§ 1. Groupes ordonnés. Divisibilité
Les notions et résultats exposés dans ce paragraphe concernent l’étude des relations d’ordre dans les monoïdes commutatifs (I, p. 12, déf. 2), le cas le plus important étant celui des groupes commutatifs. Sauf mention expresse du contraire, la loi de composition dans les groupes et monoïdes étudiés sera notée additivement. D’autre part, nous exposerons chemin faisant certaines applications algébriques importantes de la théorie des monoïdes et groupes ordonnés, et nous traduirons au fur et à mesure une partie des résultats obtenus dans la notation multiplicative qui est propre à ces applications.
1. Définition des monoïdes et groupes ordonnés
Définition 1
Sur un ensemble , on dit qu’une structure de monoïde commutatif (notée additivement) et une structure d’ordre (notée ) sont compatibles si elles satisfont à l’axiome suivant : (MO) Quel que soit , la relation entraîne . Un ensemble muni d’une structure de monoïde commutatif et d’une structure d’ordre compatibles est appelé un monoïde ordonné ; si sa structure de monoïde commutatif est une structure de groupe, il est appelé groupe ordonné.
On peut définir de façon analogue la notion de monoïde ordonné non commutatif (VI, p. 29, exerc. 1).
Si une structure d’ordre est compatible avec la structure d’un monoïde, il en est de même de la structure d’ordre opposée.
Exemple 1
Le groupe additif des entiers rationnels et celui des nombres rationnels sont des groupes ordonnés quand on les munit des structures d’ordre définies en I, p. 20 et 112. \* Il en est de même du groupe additif des nombres réels (TG, IV, p. 3). \
Exemple 2
\* Le groupe additif des fonctions numériques finies définies dans un ensemble E est un groupe ordonné pour la structure d’ordre définie par la relation « quel que soit » que l’on écrit « ». Cette relation exprime que le graphe de la fonction est au-dessous de celui de la fonction ; le lecteur pourra trouver commode de se reporter quelquefois à cette interprétation graphique. \
Conformément aux définitions générales (E, IV, p. 6), une application bijective d’un monoïde ordonné sur un monoïde ordonné est appelée un isomorphisme de sur si la structure de est obtenue en transportant celle de au moyen de . Il revient au même de dire que est une application de sur telle que
(c’est-à-dire un homomorphisme du monoïde sur le monoïde ), et que les relations et sont équivalentes (d’où résulte en particulier que entraîne , c’est-à-dire que est injective).
Proposition 1 (« addition des inégalités »)
Dans un monoïde ordonné , soient et () deux suites de éléments telles que, pour tout , on ait ; alors on a
Si de plus tous les éléments sont simplifiables (I, p. 15, déf. 5) (en particulier si est un groupe), et s’il existe tel que , on a .
Le cas où est quelconque se ramène par récurrence au cas , en utilisant, pour la seconde assertion, le fait qu’une somme d’éléments simplifiables est un élément simplifiable (I, p. 15, prop. 2). La première assertion résulte des relations
conséquences des hypothèses et de (MO). Cela étant, la relation
impliquerait , d’où et si et sont simplifiables, ce qui démontre la seconde assertion.
Proposition 2
Dans un groupe ordonné les relations et sont équivalentes.
On passe en effet de l’une à l’autre par addition aux deux membres de , ou de .
On exprime ce fait en disant que, dans un groupe ordonné , la structure d’ordre est invariant par translation. En d’autres termes une translation est un automorphisme pour la structure d’ordre d’un groupe ordonné.
Corollaire
Dans un groupe ordonné , les relations et sont équivalentes.
On applique en effet la prop. 2 en prenant successivement et .
On déduit en particulier de ce corollaire que, si est un groupe ordonné, l’application de sur lui-même transforme sa structure d’ordre en la structure opposée.
2. Monoïdes et groupes préordonnés
Rappelons que, si une relation entre éléments d’un ensemble est réflexive et transitive, on dit que c’est une relation de préordre (E, III, p. 3). La relation « et » est une relation d’équivalence dans , compatible avec la relation ; par passage au quotient, la relation définit sur l’ensemble une relation d’ordre, dite associée à .
Définition 2
Sur un ensemble , on dit qu’une relation de préordre (notée ) et une structure de monoïde commutatif (notée additivement) sont compatibles si elles satisfont à l’axiome suivant :
(MPO) Quel que soit , entraîne . Un ensemble muni d’une structure de monoïde commutatif et d’une relation de préordre compatibles est appelé un monoïde préordonné.
Soient un monoïde préordonné, et la relation d’équivalence « et ». En vertu de (MPO), la relation (mod. ) entraîne, pour tout , et , c’est-à-dire (mod. ). En d’autres termes la relation d’équivalence est compatible avec l’addition dans (I, p. 26). Alors le quotient par de la loi additive de , et la structure d’ordre associée à , définissent sur une structure de monoïde ordonné. Dans le cas où est un groupe préordonné, est le groupe quotient de par le sous-groupe des éléments qui satisfont à et .
