Bourbaki

§ 10. Angles

Dans tout ce paragraphe, A désigne un corps commutatif de caractéristique ≠2\neq 2, E un espace vectoriel de dimension 2 sur A, et Φ\Phi une forme bilinéaire symétrique non dégénérée sur E.

1. Similitudes directes dans un plan.

Rappelons (§ 6, n° 5) qu’une similitude directe de E est un automorphisme uu de l’espace vectoriel E tel que Φ(u(x),u(y))=(det⁡u)Φ(x,y)\Phi(u(x), u(y)) = (\det u)\Phi(x, y) quels que soient x,yx, y dans E.

Proposition 1

Soit A(Φ)A(\Phi) la sous-algèbre de LA(E)\mathscr{L}_A(E) engendrée par les similitudes directes de E.

a) Les similitudes directes sont les éléments inversibles de A(Φ)A(\Phi). L’algèbre A(Φ)A(\Phi) est une algèbre commutative de degré 2 sur A. Lorsque E ne contient pas de vecteur isotrope ≠0\neq 0, A(Φ)A(\Phi) est un corps, extension quadratique de A ; dans le cas contraire c’est la composée directe de deux corps isomorphes à A.

b) Soit (e1,e2)(e_1, e_2) une base orthogonale de E ; posons αi=Φ(ei,ei)\alpha_i = \Phi(e_i, e_i) (i=1,2)(i = 1, 2) et δ=−α2/α1\delta = -\alpha_2/\alpha_1. Alors les matrices des éléments de A(Φ)A(\Phi) par rapport à cette base sont les matrices de la forme (aδbba)\begin{pmatrix} a & \delta b \\ b & a \end{pmatrix} où a∈A,b∈Aa \in A, b \in A.

c) L’espace E est un A(Φ)A(\Phi)-module libre monogène, engendré par n’importe quel vecteur non isotrope.

Introduisons en effet une forme bilinéaire alternée auxiliaire B≠0B \neq 0 sur E ; alors B est non dégénérée. Il existe donc un endon° 1

morphisme ω\omega de E tel que Φ(x,y)=B(ω(x),y)\Phi(x, y) = B(\omega(x), y) quels que soient x,yx, y dans E. Pour tout endomorphisme inversible uu de E, on a

Φ(u(x),u(y))=B(ωu(x),u(y))=B(uu−1ωu(x),u(y))=(det⁡u)B(u−1ωu(x),y); \begin{align*} \Phi(u(x), u(y)) &= B(\omega u(x), u(y)) = B(uu^{-1}\omega u(x), u(y)) \\ &= (\det u)B(u^{-1}\omega u(x), y); \end{align*}
pour que uu soit une similitude directe, il faut et il suffit donc que l’on ait
(det⁡u)B(u−1ωu(x),y)=(det⁡u)Φ(x,y)=(det⁡u)B(ω(x),y) (\det u)B(u^{-1}\omega u(x), y) = (\det u)\Phi(x, y) = (\det u)B(\omega(x), y)
quels que soient x,yx, y dans E ; comme det⁡u≠0\det u \neq 0 et que B est non dégénérée, ceci équivaut à u−1ωu=ωu^{-1}\omega u = \omega, ou encore à uω=ωuu\omega = \omega u. Prenons pour B la forme bilinéaire alternée dont la matrice SS par rapport à (e1,e2)(e_1, e_2) est (01−10)\begin{pmatrix} 0 & 1 \\ -1 & 0 \end{pmatrix}; en notant RR et WW les matrices de Φ\Phi et de ω\omega par rapport à cette base, la relation Φ(x,y)=B(ω(x),y)\Phi(x, y) = B(\omega(x), y) s’écrit, en vertu de la formule (47) du § 1, n° 10, R=tW.SR = {}^tW.S; en explicitant ceci montre que l’on a W=(0α2−α10)W = \begin{pmatrix} 0 & \alpha_2 \\ -\alpha_1 & 0 \end{pmatrix}. Si (acbd)\begin{pmatrix} a & c \\ b & d \end{pmatrix} désigne la matrice de uu par rapport à (e1,e2)(e_1, e_2), la relation uω=ωuu\omega = \omega u équivaut donc aux relations bα2=−cα1,aα2=dα2,aα1=dα1b\alpha_2 = -c\alpha_1, a\alpha_2 = d\alpha_2, a\alpha_1 = d\alpha_1, c’est-à-dire à a=da = d et c=δbc = \delta b; ceci démontre que les matrices des similitudes directes sont les matrices inversibles de la forme (aδbba)\begin{pmatrix} a & \delta b \\ b & a \end{pmatrix} (a,ba, b dans A).

Or les endomorphismes de E dont les matrices sont de la forme (aδbba)\begin{pmatrix} a & \delta b \\ b & a \end{pmatrix} (a,ba, b dans A) forment un sous-espace vectoriel de dimension 2 de LA(E)\mathfrak{L}_A(E), engendré par 1 et par l’endomorphisme ω\omega; comme ω2\omega^2 est l’homothétie de rapport −α1α2-\alpha_1\alpha_2, ce sous-espace est la sous-algèbre A(Φ)A(\Phi) de LA(E)\mathfrak{L}_A(E) engendrée par les similitudes directes. Les similitudes directes sont les éléments inversibles de A(Φ)A(\Phi), c’est-à-dire ceux dont les matrices vérifient a2−δb2≠0a^2 - \delta b^2 \neq 0. Le fait que l’algèbre A(Φ)A(\Phi) est commutative est évident. Appliquons-lui les résultats du chap. II, § 7, n° 7 : si δ\delta n’est pas un carré dans A, c’est-à-dire si aucun vecteur non nul de E n’est isotrope, A(Φ)A(\Phi) est un corps ; si, au contraire, δ\delta est un carré dans A, c’est-à-dire si E contient des vecteurs isotropes ≠0\neq 0, A(Φ)A(\Phi) est composée directe de deux corps isomorphes à A. Ceci démontre a) et b).

Enfin tout vecteur non isotrope de E peut être pris comme premier vecteur e1e_1 d’une base orthogonale (e1,e2)(e_1, e_2) (§ 6, n° 1); donc ses transformés u(e1)u(e_1) par les éléments uu de Λ(Φ)\Lambda(\Phi) sont les vecteurs de la forme ae1+be2ae_1 + be_2 (a,ba, b dans Λ\Lambda), c’est-à-dire tous les vecteurs de EE, puisque toutes les matrices (aδbba)\begin{pmatrix} a & \delta b \\ b & a \end{pmatrix} sont des matrices d’éléments de Λ(Φ)\Lambda(\Phi). Autrement dit EE est un Λ(Φ)\Lambda(\Phi)-module monogène, engendré par n’importe quel vecteur non isotrope. On voit de plus que c’est un Λ(Φ)\Lambda(\Phi)-module monogène libre, puisque u(e1)=ae1+be2=0u(e_1) = ae_1 + be_2 = 0 entraîne a=b=0a = b = 0, donc u=0u = 0. Ceci démontre c).

Remarque 1

Soit ν\nu la similitude de matrice (0δ10)\begin{pmatrix} 0 & \delta \\ 1 & 0 \end{pmatrix} par rapport à (e1,e2)(e_1, e_2); la similitude ω\omega introduite dans la démonstration de la prop. 1 est égale à −α1ν-\alpha_1 \nu; on a ν2=δ\nu^2 = \delta. Le multiplicateur de la similitude directe u=a+bνu = a + b \nu (a,ba, b dans Λ\Lambda) est égal au déterminant de sa matrice (aδbba)\begin{pmatrix} a & \delta b \\ b & a \end{pmatrix}, c’est-à-dire à a2−δb2=(a+bν)(a−bν)=u.u‾a^2 - \delta b^2 = (a + b \nu)(a - b \nu) = u . \overline{u}, en désignant par u‾\overline{u} le conjugué de uu dans l’algèbre Λ(Φ)\Lambda(\Phi) (chap. II, § 7, n° 7); autrement dit le multiplicateur de uu est la norme N(u)N(u) de uu dans l’algèbre Λ(Φ)\Lambda(\Phi) (ibid.). En particulier, pour qu’une similitude directe uu soit une rotation, il faut et il suffit que N(u)=1N(u) = 1; pour que uu soit une homothétie, il faut et il suffit que u∈Λ∗u \in \Lambda^*.

Remarque 2

Les similitudes directes u=a+bνu = a + b \nu (a,ba, b dans Λ\Lambda, b≠0b \neq 0) dont le carré est une homothétie sont les homothéties et les multiples scalaires bνb \nu de ν\nu, puisque (a+bν)2=(a2+δb2)+2abν(a + b \nu)^2 = (a^2 + \delta b^2) + 2ab \nu. Ces derniers ne sont autres que les automorphismes de l’espace vectoriel EE qui transforment tout vecteur en un vecteur orthogonal; en effet la matrice d’un tel automorphisme est nécessairement de la forme (0cd0)\begin{pmatrix} 0 & c \\ d & 0 \end{pmatrix} (c,dc, d dans Λ\Lambda), et la condition de transformer le vecteur λe1+μe2\lambda e_1 + \mu e_2 en un vecteur orthogonal s’écrit alors λμ(dα2+cα1)=0\lambda \mu (d \alpha_2 + c \alpha_1) = 0.

Remarque 3

On vérifie aisément que, pour x,yx, y dans EE et u∈Λ(Φ)u \in \Lambda(\Phi), on a Φ(u(x),y)=Φ(x,u‾(y))\Phi(u(x), y) = \Phi(x, \overline{u}(y)). Ainsi l’endomorphisme adjoint d’une similitude directe uu est la similitude directe u‾\overline{u} conjuguée de uu dans Λ(Φ)\Lambda(\Phi).

Remarque 4

Comme toute similitude inverse de EE est le produit d’une similitude directe et de la symétrie par rapport à Ae1Ae_1, les matrices n° 1

des similitudes inverses par rapport à (e1,e2)(e_1, e_2) sont les matrices de la forme (a−δbb−a)\begin{pmatrix} a & -\delta b \\ b & -a \end{pmatrix}.

Nous désignerons désormais par SS le groupe des similitudes de EE, par S+S^+ celui des similitudes directes, par HH celui des homothéties ≠0\neq 0, et par O+O^+ celui des rotations. Rappelons que l’on a H⊂S+(§6,n°5)H \subset S^+ (§ 6, n° 5).

Corollaire 1

Le groupe S+S^+ des similitudes directes est commutatif. Quels que soient les vecteurs non isotropes x,yx, y de EE, il existe une similitude directe uu et une seule telle que y=u(x)y = u(x).

La première assertion résulte du fait que l’algèbre A(Φ)A(\Phi) est commutative. Comme EE est un A(Φ)A(\Phi)-module libre monogène engendré par xx (resp. yy), il existe un élément uu (resp. u′u') de A(Φ)A(\Phi) et un seul tel que y=u(x)y = u(x) (resp. x=u′(y)x = u'(y)) ; d’où x=u(u′(x))x = u(u'(x)), et uu′uu' est l’identité ; ceci montre que uu est inversible, et est donc une similitude directe.

Corollaire 2

Le groupe O+O^+ des rotations est commutatif. Quels que soient les vecteurs x,yx, y de EE tels que Φ(x,x)=Φ(y,y)≠0\Phi(x, x) = \Phi(y, y) \neq 0, il existe une rotation uu et une seule telle que y=u(x)y = u(x).

La première assertion résulte du cor. 1. Celui-ci montre aussi qu’il existe une similitude directe uu et une seule telle que y=u(x)y = u(x) ; comme Φ(u(x),u(x))=Φ(x,x)\Phi(u(x), u(x)) = \Phi(x, x), le multiplicateur de uu est égal à 1, et uu est donc une rotation.

Corollaire 3

Le groupe S+/HS^+/H est commutatif. Il opère sur l’ensemble des droites non isotropes de EE. Quelles que soient les droites non isotropes D,D′D, D' de EE, il existe un élément φ\varphi et un seul de S+/HS^+/H tel que D′=φ(D)D' = \varphi(D).

