Bourbaki

§ 5. Propriétés spéciales aux formes bilinéaires alternées

1. Réduction des formes bilinéaires alternées.

Théorème 1

Soient AA un anneau (commutatif) principal, EE un AA-module libre de dimension finie nn et Φ\Phi une forme bilinéaire alternée sur EE. Alors il existe une base (ei)1≤i≤n(e_i)_{1 \leq i \leq n} de EE et un entier pair 2r≤n2r \leq n, tels que

1o1^o Φ(e1,e2)=α1,Φ(e3,e4)=α2,…,Φ(e2r−1,e2r)=αr\Phi(e_1, e_2) = \alpha_1, \Phi(e_3, e_4) = \alpha_2, \ldots, \Phi(e_{2r-1}, e_{2r}) = \alpha_r

où les αi\alpha_i sont des éléments ≠0\neq 0 de AA, et où αi\alpha_i divise αi+1\alpha_{i+1} pour i=1,…,r−1i = 1, \ldots, r-1.

2o2^o Tous les autres éléments Φ(ei,ej)\Phi(e_i, e_j) où i≤ji \leq j sont nuls.

Les idéaux AαiA \alpha_i (i=1,…,ri = 1, \ldots, r) sont uniquement déterminés par les conditions précédentes. Le sous-module E0E^0 de EE orthogonal à EE est engendré par e2r+1,…,ene_{2r+1}, \ldots, e_n.

Nous procéderons par récurrence sur la dimension nn de EE. Le théorème est évident pour n=0n = 0. Si Φ=0\Phi = 0, le théorème est évident aussi ; on peut donc supposer Φ≠0\Phi \neq 0. Notons ff l’application linéaire dΦd_\Phi de EE dans E∗E^* associée à droite à Φ\Phi (§1§ 1, no 1); alors f(E)f(E) est un sous-module non réduit à 0 du module E∗E^*, qui est un module libre de dimension nn. Soit Aα1A\alpha_1 le plus grand facteur invariant de f(E)f(E) par rapport à E∗E^* (chap. VII, §4§ 4, no 2, th. 1); on sait (loc. cit.) qu’il existe une base (e1′,a2′,…,an′)(e'_1, a'_2, \ldots, a'_n) de E∗E^* et un élément f(e2)∈f(E)f(e_2) \in f(E) tels que f(e2)=α1e1′f(e_2) = \alpha_1 e'_1. Soit (e1,a2,…,an)(e_1, a_2, \ldots, a_n) la base de EE (identifié au bidual E∗∗E^{**}) duale de (e1′,a2′,…,an′)(e'_1, a'_2, \ldots, a'_n); on a

Φ(e1,e2)=−Φ(e2,e1)=⟨e1,f(e2)⟩=α1. \Phi(e_1, e_2) = -\Phi(e_2, e_1) = \langle e_1, f(e_2) \rangle = \alpha_1.

Soit PP le sous-module Ae1+Ae2Ae_1 + Ae_2 de EE. Nous allons voir que EE est somme directe de Ae1,Ae2Ae_1, Ae_2 et du sous-module P0P^0 orthogonal de PP. Il suffit pour cela de prouver que, pour tout x∈Ex \in E, il existe des éléments ξ1,ξ2\xi_1, \xi_2 de AA, déterminés de façon unique et tels que x−ξ1e1−ξ2e2∈P0x - \xi_1 e_1 - \xi_2 e_2 \in P^0, c’est-à-dire tels que

Φ(e1,x−ξ1e1−ξ2e2)=0,Φ(e2,x−ξ1e1−ξ2e2)=0. \Phi(e_1, x - \xi_1 e_1 - \xi_2 e_2) = 0, \qquad \Phi(e_2, x - \xi_1 e_1 - \xi_2 e_2) = 0.

D’après (1) ces conditions s’écrivent

⟨e1,f(x)⟩=ξ2α1,⟨e2,f(x)⟩=−ξ1α1. \langle e_1, f(x) \rangle = \xi_2 \alpha_1, \langle e_2, f(x) \rangle = -\xi_1 \alpha_1.

Mais on sait (loc. cit.) que l’image de f(E)f(E) par toute forme linéaire sur E∗E^* est contenue dans l’idéal Aα1A\alpha_1, autrement dit toutes les valeurs Φ(x,y)=⟨x,f(y)⟩\Phi(x, y) = \langle x, f(y) \rangle appartiennent à Aα1A\alpha_1; d’où l’existence et l’unicité de ξ1\xi_1 et ξ2\xi_2. Ainsi P0P^0 est un module libre de rang n−2n-2; il existe donc, dans P0P^0, d’après l’hypothèse de récurrence, une base (e3,e4,…,en)(e_3, e_4, \ldots, e_n) satisfaisant aux conditions de l’énoncé. Pour montrer que la base (e1,…,en)(e_1, \ldots, e_n) de EE ainsi obtenue satisfait aussi à ces conditions, il suffit de prouver que α1\alpha_1 divise α2\alpha_2; or cela résulte de ce que toutes les valeurs Φ(x,y)\Phi(x, y) sont des multiples de α1\alpha_1. Il est alors clair que e2r+1,…,ene_{2r+1}, \ldots, e_n engendrent E0E^0. Enfin, si (ei′)(e'_i) est la base duale de (ei)(e_i), on a f(e2j−1)=−αje2j′f(e_{2j-1}) = -\alpha_j e'_{2j} et f(e2j)=αje2j′f(e_{2j}) = \alpha_j e'_{2j} pour j=1,…,rj = 1, \ldots, r et f(ek)=0f(e_k) = 0 pour k=2r+1,…,nk = 2r+1, \ldots, n; les idéaux Aα1,Aα1,Aα2,Aα2,…,Aαr,AαrA\alpha_1, A\alpha_1, A\alpha_2, A\alpha_2, \ldots, A\alpha_r, A\alpha_r sont donc les facteurs invariants de f(E)f(E) par rapport à E∗E^*, ce qui démontre leur unicité (chap. VII, §4§ 4, no 2, th. 1).