3. Éléments positifs
Soit un groupe préordonné par une relation de préordre ; de et on déduit en vertu de (MPO), et par transitivité ; ceci exprime que l’ensemble des tels que est stable pour l’addition ; en outre, la relation est équivalente à , c’est-à-dire à . Inversement :
Proposition 3
Si est une partie d’un groupe commutatif , contenant et telle que , la relation est une relation de préordre compatible avec la structure de groupe de . Pour que cette relation définisse sur une structure de groupe ordonné, il faut et il suffit que l’on ait ; pour que soit un groupe totalement ordonné pour cette structure, il faut et il suffit que l’on ait en outre .
On vérifie aussitôt que la relation est réflexive et transitive, et (si on la note ) satisfait à l’axiome (MPO). Pour démontrer la seconde assertion, il suffit de remarquer que est le sous-groupe des éléments tels que et . Enfin, dire que est totalement ordonné signifie que, pour tout couple d’éléments de , l’un des éléments appartient à , ce qui achève la démonstration.
Définition 3
Dans un groupe ordonné , on appelle élément positif (resp. négatif) tout élément tel que (resp. ).
On notera que est l’unique élément à la fois positif et négatif ; tout élément tel que (resp. ) est dit strictement positif (resp. strictement négatif).
Exemple
Dans le groupe additif , soit l’ensemble des éléments satisfaisant à deux inégalités , où sont des entiers (* ou des nombres réels *) tels que ; le « cône » satisfait aux deux premières conditions de la prop. 3. On définit ainsi sur diverses structures d’ordre compatibles avec sa structure de groupe ; le groupe n’est totalement ordonné pour aucune de ces structures.
Remarque
En vertu de la condition , dans un groupe ordonné , la relation implique pour tout entier naturel . Si, de plus, l’élément positif du groupe est d’ordre fini , est positif ; comme
4. Groupes filtrants
Rappelons (E, III, p. 12, déf. 7) qu’un ensemble ordonné est dit filtrant à droite (resp. à gauche) si, pour tout couple d’éléments de , il existe tel que et (resp. et ). Tout groupe ordonné filtrant à droite est aussi filtrant à gauche, et réciproquement : en effet, comme il existe tel que et , on a et (VI, p. 2, cor.). Nous parlerons donc simplement de groupe filtrant.
Proposition 4
Pour qu’un groupe ordonné soit filtrant, il faut et il suffit qu’il soit engendré par ses éléments positifs, c’est-à-dire que tout élément de soit différence de deux éléments positifs.
En effet, si est filtrant, il existe, pour tout , un élément positif tel que , et est différence des éléments positifs et . Si, réciproquement, on a et avec positifs, l’élément est supérieur à et à .
Proposition 5
Si est une famille finie d’éléments d’un groupe filtrant , il existe tel que soit positif pour tout .
Si , avec et positifs, il suffit de prendre pour la somme de la famille .
5. Relations de divisibilité dans un corps
Nous allons ici définir certains groupes ordonnés qui jouent un rôle important en algèbre. Dans ces groupes c’est la notation multiplicative qui est usuelle ; l’application à ces groupes des résultats obtenus précédemment en notation additive suppose donc faite leur traduction en notation multiplicative — traduction qui ne présentera aucune difficulté au lecteur. Dans tout ce n°, A désignera un anneau intègre et K le corps des fractions de A (I, p. 110).
Dans le groupe multiplicatif K* des éléments non nuls de K, l’ensemble P des éléments non nuls de A est stable, puisque A est un anneau. Il définit donc sur K* la relation de préordre , c’est-à-dire « il existe tel que », qui en fait un groupe préordonné (noté multiplicativement) (VI, p. 3, prop. 3). Généralisant au cas où et sont des éléments de K* la terminologie relative aux éléments de A (I, p. 93), la relation s’énonce aussi : divise , ou est diviseur de , ou est multiple de (relativement à l’anneau A) ; et nous dirons que la relation est la relation de divisibilité dans K* relativement à l’anneau A. La relation « divise » se note , et sa négation . Les éléments de P ne sont autres que les multiples de 1.
Remarque 1
La relation de divisibilité dans K* dépend essentiellement de l’anneau A choisi. Si A = K, on obtient la relation « triviale » où pour tout couple d’éléments de K*. Soit (resp. ) un nombre premier ; les nombres rationnels dont le dénominateur n’est pas multiple de (resp. ) forment un sous-anneau (resp. ) de ; les relations de divisibilité dans relatives à ces deux anneaux sont distinctes si , le nombre étant multiple de 1 pour l’une et non pour l’autre.