Ceci résulte du cor. 1 et du fait que HH laisse globalement invariante toute droite de EE.

Proposition 2

Le noyau de l’homomorphisme canonique de O+O^+ dans S+/HS^+/H est {1,−1}\{1, -1\}.

En effet 1 et −1-1 sont les seuls éléments de H∩O+H \cap O^+.

Proposition 3

L’homomorphisme u→u/u‾=u2/N(u)u \to u/\overline{u} = u^2 / N(u) de S+S^+ dans lui-même admet HH pour noyau, et définit, par passage au quotient, un isomorphisme de S+/HS^+/H sur O+O^+.

En effet la relation u/u‾=1u/\overline{u} = 1 équivaut à u=u‾u = \overline{u}, c’est-à-dire à u∈A∗=Hu \in A^* = H; donc HH est le noyau de u→u/u‾u \to u/\overline{u}. Comme N(u/u‾)=1N(u/\overline{u}) = 1, u/u‾u/\overline{u} est une rotation (Remarque 1). Il reste à montrer que tout élément φ\varphi de O+O^+ est de la forme u/u‾u/\overline{u} (u∈S+u \in S^+). Si 1+φ1 + \varphi est inversible, on peut prendre u=1+φu = 1 + \varphi, car la relation N(φ)=φφ‾=1N(\varphi) = \varphi \overline{\varphi} = 1 implique 1+φ=φ(1+φ‾)1 + \varphi = \varphi(1 + \overline{\varphi}). Sinon, l’on a N(1+φ)=(1+φ)(1+φ‾)=0N(1 + \varphi) = (1 + \varphi)(1 + \overline{\varphi}) = 0, c’est-à-dire, en posant φ=a+bω\varphi = a + b\omega (a∈A, b∈A, ω2=δ∈Aa \in A,\ b \in A,\ \omega^2 = \delta \in A), 2(1+a)=02(1 + a) = 0, d’où a=−1a = -1; or les relations a=−1a = -1 et N(φ)=a2−δb2=1N(\varphi) = a^2 - \delta b^2 = 1 entraînent b=0b = 0, d’où φ=−1\varphi = -1; comme ω‾=−ω\overline{\omega} = -\omega, il suffit, dans ce cas, de prendre u=ωu = \omega.

Lorsque A(Φ)A(\Phi) est un corps, la prop. 3 est un cas particulier du théorème de Hilbert (chap. V, § 11, n° 5, th. 3).

Corollaire

Notons i:O+→S+/Hi : O^+ \to S^+/H et d:S+/H→O+d : S^+/H \to O^+ les homomorphismes définis dans les prop. 2 et 3, et écrivons additive- ment les groupes abéliens O+O^+ et S+/HS^+/H; on a d(i(θ))=2θd(i(\theta)) = 2\theta pour θ∈O+\theta \in O^+ et i(d(φ))=2φi(d(\varphi)) = 2\varphi pour φ∈S+/H\varphi \in S^+/H.

En effet, si φ‾\overline{\varphi} est une rotation, on a φ‾=φ−1\overline{\varphi} = \varphi^{-1}, d’où d(i(φ))=φ/φ‾=φ2d(i(\varphi)) = \varphi/\overline{\varphi} = \varphi^2. D’autre part, si φ∈S+/H\varphi \in S^+/H, φ\varphi est la classe mod. HH d’une similitude directe uu, et d(φ)=u/u‾=u2/N(u)d(\varphi) = u/\overline{u} = u^2 / N(u) est congru à u2u^2 mod. HH; d’où la seconde formule.

2. Trigonométrie plane.

Nous ferons choix, dans ce n°, d’un générateur ω\omega de l’algèbre A(Φ)A(\Phi) tel que ω2∈A\omega^2 \in A. Un tel générateur est déterminé à une homothétie près (n° 1, Remarque 2), donc l’élément ω2\omega^2 de AA, que nous noterons δ\delta, est déterminé modulo le sous-groupe multiplicatif (A∗)2(A^*)^2 des carrés d’éléments non nuls de AA.

Remarque

Lorsque –1 appartient à la classe mod. (A∗)2(A^*)^2 en question, on choisit en général ω\omega de telle sorte que ω2=−1\omega^2 = -1, ce qui le détermine au signe près. Lorsque cette classe contient 1 mais non –1, on choisit en général ω\omega de telle sorte que ω2=1\omega^2 = 1, ce qui le détermine encore au signe près.

n° 2

ANGLES

Ceci étant, tout élément φ\varphi de S+S^+ s’écrit, d’une façon et d’une seule, sous la forme

(1)

φ=cw(φ)+sw(φ)ω \varphi = c_w(\varphi) + s_w(\varphi)\omega
où cw(φ),sw(φ)c_w(\varphi), s_w(\varphi) appartiennent à AA; l’élément sw(φ)/cw(φ)s_w(\varphi)/c_w(\varphi) du corps projectif A~\tilde{A} (chap. II, 2e éd., App. III, n° 5) est noté tw(φ)t_w(\varphi); il ne dépend que de la classe de φ\varphi mod. HH; ainsi twt_w définit, par passage au quotient, une application de S+/HS^+/H dans le corps projectif A~\tilde{A}, que nous noterons encore twt_w par abus de langage. Nous écrirons souvent c,sc, s et tt au lieu de cw,swc_w, s_w et twt_w. On a c−w=cw,s−w=−swc_{-w} = c_w, s_{-w} = -s_w et t−w=−twt_{-w} = -t_w.

Proposition 4

a) Lorsque ω2=δ\omega^2 = \delta n’est pas un carré dans AA (c’est-à-dire lorsque EE ne contient pas de droite isotrope), l’application tt de S+/HS^+/H dans A~\tilde{A} est une bijection.

b) Lorsque δ\delta est le carré d’un élément γ\gamma de AA, l’application tt est une bijection de S+/HS^+/H sur A~\tilde{A} privé des éléments 1/γ1/\gamma et −1/γ-1/\gamma.

c) En notant S+/HS^+/H additivement, on a, pour φ,φ′\varphi, \varphi' dans S+/HS^+/H

(2)

t(φ+φ′)=(t(φ)+t(φ′))/(1+δt(φ)t(φ′)) t(\varphi + \varphi') = (t(\varphi) + t(\varphi'))/(1 + \delta t(\varphi)t(\varphi'))
lorsque t(φ)t(\varphi) et t(φ′)t(\varphi') sont finis et que 1+t(φ)t(φ′)1 + t(\varphi)t(\varphi') est ≠0\neq 0.

En effet, comme S+/HS^+/H est un ensemble de droites (privées de 0) de A(Φ)A(\Phi) considéré comme plan vectoriel sur AA, tt est injective. D’autre part, pour qu’un élément a+bωa + b\omega (a∈A,b∈Aa \in A, b \in A) de A(Φ)A(\Phi) soit une similitude directe, il faut et il suffit qu’il soit inversible, c’est-à-dire que l’on ait N(a+bω)=a2−δb2≠0N(a + b\omega) = a^2 - \delta b^2 \neq 0, ou encore (b/a)2≠1/δ(b/a)^2 \neq 1/\delta; ceci démontre les assertions de surjectivité dans a) et b). Enfin le produit des similitudes 1+t(φ)ω1 + t(\varphi)\omega et 1+t(φ′)ω1 + t(\varphi')\omega est la similitude 1+δt(φ)t(φ′)+(t(φ)+t(φ′))ω1 + \delta t(\varphi)t(\varphi') + (t(\varphi) + t(\varphi'))\omega, ce qui démontre c).

Proposition 5

Notons O+O^+ additivement. Pour tout couple d’éléments θ,θ′\theta, \theta' de O+O^+ on a

(3)

c(θ)2−δs(θ)2=1 c(\theta)^2 - \delta s(\theta)^2 = 1
(4)
c(θ+θ′)=c(θ)c(θ′)+δs(θ)s(θ′) c(\theta + \theta') = c(\theta)c(\theta') + \delta s(\theta)s(\theta')
(5)
s(θ+θ′)=s(θ)c(θ′)+c(θ)s(θ′). s(\theta + \theta') = s(\theta)c(\theta') + c(\theta)s(\theta').

La relation (3) exprime en effet que N(c(θ)+s(θ)ω)=1N(c(\theta) + s(\theta)\omega) = 1. Pour (4) et (5) il suffit de calculer, dans A(Φ)A(\Phi), le produit des rotations c(θ)+s(θ)ωc(\theta) + s(\theta)\omega et c(θ′)+s(θ′)ωc(\theta') + s(\theta')\omega.

Proposition 6

Soit d l’isomorphisme de S+/HS^+/H sur O+O^+ défini dans la prop. 3. Pour tout élément φ\varphi de S+/HS^+/H tel que t=t(φ)t = t(\varphi) soit fini, on a

(6)

s(d(φ))=2t/(1−δt2),c(d(φ))=(1+δt2)/(1−δt2). s(d(\varphi)) = 2t/(1 - \delta t^2), \qquad c(d(\varphi)) = (1 + \delta t^2)/(1 - \delta t^2).

En effet φ\varphi est la classe mod. HH de la similitude 1+tω1 + t\omega, et la rotation d(φ)d(\varphi) est donc (1+tω)2/N(1+tω)=(1+δt2+2tω)/(1−δt2)(1 + t\omega)^2/N(1 + t\omega) = (1 + \delta t^2 + 2t\omega)/(1 - \delta t^2) (prop. 3), ce qui démontre (6).

Corollaire

Pour tout élément θ\theta de O+O^+ tel que t(θ)t(\theta) soit fini, on a

(7)

s(2θ)=2t(θ)/(1−δt(θ)2),c(2θ)=(1+δt(θ)2)/(1−δt(θ)2). s(2\theta) = 2t(\theta)/(1 - \delta t(\theta)^2), \qquad c(2\theta) = (1 + \delta t(\theta)^2)/(1 - \delta t(\theta)^2).
Pour tout élément φ\varphi de S+/HS^+/H tel que t(φ)t(\varphi) soit fini et 1+δt(φ)2≠01 + \delta t(\varphi)^2 \neq 0, on a (8)
t(2φ)=2t(φ)/(1+δt(φ)2). t(2\varphi) = 2t(\varphi)/(1 + \delta t(\varphi)^2).

En effet ceci résulte aussitôt de la prop. 6 et du cor. de la prop. 3.

Remarque

Les formules (6) restent vraies pour t=∞t = \infty à condition de remplacer les fonctions rationnelles qui figurent au second membre par leurs prolongements canoniques au corps projectif A~\tilde{A} (chap. II, 2e éd., App. III, n° 5); en effet, si t=∞t = \infty, φ\varphi est la classe de ω\omega, et on a d(φ)=−1,s(d(φ))=0d(\varphi) = -1, s(d(\varphi)) = 0 et c(d(φ))=−1c(d(\varphi)) = -1; ce sont bien là les valeurs prises par les prolongements canoniques des seconds membres pour t=∞t = \infty. Il en est de même pour (7) lorsque t(θ)=∞t(\theta) = \infty, et pour (8) lorsque t(φ)=∞t(\varphi) = \infty ou que 1+δt(φ)2=01 + \delta t(\varphi)^2 = 0. De même la formule (2) reste vraie lorsqu’un seul des éléments t(φ),t(φ′),t(φ)t(\varphi), t(\varphi'), t(\varphi) par exemple, est infini, à condition de considérer son second membre comme une fonction rationnelle de t(φ)t(\varphi) seulement : en effet le produit des similitudes 1+t(φ′)ω1 + t(\varphi')\omega et ω\omega est δt(φ′)+ω\delta t(\varphi') + \omega, tandis que la valeur prise par le prolongement canonique du second membre de (2) est 1/δt(φ′)1/\delta t(\varphi'). Enfin, lorsque t(φ)t(\varphi) et t(φ′)t(\varphi') sont finis et que l’on a 1+δt(φ)t(φ′)=01 + \delta t(\varphi)t(\varphi') = 0, on a t(φ)+t(φ′)=0t(\varphi) + t(\varphi') = 0 (sinon t(φ)2t(\varphi)^2 serait égal à 1/δ1/\delta, ce qui est impossible (prop. 4)); on peut donc convenir que la valeur du second membre de (2) est ∞\infty, et cette valeur est bien celle du premier membre. Lorsque t(φ)t(\varphi) et t(φ′)t(\varphi') sont tous deux infinis, le second membre de (2) n’est pas défini.

