Bourbaki

Exemple 3

Étiquette 0E5F, permanente. À citer comme [Bourbaki, Tag 0E5F].

Functions of a Real Variable, chapter II, § 2. Intégrales dans les intervalles non compacts

Soit (un)n≤1(\mathbf{u}_n)_{n \leq 1} une suite infinie de points de EE, et soit f\mathbf{f} la fonction en escalier définie dans l’intervalle (1,+∞)(1, +\infty) par les conditions: f(x)=un\mathbf{f}(x) = \mathbf{u}_n pour n≤x<n+1n \leq x < n + 1. Pour que l’intégrale ∫1+∞f(t)dt\int_1^{+\infty} \mathbf{f}(t)dt soit convergente, il faut et il suffit que la série de terme général un\mathbf{u}_n soit convergente dans EE; en effet, on a

∫1nf(t) dt=∑p=1n−1up, \int_1^n \mathbf{f}(t)\ dt = \sum_{p=1}^{n-1} \mathbf{u}_p,
donc la condition est nécessaire; réciproquement, si la série de terme général un\mathbf{u}_n converge dans E, on a lim⁡n→∞un=0\lim_{n \to \infty} u_n = 0; or, si n≤x≤n+1n \leq x \leq n + 1, on a ∫1nf(t) dt=∑p=1n−1up+un(x−n)\int_1^n f(t) \, dt = \sum_{p=1}^{n-1} u_p + u_n(x - n), donc cette intégrale a pour limite ∑n=1∞un\sum_{n=1}^\infty u_n lorsque xx tend vers +∞+\infty.

Il est immédiat que si une fonction ff réglée par morceaux admet une intégrale dans I, les formules (4) à (9) de II, p. 9 sont encore valables. De même, la formule (10) de II, p. 10 s’étend de la façon suivante : ff et gg sont supposées être des primitives de fonctions f′f', g′g' réglées dans ]a,ba, b[, et on désigne par [f.g]ab[f.g]_a^b la limite (si elle existe) de [f.g]x,yy[f.g]_{x,y}^y, lorsque (x,y)(x, y) tend vers (a,b)(a, b) (avec a<x≤y<ba < x \leq y < b) ; alors, si deux des expressions [f.g]ab[f.g]_a^b, ∫ab[f(t).g′(t)] dt\int_a^b [f(t).g'(t)] \, dt, ∫ab[f′(t).g(t)] dt\int_a^b [f'(t).g(t)] \, dt ont un sens, il en est de même de la troisième, et la formule (10) de II, p. 10 subsiste.

Enfin, soit ff une fonction numérique définie et continue dans I=]a,b[I = ]a, b[, primitive d’une fonction f′f' réglée dans ]a,ba, b[; soit d’autre part gg une fonction vectorielle continue dans un intervalle ouvert JJ contenant f(I)f(I); si la fonction g(f(x))f′(x)g(f(x))f'(x) admet une intégrale dans II, et si ff tend vers une limite (finie ou non) aux points aa et bb, gg admet une intégrale de f(a+)f(a+) à f(b−)f(b-), et on a la formule

∫abg(f(t))f′(t) dt=∫f(a+)f(b−)g(u) du. \int_a^b g(f(t))f'(t) \, dt = \int_{f(a+)}^{f(b-)} g(u) \, du.

En effet, si (x,y)(x, y) tend vers (a,b)(a, b), (f(x),f(y))(f(x), f(y)) tend vers (f(a+),f(b−))(f(a+), f(b-)) par hypothèse ; il suffit donc d’appliquer la formule (12) de II, p. 11 entre xx et yy et de passer à la limite pour avoir (1).

Étant donnée une fonction ff réglée dans un intervalle non compact I⊂RI \subset \mathbf{R}, d’extrémités aa et bb (a<ba < b), la condition pour que ff ait une intégrale dans II peut se présenter de la manière suivante. Les intervalles compacts J⊂IJ \subset I forment un ensemble ordonné filtrant A(I)\mathfrak{A}(I) pour la relation ⊂1\subset^1, car si [α,β][\alpha, \beta] et [γ,δ][\gamma, \delta] sont deux intervalles compacts contenus dans II, et si on pose λ=min⁡(α,γ)\lambda = \min(\alpha, \gamma), μ=max⁡(β,δ)\mu = \max(\beta, \delta), l’intervalle [λ,μ][\lambda, \mu] est contenu dans II et contient les deux intervalles considérés. Pour tout intervalle compact J=[α,β]J = [\alpha, \beta] contenu dans II, posons alors

∫Jf(t) dt=∫αβf(t) dt; \int_J f(t) \, dt = \int_\alpha^\beta f(t) \, dt;

pour que ff admette une intégrale dans II, il faut et il suffit que l’application J↦∫Jf(t) dtJ \mapsto \int_J f(t) \, dt ait une limite dans EE suivant l’ensemble ordonné filtrant A(I)\mathfrak{A}(I); cette limite est alors l’intégrale ∫If(t) dt\int_I f(t) \, dt, que nous noterons encore ∫1f(t) dt\int_1 f(t) \, dt.

1 Rappelons (E, III, p. 12) qu’un ensemble F\mathfrak{F} de parties de II est filtrant pour la relation ⊂\subset si, quels que soient X∈FX \in \mathfrak{F}, Y∈FY \in \mathfrak{F} il existe Z∈FZ \in \mathfrak{F} tel que X⊂ZX \subset Z et Y⊂ZY \subset Z. Si S(X)S(X) désigne la partie de F\mathfrak{F} formée des Y∈FY \in \mathfrak{F} tels que U⊃XU \supset X, les S(X)S(X) forment la base d’un filtre sur F\mathfrak{F}, dit filtre des sections de F\mathfrak{F}; la limite (si elle existe) d’une application ff de F\mathfrak{F} dans un espace topologique, suivant le filtre des sections de F\mathfrak{F}, est encore dite limite de ff suivant l’ordonné filtrant F\mathfrak{F} (cf. TG, I, p. 49 et TG, IV, p. 18).

Bourbaki place la démonstration juste après l’énoncé : ce qui précède est l’énoncé avec sa démonstration.

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Rien.

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Rien.

Transcrit du volume imprimé. Non traduit.