Bourbaki

Définition 5

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Integration, chapter VI, § 2. Mesures vectorielles

On appelle mesure complexe sur TT toute forme linéaire continue sur l'espace vectoriel complexe Kc(T)\mathscr{K}_c(T).

L'espace Mc(T)\mathscr{M}_c(T) des mesures complexes sur TT est donc le dual de l'espace localement convexe séparé Jc(T)\mathscr{J}_c(T).

Si mm est une mesure complexe sur TT, sa restriction à H(T)\mathscr{H}(T) est une mesure vectorielle sur TT à valeurs dans C\mathbf{C} (considéré comme espace vectoriel sur R\mathbf{R}) ; mm est déterminée par cette restriction, puisque si f=f1+if2∈HC(T)f = f_1 + i f_2 \in \mathscr{H}_\mathbf{C}(T), la partie réelle f1f_1 et la partie imaginaire f2f_2 de ff sont dans H(T)\mathscr{H}(T), et m(f)=m(f1)+im(f2)m(f) = m(f_1) + i m(f_2). Inversement, pour toute mesure vectorielle m0m_0 sur TT à valeurs dans C\mathbf{C}, la formule m(f)=m0(f1)+im0(f2)m(f) = m_0(f_1) + i m_0(f_2) définit une mesure complexe mm et une seule dont la restriction à H(T)\mathscr{H}(T) soit m0m_0. Nous identifierons donc désormais une mesure complexe à sa restriction à H(T)\mathscr{H}(T) ; une telle mesure mm est de la forme m=μ1+iμ2m = \mu_1 + i \mu_2, où μ1\mu_1 et μ2\mu_2 sont deux mesures réelles sur TT, qui sont appelées respectivement partie réelle et partie imaginaire de mm. Le support de mm est l’adhérence de la réunion des supports de μ1\mu_1 et μ2\mu_2. On sait que mm est majorable (no 3, cor. de la prop. 4) ; nous appellerons valeur absolue de mm la mesure positive ∣m∣|m| correspondant à la valeur absolue ∣x1+ix2∣=x12+x22|x_1 + i x_2| = \sqrt{x_1^2 + x_2^2} sur C\mathbf{C}. On a ∣m∣=(μ12+μ22)1/2|m| = (\mu_1^2 + \mu_2^2)^{1/2} (no 4, Remarque suivant la prop. 9), et ∣μ1∣≤∣m∣, ∣μ2∣≤∣m∣, ∣m∣≤∣μ1∣+∣μ2∣|\mu_1| \leq |m|,\ |\mu_2| \leq |m|,\ |m| \leq |\mu_1| + |\mu_2|; en outre, mm est une mesure de base ∣m∣|m|, et on peut écrire m=h.∣m∣m = h.|m|, où h∈LC∞(∣m∣)h \in \mathscr{L}_\mathbf{C}^\infty(|m|) et ∣h(t)∣=1|h(t)| = 1 localement presque partout pour ∣m∣|m| (no 4, prop. 9). Les supports de mm et de ∣m∣|m| sont les mêmes.

Pour toute application f\mathbf{f} de TT dans un espace de Banach complexe FF, essentiellement intégrable par rapport à ∣m∣|m|, on peut définir (no 7) l’intégrale de f\mathbf{f} par rapport à mm (correspondant à l’application R\mathbf{R}-bilinéaire (x,λ)→λx(\mathbf{x}, \lambda) \to \lambda \mathbf{x} de F×CF \times \mathbf{C} dans FF), qu’on notera ∫fdm\int \mathbf{f} dm; il résulte aussitôt de la propriété d’unicité de la prop. 11 que l’on a (avec les notations précédentes)

∫fdm=∫fdμ1+i∫fdμ2=∫fhd∣m∣. \int \mathbf{f} dm = \int \mathbf{f} d\mu_1 + i \int \mathbf{f} d\mu_2 = \int \mathbf{f} h d|m|.
Pour f∈HC(T)f \in \mathscr{H}_\mathbf{C}(T), on a donc m(f)=∫fdmm(f) = \int f dm. On dit que f\mathbf{f} est essentiellement intégrable pour mm si elle l’est pour ∣m∣|m|; on définit de même les applications mm-intégrables, mm-mesurables, localement mm-intégrables, mm-négligeables, localement mm-négligeables. On écrit LFp(T,m)\mathscr{L}_F^p(T, m) (resp. L‾Fp(T,m),LFp(T,m)\overline{\mathscr{L}}_F^p(T, m), L_F^p(T, m)) au lieu de LFp(T,∣m∣)\mathscr{L}_F^p(T, |m|) (resp. L‾Fp(T,∣m∣),LFp(T,∣m∣)\overline{\mathscr{L}}_F^p(T, |m|), L_F^p(T, |m|)); ce sont des espaces vectoriels complexes.

Pour que f\mathbf{f} soit mm-intégrable (resp. essentiellement mm-intégrable), il faut et il suffit que f\mathbf{f} soit intégrable (resp. essentiellement intégrable) par rapport à chacune des quatre mesures μ1+,μ1−,μ2+,μ2−\mu_1^+, \mu_1^-, \mu_2^+, \mu_2^-, en vertu des inégalités entre ∣m∣,∣μ1∣,∣μ2∣|m|, |\mu_1|, |\mu_2| et des relations ∣μk∣=μk++μk−(k=1,2)|\mu_k| = \mu_k^+ + \mu_k^- (k = 1, 2) (chap. V, § 3, no 5, cor. 1 de la prop. 6).

