + \nu^*.
En outre, la relation μ≤ν\mu \leq \nu entraîne μ∗≤ν∗\mu^* \leq \nu^*.

Démontrons la relation (15). Posons λ=μ+ν\lambda = \mu + \nu; on a donc λ(f)=μ(f)+ν(f)\lambda(f) = \mu(f) + \nu(f) pour f∈K+f \in \mathscr{K}_+; pour f∈J+f \in \mathscr{J}_+, la valeur de λ∗(f)\lambda^*(f) (resp. μ∗(f)\mu^*(f), ν∗(f)\nu^*(f)) est la limite de λ(g)\lambda(g) (resp. μ(g)\mu(g), ν(g)\nu(g)) lorsque gg parcourt l’ensemble filtrant (pour ≤\leq) des g∈K+g \in \mathscr{K}_+ telles que g≤fg \leq f; on a donc λ∗(f)=μ∗(f)+ν∗(f)\lambda^*(f) = \mu^*(f) + \nu^*(f). Enfin, si ff est une fonction ≥0\geq 0 quelconque définie dans XX, λ∗(f)\lambda^*(f) (resp. μ∗(f)\mu^*(f), ν∗(f)\nu^*(f)) est la limite de λ∗(h)\lambda^*(h) (resp. μ∗(h)\mu^*(h), ν∗(h)\nu^*(h)) lorsque hh parcourt l’ensemble filtrant (pour ≥\geq) des fonctions h∈J+h \in \mathscr{J}_+ telles que h≥fh \geq f; on a donc encore, par passage à la limite, λ∗(f)=μ∗(f)+ν∗(f)\lambda^*(f) = \mu^*(f) + \nu^*(f), ce qui démontre (15). On établit de même la relation (14). Enfin, si μ≤ν\mu \leq \nu, on peut écrire ν=μ+(ν−μ)\nu = \mu + (\nu - \mu), où ν−μ≥0\nu - \mu \geq 0, donc ν∗=μ∗+(ν−μ)∗\nu^* = \mu^* + (\nu - \mu)^*, ce qui montre que μ∗≤ν∗\mu^* \leq \nu^*.

4. Mesure extérieure d’un ensemble quelconque

Définition 4

Soit μ\mu une mesure positive sur XX; pour toute partie AA de XX, on appelle mesure extérieure de AA (pour la mesure μ\mu), et on note μ∗(A)\mu^*(A), l’intégrale supérieure μ∗(φA)\mu^*(\varphi_A).

La mesure extérieure d’un ensemble est donc un nombre ≥0\geq 0, fini ou égal à +∞+\infty, qui coïncide pour les ensembles ouverts avec la mesure extérieure définie dans la déf. 2 du n° 2.

Proposition 16

Si A et B sont deux parties de X telles que A⊂BA \subset B, on a μ∗(A)≤μ∗(B)\mu^*(A) \leq \mu^*(B).

Corollaire

Tout ensemble relativement compact dans X est de mesure extérieure finie.* En effet, un tel ensemble est contenu dans un ensemble ouvert relativement compact (Top. gén., chap. I, 3e éd., § 9, n° 7, prop. 10), dont la mesure extérieure est finie (n° 2, prop. 5).

Proposition 17

Si (An)(A_n) est une suite croissante de parties de X, on a*

μ∗(⋃nAn)=sup⁡nμ∗(An). \mu^*\left( \bigcup_n A_n \right) = \sup_n \mu^*(A_n).

Proposition 18

Pour toute suite (An)(A_n) de parties de X, on a*

μ∗(⋃nAn)≤∑nμ∗(An). \mu^*\left( \bigcup_n A_n \right) \leq \sum_n \mu^*(A_n).
Ces propositions sont les traductions des prop. 10 et 13 et du th. 3 du n° 3 pour les fonctions caractéristiques d’ensembles.

Proposition 19

Pour toute partie A de X, μ∗(A)\mu^*(A) est la borne inférieure des mesures extérieures des ensembles ouverts contenant A.* La proposition est évidente si μ∗(A)=+∞\mu^*(A) = +\infty. Dans le cas contraire, pour tout ε\varepsilon tel que 0<ε<10 < \varepsilon < 1, il existe une fonction f∈J+f \in \mathscr{J}_+ telle que φA≤f\varphi_A \leq f et μ∗(A)≤μ∗(f)≤μ∗(A)+ε\mu^*(A) \leq \mu^*(f) \leq \mu^*(A) + \varepsilon. Soit G l’ensemble des x∈Xx \in X tels que f(x)>1−εf(x) > 1 - \varepsilon. Comme ff est semi-continue inférieurement, G est ouvert (Top. gén., chap. IV, § 6, n° 2, prop. 1) et contient A ; on a d’autre part f≥(1−ε)φGf \geq (1 - \varepsilon)\varphi_G, d’où

μ∗(G)≤11−εμ∗(f)≤11−ε(μ∗(A)+ε); \mu^*(G) \leq \frac{1}{1 - \varepsilon} \mu^*(f) \leq \frac{1}{1 - \varepsilon} (\mu^*(A) + \varepsilon);
comme ε\varepsilon est arbitraire, on voit que μ∗(G)\mu^*(G) diffère d’aussi peu qu’on veut de μ∗(A)\mu^*(A), d’où la proposition.

Exercices

See the exercises for § 1.

Transcribed from the printed volume. Not translated.