Lemme 1
Étiquette 0E6X, permanente. À citer comme [Bourbaki, Tag 0E6X].
Integration, chapter VI, Appendix 0. Compléments sur les espaces vectoriels topologiques
Soient F un espace de Fréchet, F' son dual fort, F'' son bidual. Si toute partie de F'', bornée pour , est contenue dans l’adhérence (pour ) d’une partie bornée de F, alors F' est limite inductive d’une suite d’espaces de Banach.
Soit en effet une suite fondamentale décroissante de voisinages convexes, équilibrés et fermés de 0 dans F. Pour tout entier , soit le sous-espace de engendré par le polaire de . Dans , est un ensemble convexe absorbant, donc sa jauge est une norme sur ; en outre est une partie complète du dual fort (Esp. vect. top., chap. III, § 3, no 7, th. 4); donc , muni de la norme , est un espace de Banach (Esp. vect. top., chap. I, § 1, no 5, cor. de la prop. 8). Nous allons montrer que la topologie forte sur est limite inductive de ces topologies d’espace de Banach sur les , ou encore que, pour qu’une partie convexe, équilibrée et fortement fermée U de soit un voisinage fort de 0, il faut et il suffit qu’elle absorbe chacun des . Il est évident que cette condition est nécessaire; pour voir qu’elle est suffisante, il nous suffira de prouver que U contient un tonneau de . En effet, son polaire dans sera alors borné pour , donc sera contenu par hypothèse dans l’adhérence (pour ) d’une partie bornée B de F, et on en conclura que U (qui est fermé pour ) contient le voisinage fort de 0 (Esp. vect. top., chap. IV, § 1, no 3, prop. 3).
Par hypothèse, pour tout entier , il existe un nombre tel que ; soit l’enveloppe convexe de la réunion des pour . On a pour tout ; soit W la réunion des
A_n : W est un ensemble convexe, équilibré, absorbant, contenu dans et il nous suffit de montrer que son adhérence forte (qui est un tonneau) est contenue dans U.
Soit donc un point de n’appartenant pas à U. Comme chacun des est compact pour , il en est de même de (, chap. II, § 4, no 1, prop. 1), et comme , il existe un élément appartenant au polaire de dans F et tel que (, chap. II, § 3, no 3, prop. 4). La suite est bornée dans F : en effet, tout appartient à un des , et on a par suite pour , d’où notre assertion (, chap. IV, § 2, no 4, th. 3). Soit C un ensemble borné convexe équilibré de F contenant tous les ; C est alors un voisinage de 0 dans , et le polaire de dans est compact pour (, chap. IV, § 2, no 2, prop. 2). On voit donc que la suite admet une valeur d’adhérence dans pour ; on a évidemment et d’autre part, appartient au polaire de dans pour tout , donc au polaire de W dans . On en conclut que , donc n’est pas adhérent à W pour (, chap. IV, § 1, no 3, prop. 3), ni a fortiori pour la topologie forte, ce qui achève la démonstration.
Bourbaki place la démonstration juste après l’énoncé : ce qui précède est l’énoncé avec sa démonstration.
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