Bourbaki

Exercice 13, § 2

Algèbre, VII, p. 56

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

Soient A un anneau principal, π\pi un élément extrémal de A, M un module π\pi-primaire sur A. Soit I l’ensemble des ordinaux α\alpha (E, III, p. 77, exerc. 14) tels que la puissance de l’ensemble des ordinaux <α< \alpha soit au plus égale à celle de M. On définit par induction transfinie, pour tout α∈I\alpha \in I, le sous-module M(α)M^{(\alpha)} de M de la façon suivante : on prend M(0)=MM^{(0)} = M; si α\alpha admet un antécédent α−1\alpha - 1, M(α)=πM(α−1)M^{(\alpha)} = \pi M^{(\alpha - 1)}; dans le cas contraire, M(α)M^{(\alpha)} est l’intersection des M(β)M^{(\beta)} tels que β<α\beta < \alpha. a) Montrer qu’il existe un plus petit ordinal τ∈I\tau \in I tel que M(τ+1)=M(τ)M^{(\tau + 1)} = M^{(\tau)} (ordinal ultime de M). Montrer que M(τ)M^{(\tau)} admet un supplémentaire dans M, et est somme directe de sous-modules isomorphes à UπU_\pi (exerc. 3). On dit qu’un π\pi-module M est réduit si M(τ)=0M^{(\tau)} = 0. b) Soit M un π\pi-module réduit. Pour tout x∈Mx \in M, montrer qu’il existe un plus grand ordinal γ(x)≤τ\gamma(x) \leq \tau tel que x∈M(γ(x))x \in M^{(\gamma(x))} (en particulier, γ(0)=τ\gamma(0) = \tau). Généralisant la définition de l’exerc. 8, on dit que γ(x)\gamma(x) est la hauteur de x dans M. Montrer que si γ(x)<γ(y)\gamma(x) < \gamma(y), on a γ(x+y)=γ(x)\gamma(x + y) = \gamma(x) et que, si γ(x)=γ(y)\gamma(x) = \gamma(y), on a γ(x+y)≥γ(x)\gamma(x + y) \geq \gamma(x). On dit que x est propre par rapport à un sous-module N de M si pour tout y∈Ny \in N, la hauteur γ(x+y)\gamma(x + y) est au plus égale à γ(x)\gamma(x); montrer qu’alors γ(x+y)=inf⁡(γ(x),γ(y))\gamma(x + y) = \inf(\gamma(x), \gamma(y)) pour tout y∈Ny \in N.

c) Soit α\alpha un ordinal <τ< \tau, et soit M(α)M^{(\alpha)} le sous-module de M(α)M^{(\alpha)} formé des xx tels qu’il existe v∈M(α+1)v \in M^{(\alpha+1)} satisfaisant à la relation πx=πv\pi x = \pi v. Pour les y∈M(α+1)y \in M^{(\alpha+1)} ayant cette propriété, les éléments de la forme u=x−yu = x - y forment une classe mod. M(π)∩M(α+1)M(\pi) \cap M^{(\alpha+1)} dans le sous-module M(π)∩M(α)M(\pi) \cap M^{(\alpha)}; si φ\varphi est l’homomorphisme canonique de M(π)∩M(α)M(\pi) \cap M^{(\alpha)} sur le quotient de ce module par M(π)∩M(α+1)M(\pi) \cap M^{(\alpha+1)}, montrer que l’application ψ\psi qui à xx fait correspondre φ(u)\varphi(u) est un homomorphisme dont le noyau est M(α+1)M^{(\alpha+1)}, et par suite que M~(α)/M(α+1)\tilde{M}^{(\alpha)}/M^{(\alpha+1)} est isomorphe à (M(π)∩M(α))/(M(π)∩M(α+1))(M(\pi) \cap M^{(\alpha)})/(M(\pi) \cap M^{(\alpha+1)}).

d) Soit NN un sous-module de MM, et soit x∈M~(α)x \in \tilde{M}^{(\alpha)} un élément de hauteur α\alpha; montrer que, pour que xx soit propre par rapport à NN, il faut et il suffit que les éléments u=x−yu = x - y de M(π)∩M(α)M(\pi) \cap M^{(\alpha)} qui lui correspondent (cf.ccf. c) soient propres par rapport à NN. Pour qu’il existe un tel élément xx, il faut et il suffit que l’image de N∩M~(α)N \cap \tilde{M}^{(\alpha)} par l’homomorphisme ψ\psi soit distincte de (M(π)∩M(α))/(M(π)∩M(α+1))(M(\pi) \cap M^{(\alpha)})/(M(\pi) \cap M^{(\alpha+1)}).

Solution

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