Corollaire 1

Soient AA un corps commutatif, EE un espace vectoriel de dimension finie nn sur AA, et Φ\Phi une forme bilinéaire alternée sur E. Il existe alors une base (ei)1≤i≤n(e_i)_{1 \leq i \leq n} de E et un entier pair 2r≤n2r \leq n tels que

Φ(∑i=1nξiei,∑i=1nηiei)=∑j=1r(ξ2j−1η2j−ξ2jη2j−1). \Phi\left( \sum_{i=1}^n \xi_i e_i, \sum_{i=1}^n \eta_i e_i \right) = \sum_{j=1}^r (\xi_{2j-1} \eta_{2j} - \xi_{2j} \eta_{2j-1}).

En particulier Φ\Phi est de rang pair 2r2r.

Une base vérifiant (2) est dite base symplectique pour Φ\Phi.

Remarque

On notera que ce corollaire est aussi une conséquence immédiate de la prop. 3 du § 4, n° 2 et de son cor. 1, car avec les notations de cette proposition, on a nécessairement H={0}H = \{0\} puisque Φ\Phi est alternée.

Corollaire 2

Soient A un corps commutatif, E un espace vectoriel de dimension finie n sur A. Pour tout bivecteur z∈⋀2Ez \in \bigwedge^2 E, il existe une base (ei)1≤i≤n(e_i)_{1 \leq i \leq n} de E telle que

z=e1∧e2+e3∧e4+⋯+e2r−1∧e2r(2r≤n). z = e_1 \wedge e_2 + e_3 \wedge e_4 + \cdots + e_{2r-1} \wedge e_{2r} \quad (2r \leq n).

Il suffit en effet de remarquer que z s’identifie canoniquement à une forme bilinéaire alternée sur E∗E^* (chap. III, § 8, n° 2), et d’appliquer le cor. 1 à cette forme.

En traduisant le cor. 1 en langage matriciel, on obtient :

Corollaire 3

Soient A un corps commutatif, R une matrice carrée alternée sur A. Le rang de R est un nombre pair 2r2r, et il existe une matrice inversible P sur A telle que

tP.R.P=(0Ir0−Ir00000). {}^tP.R.P = \begin{pmatrix} 0 & I_r & 0 \\ -I_r & 0 & 0 \\ 0 & 0 & 0 \end{pmatrix}.

Remarque

Si A est un anneau commutatif quelconque et R une matrice carrée alternée d’ordre impair n sur A, on a det R=0R = 0. Ceci résulte du cor. 3 lorsque A est un corps. Une démonstration directe dans le cas où A est un corps de caractéristique ≠2\neq 2 est la suivante : comme tR=−R{}^tR = -R, on a det R=det⁡tR=(−1)ndet⁡RR = \det {}^tR = (-1)^n \det R, d’où 2det⁡tR=02 \det {}^tR = 0. Ceci étant, puisque le déterminant d’une matrice alternée (αij)(\alpha_{ij}) est un polynôme à coefficients entiers par rapport aux αij\alpha_{ij} tels que i<ji < j, le principe de prolongement des identités algébriques (chap. IV, § 2, no 5, Scholie) montre alors que notre assertion est vraie pour un anneau commutatif arbitraire A.

2. Pfaffien d'une matrice alternée.

Soient A un corps commutatif de caractéristique 0, et R=(αij)R = (\alpha_{ij}) une matrice alternée d'ordre pair 2m2m sur A. Désignons par E l'espace vectoriel A2mA^{2m}, par (ei)(e_i) (i=1,…,2mi = 1, \ldots, 2m) sa base canonique, et par e l'élément e1∧e2∧…∧e2me_1 \wedge e_2 \wedge \ldots \wedge e_{2m} de ∧2E\wedge^2 E. La puissance extérieure mm-ième du bivecteur u=∑i<jαijei∧ej∈∧2Eu = \sum_{i < j} \alpha_{ij} e_i \wedge e_j \in \wedge^2 E est de la forme α.e\alpha . e, où α\alpha est un élément de A que nous allons calculer. L'élément ∧mu\wedge^m u est une somme de termes de la forme