3. Angles.

Nous supposerons, dans ce n° et le suivant, que A est un corps ordonné, donc de caractéristique nulle. Rappelons (Rectifications au chap. VI) que, si F est un espace vectoriel sur A, la relation « il existe λ>0\lambda > 0 tel que y=λxy = \lambda x » est une relation d’équivalence entre éléments x,yx, y de F−{0}F - \{ 0 \}, que toute classe d’équivalence pour cette relation s’appelle une demi-droite ouverte d’origine 0, et que la réunion d’une demi-droite ouverte et de {0}\{ 0 \} s’appelle une demi-droite fermée (ou simplement demi-droite) d’origine 0 ; si D est une droite et Δ\Delta une demi-droite fermée contenue dans D, D est réunion de Δ\Delta et de −Δ-\Delta, et ne contient pas d’autre demi-droite fermée. Nous dirons qu’une demi-droite est isotrope si la droite qui la contient est isotrope.

Rappelons aussi (ibid.) que, étant donné un espace vectoriel de dimension finie nn sur A, une orientation sur F est la donnée d’une des deux demi-droites de l’espace ∧nF\wedge^n F; les nn-vecteurs appartenant à cette demi-droite sont dits positifs. Un espace vectoriel de dimension finie muni d’une orientation est dit orienté.

Les homothéties de E dont le rapport est >0> 0 forment évidemment un sous-groupe d’indice 2 de H ; nous le noterons H+H^+. L’homomorphisme canonique i:O+→S+/Hi : O^+ \to S^+/H (cf. prop. 2) est le composé des homomorphismes canoniques de S+/H+S^+/H^+ sur S+/HS^+/H et de O+O^+ dans S+/H+S^+/H^+; comme O+∩H+={1}O^+ \cap H^+ = \{ 1 \}, ce dernier homomorphisme est injectif.

Proposition 7

Supposons que A soit un corps ordonné maximal et que Φ\Phi soit une forme positive (§ 7). Alors les homomorphismes canoniques de O+O^+ dans S+/H+S^+/H^+ et de O+/{1,−1}O^+/\{ 1, -1 \} dans S+/HS^+/H sont bijectifs, et S+S^+ est isomorphe à O+×H+O^+ \times H^+.

Nous avons déjà vu que les homomorphismes en question sont injectifs, et il suffit de montrer que le premier est surjectif. Soit (e1,e2)(e_1, e_2) une base orthonormale de E, et soit ω\omega la similitude directe telle que ω(e1)=e2\omega(e_1) = e_2 (cor. 1 de la prop. 1, n° 1) ; on a alors ω2=−1\omega^2 = -1 (prop. 1, b)). Étant donnée une similitude directe quelconque u=a+bw(a∈A, b∈A)u = a + bw (a \in A,\ b \in A), on a N(u)=a2+b2>0N(u) = a^2 + b^2 > 0, et il existe une rotation et une seule contenue dans la même demi-droite de A(Φ)A(\Phi) que uu, à savoir (a2+b2)1/2 u(a^2 + b^2)^{1/2}\ u. CQFD.

Corollaire

Etant données deux demi-droites* D, D' d’origine 0, il existe une rotation v et une seule telle que v(D) = D'.

Les hypothèses impliquent en effet que E ne contient point de droites isotropes. Notre assertion résulte alors du cor. 1 de la prop. 1 (n° 1).

Nous supposerons désormais que A est un corps ordonné maximal, et que la forme Φ\Phi est positive. Dans l’ensemble des couples (D1,D2)(D_1, D_2) de droites (resp. demi-droites d’origine 0) de E, la relation « il existe une similitude directe (resp. une rotation) u telle que u(D1)=D1′u(D_1) = D'_1 et u(D2)=D2′u(D_2) = D'_2 » est une relation d’équivalence entre les couples (D1,D2)(D_1, D_2) et (D1′,D2′)(D'_1, D'_2). La classe d’équivalence du couple (D1,D2)(D_1, D_2) s’appelle, par définition l’angle des droites (resp. demi-droites) D1,D2D_1, D_2 (prises dans cet ordre); on le note (D1,D2^)(\widehat{D_1, D_2}).

Proposition 8

On suppose que* A est un corps ordonné maximal, et que la forme Φ\Phi est positive. Soient D1,D2,D1′,D2′D_1, D_2, D'_1, D'_2 quatre droites (resp. demi-droites) d’origine 0 de E. Pour que les angles (D1,D2^)(\widehat{D_1, D_2}) et (D1′,D2′^)(\widehat{D'_1, D'_2}) soient égaux, il faut et il suffit que les angles (D1,D1′^)(\widehat{D_1, D'_1}) et (D2,D2′^)(\widehat{D_2, D'_2}) soient égaux.

Démontrons la nécessité de la condition énoncée. Soit u une similitude directe (resp. une rotation) telle que u(D1)=D1′u(D_1) = D'_1 et u(D2)=D2′u(D_2) = D'_2. Il existe, d’après le cor. 3 de la prop. 1, une similitude directe (resp. d’après le cor. de la prop. 7, une rotation) v telle que v(D1)=D2v(D_1) = D_2. Comme le groupe S+S^+ (resp. O+O^+) est commutatif, on a D2′=u(v(D1))=v(u(D1))=v(D1′)D'_2 = u(v(D_1)) = v(u(D_1)) = v(D'_1), et ceci montre que (D1,D1′^)=(D2,D2′^)(\widehat{D_1, D'_1}) = (\widehat{D_2, D'_2}). La suffisance se déduit de la nécessité en échangeant D2D_2 et D1′D'_1.

Il résulte de la prop. 8 que, à tout angle (D1,D2^)(\widehat{D_1, D_2}) de droites (resp. demi-droites) d’origine 0 de E, est canoniquement associé un élément bien déterminé de S+/HS^+/H (resp. O+O^+), à savoir la classe mod. H des similitudes directes φ\varphi (resp. la rotation φ\varphi) telles que u(D1)=D2u(D_1) = D_2 pour n’importe quel représentant (D1,D2)(D_1, D_2) de l’angle (D1,D2^)(\widehat{D_1, D_2}). On a ainsi défini une bijection canonique hh (resp. h′h') de l’ensemble A0\mathfrak{A}_0 des angles de droites (resp. A\mathfrak{A} des angles de demi-droites) sur S+/HS^+/H (resp. O+O^+) ; en particulier, pour tout φ∈A\varphi \in \mathfrak{A}, on dit que h(φ)h(\varphi) est la rotation d’angle φ\varphi. Nous transporterons à A0\mathfrak{A}_0 et A\mathfrak{A}, au moyen de h−1h^{-1} et de h′−1{h'}^{-1}, les structures de groupes commutatifs de S+/HS^+/H et de O+O^+, et nous noterons additivement les groupes A0\mathfrak{A}_0 et A\mathfrak{A} ainsi obtenus. Si l’on désigne par D,D′,D′′D, D', D'' des droites (resp. demi-droites) d’origine 0 de E, on a par définition

(9)(D,D′′^)=(D,D′^)+(D′,D′′^);(relation de Chasles) (9) \quad (\widehat{D, D''}) = (\widehat{D, D'}) + (\widehat{D', D''}) \tag{relation de Chasles};

on en déduit

(10)(D,D^)=0,(D,D′^)=−(D′,D^). (10) \quad (\widehat{D, D}) = 0, \qquad (\widehat{D, D'}) = - (\widehat{D', D}).

Remarque 1

L’ensemble L des droites (resp. demi-droites) d’origine 0 de E est un espace homogène du groupe abélien S+/HS^+/H (resp. O+O^+) tel que l’élément neutre soit le seul opérateur laissant invariants tous les éléments de L. On peut donc appliquer à L les formules du chap. II, 2e éd., App. II, no 1 ; la prop. 8 est ainsi un cas particulier de la « règle du parallélogramme », et les formules (9) et (10) des cas particuliers des formules (2) (ibid.).

Remarque 2

Dans la définition du groupe des angles de droites, on peut, au lieu du groupe S+/HS^+/H, utiliser le groupe O+/{−1,1}O^+/ \{ -1, 1 \} qui lui est canoniquement isomorphe (prop. 7). L’homomorphisme canonique de O+O^+ sur O+/{−1,1}O^+/ \{ -1, 1 \} correspond ainsi à un homomorphisme de A\mathfrak{A} sur A0\mathfrak{A}_0, à savoir celui qui, à l’angle des deux demi-droites Δ,Δ′\Delta, \Delta', fait correspondre l’angle des droites D,D′D, D' contenant respectivement Δ,Δ′\Delta, \Delta'. *Dans le cas où le corps A est le corps des nombres réels, le groupe A\mathfrak{A} est ainsi un revêtement d’ordre 2 du groupe A0\mathfrak{A}_0

D’après la prop. 8, tous les angles de droites (resp. demi-droites) de la forme (D′,D′′^)(\widehat{D', D''}) où D′D' et D′′D'' sont orthogonales (resp.

de la forme (D,−D^\widehat{D, - D}) sont égaux : ceci résulte en effet de la Remarque 2 du no 1 (resp. est évident). Cet angle de droites (resp. de demi-droites) s’appelle l’angle droit (resp. l’angle plat) ; c’est un élément d’ordre 2 de A0\mathfrak{A}_0 (resp. de A\mathfrak{A}).

Proposition 9

On suppose que le corps A\mathbf{A} est ordonné maximal, et que Φ\Phi est une forme positive. Pour tout entier n>1n > 1, le nombre des éléments θ\theta du groupe A0\mathfrak{A}_0 des angles de droites (resp. A\mathfrak{A} des angles de demi-droites) tels que nθ=0n\theta = 0 est égal à nn.

Comme A0,S+/H,A\mathfrak{A}_0, S^+/H, \mathfrak{A} et O+O^+ sont isomorphes (prop. 3), il suffit de faire la démonstration pour O+O^+, c’est-à-dire montrer qu’il y a exactement nn rotations φ\varphi telles que φn=1\varphi^n = 1. Or, comme A\mathbf{A} est un corps ordonné maximal et que A(Φ)\mathbf{A}(\Phi) est un surcorps de degré 2 de A\mathbf{A} (prop. 1 a)), A(Φ)\mathbf{A}(\Phi) est un corps algébriquement clos (chap. VI, § 2, no 6, th. 3). Donc les racines nn-ièmes de l’unité dans A(Φ)\mathbf{A}(\Phi) forment un groupe cyclique d’ordre nn (chap. V, § 11, no 1, th. 1). Comme on a N(u)=uu‾⩾0N(u) = u \overline{u} \geqslant 0 pour tout u∈A(Φ)u \in \mathbf{A}(\Phi), la relation un=1u^n = 1 entraîne que l’on a N(u)=1N(u) = 1, donc que uu est une rotation (no 1, Remarque 1). Ceci démontre notre assertion.

Corollaire

L’angle droit (resp. plat) est le seul élément d’ordre 2 du groupe A0\mathfrak{A}_0 (resp. A\mathfrak{A}).

Nous supposerons enfin que le plan EE est orienté.

Lemme 1

Soit uu une similitude directe de EE; tous les bivecteurs de la forme x∧u(x)x \wedge u(x) appartiennent à la même demi-droite fermée de ∧2E\overset{2}{\wedge} E.

Le cas où uu est une homothétie est trivial. Dans le cas contraire on a x∧u(x)≠0x \wedge u(x) \neq 0 pour tout x≠0x \neq 0; soient x,yx, y deux vecteurs de EE (x≠0,y≠0x \neq 0, y \neq 0); il existe φ∈S+\varphi \in S^+ tel que y=φ(x)y = \varphi(x), d’où y∧u(y)=φ(x)∧uφ(x)=φ(x)∧φ(u(x))=(det⁡φ)(x∧u(x))y \wedge u(y) = \varphi(x) \wedge u \varphi(x) = \varphi(x) \wedge \varphi(u(x)) = (\det \varphi)(x \wedge u(x)); en prenant une base orthonormale de EE, on voit que det⁡φ\det \varphi est positif (prop. 1 b)); d’où notre assertion.