Remarque 2
Nous étendrons parfois la définition de la relation à un couple d’éléments de K (et non plus seulement de K*), cette relation étant synonyme de « il existe tel que » ; on aura donc pour tout . Ceci permet d’énoncer sans restriction les résultats suivants : si et , alors ; si et , alors . On étend de même la terminologie correspondante.
Pour déduire de la relation de divisibilité une relation d’ordre (n° 2), il faut passer au groupe quotient de K* par le sous-groupe A* des éléments tels que et ; ces éléments sont ceux de P qui sont diviseurs de 1, c’est-à-dire les éléments inversibles de A ; on les appelle souvent, par abus de langage, les unités de l’anneau A. Le groupe quotient est alors un groupe ordonné. Deux éléments et de K* qui appartiennent à la même classe mod. A* sont dits associés ; ceci veut dire que l’on a et . Lorsque au contraire divise sans que divise , on dit que divise strictement , ou que est un diviseur strict de , ou que est un multiple strict de .
On notera que est un groupe filtrant, puisque K est corps des fractions de A (VI, p. 4, prop. 4).
Dire que deux éléments et de K* sont associés revient, en vertu de la transitivité de la relation de divisibilité, à dire que et ont mêmes multiples dans K. Pour tout , nous noterons l’ensemble des , où ; l’ensemble est un sous-module de K considéré comme A-module. Par extension de la terminologie relative au cas où , nous l’appellerons un idéal principal fractionnaire du corps K relativement à l’anneau A. Par opposition les idéaux de l’anneau A seront dits entiers.
On notera que, si , un idéal principal fractionnaire n’est pas un idéal de K considéré comme anneau.
L’idéal principal fractionnaire se note aussi . On écrira (mod. ) pour , et (mod. ) pour ; si (mod. ), on aura (mod. ) quel que soit .
On notera que (mod. ) n’entraîne pas (mod. ) à moins que l’on ait . Ainsi, dans , relativement à , on a (mod. 2) mais non (mod. 2).
La relation équivaut évidemment à . L’application de sur l’ensemble des idéaux principaux fractionnaires de K définit donc, par passage au quotient, une application bijective de sur ; en transportant à , au moyen de cette application, la structure de groupe de , on est conduit à définir comme produit des idéaux principaux fractionnaires et l’idéal , celui-ci ne dépendant que de et . Muni de cette loi et de la relation d’ordre , est un groupe ordonné, isomorphe à , et qu’on conviendra d’identifier à au moyen de l’application ci-dessus.
On notera que la relation « divise » qui, dans le cas des entiers positifs, implique que est plus petit que , correspond à l’inclusion où l’idéal est « plus grand » que l’idéal . On se souviendra de ce « renversement d’ordre » en notant par exemple que 7 a « plus de multiples » que 91.
Lorsqu’on étend la relation à tous les éléments de K, cette relation est encore équivalente à dans l’ensemble de tous les idéaux principaux fractionnaires de K (dans lequel est le plus petit élément pour la relation d’inclusion).
Comme dans les nos précédents, nous allons utiliser dans la suite de ce paragraphe la notation additive. Cependant l’introduction de la terminologie relative à la divisibilité sera faite après l’introduction de la terminologie additive correspondante, dans des alinéas précédés du signe (DIV) (où il est entendu que les notations sont celles de ce no). Afin de faciliter le travail du lecteur, certains résultats importants seront traduits dans le langage de la divisibilité, la traduction de la prop. 7, par exemple, étant notée « PROPOSITION 7 (DIV) ».
6. Opérations élémentaires sur les groupes ordonnés
Soit H un sous-groupe d’un groupe ordonné G ; il est clair que la structure d’ordre induite sur H par celle de G est compatible avec la structure de groupe de H ; c’est toujours de celle-ci dont H sera supposé muni, sauf mention expresse du contraire.
Si P est l’ensemble des éléments positifs de G, l’ensemble des éléments positifs de H est H ∩ P.
Soit (G_α) une famille de groupes ordonnés ; conformément à la définition du produit d’ensembles ordonnés (E, III, p. 6), le groupe produit G = est muni d’une structure d’ordre, la relation « (x_α) ≤ (y_α) » entre deux éléments de G étant, par définition, synonyme de « quel que soit α, x_α ≤ y_α ». On voit aussitôt que cette structure d’ordre est compatible avec la structure de groupe de G ; muni de cette structure, G est un groupe ordonné, qu’on appelle le produit des groupes ordonnés G_α. Les éléments positifs de G sont ceux dont toutes les composantes sont positives. Dans le cas où tous les facteurs G_α sont identiques à un même groupe ordonné H, G est le groupe H^I des applications de l’ensemble d’indices I dans H, la relation « f ≤ g » entre deux applications de I dans H étant synonyme de « quel que soit α ∈ I, f(α) ≤ g(α) » ; les applications positives sont celles qui ne prennent que des valeurs positives. On définit la somme directe d’une famille (G_α) de groupes ordonnés comme sous-groupe ordonné de leur produit (II, p. 12).
