Bourbaki

Proposition 2

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Algebra, chapter IX, § 4. Sous-espaces totalement isotropes. Théorème de Witt

Soit Φ\Phi une forme ε\varepsilon-hermitienne non dégénérée vérifiant (T) (resp. la forme bilinéaire associée à une forme quadratique non dégénérée Q), et soit F un sous-espace totalement isotrope (resp. totalement singulier) de dimension finie r.

a) Si F′F' est un sous-espace totalement isotrope de dimension r tel que F′∩F0={0}F' \cap F^0 = \{0\}, alors F+F′F + F' est non isotrope et, pour toute base (fi)(f_i) de F, il existe une base (fi′)(f'_i) de F′F' telle que Φ(fi,fj′)=δij\Phi(f_i, f'_j) = \delta_{ij} (indice de Kronecker) pour i,j=1,…,ri, j = 1, \ldots, r.

b) Si G est un sous-espace totalement isotrope (resp. totalement singulier) de dimension ≤r\leq r tel que G∩F0={0}G \cap F^0 = \{0\}, il existe un sous-espace totalement isotrope (resp. totalement singulier) F′⊃GF' \supset G de dimension r tel que F′∩F0={0}F' \cap F^0 = \{0\}.

Soit Ψ\Psi la restriction de Φ\Phi à F×F′F \times F'; pour x′∈F′x' \in F', la relation «Φ(x,x′)=0\Phi(x, x') = 0 pour tout x∈Fx \in F » entraîne x=0x = 0 puisque F′∩F0={0}F' \cap F^0 = \{0\}. L’assertion a) résulte alors du cor. de la prop. 6 du § 1, No. 6, à l’exception du fait que F+F′F + F' est non isotrope. Or le sous-espace H=(F+F′)∩(F+F′)0H = (F + F') \cap (F + F')^0 est égal à (F+F′)∩F0∩F′0(F + F') \cap F^0 \cap {F'}^0. Comme F⊂F0F \subset F^0, on a (F+F′)∩F0=F+(F′∩F0)=F(F + F') \cap F^0 = F + (F' \cap F^0) = F, d’où H=F∩F′0H = F \cap {F'}^0; donc H={0}H = \{0\} puisqu’on a vu que Ψ\Psi est non dégénérée. Ceci prouve bien que F+F′F + F' est non isotrope.

Pour démontrer b), nous procéderons par récurrence descendante sur s=dim⁡Gs = \dim G. Il nous suffit ainsi de prouver que, si s<rs < r, il existe un sous-espace totalement isotrope (resp. totalement singulier) G′G' contenant G, de dimension s+1s + 1, et tel que G′∩F0={0}G' \cap F^0 = \{0\}. Comme dim⁡G<dim⁡F\dim G < \dim F, la restriction de Φ\Phi à F×GF \times G est dégénérée, et comme G∩F0G \cap F^0 est nul, F∩G0F \cap G^0 est non nul. Si l’on avait alors G+F0⊃G0G + F^0 \supset G^0, on en déduirait, en prenant les sous-espaces orthogonaux et en remarquant que F=F00F = F^{00} et que G=G00G = G^{00} (§1§ 1, No. 6, cor. 1 de la prop. 4), que G0∩F⊂GG^0 \cap F \subset G, d’où

G0∩F⊂G∩F⊂G∩F0={0}, G^0 \cap F \subset G \cap F \subset G \cap F^0 = \{0\},

ce qui est impossible. Il existe alors un élément xx de G0G^0 tel que x∉G+F0x \notin G + F^0; comme F⊂F0F \subset F^0, on peut ajouter à xx un vecteur de G0∩FG^0 \cap F sans modifier ces propriétés; comme G0∩FG^0 \cap F est totalement isotrope (resp. totalement singulier) et ≠{0}\neq \{0\}, le lemme 1 montre qu’on peut choisir xx isotrope (resp. singulier).

Then the subspace G′=G+AxG' = G + Ax is of dimension s+1s + 1, and is totally isotropic (resp. totally singular); moreover we have G′∩F0={0}G' \cap F^0 = \{0\} since, if y=z+axy = z + ax (z∈G, a∈Az \in G,\ a \in A) is in F0F^0, we have a=0a = 0, for otherwise x∈F0+Gx \in F^0 + G, contrary to the choice of xx, whence y=z∈G∩F0={0}y = z \in G \cap F^0 = \{0\} and y=0y = 0. Consequently the subspace G′G' answers the question.

Bourbaki puts the proof directly after the statement, so what is above is the statement and its proof together.

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