Soient X, Y deux espaces localement compacts, K (resp. L) une partie compacte de X (resp. Y). (i) La restriction à H(X×Y,K×L;C) de la bijection canonique ω:F(X×Y;C)→F(X;F(Y;C)) (Ens. R, § 4, n° 14)* est une isométrie de l’espace de Banach K(X×Y,K×L;C) sur l’espace de Banach K(X,K;K(Y,L;C)).
(ii) L’espace vectoriel K(X,K;C)⊗cK(Y,L;C), identifié canoniquement à un sous-espace de K(X×Y,K×L;C), (Alg., chap. II, 3e éd., § 7, no 7, commentaires suivant le cor. de la prop. 15) est dense dans cet espace de Banach.
Il est immédiat que l’image par ω de K(X×Y,K×L;C) est contenue dans K(X,K;K(Y,L;C)). Inversement, si u est une application continue de X dans K(Y,L;C), de support contenu dans K, l’application (x,y)↦u(x)(y) de X×Y dans C est continue et a son support contenu dans K×L, donc la restriction de ω à K(X×Y,K×L;C) est une bijection de cet espace sur K(X,K;K(Y,L;C)); le fait que cette restriction est une isométrie d’espaces de Banach résulte de la relation
(x,y)∈K×Lsup∣f(x,y)∣=x∈Ksup(y∈Lsup∣f(x,y)∣). Ceci prouve (i); d’autre part, l’image par
ω de
K(X,K;C)⊗cK(Y,L;C) identifié à un sous-espace de
K(X×Y,K×L;C), est l’espace
K(X,K;C)⊗cK(Y,L;C) identifié canoniquement cette fois à un espace d’applications de
X dans
K(Y,L;C) (
Alg., chap. II, 3e éd., § 7, no 7, cor. de la prop. 15); mais on sait que ce sous-espace de
K(X,K;K(Y,L;C)) est
dense dans ce dernier (§ 1, no 2, prop. 5), donc la conclusion de (ii) résulte de ce que la restriction de
ω est un isomorphisme topologique.
Ce lemme étant démontré, notons maintenant que toute partie compacte de X×Y est contenue dans un produit K×L, où K (resp. L) est une partie compacte de X (resp. Y). Il résulte donc du lemme 1, (ii) que le sous-espace K(X;C)⊗cK(Y;C) est dense dans K(X×Y;C); comme la relation (1) s’écrit aussi ν(g⊗h)=λ(g)μ(h) pour g∈K(X;C),h∈K(Y;C), on en déduit aussitôt l’unicité de ν. Pour prouver l’existence de ν, nous utiliserons le lemme suivant:
Bourbaki place la démonstration juste après l’énoncé : ce qui précède est l’énoncé avec sa démonstration.
Rien.
Rien.