Bourbaki

§ 1. Fonctions différentiables

Dans ce paragraphe, la lettre E désigne un espace vectoriel topologique normable sur K ; la lettre F désigne un espace polynormé séparé sur K.

1.1 Ordre de contact de deux fonctions en un point

1.1.1. Soient X un espace topologique et θ\theta une fonction numérique positive définie dans un voisinage d’un point x0x_0 de X. On dit qu’une fonction ff, définie dans un voisinage de x0x_0 et à valeurs dans F, est négligeable devant θ\theta en x0x_0 si la condition suivante est satisfaite :

Pour tout ε>0\varepsilon > 0 et pour toute semi-norme γ\gamma continue sur F, il existe un voisinage V de x0x_0 sur lequel ff et θ\theta sont définies et tel que

∥f(x)∥γ≤εθ(x)pour tout x∈V. \| f(x) \|_{\gamma} \leq \varepsilon \theta(x) \quad \text{pour tout } x \in V.

Pour que ff soit négligeable devant θ\theta, il suffit que cette condition soit satisfaite pour une famille de semi-normes γ\gamma définissant la topologie de F. Le faite que ff soit négligeable ou non devant θ\theta en x0x_0 ne dépend que des germes de ff et de θ\theta en x0x_0. On désigne par ox0(θ)o_{x_0}(\theta) (ou o(θ)o(\theta) lorsqu’il n’y a pas d’ambiguïté sur x0x_0) l’ensemble des germes en x0x_0 de fonctions négligeables devant θ\theta en x0x_0 : c’est un sous-espace vectoriel de l’espace des germes en x0x_0 d’applications à valeurs dans F. Si ff est négligeable devant θ\theta, on écrira par abus de notations, f∈ox0(θ)f \in o_{x_0}(\theta) ou encore f(x)∈o(θ(x))f(x) \in o(\theta(x)) lorsque xx tend vers x0x_0.

Si ff et gg sont deux applications d’un voisinage de x0x_0 dans F, on écrira encore f≡gmod  o(θ)f \equiv g \mod o(\theta) si f−gf - g est négligeable devant θ\theta.

Supposons que K soit égal à R\mathbf{R} ou C\mathbf{C} et que x0x_0 soit adhérent à l’ensemble Y des points de X où θ\theta est définie et non nulle. La relation f∈o(θ)f \in o(\theta) signifie alors que f(x)/θ(x)f(x)/\theta(x) tend vers 0 lorsque xx tend vers x0x_0 en restant dans Y, et que θ(x)=0\theta(x) = 0 entraîne f(x)=0f(x) = 0.

1.1.2. Soient ff et gg deux fonctions à valeurs dans F, définies au voisinage d’un point x0x_0 de E. Si mm est un entier positif, on dit que ff et gg ont un contact d’ordre ≥m\geq m en x0x_0 si l’on a :

f(x)−g(x)∈o(∥x−x0∥m)pour x tendant vers x0 f(x) - g(x) \in o(\| x - x_0 \|^{m}) \quad \text{pour } x \text{ tendant vers } x_0

quelle que soit la norme choisie pour définir la topologie de E. Pour cela, il suffit que la relation précédente soit vérifiée pour une norme définissant la topologie de E. S’il en est ainsi, on a f(x0)=g(x0)f(x_0) = g(x_0).

Si ff et gg prennent la même valeur en x0x_0, on appelle ordre de contact de ff et gg en x0x_0 la borne supérieure (finie ou égale à +∞+\infty) des entiers mm tels que ff et gg aient un contact d’ordre ≥m\geq m en x0x_0.

1.1.3. L’ordre de contact de ff et gg en x0x_0 ne dépend que des germes de ces fonctions au point x0x_0. On peut donc parler de l’ordre de contact de deux germes φ\varphi et ψ\psi d’applications de E dans F au point x0x_0. La relation « φ\varphi et ψ\psi ont un contact d’ordre ≥m\geq m » est une relation d’équivalence compatible avec la structure vectorielle.

