Soient E un espace vectoriel ordonné filtrant, E∗ son dual, ordonné en prenant pour éléments positifs les formes linéaires positives. Soit (uα) une famille filtrante croissante d’éléments de E∗. Si, pour tout x≥0 dans E, on a supuα(x)<+∞, alors la famille (uα) admet une borne supérieure u dans E∗, et pour tout x≥0 dans E, on a
(2)
u(x)=αsupuα(x).
Dans l’ensemble P des x≥0 dans E, définissons en effet l’application u par la formule (2); il est immédiat que pour λ≥0 et x∈P, on a u(λx)=λu(x); pour prouver le lemme, il suffit donc, en vertu de la prop. 2 du n° 1, de montrer que l’on a
u(x+y)=u(x)+u(y) pour
x,y dans
P. Or cela est immédiat si l’on remarque que l’on a
u(x)=limuα(x) suivant l’ensemble filtrant des indices (théorème de la limite monotone).
De la formule (1) on déduit aussitôt que si L et M sont deux formes linéaires relativement bornées sur E, on a, pour tout x≥0
(3)
{sup(L,M)(x)=supy≥0,z≥0,y+z=x(L(y)+M(z))inf(L,M)(x)=infy≥0,z≥0,y+z=x(L(y)+M(z)).
En particulier, si dans la première de ces formules, on remplace M par −L, il vient
∣L∣(x)=y≥0,z≥0,y+z=xsupL(y−z).
Or, si x=y+z,y≥0 et z≥0, on a −x≤y−z≤x; inversement, la relation ∣u∣≤x entraîne L(u)≤∣L∣(∣u∣)≤∣L∣(x). On en déduit la formule
(4)
∣L∣(x)=∣y∣≤xsupL(y)pour x≥0, d’où en particulier (5)
∣L(x)∣≤∣L∣(∣x∣) pour tout
x∈E.
Bourbaki place la démonstration juste après l’énoncé : ce qui précède est l’énoncé avec sa démonstration.
Rien.
Rien.