Soit (G_i)_{i \in I} une famille de groupes ordonnés dont l’ensemble d’indices I est bien ordonné ; rappelons (E, III, p. 22) que l’on définit, sur l’ensemble produit G = , une relation d’ordre, dite lexicographique, la relation « (x_i) < (y_i) » entre deux éléments de G étant, par définition, synonyme de « si β est le plus petit des indices tels que x_i ≠ y_i, on a x_β < y_β ». Rappelons que le produit d’une famille bien ordonnée d’ensembles totalement ordonnés est totalement ordonné pour l’ordre lexicographique. Dans le cas général, la relation d’ordre lexicographique sur G est compatible avec sa structure de groupe, comme on le vérifie aussitôt ; muni de cette structure, G est donc un groupe ordonné, qu’on appelle le produit lexicographique de la famille bien ordonnée de groupes ordonnés (G_i).
Remarque 1
Le cas le plus fréquent est celui où l’ensemble bien ordonné d’indices I est un intervalle fini {1, n} de N.
Remarque 2
L’ensemble des éléments positifs du produit lexicographique G se compose de 0 et des éléments dont la composante non nulle de plus petit indice est positive.
7. Homomorphismes croissants de groupes ordonnés
Soient G et G’ deux groupes ordonnés ; parmi les homomorphismes f du groupe additif sous-jacent de G dans celui de G’, il y a lieu de considérer les applications croissantes, c’est-à-dire celles pour lesquelles x ≤ y entraîne f(x) ≤ f(y). En vertu de la relation f(y − x) = f(y) − f(x), les homomorphismes croissants de G dans G’ sont caractérisés par le fait que l’image par un tel homomorphisme d’un élément positif de G est un élément positif de G’ ; si P (resp. P’) désigne l’ensemble des éléments positifs de G (resp. G’), ceci s’écrit f(P) ⊂ P’. Il est clair que l’injection canonique d’un sous-groupe G dans un groupe ordonné G’, et la projection d’un produit de groupes ordonnés sur un de ses facteurs sont des homomorphismes croissants.
Un isomorphisme (VI, p. 2) d’un groupe ordonné sur un groupe ordonné est un homomorphisme bijectif de sur , tel que et l’homomorphisme réciproque soient tous deux croissants, ce qui s’écrit .
Il peut arriver qu’un isomorphisme du groupe sous-jacent de sur celui de soit croissant, sans que l’isomorphisme réciproque le soit aussi. Il en sera ainsi, par exemple, si , si est l’application identique de sur lui-même, et si mais . Ainsi, sur , on peut prendre pour l’ensemble des entiers positifs (ordinaires) et pour celui des entiers positifs pairs.
(DIV) Soit le corps des fractions rationnelles sur le corps à deux éléments . Les relations de divisibilité relatives aux anneaux et définissent sur deux structures de groupe ordonné distinctes, telles que (ce sont des structures de groupe ordonné puisque 1 est la seule unité de et la seule de ).
8. Bornes supérieure et inférieure dans un groupe ordonné
Rappelons (E, III, p. 10) que, si l’ensemble des majorants d’une partie d’un ensemble ordonné (c’est-à-dire l’ensemble des tels que pour tout ) admet un plus petit élément , celui-ci, qui est alors unique, est appelé la borne supérieure de . Si est l’ensemble des éléments d’une famille d’éléments de , sa borne supérieure, si elle existe, se note (ou ou simplement ); s’il s’agit d’une famille finie (), cette borne se note aussi . La borne inférieure se définit d’une manière analogue et se note inf. Les opérations sup et inf sont associatives et commutatives.
Rappelons (E, loc. cit.) que, si est une partie d’un ensemble ordonné , et une famille d’éléments de , l’existence de dans (que l’on peut noter ) n’entraîne pas l’existence d’une borne supérieure des dans (que l’on peut noter lorsqu’elle existe); si toutes deux existent, on a seulement ; en revanche si existe et appartient à , existe et est égal à . Par exemple, dans l’anneau de polynômes ( corps commutatif), les idéaux principaux et ont l’idéal pour borne supérieure (pour la relation ) dans l’ensemble ordonné de tous les idéaux de , mais ont l’anneau pour borne supérieure dans l’ensemble des idéaux principaux de .
(DIV) On dit qu’un élément de est un plus grand commun diviseur, ou, en abrégé, un , d’une famille d’éléments de , si l’idéal principal fractionnaire est, dans , la borne supérieure (pour la relation ) de la famille d’idéaux , ou, autrement dit, si, pour , la relation équivaut à « pour tout ». On dira de même que est un plus petit commun multiple ou un de la famille si est, dans , la borne inférieure de la famille d’idéaux , c’est-à-dire si équivaut à « pour tout ». Il revient au même de dire que ; en effet, la condition pour tout équivaut à pour tout , c’est-à-dire à , et la condition équivaut à ^1.