αh1k1αh2k2⋯αhmkmeh1∧ek1∧eh2∧ek2∧…∧ehm∧ekm \alpha_{h_1 k_1} \alpha_{h_2 k_2} \cdots \alpha_{h_m k_m} e_{h_1} \wedge e_{k_1} \wedge e_{h_2} \wedge e_{k_2} \wedge \ldots \wedge e_{h_m} \wedge e_{k_m}
avec hj<kjh_j < k_j pour j=1,…,mj = 1, \ldots, m. Un tel terme est nul s'il y figure deux eje_j égaux, c'est-à-dire si l'ensemble {h1,k1,…,hm,km}\{ h_1, k_1, \ldots, h_m, k_m \} n'est pas exactement {1,2,…,2m}\{ 1, 2, \ldots, 2m \}. En outre, si, dans (3), on échange simultanément ehre_{h_r} et ehr+1e_{h_{r+1}} d'une part, ekre_{k_r} et ekr+1e_{k_{r+1}} d'autre part, le produit ne change pas ; il ne change donc pas par toute permutation effectuée sur les couples (h1,k1),…,(hm,km)(h_1, k_1), \ldots, (h_m, k_m). Considérons alors les ensembles (et non les suites) S={(h1,k1),…,(hm,km)}S = \{ (h_1, k_1), \ldots, (h_m, k_m) \} de couples (hj,kj)(h_j, k_j) tels que 1≤hj<kj≤2m1 \leq h_j < k_j \leq 2m pour j=1,2,…,mj = 1, 2, \ldots, m; soit S\mathscr{S} l'ensemble de ces couples. Pour S∈SS \in \mathscr{S}, posons 1°) ε(S)=0\varepsilon(S) = 0 si {h1,k1,…,hm,km}≠{1,2,…,2m}\{ h_1, k_1, \ldots, h_m, k_m \} \neq \{ 1, 2, \ldots, 2m \}; 2°) dans le cas contraire, ε(S)=1\varepsilon(S) = 1 ou ε(S)=−1\varepsilon(S) = -1 suivant que la permutation qui applique hjh_j sur 2j−12j-1 et kjk_j sur 2j2j (j=1,…,mj = 1, \ldots, m) est paire ou impaire.

Les remarques précédentes prouvent alors que ∧mu\wedge^m u est égal à

m!∑S∈Sε(S)(∏(h,k)∈Sαhk)e. m! \sum_{S \in \mathscr{S}} \varepsilon(S) (\prod_{(h, k) \in S} \alpha_{hk}) e.

Introduisons alors m(2m−1)m(2m-1) indéterminées XhkX_{hk} indexées au moyen des couples (h,k)(h, k) tels que 1≤h<k≤2m1 \leq h < k \leq 2m, et appelons P le polynôme sur Z\mathbf{Z} par rapport aux XhkX_{hk}, défini par

P((Xhk))=∑S∈Sε(S)(∏(h,k)∈SXhk). P((X_{hk})) = \sum_{S \in \mathscr{S}} \varepsilon(S) (\prod_{(h, k) \in S} X_{hk}).

On a donc

(6) ⋀mu=m!P((αhk)).e.\bigwedge^m u = m! \mathrm{P}((\alpha_{hk})) . e.

Définition 1

Etant donnée une matrice alternée R=(αij)R = (\alpha_{ij}) (i,j=1,…,2m)(i, j = 1, \ldots, 2m) d’ordre pair 2m2m sur un anneau commutatif quelconque AA, on appelle pfaffien de RR, et on note Pf(R)\mathrm{Pf}(R), l’élément P((αhk))\mathrm{P}((\alpha_{hk})) de AA, où 1≤h<k≤2m1 \leq h < k \leq 2m.

Exemple

Supposons :

α12=−α21=β1,α34=−α43=β2,…,α2m−1,2m=−α2m,2m−1=βm,\alpha_{12} = -\alpha_{21} = \beta_1, \alpha_{34} = -\alpha_{43} = \beta_2, \ldots, \alpha_{2m-1, 2m} = -\alpha_{2m, 2m-1} = \beta_m,

tous les autres αij\alpha_{ij} étant nuls (cf. th. 1). Alors le pfaffien de R=(αij)R = (\alpha_{ij}) est β1β2…βm\beta_1 \beta_2 \ldots \beta_m.

Proposition 1

Soient RR une matrice alternée d’ordre pair 2m2m sur un anneau commutatif AA, et PP une matrice carrée d’ordre 2m2m sur AA. On a

(7) Pf(tP.R.P)=(det⁡P)Pf(R).\mathrm{Pf}({}^t P . R . P) = (\det P) \mathrm{Pf}(R).

En effet, supposons d’abord que AA soit un corps de caractéristique 0 et posons R=(αij),P=(βst)R = (\alpha_{ij}), P = (\beta_{st}). Associons à RR le bivecteur

u=∑i<jαijei∧ej=12∑1≤i,j≤2mαijei∧ej u = \sum_{i < j} \alpha_{ij} e_i \wedge e_j = \frac{1}{2} \sum_{1 \leq i, j \leq 2m} \alpha_{ij} e_i \wedge e_j