Ceci étant, parmi les deux générateurs ω\omega de A(Φ)\mathbf{A}(\Phi) tels que ω2=−1\omega^2 = -1, il en existe un et un seul tel que le bivecteur x∧ω(x)x \wedge \omega(x) soit positif pour tout x∈Ex \in E. C’est ce générateur que nous choisirons pour définir les fonctions cw,swc_w, s_w et twt_w (no 2). Soient hh et h′h' les bijections canoniques ci-dessus définies du groupe A0\mathfrak{A}_0 des angles de droites sur S+/HS^+/H et du groupe A\mathfrak{A} des angles de demi-droites sur O+O^+. Les applications composées tw∘ht_w \circ h de A0\mathfrak{A}_0 dans le corps projectif A~\tilde{\mathfrak{A}}, cw∘h′c_w \circ h' et sw∘h′s_w \circ h' de A\mathfrak{A} dans le corps AA se notent respectivement tg⁡\operatorname{tg}, cos⁡\cos et sin⁡\sin, et s’appellent les fonctions tangente, cosinus et sinus. L’application φ→1/tg⁡φ\varphi \to 1/\operatorname{tg} \varphi de A0\mathfrak{A}_0 dans A~\tilde{\mathfrak{A}} se note cotg⁡\operatorname{cotg} et s’appelle la fonction cotangente. On dit que les fonctions sinus, tangente et cotangente sont les fonctions trigonométriques. Les applications composées tg⁡∘p\operatorname{tg} \circ p et cotg⁡∘p\operatorname{cotg} \circ p, où pp désigne l’homomorphisme canonique de A\mathfrak{A} sur A0\mathfrak{A}_0 (Remarque 2 ci-dessus) se notent encore tg⁡\operatorname{tg} et cotg⁡\operatorname{cotg} par abus de langage.

Les formules (2), (8), (3), (4), (5) et (7) du no 2 donnent, puisqu’on a ici δ=−1\delta = -1

(11)tg⁡(φ+φ′)=(tg⁡φ+tg⁡φ′)/(1−tg⁡φtg⁡φ′)(12)tg⁡(2φ)=2tg⁡φ/(1−tg⁡2φ) \begin{align*} (11) \quad & \operatorname{tg} (\varphi + \varphi') = (\operatorname{tg} \varphi + \operatorname{tg} \varphi')/(1 - \operatorname{tg} \varphi \operatorname{tg} \varphi') \\ (12) \quad & \operatorname{tg} (2\varphi) = 2 \operatorname{tg} \varphi/(1 - \operatorname{tg}^2 \varphi) \end{align*}

pour φ,φ′\varphi, \varphi' dans A0\mathfrak{A}_0;

(13)cos⁡2θ+sin⁡2θ=1(14)cos⁡(θ+θ′)=cos⁡θcos⁡θ′−sin⁡θsin⁡θ′(15)sin⁡(θ+θ′)=sin⁡θcos⁡θ′+cos⁡θsin⁡θ′(16){sin⁡(2θ)=2tg⁡θ/(1+tg⁡2θ),cos⁡(2θ)=(1−tg⁡2θ)/(1+tg⁡2θ) \begin{align*} (13) \quad & \cos^2 \theta + \sin^2 \theta = 1 \\ (14) \quad & \cos (\theta + \theta') = \cos \theta \cos \theta' - \sin \theta \sin \theta' \\ (15) \quad & \sin (\theta + \theta') = \sin \theta \cos \theta' + \cos \theta \sin \theta' \\ (16) \quad & \left\{ \begin{array}{l} \sin (2\theta) = 2 \operatorname{tg} \theta/(1 + \operatorname{tg}^2 \theta), \\ \cos (2\theta) = (1 - \operatorname{tg}^2 \theta)/(1 + \operatorname{tg}^2 \theta) \end{array} \right. \end{align*}

pour θ,θ′\theta, \theta' dans A\mathfrak{A}. D’autre part on a, par définition ou comme conséquence facile des formules précédentes :

(17)tg⁡θ=sin⁡θ/cos⁡θ,cotg⁡θ=cos⁡θ/sin⁡θ(18)1+tg⁡2θ=1/cos⁡2θ,1+cotg⁡2θ=1/sin⁡2θ \begin{align*} (17) \quad & \operatorname{tg} \theta = \sin \theta/\cos \theta, \qquad \operatorname{cotg} \theta = \cos \theta/\sin \theta \\ (18) \quad & 1 + \operatorname{tg}^2 \theta = 1/\cos^2 \theta, \qquad 1 + \operatorname{cotg}^2 \theta = 1/\sin^2 \theta \end{align*}

pour θ∈A\theta \in \mathfrak{A}.

Étant donnés deux vecteurs non nuls x,yx, y de EE, on appelle angle de ces deux vecteurs (pris dans cet ordre), et on note (x,y)^\widehat{(x, y)}, l’angle des demi-droites auxquelles ils appartiennent. Pour tout vecteur xx de EE on appelle longueur de xx, et on note ∣x∣|x|, l’élément Φ(x,x)1/2\Phi(x, x)^{1/2} de AA.

Proposition 10

On suppose que le corps A\mathbf{A} est ordonné maximal, que le plan E\mathbf{E} est orienté, et que la forme Φ\Phi est positive. Pour tout couple de vecteurs non nuls x,yx, y de E\mathbf{E} on a

cos⁡(x,y^)=Φ(x,y)/∣x∣.∣y∣ \cos (\widehat{x, y}) = \Phi(x, y)/|x|.|y|
sin⁡(x,y^).e=(x∧y)/∣x∣.∣y∣, \sin (\widehat{x, y}).e = (x \wedge y)/|x|.|y|,

où ee désigne le bivecteur positif tel que Φ(2)(e,e)=1\Phi_{(2)}(e, e) = 1.

En effet, comme les vecteurs x′=x/∣x∣x' = x/|x| et y′=y/∣y∣y' = y/|y| sont tous deux de longueur 1, il existe une rotation φ\varphi et une seule telle que φ(x′)=y′\varphi(x') = y' (n° 1, cor. 2 de la prop. 1). Si l’on pose φ=a+bω\varphi = a + b \omega (a,ba, b dans A\mathbf{A}), on a par définition a=cos⁡(x,y^)a = \cos (\widehat{x, y}) et b=sin⁡(x,y^)b = \sin (\widehat{x, y}). La relation y′=φ(x′)=ax′+bω(x′)y' = \varphi(x') = ax' + b \omega(x') donne Φ(x′,y′)=aΦ(x′,x′)=a\Phi(x', y') = a \Phi(x', x') = a puisque x′x' et ω(x′)\omega(x') sont orthogonaux (Remarque 2 du n° 1); ceci démontre (19). D’autre part cette relation donne aussi x′∧y′=bx′∧ω(x′)=b.ex' \wedge y' = bx' \wedge \omega(x') = b.e d’après la définition de l’extension Φ(2)\Phi_{(2)} de Φ\Phi à ⋀2E\bigwedge^2 \mathbf{E} (§1,§ 1, n° 9, formule (37)) et le choix de ω\omega; ceci démontre (20).

Remarque 3

Étant données deux droites (resp. demi-droites) D,D′D, D' d’un plan affine LL attaché à EE, on appelle angle de DD et D′D', et on note (D,D′^)(\widehat{D, D'}), l’angle que font leurs directions dans EE (resp. les demi-droites d’origine 0 de EE correspondant à DD et D′D') (chap. II, 2e éd., App. II, n° 1 et n° 3).

Remarque 4

Soient FF un espace vectoriel de dimension quelconque sur le corps ordonné maximal A\mathbf{A}, et Ψ\Psi une forme bilinéaire symétrique positive non dégénérée sur FF. Étant donnés deux vecteurs x,yx, y linéairement indépendants de FF, soit F′F' le plan vectoriel qu’ils engendrent ; on appelle angle de xx et yy l’angle de xx et yy considérés comme éléments du plan F′F'; on le note (x,y^)(\widehat{x, y}). Le cosinus de cet angle est, en vertu de (19), donné par

cos⁡(x,y^)=Ψ(x,y)/∣x∣.∣y∣ \cos (\widehat{x, y}) = \Psi(x, y)/|x|.|y|

(où ∣x∣=Ψ(x,x)1/2|x| = \Psi(x, x)^{1/2} est encore appelé la longueur du vecteur xx), et est donc indépendant de l’orientation choisie sur F′F'; le sinus et la tangente de (x,y^)(\widehat{x, y}) changent de signe si l’on change l’orientation de F′F'. Étant donnés deux vecteurs non nuls et proportionnels x,yx, y de FF, on pose (x,y^)=0(\widehat{x, y}) = 0 par convention.

4. Secteurs angulaires.

Nous supposerons d’abord, sans autre hypothèse, que E est un plan orienté sur le corps ordonné A. On dira que trois demi-droites D₀, D₁, D₂ (d’origine 0) de E forment une suite directe si, pour xᵢ ∈ Dᵢ, xᵢ ≠ 0 (i = 0, 1, 2), deux au moins des bivecteurs x₀ ∧ x₁, x₁ ∧ x₂, x₂ ∧ x₀ sont > 0 ; dans ce cas les suites D₁, D₂, D₀ et D₂, D₀, D₁ sont aussi directes. Il est clair que trois demi-droites formant une suite directe sont distinctes. Étant données deux demi-droites D₁, D₂ de E, on appelle secteur angulaire ouvert (resp. fermé) d’origine D₁ et d’extrémité D₂, l’ensemble (ou, par abus de langage, la réunion) des demi-droites D telles que la suite D₁, D, D₂ soit directe (resp. telles que D = D₁ ou D = D₂ ou que la suite D₁, D, D₂ soit directe).

Proposition 11

Soient E un plan orienté sur un corps ordonné A, D₀ une demi-droite de E, et G l’ensemble des demi-droites de E distinctes de D₀. La relation

« D₁ = D₂, ou la suite D₀, D₁, D₂ est directe »

entre éléments D₁, D₂ de G est une relation d’ordre total dans G.

En effet les axiomes des relations d’ordre total se vérifient trivialement, à l’exception de la transitivité. Soient D₁, D₂, D₃ trois demi-droites telles que les suites, D₀, D₁, D₂ et D₀, D₂, D₃ soient directes ; nous allons montrer que la suite D₀, D₁, D₃ est directe. Pour cela prenons un vecteur xᵢ ≠ 0 dans Dᵢ (i = 0, 1, 2, 3), choisissons un bivecteur e > 0 et posons xᵢ ∧ xⱼ = aᵢⱼe (aᵢⱼ ∈ A). En écrivant e = x₀ ∧ y (y ∈ E), et en prenant (x₀, y) pour base de E, on vérifie aisément la relation

a01a23+a02a31+a03a12=0. a_{01}a_{23} + a_{02}a_{31} + a_{03}a_{12} = 0.

Ceci étant, si a₀₁ ≤ 0, on a a₁₂ > 0 et a₂₀ > 0 (puisque la première suite est directe), puis a₂₃ > 0 et a₃₀ > 0 (puisque a₀₂ < 0 et que la seconde suite est directe), d’où a₁₃ > 0 (en vertu de (22)) ; donc la suite (D₀, D₁, D₃) est directe dans ce cas. Supposons désormais a₀₁ > 0. Si a₃₀ ≤ 0, on a a₀₂ > 0 et a₂₃ > 0 (puisque la seconde suite est directe), puis a₁₂ > 0 (puisque a₂₀ < 0 et que la première suite est directe), d’où a13>0a_{13} > 0 (d’après (22)), et la suite (D0,D1,D3)(D_0, D_1, D_3) est directe. Enfin il en est évidemment de même si a01>0a_{01} > 0 et a30>0a_{30} > 0. CQFD.