1 Lorsque est l’anneau des entiers (resp. l’anneau des polynômes à une indéterminée à coefficients dans un corps commutatif), ces définitions coïncident avec celles de I, p. 106 (resp. IV, p. 12, déf. 1).
On notera que si un idéal principal fractionnaire est tel que , est un pgcd de la famille ; mais inversement, un pgcd de ne vérifie pas nécessairement la condition précédente (cf. VI, p. 32, exerc. 24).
Le pgcd et le ppcm, s’ils existent, sont définis modulo le sous-groupe U des unités de , c’est-à-dire que deux pgcd (ou deux ppcm) d’une famille donnée sont associés; par abus de langage on écrira souvent et pour l’un quelconque des pgcd ou des ppcm de la famille lorsque de tels éléments existent.
(DIV) Par abus de langage on étend parfois la notion de pgcd à une famille d’éléments de K dont certains peuvent être nuls; ce pgcd est encore défini comme un élément de K tel que la relation soit équivalente à « pour tout i»; il est clair que est 0 si tous les sont nuls; dans le cas contraire, est un pgcd de la famille de ceux des qui ne sont pas nuls. De même le ppcm d’une famille dont certains éléments sont nuls est 0.
Dans un groupe ordonné G, il résulte aussitôt de l’invariance de l’ordre par translation (VI, p. 2, prop. 2) que l’on a :
en ce sens que, chaque fois que l’un des deux membres existe, l’autre existe aussi et lui est égal. De même, du fait que l’application transforme l’ordre de G en l’ordre opposé (VI, p. 2, cor.) il résulte que l’on a
cette relation étant entendue dans le même sens que la précédente.
Proposition 6
Soient , deux familles d’éléments d’un groupe ordonné G, ayant chacune une borne supérieure. Alors la famille a une borne supérieure, et l’on a .
En effet, de pour tout et tout , on déduit pour tout , et de là .
9. Groupes réticulés
Rappelons qu’un ensemble ordonné dans lequel toute partie finie non vide a une borne supérieure et une borne inférieure est dit réticulé (E, III, p. 13). Il est clair qu’un produit de groupes réticulés, et en particulier un produit de groupes totalement ordonnés, est un groupe réticulé. Par contre un sous-groupe d’un groupe réticulé n’est pas nécessairement réticulé.
Ainsi, dans le groupe ordonné produit , la « seconde bissectrice » (ensemble des couples tels que ) est ordonnée par l’ordre discret, et n’est donc pas un groupe réticulé. \* Le groupe additif des polynômes à une variable réelle (VI, p. 1, exemple 2) est un groupe filtrant (puisque et sont majorés par ) dont on peut montrer qu’il n’est pas réticulé. \*
Proposition 7
Si x et y sont deux éléments d’un groupe ordonné G, et si l’un des éléments inf(x, y), sup(x, y) existe, il en est de même de l’autre, et l’on a x + y = inf(x, y) + sup(x, y).
En effet, d’après les relations (1) et (2) (VI, p. 9), on a
et il suffit de prendre .
Proposition 7
Si , et si d est un pgcd de a et b et m un ppcm de a et b, alors le produit dm est associé à ab.
Proposition 8
Soit P l’ensemble des éléments positifs d’un groupe ordonné G. Pour que G soit réticulé, il faut et il suffit que l’on ait , et que de plus P, muni de l’ordre induit, satisfasse à l’une ou l’autre des conditions suivantes :
a) Tout couple d’éléments de P a une borne supérieure dans P. b) Tout couple d’éléments de P a une borne inférieure dans P.
La nécessité de ces conditions est évidente : en effet la relation exprime que G est filtrant (VI, p. 4, prop. 4) ; d’autre part les bornes inférieure et supérieure dans G de deux éléments de P sont positives, donc sont aussi leurs bornes dans P.
Réciproquement, remarquons d’abord que dans l’hypothèse a) (resp. b)), tout couple d’éléments x, y de P a une borne supérieure (resp. inférieure) dans G égale à sa borne supérieure a (resp. à sa borne inférieure b) dans P. Ceci est évident pour a, tout majorant de x et y étant positif ; pour b, soit un minorant de x et y ; il existe alors tel que , puisque ; or majore , et est donc de la forme () ; comme est inférieur à x et à y, on a ; donc , ce qui implique , donc , et b est bien la borne inférieure de x et y dans G. Si maintenant x et y sont des éléments quelconques de G, nous les translaterons dans P : soit tel que et soient positifs (VI, p. 4, prop. 5) ; dans l’hypothèse a) (resp. b)) et admettent une borne supérieure (resp. inférieure) dans P, donc aussi dans G d’après ce qui vient d’être vu ; par translation x et y admettent une borne supérieure (resp. inférieure) dans G ; l’existence d’une des deux espèces de bornes pour tout couple (x, y) entraînant celle de l’autre en vertu de la prop. 7, ceci montre que les conditions sont suffisantes.
