Bourbaki

Exercice 19, § 2

Algèbre, X, p. 177

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

On appelle schéma simplicial un couple (K,F)(K,\mathscr F), où KK est un ensemble et F\mathscr F un ensemble de parties finies de KK, appelées faces de KK, tel que tout sous-ensemble d’une face soit une face et que tout point de KK appartienne à au moins une face. Une application simpliciale d’un schéma simplicial (K,F)(K,\mathscr F) dans un schéma simplicial (L,G)(L,\mathscr G) est une application de KK dans LL qui transforme toute face de KK en une face de LL.

a) Soit nn un entier ≥0\geq0. On appelle nn-simplexe du schéma simplicial KK toute suite (α0,…,αn)(\alpha_0,\ldots,\alpha_n) d’éléments de KK telle que les αi\alpha_i appartiennent à une même face de KK. On note Sn(K,A)S_n(K,A) le AA-module libre engendré par les nn-simplexes pour n≥0n\geq0, et on pose Sn(K,A)=0S_n(K,A)=0 pour n<0n<0. On définit un AA-homomorphisme

dn:Sn(K,A)→Sn−1(K,A) d_n:S_n(K,A)\rightarrow S_{n-1}(K,A)

en posant dn=0d_n=0 pour n≤0n\leq0 et

dn(α0,…,αn)=∑i=0n(−1)i(α0,…,αi^,…,αn) d_n(\alpha_0,\ldots,\alpha_n)=\sum_{i=0}^{n}(-1)^i(\alpha_0,\ldots,\widehat{\alpha_i},\ldots,\alpha_n)

pour tout nn-simplexe (α0,…,αn)(\alpha_0,\ldots,\alpha_n) (le signe  ^\widehat{\ } sur une lettre signifie qu’elle doit être omise). Montrer que dn−1∘dn=0d_{n-1}\circ d_n=0 pour tout nn, de sorte que (S(K,A),d)(S(K,A),d) est un complexe de AA-modules. On définit de même un AA-complexe C(K,A)C(K,A) en posant Cn(K,A)=Hom⁡A(Sn(K,Z),A)C^n(K,A)=\operatorname{Hom}_A(S_n(K,\mathbf Z),A), δn=Hom⁡(dn+1,1A)\delta^n=\operatorname{Hom}(d_{n+1},1_A) pour tout nn. Pour n≥0n\geq0, on note parfois Hn(K,A)H_n(K,A) (resp. Hn(K,A)H^n(K,A)) le AA-module Hn(S(K,A))H_n(S(K,A)) (resp. Hn(C(K,A))H^n(C(K,A))).

b) Soit K,LK,L deux schémas simpliciaux, f:K→Lf:K\rightarrow L une application simpliciale. Montrer que ff induit des morphismes de complexes S(f):S(K,A)→S(L,A)S(f):S(K,A)\rightarrow S(L,A) et C(f):C(L,A)→C(K,A)C(f):C(L,A)\rightarrow C(K,A), d’où des AA-homomorphismes f∗:H(K,A)→H(L,A)f_*:H(K,A)\rightarrow H(L,A) et f∗:H(L,A)→H(K,A)f^*:H(L,A)\rightarrow H(K,A).

c) Soit g:K→Lg:K\rightarrow L une seconde application simpliciale. On dit que ff et gg sont simplicialement homotopes si pour toute face σ\sigma de KK, l’ensemble f(σ)∪g(σ)f(\sigma)\cup g(\sigma) est une face de LL. Montrer que les morphismes S(f)S(f) et S(g)S(g) (resp. C(f)C(f) et C(g)C(g)) sont alors homotopes (définir une homotopie hh en posant

h(α0,…,αn)=∑i=0n(−1)i(f(α0),…,f(αi),g(αi),…,g(αn)) h(\alpha_0,\ldots,\alpha_n)=\sum_{i=0}^{n}(-1)^i (f(\alpha_0),\ldots,f(\alpha_i),g(\alpha_i),\ldots,g(\alpha_n))

pour tout nn-simplexe (α0,…,αn)(\alpha_0,\ldots,\alpha_n)).

d) On dit que le schéma simplicial KK est conique s’il existe un point ss de KK tel que pour toute face σ\sigma de KK, σ∪{s}\sigma\cup\{s\} soit une face. Montrer qu’il existe alors des homotopismes de S(K,A)S(K,A) et de C(K,A)C(K,A) sur AA.

e) On note D(K,A)D(K,A) le sous-complexe de S(K,A)S(K,A) engendré par les simplexes (α0,…,αn)(\alpha_0,\ldots,\alpha_n) pour lesquels deux des αi\alpha_i sont égaux, et par les éléments de la forme

(α0,…,αn)−ε(σ)(ασ(0),…,ασ(n)) (\alpha_0,\ldots,\alpha_n)-\varepsilon(\sigma)(\alpha_{\sigma(0)},\ldots,\alpha_{\sigma(n)})

pour tout nn-simplexe (α0,…,αn)(\alpha_0,\ldots,\alpha_n) et toute permutation σ\sigma de {0,…,n}\{0,\ldots,n\}. Montrer que D(K,A)D(K,A) est un sous-complexe de S(K,A)S(K,A), et que l’application de passage au quotient

p:S(K,A)→S(K,A)/D(K,A) p:S(K,A)\rightarrow S(K,A)/D(K,A)

est un homotopisme (un homotopisme réciproque s’obtient en choisissant un ordre total sur KK et en associant à la classe modulo D(K,A)D(K,A) d’un simplexe (α0,…,αn)(\alpha_0,\ldots,\alpha_n) le simplexe

ε(σ)(ασ(0),…,ασ(n)) \varepsilon(\sigma)(\alpha_{\sigma(0)},\ldots,\alpha_{\sigma(n)})

où σ\sigma est la permutation telle que ασ(0)<⋯<ασ(n)\alpha_{\sigma(0)}<\cdots<\alpha_{\sigma(n)} si tous les αi\alpha_i sont différents, et 00 dans le cas contraire).

Solution

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Transcrit du volume imprimé. Non traduit.