Corollaire

Soient D1D_1 et D2D_2 deux demi-droites distinctes de E. Pour toute demi-droite D0D_0 de E telle que la suite D0,D1,D2D_0, D_1, D_2 soit directe, l’ensemble des demi-droites DD de E telles que D1<D<D2D_1 < D < D_2 (pour la relation d’ordre total définie par D0D_0) est égal au secteur angulaire ouvert d’origine D1D_1 et d’extrémité D2D_2.

En effet, étant donnée une demi-droite D3D_3, il s’agit de montrer que les relations « la suite D1,D3,D2D_1, D_3, D_2 est directe » et « les suites D0,D1,D3D_0, D_1, D_3 et D0,D3,D2D_0, D_3, D_2 sont directes » sont équivalentes. Pour abréger notons (ijk)(ijk) la relation « la suite (Di,Dj,Dk)(D_i, D_j, D_k) est directe ». D’après la prop. 11, la conjonction de (132) et (120) entraîne (130) ; de même la conjonction de (201) et de (213) entraîne (203) ; d’où la moitié de notre assertion. Réciproquement supposons (012), (013) et (032) ; comme la conjonction de (312) et (320) entraîne (310) (prop. 11), et que (310) et (013) sont incompatibles, (312) est fausse ; ceci démontre (132) et achève la démonstration.

En vertu du corollaire qui précède, le secteur angulaire ouvert (resp. fermé) d’origine D1D_1 et d’extrémité D2D_2 est noté {D1,D2}\{D_1, D_2\} (resp. [D1,D2][D_1, D_2]), étant entendu qu’il s’agit d’intervalles pour la structure d’ordre définie par n’importe quelle demi-droite D0D_0 telle que la suite D0,D1,D2D_0, D_1, D_2 soit directe.

Proposition 12

Soient A un corps ordonné maximal, E un plan orienté sur A, D0D_0 une demi-droite de E et G l’ensemble des demi-droites de E distinctes de D0D_0. Les ensembles totalement ordonnés A et G (prop. 11) sont isomorphes.

Soit, en effet, (x,y)(x, y) une base de E telle que x∈−D0x \in - D_0 et le bivecteur x∧yx \wedge y soit >0> 0. À tout élément tt de A faisons correspondre la demi-droite f(t)f(t) à laquelle appartient le vecteur (1−t2)x+2ty(1 - t^2)x + 2ty. Il est clair que f(A)⊂Gf(A) \subset G. Montrons que ff est strictement croissante. En effet, pour que la suite D0,f(t),f(t′)D_0, f(t), f(t') (t,t′t, t' dans A) soit directe, il faut et il suffit, par définition, que deux au moins des éléments

−2t,(1−t2)2t′−(1−t′2)2t,2t′ -2t, \quad (1-t^2)2t' - (1-{t'}^2)2t, \quad 2t'

soient >0> 0. Or le second est égal à 2(t′−t)(1+tt′)2(t' - t)(1 + tt'). Donc, si t<t′t < t', on a, soit tt′⩾0tt' \geqslant 0, donc t′>0t' > 0 ou −t>0-t > 0, soit tt′<0tt' < 0, donc −t>0-t > 0 et t′>0t' > 0; en tous cas D0,f(t),f(t′)D_0, f(t), f(t') est directe. Comme AA est totalement ordonné, ff est un isomorphisme de AA sur l’ensemble ordonné f(A)f(A) (Ens, chap. III, § 1, no 14, prop. 13).

Il reste à montrer que ff est surjective. Pour cela considérons la forme positive Φ\Phi sur EE telle que (x,y)(x, y) soit une base orthonormale pour Φ\Phi. Pour toute demi-droite D∈GD \in G, il existe un angle φ\varphi et un seul tel que 2φ=(−D0,D^)2\varphi = (\widehat{-D_0, D}) (no 1, prop. 3) ; comme (−D0,D^)(\widehat{-D_0, D}) n’est pas l’angle plat, φ\varphi n’est pas l’angle droit, et tg⁡φ\operatorname{tg} \varphi est donc fini. Alors, en vertu des formules (16) (no 3), on a D=f(tg⁡φ)D = f(\operatorname{tg} \varphi). Ceci termine la démonstration.

Exercices. — 1) Avec les notations du no 1, on pose Q(x)=Φ(x,x)Q(x) = \Phi(x, x); l’espace vectoriel EE s’identifie canoniquement à C−(Q)C^-(Q) (§ 9, no 1). Pour tout z∈C+(Q)z \in C^+(Q), et tout x∈Ex \in E, on a zx∈Ezx \in E; montrer que x→zxx \to zx est un élément de A(Φ)A(\Phi), et que z→szz \to s_z est un isomorphisme de C+(Q)C^+(Q) sur l’algèbre A(Φ)A(\Phi).

2) Les hypothèses et notations sont celles du no 1 et de l’exerc. 1.

a) Soit CC l’ensemble des x∈Ex \in E tels que Φ(x,x)=1\Phi(x, x) = 1 (cercle unité), et soit D\mathscr{D} l’ensemble des droites DD dont l’intersection avec CC n’est pas vide (et par suite formée de deux éléments opposés de EE). On appelle droite pointée tout couple Δ=(D,z)\Delta = (D, z) formé d’une droite D∈DD \in \mathscr{D} et d’un des points z∈D∩Cz \in D \cap C. Montrer que si Δ1=(D1,z1)\Delta_1 = (D_1, z_1), Δ2=(D2,z2)\Delta_2 = (D_2, z_2) sont deux droites pointées, il existe une rotation uu et une seule telle que u(z1)=z2u(z_1) = z_2 (et par suite u(D1)=D2u(D_1) = D_2), ce qu’on exprime en écrivant u(Δ1)=Δ2u(\Delta_1) = \Delta_2. Dans l’ensemble des couples (Δ1,Δ2)(\Delta_1, \Delta_2) de droites pointées, la relation « il existe une rotation uu telle que u(Δ1)=Δ1′u(\Delta_1) = \Delta_1' et u(Δ2)=Δ2′u(\Delta_2) = \Delta_2' » est une relation d’équivalence. L’ensemble U1\mathfrak{U}_1 des classes d’équivalence de droites pointées suivant cette relation est appelé l’ensemble des angles de droites pointées, et la classe d’équivalence à laquelle appartient un couple (Δ1,Δ2)(\Delta_1, \Delta_2) de droites pointées est appelée l’*angle* de ce couple et notée (Δ1,Δ2^)(\widehat{\Delta_1, \Delta_2}); la relation (Δ1,Δ2^)=(Δ1′,Δ2′^)(\widehat{\Delta_1, \Delta_2}) = (\widehat{\Delta_1', \Delta_2'}) est équivalente à (Δ1,Δ1′^)=(Δ2,Δ2′^)(\widehat{\Delta_1, \Delta_1'}) = (\widehat{\Delta_2, \Delta_2'}) et la rotation qui transforme Δ1\Delta_1 en Δ2\Delta_2 est dite rotation d’angle 0=(Δ1,Δ2^)0 = (\widehat{\Delta_1, \Delta_2}) et notée h1(θ)h_1(\theta); h1h_1 est une bijection de U1\mathfrak{U}_1 sur O+O^+ et on transporte à U1\mathfrak{U}_1 au moyen de h1−1h_1^{-1} la structure de groupe commutatif de O+O^+, en notant additivement le groupe U1\mathfrak{U}_1 ainsi défini ; on appelle encore angle plat dans U1\mathfrak{U}_1 l’angle du couple formé d’une droite pointée (D,z)(D, z) et de la droite pointée « opposée » (D,−z)(D, -z), qui correspond à la rotation x→−xx \to -x.

b) Dans l’ensemble D0⊃D\mathscr{D}_0 \supset \mathscr{D} des droites non isotropes, on définit comme au no 3 la notion d’*angle de droites*, le groupe U0\mathfrak{U}_0 (en utilisant le cor. 3 de la prop. 1 du no 1), l’angle droit dans U0\mathfrak{U}_0, et la bijection canonique hh de U0\mathfrak{U}_0 sur S+/HS^+/H. Avec les notations du cor. de la prop. 3, on pose dˉ=h1−1∘d∘h\bar{d} = h_1^{-1} \circ d \circ h et iˉ=h−1∘i∘h1\bar{i} = h^{-1} \circ i \circ h_1, de sorte que iˉ\bar{i} est un homomorphisme de U1\mathfrak{U}_1 dans U0\mathfrak{U}_0 et dˉ\bar{d} un homomorphisme de U0\mathfrak{U}_0 dans U1\mathfrak{U}_1; dˉ\bar{d} est bijectif, et le noyau de iˉ\bar{i} est formé de '0 et de l’angle plat; en outre on a dˉ(iˉ(θ))=2θ\bar{d}(\bar{i}(\theta)) = 2\theta pour θ∈U1\theta \in \mathfrak{U}_1 et iˉ(dˉ(φ))=2φ\bar{i}(\bar{d}(\varphi)) = 2\varphi pour φ∈U0\varphi \in \mathfrak{U}_0. Pour que iˉ\bar{i} soit surjectif (autrement dit, pour que D\mathscr{D} soit l’ensemble de toutes les droites non isotropes), il faut et il suffit que le corps A soit pythagoricien (chap. VI, § 2, exerc. 8 d)) et qu’il existe une base orthonormale pour Φ\Phi; il revient au même de dire que Φ(x,x)\Phi(x, x) est un carré pour tout x∈Ex \in E.

3) Les hypothèses et notations sont celles de l’exerc. 2. a) Soit s une symétrie par rapport à une droite non isotrope D (§6§ 6, n° 4). Pour toute droite pointée Δ1=(D1,z1)\Delta_1 = (D_1, z_1), soit

Δ2=s(Δ1)=(s(D1),s(z1)), \Delta_2 = s(\Delta_1) = (s(D_1), s(z_1)),
et soit φ=(D1^,D^)\varphi = (\widehat{D_1}, \widehat{D}); montrer que l’on a (Δ1^,Δ2^)=dˉ(φ)(\widehat{\Delta_1}, \widehat{\Delta_2}) = \bar{d}(\varphi). b) Montrer que toute transformation orthogonale de déterminant -1 est une symétrie s par rapport à une droite non isotrope (cf. § 6, exerc. 15 e)); pour toute rotation u, on a sus−1=u−1sus^{-1} = u^{-1}. c) Si x,yx, y sont deux points quelconques de E tels que Φ(x,x)=Φ(y,y)≠0\Phi(x, x) = \Phi(y, y) \neq 0, il existe une symétrie et une seule par rapport à une droite non isotrope, qui transforme xx en yy. d) Soient s, s' les symétries par rapport à deux droites non isotropes D, D', et soit φ=(D^,D′^)\varphi = (\widehat{D}, \widehat{D'}); pour que s’s soit une rotation d’angle θ\theta, il faut et il suffit que dˉ(φ)=θ\bar{d}(\varphi) = \theta. e) Montrer que le groupe des commutateurs du groupe orthogonal O(Q) est l’image de U1\mathfrak{U}_1 par l’homomorphisme θ→h1(2θ)\theta \to h_1(2\theta) (§6§ 6, exerc. 17 a)); pour que cette image soit égale à O+O^+, il faut et il suffit que l’homomorphisme iˉ\bar{i} soit surjectif (exerc. 2 b)).

4) Les hypothèses et notations sont celles de l’exerc. 2. Soient a,ba, b deux points du cercle C, Δa,Δb\Delta_a, \Delta_b les droites pointées passant par aa et bb (et par 0) respectivement, et soit θ=(Δa^,Δb^)\theta = (\widehat{\Delta_a}, \widehat{\Delta_b}). Pour tout x∈Ex \in E, distinct de aa et bb, soit DxaD_{xa} (resp. DxbD_{xb}) la droite affine passant par aa et xx (resp. bb et xx), et soit Dxa′D'_{xa} (resp. Dxb′D'_{xb}) la direction de DxaD_{xa} (resp. DxbD_{xb}); montrer que pour que x∈Cx \in C (xx distinct de aa et bb), il faut et il suffit que l’angle φ=(Dxa′^,Dxb′^)\varphi = (\widehat{D'_{xa}}, \widehat{D'_{xb}}) soit tel que dˉ(φ)=θ\bar{d}(\varphi) = \theta (utiliser l’exerc. 3). Comment se modifie ce résultat lorsque x=ax = a ou x=bx = b (cf. § 6, exerc. 25 a))?