10. Le théorème de décomposition
Théorème 1 (théorème de décomposition)
Soient et deux suites finies d’éléments positifs d’un groupe réticulé G telles que ; il existe alors une suite double d’éléments positifs de G telle que l’on ait pour tout i, et pour tout j.
1° Démontrons d’abord le théorème lorsque . Soient des éléments positifs de tels que , et posons . Comme
2° Montrons maintenant que, si le théorème est vrai pour et () il est vrai pour et . On a par hypothèse l’égalité
3° En échangeant les rôles des et des on voit de même que, si le théorème est vrai pour et (), il est vrai pour et . Le théorème est donc démontré par double récurrence à partir du cas , puisqu’il est trivial lorsque ou .
Corollaire
Soient* éléments positifs de tels que il existe alors éléments positifs tels que et
11. Partie positive et partie négative
Définition 4
Dans un groupe réticulé* on appelle partie positive (resp. partie négative, valeur absolue) d’un élément , et on note (resp. , ) l’élément (resp. , ).
Malgré son nom, la partie négative de est un élément positif.
Il est clair que l’on a et . Notons aussi les formules suivantes, dont la première est conséquence immédiate des définitions et de l’invariance de l’ordre par translation, et dont la seconde se déduit de la première au moyen de la prop. 7 de VI, p. 10 :
Proposition 9
a) Pour tout élément d’un groupe réticulé , on a et .
b) Pour toute expression de comme différence de deux éléments positifs, , on a et avec . Si, en particulier, , on a et .
c) La relation « » est équivalente à « et ».
d) On a .
e) Quels que soient et dans , on a l’inégalité , et plus généralement pour toute famille finie d’éléments de .
f) Quels que soient et dans , on a .
Nous démontrerons a) et b) simultanément. Si , avec et positifs, on a , donc , et est positif. D’autre part on a
c) La relation entraîne et , d’où ; de on déduit de même . L’implication inverse se déduit aussitôt de et .
d) Comme et , il est clair que
Inversement, de et , on déduit, en vertu de c), , , et ; comme est positif et que , les deux dernières inégalités entraînent et ; les deux premières donnent alors , élément qui est égal à en vertu de a) et de la prop. 7 de VI, p. 10.
e) De et , on tire ; de et , on tire ; d’où la première inégalité. La seconde s’en déduit par récurrence sur .
f) En remplaçant dans e) et par et , il vient
Remarque
On déduit de d) que entraîne (car et sont positifs); donc entraîne .
Proposition 9
Si le groupe des idéaux principaux fractionnaires de est réticulé, tout élément de peut être mis sous la forme , où et sont des éléments de tels que ; pour toute autre expression de comme quotient de deux éléments de , on a , où est un pgcd de et ; en particulier si , et sont respectivement associés à et .
Une telle expression d’un élément de est souvent appelée une fraction irréductible.
12. Éléments étrangers
Définition 5
Dans un groupe ordonné, deux éléments et sont dits étrangers si l’on a .
On est conduit, dans certains cas, à appeler étrangers deux éléments tels que (cf. INT, II, § 1), ou à introduire la terminologie correspondante en théorie de la divisibilité. Nous ne le ferons pas ici.
Deux éléments étrangers sont nécessairement positifs. Les parties positive et négative et de sont des éléments étrangers (VI, p. 12, prop. 9, a)). On dit que les éléments d’une famille sont étrangers dans leur ensemble si l’on a ; si les sont , il suffit pour cela qu’il existe une partie finie de telle que les éléments correspondants soient étrangers dans leur ensemble. Les éléments d’une famille sont dits étrangers deux à deux si l’on a pour tout couple d’indices distincts.
Les peuvent être étrangers dans leur ensemble sans être étrangers deux à deux.
Si et sont étrangers, on dit aussi que est étranger à , ou que est étranger à .
(DIV) On dit que deux éléments et de sont étrangers si les idéaux principaux et sont non nuls et étrangers dans ; ceci revient à dire que est un pgcd de et , et implique que et appartiennent à . Par exemple le numératuer et le dénominateur d’une fraction irréductible sont étrangers. On définit de même les notions d’éléments étrangers deux à deux, et d’éléments étrangers dans leur ensemble.
(DIV) On dit souvent, quand et sont étrangers, que et sont « premiers entre eux »; il convient d’éviter cette terminologie, qui entraîne confusion avec la notion d’entier premier (I, p. 48, déf. 16).
Proposition 10
Soient x, y, z trois éléments d’un groupe ordonné ; pour que x − z et y − z soient étrangers, il faut et il suffit que l’on ait z = inf(x, y). En effet les relations z = inf(x, y) et 0 = inf(x − z, y − z) sont équivalentes.
