Bourbaki

Remarque

Étiquette 0DIJ, permanente. À citer comme [Bourbaki, Tag 0DIJ].

Algebra, chapter VI, § 2. CORPS ORDONNÉS

La mise sous forme canonique des trinômes donne le résultat plus fort que voici : étant donné un corps ordonné KK, pour que le polynôme aX2+bX+caX^2 + bX + c ait un signe constant dans KK, il faut et il suffit que b2−4ac<0b^2 - 4ac < 0, et le signe du polynôme est alors celui de aa.

7. Espaces vectoriels sur un corps ordonné

Soient KK un corps ordonné, EE un espace vectoriel sur KK. Dans l’ensemble E−{0}E - \{0\}, la relation « il existe λ>0\lambda > 0 dans KK tel que y=λxy = \lambda x » entre xx et yy est une relation d’équivalence. Les classes d’équivalence pour cette relation sont appelées les demi-droites ouvertes d’origine 0 ; la réunion d’une demi-droite ouverte et de {0}\{0\} est appelée demi-droite fermée (ou quelquefois simplement demi-droite) d’origine 0. Tout vecteur a≠0a \neq 0 contenu dans une demi-droite ouverte (resp. fermée) Δ\Delta est dit vecteur directeur de Δ\Delta, et Δ\Delta est l’ensemble des vecteurs λa\lambda a pour tous les scalaires λ>0\lambda > 0 (resp. λ≥0\lambda \geq 0). Toute droite DD passant par 0 contient exactement deux demi-droites ouvertes (resp. fermées) d’origine 0 ; si Δ\Delta est l’une d’elles, l’autre est −Δ-\Delta (dite opposée de Δ\Delta).

Si maintenant FF est un espace affine sur KK, et EE l’espace des translations de FF, on appelle demi-droite ouverte (resp. fermée) d’origine a∈Fa \in F toute partie de FF de la forme Δ=a+Δ0\Delta = a + \Delta_0, où Δ0\Delta_0 est une demi-droite ouverte (resp. fermée) de EE, qui est bien déterminée par la donnée de Δ\Delta (car, pour b≠ab \neq a dans Δ\Delta, c’est la demi-droite de vecteur directeur b−ab - a) et est appelée la direction de Δ\Delta ; un vecteur directeur de Δ0\Delta_0 est aussi appelé vecteur directeur de Δ\Delta.

Supposons maintenant que EE soit de dimension finie n sur KK ; alors on sait (III, p. 87, cor. 1) que la puissance extérieure n-ième ΛnE\Lambda^n E est un espace vectoriel de dimension 1 sur K, donc réunion de deux demi-droites fermées opposées d’origine 0. On appelle ces demi-droites les orientations sur E ; l’espace E muni de la structure définie par la donnée d’une de ces demi-droites Δ est dit orienté ; un n-vecteur z est alors dit positif (resp. négatif ) pour cette orientation s’il appartient à Δ (resp. à − Δ) ; il est négatif (resp. positif) pour l’orientation opposée.

Une orientation d’un espace affine F sur K, de dimension finie, est par définition une orientation de l’espace des translations de F ; muni d’une telle orientation, F est appelé un espace affine orienté.

Soit E un espace vectoriel orienté sur K, de dimension n ; une base ordonnée (ai)1≤i≤n(a_i)_{1 \leq i \leq n} de E est dite positive ou directe (resp. négative ou rétrograde) si le n-vecteur a1∧a2∧…∧ana_1 \wedge a_2 \wedge \ldots \wedge a_n est positif (resp. négatif). Si u est un automorphisme de l’espace vectoriel E, on a (Λnu)(z)=det⁡(u).z(\Lambda^n u)(z) = \det(u).z pour tout z∈ΛnEz \in \Lambda^n E, donc pour que Λnu\Lambda^n u laisse invariante l’orientation de E (ou comme on dit encore, pour que u conserve l’orientation) il faut et il suffit que det⁡(u)>0\det(u) > 0 ; les automorphismes ayant cette propriété ne sont autres que les automorphismes de la structure d’espace vectoriel orienté de E ; ils forment un sous-groupe distingué GL+(E)GL^+(E) du groupe linéaire GL(E)GL(E), qui est d’indice 2 dans ce dernier lorsque E≠0E \neq 0.

Lorsque E=0E = 0, GL(E)=End(E)GL(E) = \mathrm{End}(E) est réduit à l’application identique 1E1_E et l’on a par définition det⁡(1E)=1\det(1_E) = 1. On notera que dans ce cas ΛnE=Λ0E=K\Lambda^n E = \Lambda^0 E = K par définition ; la demi-droite de K formée des scalaires ≥0\geq 0 est appelée l’orientation canonique de l’espace réduit à 0.

Soient M, N deux sous-espaces supplémentaires de dimensions p et n−pn - p respectivement dans un espace vectoriel E de dimension n ; si z′z' (resp. z′′z'') est un vecteur ≠0\neq 0 de ΛpM\Lambda^p M (resp. de Λn−pN\Lambda^{n-p} N), z′∧z′′z' \wedge z'' est un vecteur ≠0\neq 0 de ΛnE\Lambda^n E. Lorsqu’on s’est donné une orientation sur M et une orientation sur N, les vecteurs z′∧z′′z' \wedge z'', pour z′z' et z′′z'' positifs, forment une orientation de E, dite orientation produit de l’orientation de M par l’orientation de N (qui dépend de l’ordre des facteurs lorsque p(n−p)p(n - p) est impair). Inversement, si l’on s’est donné des orientations sur E et sur M, il existe sur N une seule orientation telle que l’orientation donnée sur E soit produit de l’orientation donnée sur M et de cette orientation sur N (dans cet ordre) ; on dit que cette orientation est supplémentaire de l’orientation de M par rapport à celle de E. Si N’ est un second sous-espace supplémentaire de M, la projection canonique N→N′N \to N' parallèlement à M transforme l’orientation supplémentaire de N en celle de N’. L’image de l’orientation supplémentaire de N par l’application canonique N→E/MN \to E/M ne dépend donc pas du supplémentaire choisi N ; on dit que, sur E/ME/M, c’est l’orientation quotient de celle de E par celle de M.

Exercises

Bourbaki place la démonstration juste après l’énoncé : ce qui précède est l’énoncé avec sa démonstration.

Cité par

Rien.

Cite

Rien.

Transcrit du volume imprimé. Non traduit.