de ⋀2A2m\bigwedge^2 \mathbf{A}^{2m}, où (ei)(e_i) désigne la base canonique de A2m\mathbf{A}^{2m}; considérons tP{}^t P comme la matrice, par rapport à la base (ei)(e_i), d’un endomorphisme ff de A2m\mathbf{A}^{2m}. Alors le bivecteur (⋀f)(u)(\bigwedge f)(u) est associé à la matrice tP.R.P{}^t P . R . P puisqu’il est égal à 12∑i,j,s,tβisαijβjtes∧et\frac{1}{2} \sum_{i, j, s, t} \beta_{is} \alpha_{ij} \beta_{jt} e_s \wedge e_t. Comme l’extension ⋀f\bigwedge f de ff à l’algèbre extérieure ⋀A2m\bigwedge \mathbf{A}^{2m} est un endomorphisme de cette algèbre (chap. III, § 5, no 9), on a ⋀((⋀f)(u))=(⋀f)(⋀u)\bigwedge ((\bigwedge f)(u)) = (\bigwedge f)(\bigwedge u); comme ⋀f\bigwedge f est l’homothétie de rapport det⁡f\det f, il résulte donc de (6) et de la déf. 1, que l’on a m!Pf(tP.R.P)=m!(det⁡P)Pf(R)m! \mathrm{Pf}({}^t P . R . P) = m! (\det P) \mathrm{Pf}(R), d’où (7) dans le cas envisagé. Le cas général s’en déduit en remarquant que les deux membres de (7) sont des polynômes à coefficients entiers par rapport aux éléments des matrices RR et PP (chap. IV, § 2, no 5, Scholie).

Proposition 2

Pour toute matrice alternée RR d’ordre pair 2m2m sur un anneau commutatif AA, on a

det⁡R=(Pf(R))2. \det R = (\mathrm{Pf}(R))^2.
En effet, comme les deux membres de (8) sont des polynômes à coefficients entiers par rapport aux éléments de RR, le principe de prolongement des identités algébriques (chap. IV, § 2, n° 5, Scholie) montre qu’il suffit de faire la démonstration dans le cas où AA est un corps de caractéristique 0 et où det⁡R≠0\det R \neq 0. Si PP est une matrice carrée inversible d’ordre 2m2m sur AA, on a det⁡(tP.R.P)=(det⁡P)2(det⁡R)\det (^tP . R . P) = (\det P)^2 (\det R) et Pf(tP.R.P)=(det⁡P)Pf(R)\mathrm{Pf} (^tP . R . P) = (\det P) \mathrm{Pf}(R) (prop. 1), de sorte qu’il suffit de prouver (8) pour tP.R.P^tP . R . P au lieu de RR. D’après le cor. 1 du th. 1, on peut, par un choix convenable de PP, supposer que la matrice tP.R.P^tP . R . P est de la forme (αij)(\alpha_{ij}) où
α12=−α21=1,…,α2m−1,2m=−α2m,2m−1=1, \alpha_{12} = -\alpha_{21} = 1, \ldots, \alpha_{2m-1, 2m} = -\alpha_{2m, 2m-1} = 1,
tous les autres αij\alpha_{ij} étant nuls (cf. Exemple). Or le déterminant de cette matrice est égal à 1, et son pfaffien également ; ceci achève la démonstration.

3. Groupe symplectique.

Supposons l’anneau AA commutatif. Si Φ\Phi est une forme bilinéaire alternée sur EE, les automorphismes du module EE laissant Φ\Phi invariante s’appellent les automorphismes symplectiques (ou transformations symplectiques) relatifs à Φ\Phi, et ils forment un groupe que l’on appelle le groupe symplectique associé à Φ\Phi; on le note quelquefois Sp(Φ)\mathbf{Sp}(\Phi).

Considérons en particulier, sur le module E=A2mE = A^{2m}, la forme bilinéaire alternée Φ0\Phi_0 dont la matrice par rapport à la base canonique (ei)(e_i) de EE est

Rm=(0Im−Im0). R_m = \begin{pmatrix} 0 & I_m \\ -I_m & 0 \end{pmatrix}.
Les automorphismes symplectiques et le groupe symplectique relatifs à Φ0\Phi_0 s’appellent simplement automorphismes symplectiques et groupe symplectique à 2m variables (sur AA); ce groupe se note Sp(2m,A)\mathbf{Sp}(2m, A) ou Sp2m(A)\mathbf{Sp}_{2m}(A). Toute matrice AA d’un automorphisme symplectique par rapport à la base canonique (e)i(e)_i s’appelle une matrice symplectique. Une telle matrice est inversible, et, d’après la formule (48) du § 1, n° 10, satisfait à la relation

(9)(9)
tA.Rm.A=Rm. {}^tA . R_m . A = R_m.

Réciproquement si une matrice carrée AA d’ordre 2m2m sur AA satisfait à (9), elle est symplectique : il suffit en effet de prouver qu’elle est inversible ; or (9) entraîne Pf(Rm)=Pf(tA.Rm.A)=(det⁡A)Pf(Rm)\mathrm{Pf}(R_m) = \mathrm{Pf}({}^tA . R_m . A) = (\det A) \mathrm{Pf}(R_m) d’après la prop. 1 du n° 2, donc det⁡A=1\det A = 1. Nous avons en même temps prouvé la proposition suivante :

Proposition 3

Le déterminant d’une matrice symplectique est égal à 1.

Si AA est un corps commutatif et Φ\Phi une forme bilinéaire alternée non dégénérée sur un espace vectoriel EE de dimension paire 2m2m sur AA, le groupe symplectique associé à Φ\Phi est isomorphe à Sp(2m,A)\mathbf{Sp}(2m, A), d’après le cor. 1 du th. 1.