Proposition 10
Soient a, b, c trois éléments de K tels que c ≠ 0 ; pour que les quotients ac−1 et bc−1 soient étrangers, il faut et il suffit que c soit un pgcd de a et de b.
Proposition 11
Si (x_i), (y_j) sont deux familles finies d’éléments ≥ 0 d’un groupe réticulé, on a
Corollaire 1
Si x et y sont deux éléments étrangers et z un élément ≥ 0 d’un groupe réticulé, on a inf(x, z) = inf(x, y + z).
En effet, inf(x, y + z) ≤ inf(x, z) en vertu de la prop. 11, et comme y ≥ 0, inf(x, z) ≤ inf(x, y + z), d’où le corollaire.
Corollaire 2
Dans un groupe réticulé, si x et y sont étrangers et si on a z ≥ 0 et x ≤ y + z, alors on a x ≤ z.
Corollaire 3
Dans un groupe réticulé, si x est étranger à y et z, il l’est aussi à y + z.
Corollaire 4
Si (x_i)_{1 ≤ i ≤ n}, (y_j)_{1 ≤ j ≤ m} sont deux familles finies d’éléments d’un groupe réticulé G telles que chacun des x_i soit étranger à chacun des y_j, alors x_1 + ⋯ + x_n est étranger à y_1 + ⋯ + y_m. Ceci se déduit du cor. 3 par récurrence sur m et n.
Corollaire 5
Quel que soit l’entier n ≥ 0, on a (nx)^+ = nx^+ et (nx)^- = nx^- ; pour tout n ∈ \mathbf{Z}, on a |nx| = |n|.|x|. On a en effet nx = nx^+ − nx^- ; comme x^+ et x^- sont étrangers, il en est de même de nx^+ et nx^- si n ≥ 0 (cor. 4) ; d’où la première assertion en vertu de la prop. 9, b) de VI, p. 12. La seconde s’ensuit en vertu de la prop. 9, d) dans le cas n ≥ 0 ; on passe de là au cas n < 0 grâce à la relation |− x| = |x|.
Proposition 11
L’ensemble étant supposé réticulé, soient deux familles finies d’éléments de . Alors tout pgcd de et de divise le produit .
Corollaire 1
Si sont trois éléments de tels que soit étranger à , tout pgcd de et de est aussi un pgcd de et de .
Corollaire 2 (lemme d’Euclide)
Soient trois éléments de . Si est étranger à et divise , il divise .
Corollaire 3
Si est étranger à et , il l’est à .
Corollaire 4
Si et sont deux familles finies d’éléments de telles que chaque soit étranger à chaque , alors le produit des est étranger au produit des .
Corollaire 5
Si est un pgcd de et , est un pgcd de et pour tout entier positif . En effet et sont étrangers (prop. 10 (DIV)), et il en est de même de et (cor. 4).
Proposition 12
Soient () éléments étrangers deux à deux dans un groupe réticulé. Alors
Ceci se déduit de la formule (VI, p. 10, prop. 7) par récurrence sur , en tenant compte de ce que est étranger à pour (cor. 4 de la prop. 11).
Remarque
La prop. 7 de VI, p. 10 montre aussi que, pour que et soient étrangers, il faut et il suffit que l’on ait .
Proposition 12
Soient des éléments de en nombre fini et étrangers deux à deux ; alors le produit est un ppcm de .
Proposition 13
Dans un groupe réticulé , soit une famille admettant une borne inférieure (resp. supérieure), et soit un élément quelconque de ; alors la famille (resp. ) admet une borne inférieure (resp. supérieure) et l’on a respectivement
Supposons que la famille admette une borne inférieure et démontrons que est une borne inférieure de la famille .
On a en effet , et, par translation, nous sommes ramenés au cas , c’est-à-dire qu’il nous faut montrer que la famille admet une borne inférieure qui est . Comme on a , on a pour tout (VI, p. 12, prop. 9, c)). Si, inversement, on a pour tout , on en déduit (prop. 9, a)); or, de , on déduit ; on a donc pour tout , c’est-à-dire .
L’autre formule s’en déduit par passage à la relation d’ordre opposée.
Corollaire
Si, dans un groupe réticulé G, un élément z est étranger à chacun des éléments d’une famille admettant une borne supérieure y, alors z est étranger à y.
Ceci est conséquence immédiate de la seconde formule (4).
Remarque
En appliquant les formules de la prop. 13 à une famille de deux éléments , on obtient les formules suivantes qui expriment que, dans un groupe réticulé, chacune des lois de composition sup, inf est distributive par rapport à l’autre :
Cette propriété de distributivité est spéciale aux groupes réticulés et ne s’étend ni aux ensembles, ni même aux monoïdes réticulés (cf. VI, p. 32, exerc. 24).
13. Éléments extrémaux
Définition 6
On dit qu’un élément x d’un groupe ordonné G est extrémal si c’est un élément minimal de l’ensemble des éléments strictement positifs de G.