5) Avec les notations des n°s 1 et 2 et de l’exerc. 2, on suppose que Φ\Phi est d’indice 1, autrement dit que δ\delta est un carré γ2\gamma^2 dans A; on désigne par D1,D2D_1, D_2 les droites isotropes de E, contenant respectivement les vecteurs e1−1γe2e_1 - \frac{1}{\gamma} e_2 et e1+1γe2e_1 + \frac{1}{\gamma} e_2. a) Montrer que le groupe des rotations O+O^+ est isomorphe au groupe multiplicatif A∗A^* du corps A. b) Pour tout angle θ∈U1\theta \in \mathfrak{U}_1, on pose ew(θ)=cw(h1(θ))+γsw(h1(0))e_w(\theta) = c_w(h_1(\theta)) + \gamma s_w(h_1(0)). Montrer que θ→ew(θ)\theta \to e_w(\theta) est un isomorphisme de U1\mathfrak{U}_1 sur le groupe A∗A^*.

c) Soient D, D' deux droites quelconques, et soit φ=(D^,D′^)\varphi = (\widehat{D}, \widehat{D'}). Montrer que le birapport [D1D2D′D]\begin{bmatrix} D_1 & D_2 \\ D' & D \end{bmatrix} (chap. II, 2e éd., App. III, exerc. 5) est égal à ew(dˉ(φ))e_w(\bar{d}(\varphi)) ("formule de Laguerre"). (Remarquer que D1D_1 et D2D_2 sont invariantes par toute similitude directe, et en utilisant l’exerc. 4 c) du chap. II, 2e éd., App. III, se ramener au cas où D=Ae1D = Ae_1.)

6) On suppose que A est un corps ordonné. a) Soient D1,D2D_1, D_2 deux demi-droites non isotropes d’origine 0. Montrer qu’il existe une similitude directe uu telle que u(D1)=D2u(D_1) = D_2; toute autre similitude directe ayant cette propriété est de la forme v=suv = su, où s est une homothétie de rapport >0> 0.

b) Dans l’ensemble des couples (D1,D2)(D_1, D_2) de demi-droites non isotropes, la relation « il existe une similitude directe uu telle que u(D1)=D1′u(D_1) = D'_1 et u(D2)=D2′u(D_2) = D'_2 » est une relation d’équivalence. L’ensemble A\mathfrak{A} des classes d’équivalence de demi-droites non isotropes, suivant cette relation, est appelé l’ensemble des angles de demi-droites (non isotropes) et la classe d’équivalence d’un couple (D1,D2)(D_1, D_2) de telles demi-droites est appelée l’angle de ce couple et notée (D1^,D2^)(\widehat{D_1}, \widehat{D_2}); si θ=(D1^,D2^)\theta = (\widehat{D_1}, \widehat{D_2}), on dit que θ\theta est l’angle de toute similitude directe transformant D1D_1 en D2D_2; soit h2(θ)h_2(\theta) la classe mod. H+H^+ de ces similitudes, de sorte que h2h_2 est une bijection de l’ensemble A\mathfrak{A} sur le groupe S+/H+S^+/H^+; on transporte à A\mathfrak{A} au moyen de h2−1h_2^{-1} la structure de groupe commutatif de S+/H+S^+/H^+, en notant additivement le groupe A\mathfrak{A} ainsi défini. Définir une injection canonique jˉ\bar{j} du groupe A1\mathfrak{A}_1, des angles de droites pointées (exerc. 2) dans le groupe A\mathfrak{A}, telle que h2∘jˉ∘h2−1h_2 \circ \bar{j} \circ h_2^{-1} soit l’injection canonique jj de O+O^+ dans S+/H+S^+/H^+. Pour que jˉ\bar{j} soit surjective, il faut et il suffit que l’homomorphisme iˉ\bar{i} de A1\mathfrak{A}_1 dans A0\mathfrak{A}_0 (exerc. 2 b)) soit surjectif.

c) Montrer que dans A\mathfrak{A} l’équation 2θ=02\theta = 0 a 2 solutions si δ<0\delta < 0 et 4 solutions si δ>0\delta > 0. Dans le premier cas, la solution ϖ≠0\varpi \neq 0 de cette équation est encore appelée l’angle plat.

¶ 7) Les hypothèses et notations étant celles de l’exerc. 6, on suppose l’homomorphisme jˉ\bar{j} bijectif ; on définit alors cos θ\theta et sin θ\theta pour tout θ∈A\theta \in \mathfrak{A} comme au no 3. Soit T l’ensemble des θ∈A\theta \in \mathbf{A} tels que sin⁡θ⩾0\sin \theta \geqslant 0.

a) Montrer que pour tout θ∈T\theta \in T, il existe un angle θ′∈T\theta' \in T et un seul tel que 2θ′=θ2\theta' = \theta; on pose θ′=θ/2\theta' = \theta/2.

b) Soit L le Z\mathbf{Z}-module des combinaisons linéaires formelles des éléments de T à coefficients dans Z\mathbf{Z} (chap. II, § 1, no 8); on désigne par ξ+η\xi + \eta et −ξ-\xi la somme et l’opposé dans L. Soit N le sous-module de L engendré par les éléments de L de la forme ξ+η−(ξ+η)\xi + \eta - (\xi + \eta) pour tous les couples (ξ,η)(\xi, \eta) d’éléments de T tels que ξ+η∈T\xi + \eta \in T (somme prise dans le groupe A\mathfrak{A}). Soient f˙\dot{f} l’homomorphisme de L dans A\mathfrak{A} qui prolonge l’injection canonique de T dans A\mathfrak{A}, et g˙\dot{g} l’endomorphisme de L qui prolonge l’application θ→θ/2\theta \to \theta/2 de T dans lui-même. On a f˙(N)={0}\dot{f}(N) = \{0\} et g˙(N)⊂N\dot{g}(N) \subset N; par passage aux quotients, on déduit de f˙\dot{f} un homomorphisme ff de M=L/NM = L/N dans A\mathfrak{A}, et de g˙\dot{g} un endomorphisme gg de MM; on pose g(μ)=μ/2g(\mu) = \mu/2 et si gmg^m est le m-ème itéré de g, gm(μ)=2−mμg^m(\mu) = 2^{-m}\mu; on a 2m(2−mμ)=μ2^m(2^{-m}\mu) = \mu pour tout μ∈M\mu \in M.

c) Montrer que la restriction à T de l’application canonique ψ\psi de L sur M=L/NM = L/N est injective, ce qui permet d’identifier T à une partie de M au moyen de ψ\psi. Montrer que, si λ1,…,λm\lambda_1, \ldots, \lambda_m sont des éléments ≠0\neq 0 de T, la somme λ1+λ2+⋯+λm\lambda_1 + \lambda_2 + \cdots + \lambda_m ne peut être 0 dans M (considérer l’élément 2−m(λ1+⋯+λm)2^{-m}(\lambda_1 + \cdots + \lambda_m) et raisonner par récurrence sur m, en remarquant que ces éléments appartiennent à T).

d) Soit M+M_+ l’ensemble des sommes finies (dans M) d’éléments de T ; montrer que M+∩(−M+)={0}M_+ \cap (-M_+) = \{0\} et M=M+∪(−M+)M = M_+ \cup (-M_+), et par suite que M+M_+ est l’ensemble des éléments ⩾0\geqslant 0 pour une structure de groupe totalement ordonné sur M (on notera que pour tout μ∈M+\mu \in M_+, il existe un entier m tel que 2−mμ∈T2^{-m}\mu \in T) ; on dit que ce groupe totalement ordonné est le groupe des mesures des angles de demi-droites. Montrer que l’homomorphisme ff de M dans A\mathfrak{A} est surjectif, et que son noyau est l’ensemble des multiples entiers de 2π2\pi, où π\pi est l’angle plat (exerc. 6 c)). Prouver que T s’identifie à l’intervalle [0,π][0, \pi] dans M (établir par récurrence sur m que si μ,λ1,…,λm\mu, \lambda_1, \ldots, \lambda_m appartiennent à T et si on a λ1+⋯+λm⩽μ\lambda_1 + \cdots + \lambda_m \leqslant \mu, alors λ1+⋯+λm∈T\lambda_1 + \cdots + \lambda_m \in T). Montrer que dans T (ainsi identifié à un intervalle de M), la fonction θ→cos⁡θ\theta \to \cos \theta est strictement décroissante.

e) Pour que le groupe totalement ordonné M soit archimédien (chap. VI, § 1, exerc. 31), il faut et il suffit que le groupe additif du corps A soit archimédien. (Pour voir que la condition est nécessaire, remarquer que si sin θ\theta est infiniment petit par rapport au sous-corps Q\mathbf{Q} de A (chap. VI, § 2, exerc. 1), il en est de même de sin nθn\theta pour tout entier n. Pour voir que la condition est suffisante, remarquer que si 0⩽θ⩽π/40 \leqslant \theta \leqslant \pi/4, on a sin 2θ⩾2sin⁡θ2\theta \geqslant \sqrt{2} \sin \theta).

8) Soit E un plan orienté sur un corps ordonné A. Soient D', D'' deux demi-droites distinctes ; soit x′x' (resp. x′′x'') un vecteur ≠0\neq 0 dans D' (resp. D'') ; on dit que le secteur angulaire (ouvert ou fermé) d’origine D' et d’extrémité D'' est saillant (resp. rentrant, plat) si x′∧x′′>0x' \wedge x'' > 0 (resp. x′∧x′′<0,x′∧x′′=0x' \wedge x'' < 0, x' \wedge x'' = 0).

a) Pour qu’il existe un automorphisme de l’espace vectoriel E transformant un secteur angulaire ouvert (resp. fermé) Σ1\Sigma_1 en un secteur angulaire ouvert (resp. fermé) Σ2\Sigma_2, il faut et il suffit que Σ1\Sigma_1 et Σ2\Sigma_2 soient tous deux saillants, ou tous deux rentrants, ou tous deux plats.

b) Montrer que l’ensemble ordonné {D′,D′′}\{D', D''\} est isomorphe à l’intervalle [0,1][0, 1] de A (considérer d’abord le cas d’un secteur saillant et remarquer que, dans A, deux intervalles fermés bornés quelconques sont des ensembles ordonnés isomorphes).

c) Avec les notations et hypothèses de l’exerc. 7, définir une application bijective canonique de l’ensemble T sur un secteur angulaire plat, et montrer que cette application est un isomorphisme pour les structures d’ordre.

9) Soient A un corps ordonné pythagoricien, E un espace vectoriel sur A de dimension finie, Q une forme quadratique positive non dégénérée sur E, pour laquelle E admet une base orthonormale (autrement dit, Q(x) est un carré dans A pour tout x ∈ E). Montrer que le groupe des commutateurs Ω(Q) du groupe orthogonal O(Q) est le groupe des rotations O⁺(Q) = SO(Q) (utiliser l’exerc. 3 e) du § 10 et l’exerc. 17 a) du § 6).

10) Soient A un corps ordonné maximal, E un espace vectoriel de dimension finie sur A, Q une forme quadratique positive non dégénérée sur E. Pour toute transformation orthogonale u ∈ O(Q), montrer qu’il existe une décomposition de E en somme directe de sous-espaces deux à deux orthogonaux P, N, R_i (1 ≤ i ≤ r) ayant les propriétés suivantes : 1° u(x) = x dans P, u(x) = −x dans N ; 2° chacun des R_i est de dimension 2, on a u(R_i) = R_i et la restriction de u à R_i est une rotation d’angle θ_i, distinct de 0 et de l’angle plat. En outre, pour deux décompositions de cette nature, les sous-espaces P et N sont les mêmes, ainsi que la suite des éléments cos θ_i, à l’ordre près (cf. § 7, no 3, cor. 2 du th. 2). En déduire que toute rotation u ∈ O⁺(Q) est un commutateur tst⁻¹s⁻¹, où s et t sont dans O(Q) et s² = 1 (cf. exerc. 3 d)).