Exercices. — ¶ 1) Soient AA un anneau commutatif principal, EE un AA-module libre de dimension finie nn, Φ\Phi une forme bilinéaire alternée sur EE ; les idéaux AαiA \alpha_i (1≤i≤r1 \leq i \leq r) définis dans le th. 1 du n° 1 sont appelés les facteurs invariants de Φ\Phi.

a) Soit FF un sous-module de EE, et soit ΦF\Phi_F la restriction de Φ\Phi à F×FF \times F. Montrer que si AβiA \beta_i (1≤i≤s1 \leq i \leq s) sont les facteurs invariants de ΦF\Phi_F (où βi\beta_i divise βi+1\beta_{i+1}), on a s≤rs \leq r et βi\beta_i est multiple de αi\alpha_i pour 1≤i≤s1 \leq i \leq s. (Se ramener au cas où r=s=n/2r = s = n/2, et utiliser les exerc. 9 b) et 9 c) du chap. VII, § 4).

b) Soient E1E_1 un second AA-module libre de dimension finie, Φ1\Phi_1 une forme bilinéaire alternée sur E1E_1, Aγ1,…,AγsA \gamma_1, \ldots, A \gamma_s ses facteurs invariants (γi\gamma_i divisant γi+1\gamma_{i+1}). Pour que Φ1\Phi_1 soit l’image réciproque de Φ\Phi par une application linéaire de E1E_1 dans EE, il faut et il suffit que s≤rs \leq r et que γi\gamma_i soit multiple de αi\alpha_i pour 1≤i≤s1 \leq i \leq s. (Utiliser aa) et la prop. 4 du chap. VII, § 4, n° 5).

c) Soient F,GF, G deux sous-modules de EE, tels que F0F^0 (resp. G0G^0) soit supplémentaire de FF (resp. GG) dans EE. Si les restrictions de Φ\Phi à FF et GG sont équivalentes, montrer qu’il en est de même des restrictions de Φ\Phi à F0F^0 et à G0G^0, et qu’il existe un automorphisme de EE laissant Φ\Phi invariante et transformant FF en GG.

d) Donner un exemple de deux sous-modules F,GF, G de EE, de dimension 2, tels que FF et GG admettent des supplémentaires dans EE et que les restrictions ΦF\Phi_F et ΦG\Phi_G soient équivalentes, mais qu’il n’existe aucun automorphisme de EE laissant Φ\Phi invariante et transformant FF en GG (prendre n=4n = 4).

2) Soit Φ\Phi une forme bilinéaire alternée sur un espace vectoriel EE de dimension finie. Montrer que pour tout sous-espace vectoriel MM de EE, la différence dim M – dim (M ∩ M^0) est paire. (Considérer d’abord le cas où Φ est non dégénérée).

¶ 3) Soit E un espace vectoriel de dimension paire n = 2m sur un corps commutatif A ; soient Φ et Ψ deux formes bilinéaires alternées sur E ; on suppose Ψ non dégénérée. Soient u et v les applications linéaires de E dans E* associées à droite à Φ et Ψ respectivement ; v est un isomorphisme de E sur E* ; on pose ω = v^{-1} \circ u, de sorte que ω est un endomorphisme de E.

a) On pose M_0 = E, et par récurrence M_{k+1} = ω(M_k) pour k > 0. Montrer que si M'_k est le sous-espace orthogonal à M_k pour Φ, M_{k+1} est le sous-espace orthogonal à M'_k pour Ψ.

b) Soit n_0 la dimension de M'_0 ; on pose m_0 = 0, et pour k ≥ 1, on désigne par m_k la dimension de M_k ∩ M'_0. Montrer que pour k ≥ 1 la dimension de M_k est n − n_0 − (m_1 + ... + m_{k−1}) et celle de M'_k est n_0 + (m_1 + ... + m_k).

c) Montrer que, pour tout k ≥ 0, la dimension de M_k ∩ M'_k est m_k + m_{k+1} + ... + m_{2k}, et celle de M'_k ∩ M_{k+1} est m_{k+1} + m_{k+2} + ... + m_{2k+1} (appliquer l’exerc. 2 b) du § 3 pour calculer les dimensions de M_h ∩ M'_{2k−h} et de M'_h ∩ M_{2k+1−h} par récurrence sur h).

d) Déduire de c) que les nombres m_k sont pairs (utiliser l’exerc. 2).

e) Conclure de d) que le nombre des diviseurs élémentaires de l’endomorphisme ω, correspondant à la racine caractéristique λ = 0, et ayant un degré donné, est pair (cf. chap. VII, § 5, exerc. 20).

4) Soient E un espace vectoriel sur un corps commutatif A, admettant une base dénombrable (e_n)_{n≥1}, Φ une forme alternée non dégénérée sur E. Montrer qu’il existe dans E une base (a_n) telle que Φ(a_{2n−1}, a_{2n}) = 1 pour tout n ≥ 1, et Φ(a_i, a_j) = 0 pour tout autre couple d’indices tels que i < j (raisonner comme dans l’exerc. 13 du § 4).