1.2. Fonctions dérivables en un point

1.2.1. Soit ff une fonction définie dans un voisinage du point x0x_0 de E et à valeurs dans F. On dit que ff est dérivable en x0x_0 s’il existe une fonction affine continue vv de E dans F ayant en x0x_0 un contact d’ordre ≥1\geq 1 avec ff. Cette application vv est unique; il existe une application linéaire continue et une seule, notée Df(x0)Df(x_0), de E dans F telle que:

v(x)=v(x0)+Df(x0)⋅(x−x0). v(x) = v(x_0) + Df(x_0) \cdot (x - x_0).

Si l’on choisit une norme sur E, ceci équivaut à:

f(x0+h)≡f(x0)+Df(x0)⋅hmod  o(∥h∥)pour h tendant vers 0, f(x_0 + h) \equiv f(x_0) + Df(x_0) \cdot h \mod o(\|h\|) \quad \text{pour } h \text{ tendant vers } 0,

ce que l’on peut encore écrire sous la forme:

lim⁡h→0,h≠0∥f(x0+h)−f(x0)−Df(x0)⋅h∥γ∥h∥=0 \lim_{h \to 0, h \neq 0} \frac{\| f(x_0 + h) - f(x_0) - Df(x_0) \cdot h \|_\gamma}{\| h \|} = 0

pour toute semi-norme γ\gamma continue sur F.

L’élément Df(x0)Df(x_0) de L(E,F)\mathscr{L}(E, F) s’appelle la dérivée de ff en x0x_0. On écrit parfois Dhf(x0)D_h f(x_0) pour Df(x0)⋅hDf(x_0) \cdot h; c’est une élément de F défini par la relation:

Dhf(x0)=lim⁡t→0,t≠0f(x0+th)−f(x0)t. D_h f(x_0) = \lim_{t \to 0, t \neq 0} \frac{f(x_0 + th) - f(x_0)}{t}.

1.2.2. On dit qu’une fonction ff est strictement dérivable en x0x_0 si elle est dérivable en x0x_0 et si l’on a, pour toute norme définissant la topologie de E, la relation:

f(y)−f(z)≡Df(x0)⋅(y−z)mod  o(∥y−z∥) f(y) - f(z) \equiv Df(x_0) \cdot (y - z) \mod o(\| y - z \| )

pour (y,z)(y, z) tendant vers (x0,x0)(x_0, x_0) dans E×EE \times E. Pour cela, il suffit que cette condition soit satisfaite pour une norme définissant la topologie de E. Supposons de plus E et F normés; pour tout nombre c>∥Df(x0)∥c > \| Df(x_0) \|, il existe alors un voisinage V de x0x_0 tel que ∥f(y)−f(z)∥≤c.∥y−z∥\| f(y) - f(z) \| \leq c. \| y - z \| pour y,zy, z dans V ; ceci entraîne que ff est uniformément continue dans V.

1.2.3. Le fait pour une fonction ff d’être dérivable ou strictement dérivable en x0x_0 ne dépend que du germe de ff en x0x_0. Les germes de fonctions dérivables en x0x_0 forment un sous-espace vectoriel V\mathscr{V} de l’espace de tous les germes et l’application f↦Df(x0)f \mapsto Df(x_0) de V\mathscr{V} dans L(E;F)\mathscr{L}(E; F) est linéaire. Les germes de fonctions strictement dérivables en x0x_0 forment un sous-espace vectoriel de V\mathscr{V}.

1.2.4. Une fonction dérivable en x0x_0 est continue en x0x_0.

1.2.5. Lorsque E=KE = K, l’application u↦u(1)u \mapsto u(1) est un isomorphisme de L(E;F)\mathscr{L}(E; F) sur FF; si la fonction ff est dérivable en x0x_0, l’élément

f′(x0)=Df(x0)⋅1 f'(x_0) = Df(x_0) \cdot 1

n’est autre que la dérivée de ff en x0x_0 au sens donné dans Fonct. Var. Réelle, chap. I, § 1, n° 6, remarque 2.

1.3. Composition des fonctions dérivables

1.3.1. Supposons F normable. Soient x0∈Ex_0 \in E et y0∈Fy_0 \in F, U un voisinage de x0x_0 et V un voisinage de y0y_0; enfin soit ff une application de U dans V, dérivable en x0x_0, avec f(x0)=y0f(x_0) = y_0. Si gg est une application de V dans un espace vectoriel polynormé séparé G, dérivable en y0y_0, l’application g∘fg \circ f de U dans G est dérivable en x0x_0, et l’on a :

(1)

D(g∘f)(x0)=Dg(y0)∘Df(x0). D(g \circ f)(x_0) = Dg(y_0) \circ Df(x_0).
Si ff et gg sont strictement dérivables, il en est de même de g∘fg \circ f.