11) Soient A un corps ordonné maximal, L le corps des quaternions sur A (relatif au couple (−1, −1)), E le sous-espace (de dimension 3) de L formé des quaternions purs (§ 9, exerc. 15 a)) ; tout quaternion s’écrit donc d’une seule manière s = α . 1 + v, où α ∈ A et v ∈ E ; on a α² − v² = ρ . 1, où ρ ∈ A et ρ ≥ 0 ; on pose \|v\| = \sqrt{\rho}.

a) Soit φ(s) la rotation x → sx s⁻¹ dans E, pour la forme quadratique positive non dégénérée x → \|x\|^2 sur E (§ 9, no 5, th. 4 et exerc. 15). Montrer que si v ≠ 0, les vecteurs de la droite D ⊂ E contenant v sont invariants par φ(s) ; la restriction de φ(s) au plan orthogonal P = D⁰ est une rotation d’angle θ telle que (pour une orientation convenable de P) on ait tg \frac{\theta}{2} = \|v\|/α. (Si (1, i, j, k) est la base canonique de L sur A, se ramener au cas où v = βi, β ∈ A, et calculer alors sjs⁻¹).

b) Montrer que tout quaternion de norme 1 peut s’écrire tst⁻¹s⁻¹, où s ∈ L, t ∈ E (cf. exerc. 10), et que, si a, b sont deux quaternions purs de norme 1, il existe un quaternion s tel que b = sas⁻¹.

c) Pour que deux quaternions s = α + v, t = β + w, où α, β sont dans A, v, w dans E, soient permutables, il faut et il suffit que v = λw, λ ∈ A ; pour que st = −ts, il faut et il suffit que α = β = 0 et que les vecteurs v et w dans E soient orthogonaux (cf. § 3, exerc. 10).

12) Soient A un corps ordonné maximal, L un espace euclidien de dimension n sur A, dont la forme métrique Φ est positive non dégénérée ; on désigne par d(x, y) la distance \sqrt{\Phi(x - y, x - y)} de deux points de L (§ 7, no 1, Remarque). Pour tout point c ∈ L et tout élément ρ > 0 de A, on appelle sphère de centre c et de rayon ρ l’ensemble des x ∈ L tels que d(x, c) = ρ ; les sphères sont donc des quadriques affines non dégénérées dans L, admettant un centre (§ 6, exerc. 25).

a) Montrer qu’en tout point x d’une sphère S de centre c, l’hyperplan tangent à S en x (§ 6, exerc. 25) est perpendiculaire (§ 6, exerc. 22) à la droite passant par c et x.

b) Soient S une sphère de centre c et de rayon ρ, a un point de L, D une droite passant par a et rencontrant S en deux points distincts x₁, x₂ (resp. tangente à S en un point x). Montrer que l’on a

Φ(x1−a,x2−a)=(d(a,c))2−ρ2(resp. (d(x,a))2=(d(a,c))2−ρ2). \Phi(x_1 - a, x_2 - a) = (d(a, c))^2 - \rho^2 \quad (\text{resp. } (d(x, a))^2 = (d(a, c))^2 - \rho^2).

L’élément (d(a,c))2−ρ2(d(a, c))^2 - \rho^2 de A est appelé la puissance de a par rapport à S.

c) Soient S₁, S₂ deux sphères n’ayant pas même centre ; montrer que l’ensemble des points de L dont les puissances par rapport à S₁ et S₂ sont égales, est un hyperplan perpendiculaire à la droite passant par les centres des deux sphères, et contenant l’intersection S₁ ∩ S₂ ; on dit que cet hyperplan est l’hyperplan radical de S₁ et S₂.

d) Soient S₁, S₂ deux sphères de centres respectifs c₁, c₂, de rayons respectifs ρ₁, ρ₂. Montrer que les propriétés suivantes sont équivalentes :

α) L’intersection S₁ ∩ S₂ n’est pas vide et, pour tout point de cette intersection, les hyperplans tangents à S₁ et S₂ en ce point sont perpendiculaires.

β1\beta_1 La puissance de c₁ par rapport à S₂ est ρ12\rho_1^2.

β2\beta_2 La puissance de c₂ par rapport à S₁ est ρ22\rho_2^2.

γ1\gamma_1 L’hyperplan radical de S₁ et S₂ est l’hyperplan polaire (§ 6, exerc. 25) de c₁ par rapport à S₂.

γ2\gamma_2 L’hyperplan radical de S₁ et S₂ est l’hyperplan polaire de c₂ par rapport à S₁.

Lorsque ces propriétés sont vérifiées, on dit que les sphères S₁, S₂ sont orthogonales.

e) Soient S₁, S₂ deux sphères orthogonales, c₁, c₂ leurs centres. Montrer que si ϖ1,ϖ2\varpi_1, \varpi_2 sont les puissances d’un point x par rapport à S₁, S₂ respectivement, on a ϖ1+ϖ2=2Φ(x−c1,x−c2)\varpi_1 + \varpi_2 = 2\Phi(x - c_1, x - c_2). Réciproque.

13) Les hypothèses et notations sont les mêmes que dans l’exerc. 12. Étant donnés un point c ∈ L et un élément α≠0\alpha \neq 0 de A, on appelle inversion de pôle c et de puissance α\alpha la permutation involutive u de l’ensemble L−{c}L - \{ c \} qui est telle que, pour tout x∈L−{c}x \in L - \{ c \}, u(x)u(x) appartienne à la droite passant par c et x et vérifie la relation Φ(x−c,u(x)−c)=α\Phi(x - c, u(x) - c) = \alpha. Par abus de langage, on dit que u est une inversion dans L.

a) Si u, v sont deux inversions de même pôle c et de puissances α,β\alpha, \beta, uv−1uv^{-1} est la restriction à L−{c}L - \{ c \} de l’homothétie (chap. II, 2e éd., App. II, exerc. 6) de centre c et de rapport αβ−1\alpha \beta^{-1}.

b) Soit S une sphère (exerc. 12) contenant c. Montrer que l’image de S−{c}S - \{ c \} par une inversion de pôle c est un hyperplan perpendiculaire à la droite joignant c au centre de S (on dit par abus de langage que cet hyperplan est l’image de S par l’inversion considérée). Réciproque.

c) Soit S une sphère ne contenant pas c. Montrer que, si ϖ\varpi est la puissance de c par rapport à S (exerc. 12 b)), l’image de S par une inversion de pôle c et de puissance α\alpha est l’image de S par une homothétie de centre c et de rapport α/ϖ\alpha / \varpi. Si n=2n = 2 et si, pour tout x∈Sx \in S, on désigne par T (resp. T’) la tangente à S (resp. u(S)u(S)) au point x (resp. u(x)u(x)), par D la droite passant par c, x et u(x)u(x), montrer que l’on a (D,T^)=(T′,D^)(\widehat{D, T}) = (\widehat{T', D}).

d) Soient S1,S2S_1, S_2 deux sphères orthogonales (exerc. 12 d)), S1′,S2′S'_1, S'_2 leurs images par une inversion de pôle cc. Si cc n’appartient pas à S1S_1 ni à S2S_2, montrer que S1′S'_1 et S2′S'_2 sont des sphères orthogonales. Si c∈S1c \in S_1 et c∉S2c \notin S_2, S1′S'_1 est un hyperplan contenant le centre de S2′S'_2. Si c∈S1∩S2c \in S_1 \cap S_2, S1′S'_1 et S2′S'_2 sont des hyperplans perpendiculaires (§ 6, exerc. 22). Réciproques.

e) Soient uu une inversion de pôle cc et de puissance α=ρ2>0\alpha = \rho^2 > 0 et CC la sphère de centre cc et de rayon ρ\rho. Si x1,x2x_1, x_2 sont deux points distincts situés sur une droite passant par cc, et distincts de cc, les propriétés suivantes sont équivalentes : α)\alpha ) x1x_1 et x2x_2 sont transformés l’un de l’autre par u;β)u ; \beta ) x1x_1 et x2x_2 sont conjugués par rapport à CC (§ 6, exerc. 25); γ)\gamma ) toute sphère contenant x1x_1 et x2x_2 est orthogonale à CC. On dit encore que uu est l’inversion de sphère CC.

¶ 14) Les hypothèses et notations étant les mêmes que dans l’exerc. 12, on prend une origine 0 dans L. Soit E1E_1 l’espace vectoriel somme directe de L et d’un espace Af1Af_1 de dimension 1; on désigne par Q1Q_1 la forme quadratique sur E1E_1 telle que pour x∈Lx \in L et η∈A\eta \in A, on ait

Q1(x+ηf1)=Q(x)+η2, Q_1(x + \eta f_1) = Q(x) + \eta^2,

forme qui est positive et non dégénérée; on désigne par CC la sphère de centre 0 et de rayon 1 dans E1E_1 (pour Q1Q_1).

Dans l’espace euclidien E1E_1, soit ss l’inversion de pôle −f1-f_1 et de puissance 2 (exerc. 13); sa restriction s0s_0 à L transforme L en C−{−f1}C - \{ -f_1 \}; s0s_0 (resp. s0−1s_0^{-1}) est appelée, par abus de langage, la projection stéréographique de L sur C (resp. de C sur L) de point de vue −f1-f_1. Pour toute inversion uu dans L, de pôle cc, s0us0−1s_0 us_0^{-1} est une permutation involutive du complémentaire dans C de l’ensemble {s0(c),−f1}\{ s_0(c), -f_1 \}; on la prolonge en une permutation involutive u′u' de c en posant u′(s0(c))=−f1, u′(−f1)=s0(c)u'(s_0(c)) = -f_1,\ u'(-f_1) = s_0(c), et on dit que u′u' est une inversion dans C. De même, pour toute symétrie ν\nu dans L par rapport à un hyperplan, s0νs0−1s_0 \nu s_0^{-1} est une permutation involutive du complémentaire dans C de l’ensemble {−f1}\{ -f_1 \}; on la prolonge en une permutation involutive ν′\nu' de C en posant ν′(−f1)=−f1\nu'(-f_1) = -f_1 et on dit que ν′\nu' est une symétrie dans C. Le groupe des permutations de C engendré par les inversions et symétries est appelé le groupe conforme de C (ou de L par abus de langage).

a) Montrer que le groupe conforme de C est engendré par les symétries ν′\nu' et les inversions u′u' correspondant aux inversions uu dans L, de puissance >0> 0. (Utiliser l’exerc. 13 a) et remarquer que dans L toute translation, ainsi que l’homothétie x→−xx \to -x, sont des produits de symétries par rapport à des hyperplans).

b) Soit uu une inversion dans L de puissance >0> 0; montrer que l’inversion correspondante u′u' dans C est la restriction à C d’une transformation bien déterminée u1′u'_1 qui est, soit une inversion de puissance >0> 0 dans E1E_1, dont la sphère (exerc. 13 e)) est orthogonale à C, soit une symétrie par rapport à un hyperplan de E1E_1 passant par 0 (considérer dans E1E_1 l’inversion u1u_1 de même pôle et de même puissance que uu). Formuler la proposition correspondante pour la symétrie ν′\nu' dans C correspondant à une symétrie ν\nu dans L par rapport à un hyperplan.

c) Dans l’espace vectoriel E2=A×E1E_2 = A \times E_1, on considère la forme quadratique Q2Q_2 telle que, pour ζ∈A,y∈E1\zeta \in A, y \in E_1, on ait

Q2((ζ,y))=ζ2−Q1(y), Q_2((\zeta, y)) = \zeta^2 - Q_1(y),
forme qui est non dégénérée et de signature (1,n+1)(1, n + 1). On identifie E1E_1 à son image canonique dans l’espace projectif P(E2)\mathbf{P}(E_2) (chap. II, 2e éd., App. III, n° 4). Montrer (avec les notations de bb) que u′u' est aussi la restriction à CC d’une application linéaire projective uˉ′′\bar{u}'' provenant par passage aux quotients d’une transformation u′′u'' du groupe orthogonal O(Q2)O(Q_2), qui est une symétrie par rapport à un hyperplan non isotrope dans E2E_2. Formuler la proposition correspondante pour φ′\varphi'. En déduire que le groupe conforme de LL est isomorphe au quotient du groupe O(Q2)O(Q_2) par son centre (utiliser la prop. 5 et l’exerc. 17 c) du § 6). Conclure de là que toute transformation du groupe conforme est produit d’au plus n+2n + 2 transformations qui sont des inversions ou des symétries dans LL (cf. § 6, exerc. 15 e)).

dd ) Soit Σ\Sigma l’ensemble dont les éléments sont les sphères et les hyperplans dans l’espace affine LL. Déduire de bb qu’il existe une bijection de Σ\Sigma sur le complémentaire, dans P(E2)\mathbf{P}(E_2) de l’ensemble des x∈E1x \in E_1 tels que Q1(x)⩽1Q_1(x) \leqslant 1, de sorte qu’à deux sphères orthogonales correspondent deux points conjugués par rapport à CC.