5) Pour toute matrice alternée X = (x_{ij}) d’ordre pair n = 2m sur un anneau commutatif, et pour tout indice i, montrer que l’on a

Pf(X)=∑j=1n(−1)i+j−1Pf(Xij)xij, \mathrm{Pf}(X) = \sum_{j=1}^{n} (-1)^{i+j-1} \mathrm{Pf}(X_{ij}) x_{ij},
où X_{ij} est la matrice d’ordre n − 2 obtenue en supprimant dans X les lignes et les colonnes d’indices i et j.

6) Soit M une matrice carrée d’ordre m sur un anneau commutatif. Montrer que si on pose

R=(0M−tM0) R = \begin{pmatrix} 0 & M \\ -^t M & 0 \end{pmatrix}
on a Pf(R) = det M (le démontrer d’abord lorsque M est inversible, en utilisant la formule (7)).

7) Soient A un corps commutatif, A(A)\mathfrak{A}(A) l’ensemble des matrices alternées d’ordre 2m sur A ; soit I une application de A(A)\mathfrak{A}(A) dans A telle que pour toute matrice R ∈ A(A)\mathfrak{A}(A) et toute matrice P d’ordre 2m sur A, on ait I(^tPRP) = (det P)^h I(R), où h est un entier rationnel. Montrer que I(R) = c(PfR)^h, où c ∈ A (utiliser la formule (7) et le th. 1 du n° 1).

8) Soient P, Q deux matrices carrées alternées d’ordre pair 2m sur un anneau commutatif A. Soit φ(X) = Pf(P − XQ) ; montrer que, si Q est inversible, on a φ(Q−1P)=0\varphi(Q^{-1}P) = 0. (Considérer d’abord le cas où A est un corps ; déduire alors de l’exerc. 3 que le polynôme minimal de la matrice Q−1PQ^{-1}P divise φ(X)\varphi(X), en passant à une extension algébriquement close de A, et en remarquant que φ2\varphi^2 est le polynôme caractéristique de Q−1PQ^{-1}P à un facteur scalaire près).

§ 9) Soient E un espace vectoriel de dimension nn sur un corps commutatif A, Φ\Phi une forme bilinéaire alternée sur E, Ψ\Psi une forme sesquilinéaire hermitienne (pour un automorphisme involutif de A) sur E, PP et QQ les matrices respectives de Φ\Phi et Ψ\Psi par rapport à une même base de E.

a) On suppose Ψ\Psi non dégénérée. Montrer que le nombre des diviseurs élémentaires de Q−1PQ^{-1}P correspondant à la racine caractéristique 0 et ayant un même degré pair, est un nombre pair (méthode de l’exerc. 3).

b) On suppose que Φ\Phi soit non dégénérée (ce qui implique que nn est pair). Montrer que le nombre des diviseurs élémentaires de P−1QP^{-1}Q correspondant à la racine caractéristique 0, et ayant un même degré impair, est un nombre pair (même méthode).

10) Soit ω2m(Fq)\omega_{2m}(\mathbf{F}_q) l’ordre du groupe symplectique Sp(2m,Fq)\mathbf{Sp}(2m, \mathbf{F}_q) sur le corps fini Fq\mathbf{F}_q. Montrer que si h2mh_{2m} est le nombre des couples de vecteurs (x,y)(x, y) de Fq2m\mathbf{F}_q^{2m} tels que Φ0(x,y)=1\Phi_0(x, y) = 1 (notations du no 3), on a ω2m(Fq)=h2mω2m−2(Fq)\omega_{2m}(\mathbf{F}_q) = h_{2m}\omega_{2m-2}(\mathbf{F}_q); en déduire

ω2m(Fq)=(q2m−1)q2m−1(q2m−2−1)q2m−3…(q2−1)q. \omega_{2m}(\mathbf{F}_q) = (q^{2m} - 1)q^{2m-1}(q^{2m-2} - 1)q^{2m-3} \ldots (q^2 - 1)q.

11) Soit A un corps commutatif. Montrer que toute transformation uu appartenant au groupe symplectique Sp(2m,A)\mathbf{Sp}(2m, A) est un produit de transvections appartenant à ce groupe (dites transvections symplectiques ; cf. § 4, exerc. 6). (Raisonner par récurrence sur mm, en montrant que si x,yx, y sont deux vecteurs non orthogonaux de E=A2mE = A^{2m}, il existe un produit vv de transvections symplectiques tel que vuvu laisse invariants xx et yy). En déduire une nouvelle démonstration de la prop. 3 du no 3.

12) Soient A un corps commutatif, E un espace vectoriel de dimension paire n=2mn = 2m sur A, Φ\Phi une forme bilinéaire alternée non dégénérée sur E. Montrer que, pour toute similitude uu pour la forme Φ\Phi (§6§ 6, no 5), de multiplicateur α\alpha, on a det⁡u=αm\det u = \alpha^m (utiliser la formule (7)).

§ 13) On suppose que A est un corps commutatif de caractéristique 0, E un espace vectoriel de dimension 2m2m sur A, Φ\Phi une forme bilinéaire alternée non dégénérée sur E. On identifie la forme inverse Φ^\widehat{\Phi} de Φ\Phi à un bivecteur Γ∈⋀2E\Gamma \in \bigwedge^2 E, de sorte que pour toute base symplectique (ei)1≤i≤2m(e_i)_{1 \leq i \leq 2m} de E (pour Φ\Phi), indexée de sorte que Φ(ei,ej)=Φ(em+i,em+j)=0\Phi(e_i, e_j) = \Phi(e_{m+i}, e_{m+j}) = 0, Φ(ei,em+j)=δij\Phi(e_i, e_{m+j}) = \delta_{ij} (1≤i≤m,1≤j≤m1 \leq i \leq m, 1 \leq j \leq m), on ait

Γ=e1∧em+1+e2∧em+2+⋯+em∧e2m. \Gamma = e_1 \wedge e_{m+1} + e_2 \wedge e_{m+2} + \cdots + e_m \wedge e_{2m}.

