Algèbre, X, p. 195
On note Ae la k-algèbre A⊗kA0; tout (A,A)-bimodule est muni naturellement d’une structure de Ae-module à gauche et aussi d’une structure de Ae-module à droite. Soient M un (A,A)-bimodule, n un entier ⩾0; on pose :
Hn(A,M)=TornAe(M,A)Hn(A,M)=ExtAen(A,M). a) Le k-module
H0(A,M) est isomorphe au quotient de M par le sous-k-module engendré par les éléments
(am−ma) pour
a∈A,m∈M; le k-module
H0(A,M) est isomorphe au sous-k-module de M formé des éléments m tels que
am=ma pour tout
a∈A. Le k-module
H1(A,M) s’identifie au quotient du k-module des dérivations
Dk(A,M) par le sous-k-module des dérivations intérieures, c’est-à-dire des dérivations
dm, pour
m∈M, définies par
dm(a)=am−ma pour tout
a∈A (
cf. III, p. 132). b) On suppose que A est un k-module
projectif. Montrer que la résolution standard B(A) (X, p. 58) définit une résolution projective du
Ae-module à gauche A. En déduire que les k-modules
Hn(A,M) sont isomorphes aux modules d’homologie du complexe
C(A,M), où, pour
p⩾0,
Cp(A,M) est le k-module des applications k-multilinéaires de
Ap dans M,
Cp(A,M)=0 pour
p<0, la différentielle étant donnée par la formule :
(df)(x0,...,xp)=x0.f(x1,...,xp)+i=0∑p−1(−1)i+1f(x0,...,xi.xi+1,...,xp) +(−1)p+1f(x0,...,xp−1).xp pour
f∈Cp(A,M),
x0,...,xp∈A. Donner une expression analogue pour les k-modules
Hn(A,M). c) Sous l’hypothèse de b), soit
ρ:k→k′ un homomorphisme d’anneaux commutatifs,
A′ la
k′-algèbre
k′⊗kA,
M′ un
(A′,A′)-bimodule. Montrer que les k-modules
Hn(A,M′) et
Hn(A′,M′) (resp.
Hn(A,M′) et
Hn(A′,M′)) sont isomorphes. d) On suppose désormais que k est un corps. Soient B une seconde k-algèbre (associative et unifière), M un
(A,A)-bimodule, N un
(B,B)-bimodule. Pour tout
n⩾0, définir un isomorphisme de k-modules
Hn(A⊗kB,M⊗kN)→p+q=n⨁(Hp(A,M)⊗kHq(B,N)). Si l’on suppose de plus que A et B sont de dimension finie sur k, montrer qu’il existe de même un k-isomorphisme
Hn(A⊗kB,M⊗kN)→p+q=n⨁(Hp(A,M)⊗kHq(B,N))pour tout n⩾0 (utiliser X, p. 76, th. 3).
e) Soient M, N deux A-modules à gauche, P un A-module à droite, de sorte que les k-modules Hom_k(M, N) et M ⊗k P ont des structures naturelles de (A, A)-bimodules. Définir pour tout n≥0 des isomorphismes de k-modules :
Hn(A,Homk(M,N))→ExtAn(M,N)etHn(A,M⊗kP)→TornA(P,M).