15) Généraliser les définitions et résultats des exerc. 12 à 14 au cas où AA est un corps pythagoricien et où il existe une base orthonormale pour Φ\Phi.

16) Soient AA un corps commutatif, VV un espace vectoriel sur AA de dimension impaire 2r+12r + 1, FF l’espace produit A×VA \times V, Ψ′\Psi' une forme alternée non dégénérée sur FF; dans l’espace projectif P(F)\mathbf{P}(F), de dimension 2r+12r + 1, on dit que l’ensemble C0C_0 des droites qui sont les images canoniques des plans totalement isotropes de FF (pour Ψ′\Psi') est le complexe linéaire (projectif) associé à Ψ′\Psi'.

On suppose dans ce qui suit que AA est ordonné maximal ; soit Φ\Phi une forme symétrique positive non dégénérée sur VV. Soit DD la droite orthogonale à VV (pour Ψ′\Psi') dans FF, qui est contenue dans VV, et soit HH l’hyperplan orthogonal à DD (pour Φ\Phi) dans VV; dans FF, HH est un sous-espace non isotrope pour Ψ′\Psi', dont l’orthogonal pour Ψ′\Psi' est donc un plan PP supplémentaire de HH et contenant DD. Dans l’espace affine E={1}×V⊂FE = \{1\} \times V \subset F, on dit encore que l’ensemble CC des intersections avec EE des plans totalement isotropes de FF (pour Ψ′\Psi') non contenues dans VV, est le complexe linéaire (affine) associé à Ψ′\Psi'; la droite Δ=P∩E\Delta = P \cap E est appelée l’axe du complexe linéaire CC (pour la structure d’espace euclidien définie sur EE par la forme métrique Φ\Phi).

a) Montrer que, dans EE, toute translation égale à un vecteur directeur de Δ\Delta (chap. II, 2e éd., App. II, n° 3) laisse CC invariant (cf. § 4, exerc. 6).

b) Soit (ei)0≤i≤2r(e_i)_{0 \leq i \leq 2r} une base orthonormale de VV pour Φ\Phi, telle que e0∈De_0 \in D et que l’on ait Ψ′(e2i−1,e2i)=ρi>0\Psi'(e_{2i-1}, e_{2i}) = \rho_i > 0 pour 1≤i≤r1 \leq i \leq r, Ψ′(ej,ek)=0\Psi'(e_j, e_k) = 0 pour les couples d’indices qui ne sont pas de la forme (e2i−1,e2i)(e_{2i-1}, e_{2i}) ou (e2i,e2i−1)(e_{2i}, e_{2i-1}) (§ 7, n° 3, prop. 6). On prend dans l’espace affine E une origine a∈Δa \in \Delta, et on pose Ψ(a,e0)=ρ0\Psi(a, e_0) = \rho_0. Soit xx un vecteur appartenant au plan engendré par e2i−1e_{2i-1} et e2ie_{2i}, et soit yy le vecteur de ce même plan tel que Φ(x,y)=0\Phi(x, y) = 0, Φ(y,y)=1\Phi(y, y) = 1 et que x∧y=λe2i−1∧e2ix \wedge y = \lambda e_{2i-1} \wedge e_{2i} avec λ>0\lambda > 0. Soit EiE_i la variété linéaire affine de dimension 3 engendrée par les points a,a+e0,a+e2i−1,a+e2ia, a + e_0, a + e_{2i-1}, a + e_{2i} dans E, et soit RxR_x l’intersection de EiE_i et de l’hyperplan affine (dans E) engendré par les droites de C contenant le point a+xa + x. Montrer que la direction des droites orthogonales (pour Φ\Phi) au plan RxR_x dans EiE_i est une droite LxL_x du plan Ae0+AyAe_0 + Ay, telle que si θ=(D^,Lx^)\theta = (\widehat{D}, \widehat{L_x}), on ait

tg⁡θ=ρiρ0Φ(x,x) \operatorname{tg} \theta = \frac{\rho_i}{\rho_0} \sqrt{\Phi(x, x)}

lorsque le plan Ae0+AyAe_0 + Ay est orienté de sorte que e0∧ye_0 \wedge y soit positif.

¶ 17) a) Soient A un corps commutatif, J:ξ→ξ‾J : \xi \to \overline{\xi} un automorphisme involutif de A, E un espace vectoriel de dimension 2 sur A, Φ\Phi une forme sesquilinéaire hermitienne (non alternée) non dégénérée sur E, (e1,e2)(e_1, e_2) une base orthogonale de E pour Φ\Phi (§ 6, n° 1, th. 1), telle que

Φ(ξ1e1+ξ2e2,η1e1+η2e2)=αξ1η1‾+βξ2η2‾ \Phi(\xi_1 e_1 + \xi_2 e_2, \eta_1 e_1 + \eta_2 e_2) = \alpha \xi_1 \overline{\eta_1} + \beta \xi_2 \overline{\eta_2}

(α(\alpha et β\beta appartenant au corps K des invariants de J); on pose γ=β/α\gamma = \beta / \alpha. On identifie le point ξ1e1+ξ2e2∈E\xi_1 e_1 + \xi_2 e_2 \in E à l’élément ξ1+ξ2ρ\xi_1 + \xi_2 \rho de l’anneau B défini par les conditions ρ2=−γ\rho^2 = -\gamma, ρξ=ξ‾ρ\rho \xi = \overline{\xi} \rho pour ξ∈A\xi \in A (§ 3, exerc. 4 a)). Pour tout x=ξ1+ξ2ρ∈Bx = \xi_1 + \xi_2 \rho \in B, on pose x~=ξ1‾−ξ2ρ\tilde{x} = \overline{\xi_1} - \xi_2 \rho et N(x)=xx~=x~xN(x) = x \tilde{x} = \tilde{x} x, de sorte que x→x~x \to \tilde{x} est un antiautomorphisme involutif de l’algèbre B (sur K) et que l’on a Φ(x,x)=αN(x)\Phi(x, x) = \alpha N(x). Montrer que toute similitude pour Φ\Phi dont le déterminant est égal au multiplicateur (appelée encore similitude directe) s’écrit d’une seule manière x→xyx \to xy, où yy est un vecteur non isotrope de E, et que son multiplicateur est N(y)N(y).

b) On suppose d’abord que J est l’identité, donc K=AK = A. Si A est de caractéristique ≠2\neq 2, retrouver ainsi les résultats du n° 1. Développer la théorie correspondante lorsque A est de caractéristique 2 (cf. § 4, exerc. 14 ; on distinguera deux cas, suivant que γ\gamma est ou non un carré dans A).

c) On suppose J≠1J \neq 1, de sorte que A est une extension quadratique séparable de K. Alors Φ\Phi vérifie nécessairement la condition (T) (§ 4, n° 2 et exerc. 1) ; si Φ\Phi est d’indice 0, B est un corps réflexif de centre K (chap. VIII, § 11, exerc. 4), et si Φ\Phi est d’indice 1, B est isomorphe à M2(K)\mathbf{M}_2(K).

d) On suppose J≠1J \neq 1 et A de caractéristique ≠2\neq 2 ; on a alors A=K(θ)A = K(\theta) avec θ2=−δ∈K\theta^2 = -\delta \in K. Si S est le groupe des similitudes directes pour Φ\Phi, H le groupe des homothéties dans E, de rapport ≠0\neq 0 et appartenant à K (groupe isomorphe à K∗K^*), montrer que le groupe S/H est isomorphe au groupe des rotations O+(Q)O^+(Q), où Q est une forme quadratique non dégénérée sur un espace vectoriel F de dimension 3 sur K, telle qu’il existe une base orthogonale (f1,f2,f3)(f_1, f_2, f_3) de F pour laquelle on ait

Q(ζ1f1+ζ2f2+ζ3f3)=γζ12+δζ22+γδζ32 Q(\zeta_1 f_1 + \zeta_2 f_2 + \zeta_3 f_3) = \gamma \zeta_1^2 + \delta \zeta_2^2 + \gamma \delta \zeta_3^2

(cf. § 9, exerc. 15).

¶ 18) a) Soient AA un corps commutatif, ξ→ξˉ\xi \to \bar{\xi} un automorphisme involutif de AA, EE un espace vectoriel de dimension paire 2m2m sur AA, Φ\Phi une forme hermitienne non dégénérée et d’indice 0 sur EE, satisfaisant à la condition (T), Δ\Delta le discriminant de Φ\Phi par rapport à une base de EE. Soit M(Φ)M(\Phi) le groupe des multiplicateurs des similitudes pour Φ\Phi (§4§ 4, exerc. 8). Montrer que M(Φ)M(\Phi) est un sous-groupe du groupe multiplicatif des éléments de AA de la forme ααˉ−(−1)mββˉΔ\alpha \bar{\alpha} - (-1)^m \beta \bar{\beta} \Delta. (Raisonner par récurrence sur mm, en utilisant l’exerc. 17, ainsi que les deux remarques suivantes : 1° si uu est une similitude de multiplicateur μ\mu, xx un vecteur de EE, y=u(x)y = u(x) et z=u(y)z = u(y), il existe une transformation unitaire vv telle que v(y)=yv(y) = y et v(z)=μxv(z) = \mu x; 2° si α,β,λ\alpha, \beta, \lambda sont trois éléments ≠0\neq 0 de AA tels qu’ils existe a,b,c,da, b, c, d dans AA vérifiant les conditions λ=aaˉ+αccˉ\lambda = a \bar{a} + \alpha c \bar{c}, λ=bbˉ+βddˉ\lambda = b \bar{b} + \beta d \bar{d}, alors il existe s,ts, t dans AA vérifiant la condition λ=ssˉ−αβttˉ\lambda = s \bar{s} - \alpha \beta t \bar{t}.

b) Soient KK un corps ordonné maximal, K1=K((t1))K_1 = K((t_1)) le corps des séries formelles par rapport à une indéterminée t1t_1, à coefficients dans KK (chap. IV, §5§ 5, no 7), A=K1((t2))A = K_1((t_2)) le corps des séries formelles par rapport à une seconde indéterminée t2t_2, à coefficients dans K1K_1. Soient EE un espace vectoriel de dimension 6 sur AA, QQ une forme quadratique non dégénérée sur EE, telle qu’il existe une base orthogonale (ei)(e_i) pour laquelle on ait

Q(∑i=16ξiei)=ξ12+ξ22+ξ32+ξ42+t1ξ52+t2ξ62. Q\left( \sum_{i=1}^{6} \xi_i e_i \right) = \xi_1^2 + \xi_2^2 + \xi_3^2 + \xi_4^2 + t_1 \xi_5^2 + t_2 \xi_6^2.

Montrer qu’il n’existe aucune similitude pour QQ, de multiplicateur t1t2t_1 t_2.

Transcribed from the printed volume. Not translated.