1.3.2. Soit ff une application définie au voisinage d’un point x0x_0 de E et à valeurs dans F, dérivable en x0x_0; si uu est une application linéaire continue de F dans un espace polynormé séparé G, la fonction u∘fu \circ f est dérivable en x0x_0 et l’on a :

(2)

D(u∘f)(x0)=u∘Df(x0). D(u \circ f)(x_0) = u \circ Df(x_0).

1.3.3. Supposons que F soit produit d’une famille (Fi)i∈I(F_i)_{i \in I} d’espaces vectoriels polynormés séparés; pour tout ii dans I, soit fif_i une application définie dans un voisinage U d’un point x0x_0 de E et à valeurs dans F et soit f=(fi)i∈If = (f_i)_{i \in I}. Pour que ff soit dérivable (resp. strictement dérivable) en x0x_0, il faut et il suffit que tous les fif_i le soient; on a :

(3)

Dhf(x0)=(Dhfi(x0))i∈Ipour tout h dans E. D_h f(x_0) = (D_h f_i(x_0))_{i \in I} \quad \text{pour tout } h \text{ dans } E.

1.3.4. Si E=KE = K, on peut remplacer Df(x0)Df(x_0) par f′(x0)f'(x_0) et Dhfi(x0)D_h f_i(x_0) par fi′(x0)f'_i(x_0) dans les formules (1) et (3).

1.4. Produit de fonctions dérivables

1.4.1. Soient F1,…,FmF_1, \ldots, F_m des espaces polynormés séparés et uu une application mm-linéaire continue de F1×⋯×FmF_1 \times \cdots \times F_m dans FF. Soit UU un voisinage d’un point x0x_0 de EE, et soit fif_i une application de UU dans FiF_i (pour 1≤i≤m1 \leq i \leq m). Si les fif_i sont dérivables (resp. strictement dérivables) en x0x_0, il en est de même de u(f1,…,fm)=gu(f_1, \ldots, f_m) = g et l’on a:

(4) Dhg(x0)=∑j=1mu(f1(x0),…,Dhfj(x0),…,fm(x0))D_hg(x_0) = \sum_{j=1}^m u(f_1(x_0), \ldots, D_hf_j(x_0), \ldots, f_m(x_0)) pour hh dans EE,

ce que l’on écrira plus succinctement :

(5) Dg=∑j=1mu(f1,…,Dfj,…,fm)Dg = \sum_{j=1}^m u(f_1, \ldots, Df_j, \ldots, f_m).

En particulier, pour m=2m = 2, on a :

(6) Du(f1,f2)=u(Df1,f2)+u(f1,Df2)Du(f_1, f_2) = u(Df_1, f_2) + u(f_1, Df_2).

Pour m=1m = 1, on retrouve 1.3.2.

1.4.2. Lorsque E=KE = K, on peut remplacer DgDg par g′g' et DfjDf_j par fj′f'_j dans les formules (4) à (6).

1.5. Premières variantes du théorème des fonctions implicites

Supposons que EE et FF sont des espaces de Banach et soient x0x_0 un point de EE, UU un voisinage de x0x_0 et ff une application de UU dans FF. On suppose de plus que ff est strictement dérivable en x0x_0.

1.5.1. Si Df(x0)Df(x_0) est un isomorphisme de EE sur FF, il existe un voisinage ouvert U0U_0 de x0x_0 contenu dans UU et un voisinage ouvert V0V_0 de f(x0)f(x_0) tels que f∣U0f|U_0 soit un homéomorphisme de U0U_0 sur V0V_0. L’application g:V0→U0g : V_0 \to U_0 réciproque de f∣U0f|U_0 est strictement dérivable au point f(x0)f(x_0) et l’on a :

Dg(f(x0))=Df(x0)−1. Dg(f(x_0)) = Df(x_0)^{-1}.

1.5.2. Si Df(x0)Df(x_0) est une application surjective de EE sur FF, il existe un voisinage ouvert U0U_0 de x0x_0 contenu dans UU, tel que f∣U0f|U_0 soit une application ouverte.

