Bourbaki

Exercice 26, § 6

Algèbre, X, p. 195

On note AeA^e la k-algèbre A⊗kA0A \otimes_k A^0; tout (A,A)(A, A)-bimodule est muni naturellement d’une structure de AeA^e-module à gauche et aussi d’une structure de AeA^e-module à droite. Soient M un (A,A)(A, A)-bimodule, nn un entier ⩾0\geqslant 0; on pose :

Hn(A,M)=TornAe(M,A)Hn(A,M)=ExtAen(A,M). H_n(A, M) = \mathrm{Tor}_n^{A^e}(M, A) \qquad H^n(A, M) = \mathrm{Ext}_{A^e}^n(A, M).
a) Le k-module H0(A,M)H_0(A, M) est isomorphe au quotient de M par le sous-k-module engendré par les éléments (am−ma)(am - ma) pour a∈A,m∈Ma \in A, m \in M; le k-module H0(A,M)H^0(A, M) est isomorphe au sous-k-module de M formé des éléments m tels que am=maam = ma pour tout a∈Aa \in A. Le k-module H1(A,M)H^1(A, M) s’identifie au quotient du k-module des dérivations Dk(A,M)D_k(A, M) par le sous-k-module des dérivations intérieures, c’est-à-dire des dérivations dmd_m, pour m∈Mm \in M, définies par dm(a)=am−mad_m(a) = am - ma pour tout a∈Aa \in A (cf. III, p. 132). b) On suppose que A est un k-module projectif. Montrer que la résolution standard B(A) (X, p. 58) définit une résolution projective du AeA^e-module à gauche A. En déduire que les k-modules Hn(A,M)H^n(A, M) sont isomorphes aux modules d’homologie du complexe C(A,M)C(A, M), où, pour p⩾0p \geqslant 0, Cp(A,M)C^p(A, M) est le k-module des applications k-multilinéaires de ApA^p dans M, Cp(A,M)=0C^p(A, M) = 0 pour p<0p < 0, la différentielle étant donnée par la formule :
(df)(x0,...,xp)=x0.f(x1,...,xp)+∑i=0p−1(−1)i+1f(x0,...,xi.xi+1,...,xp) (df)(x_0, ..., x_p) = x_0 . f(x_1, ..., x_p) + \sum_{i=0}^{p-1} (-1)^{i+1} f(x_0, ..., x_i . x_{i+1}, ..., x_p)
+(−1)p+1f(x0,...,xp−1).xp + (-1)^{p+1} f(x_0, ..., x_{p-1}) . x_p
pour f∈Cp(A,M)f \in C^p(A, M), x0,...,xp∈Ax_0, ..., x_p \in A. Donner une expression analogue pour les k-modules Hn(A,M)H_n(A, M). c) Sous l’hypothèse de b), soit ρ:k→k′\rho : k \to k' un homomorphisme d’anneaux commutatifs, A′A' la k′k'-algèbre k′⊗kAk' \otimes_k A, M′M' un (A′,A′)(A', A')-bimodule. Montrer que les k-modules Hn(A,M′)H_n(A, M') et Hn(A′,M′)H_n(A', M') (resp. Hn(A,M′)H^n(A, M') et Hn(A′,M′)H^n(A', M')) sont isomorphes. d) On suppose désormais que k est un corps. Soient B une seconde k-algèbre (associative et unifière), M un (A,A)(A, A)-bimodule, N un (B,B)(B, B)-bimodule. Pour tout n⩾0n \geqslant 0, définir un isomorphisme de k-modules
Hn(A⊗kB,M⊗kN)→⨁p+q=n(Hp(A,M)⊗kHq(B,N)). H_n(A \otimes_k B, M \otimes_k N) \to \bigoplus_{p+q=n} (H_p(A, M) \otimes_k H_q(B, N)).
Si l’on suppose de plus que A et B sont de dimension finie sur k, montrer qu’il existe de même un k-isomorphisme
Hn(A⊗kB,M⊗kN)→⨁p+q=n(Hp(A,M)⊗kHq(B,N))pour tout n⩾0 H^n(A \otimes_k B, M \otimes_k N) \to \bigoplus_{p+q=n} (H^p(A, M) \otimes_k H^q(B, N)) \quad \text{pour tout } n \geqslant 0
(utiliser X, p. 76, th. 3).

e) Soient M, N deux A-modules à gauche, P un A-module à droite, de sorte que les k-modules Hom_k(M, N) et M ⊗k\otimes_k P ont des structures naturelles de (A, A)-bimodules. Définir pour tout n≥0n \geq 0 des isomorphismes de k-modules :

Hn(A,Homk(M,N))→ExtAn(M,N)etHn(A,M⊗kP)→TornA(P,M). H^n(A, \mathrm{Hom}_k(M, N)) \to \mathrm{Ext}_A^n(M, N) \quad \text{et} \quad H_n(A, M \otimes_k P) \to \mathrm{Tor}_n^A(P, M).
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