Soient G un groupe, M un groupe à opérateurs dans G (I, p. 29, déf. 2). On notera gm le composé de g∈G et m∈M. On dira que M est un G-groupe si on a h(gm)=hgm pour m∈M,g,h∈G, autrement dit si l’application φ de G dans Aut (M) telle que φ(g).m=gm pour g∈G,m∈M est un homomorphisme. Si M est un G-groupe, on note H0(G,M) le sous-groupe de M formé des éléments m∈M tels que gm=m pour tout g∈G, et Z1(G,M) l’ensemble des applications h de G dans M telles que
h(gg′)=h(g)gh(g′)pourg,g′∈G.
a) On dit que deux éléments h1,h2 de Z1(G,M) sont cohomologues s’il existe un élément m de M tel que h2(g)=m−1h1(g)gm pour tout g∈G. Montrer que la relation ainsi définie est une relation d’équivalence sur Z1(G,M); l’ensemble quotient est noté H1(G,M). La classe dans H1(G,M) de l’application i∈Z1(G,M) telle que i(g)=1M pour tout g∈G est notée eG,M ou simplement eM. b) Soit f:M→N un homomorphisme de G-groupes (I, p. 30, déf. 3); montrer que f induit un homomorphisme de groupes f0:H0(G,M)→H0(G,N), et une application f1:H1(G,M)→H1(G,N) telle que f1(eM)=eN. c) Soit MiNpQ une suite de G-groupes et d’homomorphismes, avec i injectif, p surjectif et
Im(i)=Ker(p).
Montrer que le groupe N′=p−1(H0(G,Q)) agit sur Z1(G,M) de façon que (n.h)(g)=n−1h(g)gn pour n∈N′,h∈Z1(G,M),g∈G; montrer que cette action définit par passage au quotient une action de H0(G,Q) sur H1(G,M). L’application i1:H1(G,M)→H1(G,N) passe au quotient et définit une bijection de H1(G,M)/H0(G,Q) sur Im(i1). d) L’action de H0(G,Q) sur H1(G,M) permet de définir une application ∂:H0(G,Q)→H1(G,M) par ∂(q)=q.eM pour q∈H0(G,Q). Montrer que l’on a
e) On suppose désormais que i(M) est contenu dans le centre de N. Montrer que ∂ est un homomorphisme de groupes ; construire une action du groupe H1(G,M) sur l’ensemble H1(G,N) de telle sorte que l’application p1 passe au quotient et définisse une bijection de H1(G,N)/H1(G,M) sur Im(p1). f) Soit E l’ensemble des applications k de G dans N telles que p∘k∈Z1(G,Q). Pour k∈E, montrer qu’il existe un élément fk de Z2(G,M) tel que i(fk(x,y))=k(x)xk(y)(k(xy))−1 pour x,y∈G. Montrer que l’application k↦fk définit par passage au quotient une application ∂1:H1(G,Q)→H2(G,M). Démontrer que l’on a Im(p1)=(∂1)−1(0).