1.5.3. Si Df(x0)Df(x_0) est injective et d’image fermée, il existe un voisinage fermé U0U_0 de x0x_0 contenu dans UU, tel que f∣U0f|U_0 soit un homéomorphisme de U0U_0 sur une partie fermée de FF.

1.6. Dérivées partielles

1.6.1. Soit ff une fonction définie dans un voisinage UU du point x0x_0 de EE et à valeurs dans FF. Soient XX un sous-espace vectoriel de EE et VV l’ensemble des points xx de XX, tels que x0+x∈Ux_0 + x \in U; posons g(x)=f(x0+x)g(x) = f(x_0 + x) pour x∈Vx \in V. On dit que ff admet une dérivée partielle suivant XX en x0x_0 si gg admet une dérivée en 00; cette dérivée se note DXf(x0)D_X f(x_0); c’est une application linéaire continue de XX dans FF. Si ff est dérivable en x0x_0, elle admet une dérivée partielle suivant XX en x0x_0 et cette dérivée partielle est la restriction de Df(x0)Df(x_0) à XX.

1.6.2. Supposons que EE soit produit d’une famille finie d’espaces vectoriels normés EiE_i (1≤i≤n1 \leq i \leq n) identifiés canoniquement à des sous-espaces de EE; soit x0=(x01,…,x0n)x_0 = (x_0^1, \ldots, x_0^n) dans EE et soit UU un voisinage de x0x_0 dans EE; enfin soit ff une application de UU dans FF. On note Dif(x0)D_{i} f(x_0) la dérivée au point x0ix_0^i, si elle existe, de l’application zi↦f(x01,…,zi,…,x0n)z_i \mapsto f(x_0^1, \ldots, z_i, \ldots, x_0^n) définie au voisinage de x0ix_0^i dans EiE_i et à valeurs dans FF. C’est un élément de L(Ei;F)\mathscr{L}(E_i; F) que l’on appelle la i-ème dérivée partielle de ff en x0x_0. Si ff est dérivable en x0x_0, les nn dérivées partielles existent, et déterminent Df(x0)Df(x_0) par la formule :

Df(x0)⋅h=∑i=1nDif(x0)⋅hipour h=(h1,…,hn) dans E. Df(x_0) \cdot h = \sum_{i=1}^{n} D_{i} f(x_0) \cdot h_i \quad \text{pour } h = (h_1, \ldots, h_n) \text{ dans } E.

1.6.3. Plus particulièrement, soit E=KnE = K^n. Si les dérivées partielles de ff en x0x_0 existent, on note ∂if(x0)\partial_{i} f(x_0) l’élément Dif(x0)⋅1D_{i} f(x_0) \cdot 1 de FF. L’écriture suivante est souvent usitée ; supposons qu’on ait choisi une notation pour les fonctions coordonnées sur KnK^n, par exemple uiu_i désigne la ii-ème projection de KnK^n sur KK. On écrit alors :

∂f∂ui(x0)ou∂f∂ui∣x=x0 \frac{\partial f}{\partial u_i}(x_0) \quad \text{ou} \quad \left. \frac{\partial f}{\partial u_i} \right|_{x = x_0}

au lieu de ∂if(x0)\partial_{i} f(x_0).

1.6.4. Soient E=KnE = K^n et F=KmF = K^m; supposons que la fonction f=(f1,…,fm)f = (f_1, \ldots, f_m) à valeurs dans FF soit dérivable au point x0x_0 de EE. Les dérivées partielles aji=∂ifj(x0)a_{ji} = \partial_{i} f_j(x_0) existent alors (ce sont des éléments de KK). La matrice à mm lignes et nn colonnes formée des ajia_{ji} (élément de la ligne d’indice jj et de la colonne d’indice ii) s’appelle la matrice jacobienne de ff en x0x_0; c’est la matrice de l’application linéaire Df(x0)Df(x_0) de KnK^n dans KmK^m par rapport aux bases canoniques de ces espaces.