Si f\mathbf{f} est essentiellement mm-intégrable (resp. mm-intégrable), ∣f∣|\mathbf{f}| est essentiellement ∣m∣|m|-intégrable (resp. ∣m∣|m|-intégrable), et il résulte de la prop. 11 que

∣∫fdm∣≤∫∣f∣d∣m∣. \left| \int \mathbf{f} dm \right| \leq \int |\mathbf{f}| d|m|.

Soient F et G deux espaces de Banach complexes, uu une application linéaire continue de F dans G. Si f\mathbf{f} est une application essentiellement mm-intégrable (resp. mm-intégrable) de T dans F, u∘fu \circ \mathbf{f} est essentiellement mm-intégrable (resp. mm-intégrable) et on a

∫(u∘f)dm=u(∫fdm); \int (u \circ \mathbf{f}) dm = u \left( \int \mathbf{f} dm \right);
cela résulte aussitôt de ce qui précède et de la proposition analogue pour les fonctions essentiellement ∣m∣|m|-intégrables (chap. IV, § 4, no 2, th. 1 et chap. V, § 2, no 2, prop. 5).

Soient mm une mesure complexe sur T et hh une fonction complexe localement mm-intégrable. Pour toute fonction f∈Hc(T)f \in \mathscr{H}_c(T), la fonction fhfh est mm-intégrable et l’application f→∫fhdmf \to \int fh dm est une mesure complexe notée h.mh.m et appelée mesure de densité hh par rapport à mm. Si m=g.∣m∣m = g.|m|, il est clair que h.m=hg.∣m∣h.m = hg.|m|; comme en outre ∣g(t)∣=1|g(t)| = 1 localement presque partout pour ∣m∣|m|, pour que f\mathbf{f} soit essentiellement intégrable pour n=h.mn = h.m, il faut et il suffit que fh\mathbf{f}h soit essentiellement mm-intégrable, et on a

∫fdn=∫(fh)dm. \int \mathbf{f} dn = \int (\mathbf{f}h) dm.
De plus, on a ∣h.m∣=∣h∣.∣m∣|h.m| = |h|.|m|. On dit encore que toute mesure de la forme h.mh.m est une mesure complexe de base mm; deux mesures complexes m,m′m, m' sont dites équivalentes si chacune a une densité par rapport à l’autre, ou, ce qui revient au même, si m′=h.mm' = h.m, où hh est localement mm-intégrable et h(t)≠0h(t) \neq 0 localement presque partout pour ∣m∣|m|. Il est clair que mm et ∣m∣|m| sont équivalentes, et que, pour que mm et m′m' soient équivalentes, il faut et il suffit que ∣m∣|m| et ∣m′∣|m'| le soient.

Si mm et m′m' sont deux mesures complexes sur TT, ff une fonction à valeurs dans un espace de Banach complexe FF, essentiellement intégrable (resp. intégrable) à la fois pour mm et m′m', alors, quels que soient les nombres complexes λ\lambda et λ′\lambda', ff est essentiellement intégrable (resp. intégrable) pour λm+λ′m′\lambda m + \lambda' m', et on a

∫fd(λm+λ′m′)=λ∫fdm+λ′∫fdm′. \int f d(\lambda m + \lambda' m') = \lambda \int f dm + \lambda' \int f dm'.

Cela résulte en effet du cor. de la prop. 11 du no 7.

Il résulte en outre des définitions que l’on a

∣λm+λ′m′∣≤∣λ∣⋅∣m∣+∣λ′∣⋅∣m′∣. |\lambda m + \lambda' m'| \leq |\lambda| \cdot |m| + |\lambda'| \cdot |m'|.

On appelle mesure conjuguée d’une mesure complexe mm la mesure complexe mm définie par m‾(f)=m(f)‾\overline{m}(f) = \overline{m(f)} pour f∈Kc(T)f \in \mathscr{K}_c(T). Si m=μ1+iμ2m = \mu_1 + i \mu_2, où μ1\mu_1 et μ2\mu_2 sont des mesures réelles, on a m‾=μ1−iμ2\overline{m} = \mu_1 - i \mu_2 et ∣m‾∣=∣m∣|\overline{m}| = |m|; si m=h⋅∣m∣m = h \cdot |m|, on a m‾=h‾⋅∣m∣\overline{m} = \overline{h} \cdot |m|. Si ff est une fonction essentiellement mm-intégrable (resp. mm-intégrable) à valeurs complexes, f‾\overline{f} est essentiellement m‾\overline{m}-intégrable (resp. m‾\overline{m}-intégrable) et on a

∫f‾dm‾=∫f‾dm. \int \overline{f} d\overline{m} = \int \overline{f} dm.

Bourbaki place la démonstration juste après l’énoncé : ce qui précède est l’énoncé avec sa démonstration.

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Rien.

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Rien.

Transcrit du volume imprimé. Non traduit.