On dit qu’un pp-vecteur décomposable et non nul z∈⋀pEz \in \bigwedge^p E est isotrope (resp. totalement isotrope) pour Φ\Phi, si le sous-espace vectoriel VzV_z correspondant à zz (chap. III, § 7, no 3) est isotrope (resp. totalement isotrope).

a) Si zz est un pp-vecteur décomposable ≠0\neq 0, 2r2r la dimension d’un supplémentaire de Vz∩Vz0V_z \cap V_z^0 par rapport à VzV_z, montrer que m−p+rm - p + r est le plus grand des entiers hh tels que l’on ait z∧Γh≠0z \wedge \Gamma^h \neq 0, en désignant par Γh\Gamma^h la puissance hh-ème de Γ\Gamma dans l’algèbre extérieure ∧E\wedge E (utiliser la prop. 2 du § 4, n° 2).

b) Montrer que tout bivecteur x∈∧2Ex \in \overset{2}{\wedge} E peut s’écrire sous la forme λΓ+x1\lambda \Gamma + x_1, où λ\lambda est un scalaire et x1x_1 une combinaison linéaire de bivec- teurs décomposables totalement isotropes. (Se ramener au cas où xx est décomposable, et remarquer que si (ei)(e_i) est une base symplectique, (e1+e2)∧(em+1−em+2)(e_1 + e_2) \wedge (e_{m+1} - e_{m+2}) est totalement isotrope).

c) Si p≤mp \leq m, montrer que tout pp-vecteur z∈∧pEz \in \overset{p}{\wedge} E peut s’écrire z=x∧Γ+z1z = x \wedge \Gamma + z_1, où xx est un (p−2)(p-2)-vecteur et z1z_1 une combinaison linéaire de pp-vecteurs décomposables totalement isotropes. (Se ramener au cas où zz est décomposable, et raisonner par récurrence sur pp. Se ramener ainsi au cas où, (ei)(e_i) étant une base symplectique, on a z=e1∧e2∧…∧ep−1∧em+p−1z = e_1 \wedge e_2 \wedge \ldots \wedge e_{p-1} \wedge e_{m+p-1}, et considérer les bivec- teurs (ep−1+ep+i)∧(em+p−1−em+p+i)(e_{p-1} + e_{p+i}) \wedge (e_{m+p-1} - e_{m+p+i}) pour 0≤i≤m−p0 \leq i \leq m-p.

d) Pour 1≤p≤m1 \leq p \leq m, montrer que tout (m+p)(m+p)-vecteur z∈∧m+pEz \in \overset{m+p}{\wedge} E peut s’écrire z=y∧Γpz = y \wedge \Gamma^p, où yy est un (m−p)(m-p)-vecteur. (Se ramener au cas où zz est décomposable ; si 2r2r est la dimension d’un supplémentaire de Vz∩Vz0V_z \cap V_z^0 par rapport à VzV_z, distinguer deux cas, suivant que r=pr = p ou r>pr > p; dans le second cas, raisonner par récurrence sur rr, de la même manière que dans c)). En déduire que l’application y→y∧Γpy \to y \wedge \Gamma^p de ∧m+pE\overset{m+p}{\wedge} E dans ∧m+pE\overset{m+p}{\wedge} E est bijective (remarquer que les deux espaces ont même dimension). Si yy est un (m−p)(m-p)-vecteur décomposable, montrer que z=y∧Γpz = y \wedge \Gamma^p est décomposable et que Vz=Vy0V_z = V_y^0.

e) Déduire de d) que, pour p≤mp \leq m, le sous-espace ∧pE\overset{p}{\wedge} E est somme directe de la composante homogène de degré pp de l’idéal bilatère cc engendré par Γ\Gamma dans ∧E\wedge E, et du sous-espace RpR_p des pp-vecteurs z1z_1 tels que z1∧Γm−p+1=0z_1 \wedge \Gamma^{m-p+1} = 0 (pour z∈∧pEz \in \overset{p}{\wedge} E, appliquer d) au (2m−p+2)(2m-p+2)-vecteur z∧Γm−p+1z \wedge \Gamma^{m-p+1}). En utilisant c), prouver que RpR_p est engendré par les pp-vec- teurs décomposables totalement isotropes, et en utilisant d), montrer que l’application x→x∧Γx \to x \wedge \Gamma de ∧p−2E\overset{p-2}{\wedge} E dans ∧pE\overset{p}{\wedge} E est injective, et que RpR_p est de dimension (2mp)−(2mp−2)\binom{2m}{p} - \binom{2m}{p-2}.

f) Montrer que si p≤mp \leq m, une condition nécessaire et suffisante pour qu’un pp-vecteur zz soit de la forme x∧Γx \wedge \Gamma est que, pour tout mm-vecteur décomposable totalement isotrope uu, on ait z∧u=0z \wedge u = 0. (Montrer que, si cette condition est satisfaite, et si z∈Rpz \in R_p, on a z∧y=0z \wedge y = 0 pour tout (2m−p)(2m-p)-vecteur yy; mettre pour cela yy sous la forme x∧Γm−px \wedge \Gamma^{m-p}, où xx est un pp-vecteur, puis appliquer c) à xx, et remarquer que, si x1x_1 est un pp-vecteur décomposable totalement isotrope, x1∧Γm−px_1 \wedge \Gamma^{m-p} est un (2m−p)(2m-p)-vecteur décomposable qui peut s'écrire u1∧v1u_1 \wedge v_1, où u1u_1 est un mm-vecteur décomposable totalement isotrope).