1.7. Dérivées itérées

1.7.1. Soit ff une fonction définie dans un voisinage d’un point x0x_0 de EE, à valeurs dans FF. Si ff est dérivable au voisinage de x0x_0, sa dérivée DfDf est une application d’un voisinage de x0x_0 dans l’espace polynormé L(E;F)\mathscr{L}(E; F) des applications linéaires continues de EE dans FF. Soit pp un entier ≥2\geq 2:

on dit que ff est pp fois dérivable en x0x_0 si ff est dérivable au voisinage de x0x_0 et si sa dérivée DfDf est (p−1)(p - 1) fois dérivable en x0x_0. On définit alors la dérivée pp-ième de ff en x0x_0: c'est l'application pp-linéaire continue Dpf(x0)D^pf(x_0) de EpE^p dans FF, définie par:

Dpf(x0).(h1,…,hp)=(D(Dp−1f)(x0).h1).(h2,…,hp). D^pf(x_0) . (h_1, \ldots, h_p) = (D(D^{p-1}f)(x_0) . h_1) . (h_2, \ldots, h_p).

On pose aussi D0f=fD^0f = f et D1f=DfD^1f = Df. Si ff est pp fois dérivable en x0x_0 et si qq et ss sont deux entiers tels que q+s=pq + s = p, avec s>0s > 0, alors ff est qq fois dérivable au voisinage de x0x_0, la fonction DqfD^qf (à valeurs dans Lq(E;F)\mathscr{L}_q(E; F)) est ss fois dérivable en x0x_0, et on a:

Dq+sf(x0).(h1,…,hq+s)=(Ds(Dqf)(x0).(h1,…,hs)).(hs+1,…,hq+s) D^{q+s}f(x_0) . (h_1, \ldots, h_{q+s}) = (D^s(D^qf)(x_0) . (h_1, \ldots, h_s)) . (h_{s+1}, \ldots, h_{q+s})

relation que l'on écrit par abus de notation sous la forme:

Dq+sf=DsDqf. D^{q+s}f = D^s D^qf.

1.7.2. Soient (Ei)1≤i≤n(E_i)_{1 \leq i \leq n} des sous-espaces vectoriels fermés de EE, tels que EE soit somme directe topologique des EiE_i. On définit alors, quand elle existe, la dérivée partielle itérée Di1…DimfD_{i_1} \ldots D_{i_m}f d'une application ff d'un voisinage de x0∈Ex_0 \in E dans FF; c'est une application multilinéaire continue de

Ei1×⋯×Eim E_{i_1} \times \cdots \times E_{i_m}

dans FF, définie par récurrence sur l'entier m≥1m \geq 1 comme suit : si Di2…Dimf(x)D_{i_2} \ldots D_{i_m}f(x) existe dans un voisinage de x0x_0 et possède une dérivée partielle suivant Ei1E_{i_1}, alors Di1…Dimf(x0)D_{i_1} \ldots D_{i_m}f(x_0) est donnée par:

Di1…Dimf(x0).(h1,…,hm)=(Di1(Di2…Dimf)(x0).h1).(h2,…,hm) D_{i_1} \ldots D_{i_m}f(x_0) . (h_1, \ldots, h_m) = (D_{i_1}(D_{i_2} \ldots D_{i_m}f)(x_0) . h_1) . (h_2, \ldots, h_m)

pour hk∈Eikh_k \in E_{i_k}.

Si ff est mm fois dérivable en x0x_0, alors la dérivée partielle Di1…Dimf(x0)D_{i_1} \ldots D_{i_m}f(x_0) existe et est égale à la restriction de Dmf(x0)D^m f(x_0) au sous-espace Ei1×⋯×EimE_{i_1} \times \cdots \times E_{i_m} de EmE^m. Par suite, Dmf(x0)D^m f(x_0) est complètement déterminée par les dérivées partielles itérées d'ordre mm en x0x_0.

1.7.3. Supposons que EE soit de dimension finie et soit (e1,…,en)(e_1, \ldots, e_n) une base de EE. Posons Ei=KeiE_i = K e_i et soit ff une application d'un voisinage de x0x_0, à valeurs dans FF. Si la dérivée partielle Di1…Dimf(x0)D_{i_1} \ldots D_{i_m}f(x_0) (avec les notations de 1.7.2) existe, on pose:

∂i1…∂imf(x0)=Di1…Dimf(x0).(ei1,…,eim). \partial_{i_1} \ldots \partial_{i_m} f(x_0) = D_{i_1} \ldots D_{i_m} f(x_0) . (e_{i_1}, \ldots, e_{i_m}).
Transcribed from the printed volume. Not translated.