Soit un élément extrémal du groupe ordonné ; si est un élément positif de , l’élément , s’il existe, ne peut donc être égal qu’à ou à 0. Ainsi, dans un groupe réticulé , tout positif est, soit supérieur, soit étranger à l’élément extrémal ; en particulier deux éléments extrémaux distincts sont étrangers.
(DIV) Un élément de est dit extrémal si l’idéal est un élément extrémal du groupe ordonné ; ceci exprime que n’est ni nul, ni inversible, et que tout élément de qui divise est associé, soit à , soit à 1. Si est réticulé, tout est, soit étranger à , soit multiple de .
Exemples (DIV). — 1) Un entier est extrémal dans si et seulement s’il est premier (I, p. 48). 2) Un polynôme à une indéterminée sur un corps est extrémal dans l’anneau si et seulement s’il est irréductible (IV, p. 13).
Proposition 14
Pour qu’un élément d’un groupe ordonné G soit extrémal, il suffit qu’il possède la propriété suivante :* (P) Les relations entraînent ou . Cette condition est nécessaire lorsque G est réticulé.
Si G est réticulé et si x est extrémal, nous venons de voir que y est, soit supérieur à x, soit étranger à x ; dans ce dernier cas le cor. 2 de VI, p. 14 montre que z est supérieur à x. Réciproquement, supposons la condition satisfaite : de , on déduit, en posant () que l’on a, soit , soit ; dans le premier cas on a ; dans le second on a , donc et par suite ; ceci montre que x est bien extrémal.
Proposition 14
Pour qu’un élément p non nul de A soit extrémal, il suffit qu’il ne soit pas une unité, et qu’il ne puisse diviser un produit de deux éléments de A sans diviser l’un d’eux. Cette condition est nécessaire si est réticulé.
Remarque
On peut aussi exprimer la proposition 14 (DIV) comme suit : si p est un élément non nul de A tel que l’idéal (p) soit premier (I, p. 111, déf. 3), alors p est extrémal ; inversement, si est réticulé et p extrémal, l’idéal (p) est premier.
Proposition 15
Dans un groupe ordonné G, soit une famille d’éléments deux à deux distincts et vérifiant la propriété (P) (donc extrémaux). Alors l’application
est un isomorphisme du groupe ordonné , somme directe des groupes ordonnés (VI, p. 7), sur le sous-groupe ordonné de G engendré par les .
Il suffit de montrer que la relation est équivalente à pour tout , car en particulier la relation entraînera pour tout , donc cela montrera que la famille est libre. Or, soit (resp. ) la partie finie de I formée des tels que (resp. ); on a
En particulier, pour , cela entraîne , et, par récurrence, il résulte de la propriété (P) que l’on doit avoir pour un ; comme est extrémal, cela entraînerait , ce qui est absurde. Donc est vide, ce qui prouve la proposition.
Théorème 2
Soit G un groupe ordonné filtrant. Les propriétés suivantes sont équivalentes : a) G est isomorphe à un groupe ordonné de la forme . b) G est réticulé et vérifie la condition suivante : (MIN) Tout ensemble non vide d’éléments positifs de G admet un élément minimal. c) G vérifie la condition (MIN) et tout élément extrémal de G possède la propriété (P). d) G est engendré par ses éléments extrémaux et tout élément extrémal de G possède la propriété (P).
Montrons d’abord que a) entraîne b). Le groupe est réticulé, en tant que somme directe de groupes totalement ordonnés. Soit d’autre part E un ensemble non vide d’éléments positifs de , et soit un élément de E (() désignant la base canonique de ); les éléments de tels que sont en nombre fini égal à , donc l’ensemble F des éléments de E qui sont est fini ; comme il n’est pas vide, il contient un élément minimal (E, III, p. 34, cor. 2), qui est évidemment élément minimal de E.
Il est clair que b) entraîne c), en vertu de la prop. 14. Montrons que c) entraîne d). Comme G est filtrant, il suffit (VI, p. 4, prop. 4) de voir que l’ensemble F des éléments de G qui sont sommes d’éléments extrémaux est égal à . Sinon, il résulterait de (MIN) que le complémentaire de F dans aurait un élément minimal ; n’est pas extrémal par définition, donc est somme de deux éléments positifs non nuls ; comme et , ces éléments appartiennent à F, donc sont sommes d’éléments extrémaux, et on en déduit qu’il en est de même de , ce qui est contradictoire. Enfin, d) entraîne a), en vertu de la prop. 15.
Nous appliquerons le th. 2 à la théorie de la divisibilité dans les anneaux principaux (VII, p. 3), et dans les anneaux factoriels (AC, VII, § 3), ainsi qu’à l’étude des idéaux d’un anneau de Dedekind (AC, VII, § 2).
Exercices
See the exercises for § 1.