Soit α\alpha l'annulateur de l'idéal cc dans ∧E\wedge E; α\alpha est somme directe des sous-espaces Rm,Rm−1∧Γ,…,R1∧Γm−1R_m, R_{m-1} \wedge \Gamma, \ldots, R_1 \wedge \Gamma^{m-1} et KΓmK \Gamma^m. Montrer que l'annulateur de α\alpha dans ∧E\wedge E est égal à cc (cf. § 2, exerc. 4 b)).

g) Pour tout automorphisme symplectique uu de EE (pour Φ\Phi), soit uˉ\bar{u} l'extension canonique de uu en un automorphisme de l'algèbre ∧E\wedge E (chap. III, § 5, no 9). Montrer que les seuls éléments de ∧E\wedge E invariants par tous les automorphismes uˉ\bar{u} sont les combinaisons linéaires de 1,Γ,Γ2,…,Γm1, \Gamma, \Gamma^2, \ldots, \Gamma^m à coefficients dans KK. (Si (ei)(e_i) est une base symplectique, écrire qu'un élément de ∧E\wedge E est invariant par les transvections symplectiques (exerc. 11) correspondant aux hyperplans orthogonaux aux eie_i; puis considérer les transformations symplectiques uiju_{ij} définies par uij(ei)=ej,uij(ej)=ei,uij(em+i)=em+j,uij(em+j)=em+i,uij(ek)=eku_{ij}(e_i) = e_j, u_{ij}(e_j) = e_i, u_{ij}(e_{m+i}) = e_{m+j}, u_{ij}(e_{m+j}) = e_{m+i}, u_{ij}(e_k) = e_k pour tout autre indice kk).

14) Soient AA un corps commutatif de caractéristique 2, EE l'espace vectoriel A2mA^{2m}; on identifie le groupe symplectique Sp(2m,A)Sp(2m, A) au groupe des matrices symplectiques UU, satisfaisant donc à la relation tU.R.U=R^tU . R . U = R, où R=(0ImIm0)R = \begin{pmatrix} 0 & I_m \\ I_m & 0 \end{pmatrix}. On pose D=(00Im0)D = \begin{pmatrix} 0 & 0 \\ I_m & 0 \end{pmatrix}; montrer que toute matrice symplectique UU telle que I+UI + U soit inversible peut s'écrire d'une seule manière sous la forme (tD+S)−1(D+S)(^tD + S)^{-1}(D + S), où SS est une matrice symétrique telle que D+SD + S soit inversible, et réciproquement (cf. § 4, exerc. 11).

15) Soient AA un corps commutatif, EE un espace vectoriel de dimension 2m2m sur AA, Φ\Phi une forme bilinéaire alternée non dégénérée sur EE. a) Étendre aux endomorphismes uu de EE tels que u∗u=uu∗u^*u = uu^* (u∗u^* étant l'adjoint de uu pour Φ\Phi) les résultats du § 4, exerc. 12 a) et b).

b) On suppose que u∗=uu^* = u. Avec les notations de l'exerc. 12 du § 4, montrer que si MM est un élément minimal de l'ensemble M\mathfrak{M} des sous-espaces non isotropes contenus dans G(p,p)G(p, p) et stables pour uu, ou bien MM est un sous-module indécomposable de EuE_u, ou bien il est somme directe de deux tels sous-modules isomorphes (raisonner comme dans l'exerc. 12 c) du § 4). Montrer par des exemples (avec p(X)=X−1p(X) = X - 1) que les deux cas peuvent se présenter.

c) On suppose u∗=−uu^* = -u, AA n'étant pas de caractéristique 2. Avec les mêmes notations, soit php^h le polynôme minimal de la restriction de uu à MM, et soit dd le degré de pp. Montrer que si d(h−1)d(h-1) est impair, MM est un sous-module indécomposable de EuE_u; si au contraire d(h−1)d(h-1) est pair, MM est, soit indécomposable, soit somme directe de deux sous-modules indécomposables isomorphes.

d) On suppose que u∗u=1u^*u = 1 (autrement dit que u∈Sp(Φ)u \in Sp(\Phi)). Avec les notations de c), si p(X)p(X) ne divise par Xd(h−1)−1X^{d(h-1)} - 1, ou si p(X)=X−1p(X) = X - 1 et (−1)h≠−1(-1)^h \neq -1, MM est un sous-module indécomposable de EuE_u; sinon, MM est, soit indécomposable, soit somme directe de deux sous-modules indécomposables isomorphes.

Transcrit du volume imprimé. Non traduit.