Bourbaki

§ 3. Applications universelles

1. Ensembles et applications universels

Soit T\mathscr{T} une théorie plus forte que la théorie des ensembles, et soit EE un terme de T\mathscr{T}. Soit Σ\Sigma une espèce de structure dans T\mathscr{T} (que nous supposons toujours, pour simplifier, définie sur un seul ensemble de base (principal)); pour abréger, nous dirons « Σ\Sigma-ensemble » pour « ensemble muni d'une structure d'espèce Σ\Sigma ». Nous supposons en outre qu'on ait défini, pour l'espèce Σ\Sigma, une notion de σ\sigma-morphisme (IV, p. 11) (comme au § 2, nous dirons « morphisme » au lieu de « σ\sigma-morphisme »). Enfin, l'espèce Σ\Sigma étant définie sur l'ensemble de base xx, et ayant ss comme structure générique (IV, p. 4), supposons défini, dans TΣ\mathscr{T}_\Sigma, un terme α{x,s}\alpha \{ x, s \} vérifiant les conditions suivantes:

(QM_I) La relation α{x,s}⊂F(E;x)\alpha \{ x, s \} \subset \mathscr{F}(E; x) est vraie dans TΣ\mathscr{T}_\Sigma.

(QM_{II}) Si, dans une théorie T′\mathscr{T}' plus forte que T\mathscr{T}, F,F′F, F' sont deux ensembles munis de structures S,S′\mathscr{S}, \mathscr{S}' d'espèce Σ\Sigma, et si ff est un morphisme de FF dans F′F', alors la relation φ∈α{F,S}\varphi \in \alpha \{ F, \mathscr{S} \} entraîne f∘φ∈α{F′,S′}f \circ \varphi \in \alpha \{ F', \mathscr{S}' \}.

Nous exprimerons la relation φ∈α{x,s}\varphi \in \alpha \{ x, s \} en disant que φ\varphi est une α\alpha-application de EE dans xx (muni de ss).

Ceci posé, on dit qu'un Σ\Sigma-ensemble FEF_E et une α\alpha-application φE\varphi_E de EE dans FEF_E sont universels si la condition suivante est remplie:

(AU) Pour toute α\alpha-application φ\varphi de EE dans un Σ\Sigma-ensemble FF, il existe un morphisme et un seul ff de FEF_E dans FF tel que φ=f∘φE\varphi = f \circ \varphi_E.

On dit encore dans ce cas que le couple (FE,φE)(F_E, \varphi_E) est solution du problème d’application universelle pour EE (relativement à la donnée de Σ\Sigma, σ\sigma et α\alpha).

Soient (FE′,φE′)(F'_E, \varphi'_E) et (FE′′,φE′′)(F''_E, \varphi''_E) deux solutions du problème d’application universelle pour EE. La condition (AU) montre qu’il existe alors un morphisme unique f1f_1 de FE′F'_E dans FE′′F''_E et un morphisme unique f2f_2 de FE′′F''_E dans FE′F'_E tels que φE′′=f1∘φE′\varphi''_E = f_1 \circ \varphi'_E et φE′=f2∘φE′′\varphi'_E = f_2 \circ \varphi''_E. On a donc

φE′=f2∘f1∘φE′etφE′′=f1∘f2∘φE′′. \varphi'_E = f_2 \circ f_1 \circ \varphi'_E \quad \text{et} \quad \varphi''_E = f_1 \circ f_2 \circ \varphi''_E.

Par application de (AU) au cas où F=FE′F = F'_E et φ=φE′\varphi = \varphi'_E, il en résulte que f2∘f1f_2 \circ f_1 est l’application identique de FE′F'_E; de même f1∘f2f_1 \circ f_2 est l’application identique de FE′′F''_E. Par suite (IV, p. 12, critère CST8), f1f_1 est un isomorphisme de FE′F'_E sur FE′′F''_E, et f2f_2 en est l’isomorphisme réciproque. On exprime encore ce résultat en disant qu’une solution du problème d’application universelle pour EE est unique à un isomorphisme unique près.

Pour vérifier qu’un couple (FE,φE)(F_E, \varphi_E) est solution du problème d’application universelle pour EE, il est souvent commode de vérifier les deux conditions suivantes:

(AU'_I) Pour tout Σ\Sigma-ensemble FF et toute α\alpha-application φ\varphi de EE dans FF, il existe un morphisme ff de FEF_E dans FF tel que φ=f∘φE\varphi = f \circ \varphi_E.

(AU'_II) Pour tout Σ\Sigma-ensemble FF, deux morphismes de FEF_E dans FF qui coïncident dans φE(E)\varphi_E(E) sont égaux.

En effet, si ces deux conditions sont réalisées, le morphisme ff dont l’existence est assurée par (AU'_I) est unique d’après (AU'_II). Réciproquement, il est clair que (AU) entraîne (AU'_I); de plus, si ff et f′f' sont deux morphismes de FEF_E dans FF qui coïncident dans φE(E)\varphi_E(E), on a f∘φE=f′∘φEf \circ \varphi_E = f' \circ \varphi_E, d’où f=f′f = f' en appliquant (AU) à la α\alpha-application f∘φEf \circ \varphi_E.

2. Existence d’applications universelles

Un problème d’application universelle n’a pas nécessairement de solution (IV, p. 31, exerc. 1). Nous allons toutefois montrer que les conditions suivantes entraînent l’existence d’une solution:

(CU_I) Sur tout produit d’une famille de Σ\Sigma-ensembles, il existe une structure produit d’espèce Σ\Sigma (IV, p. 16).

(CU_{II}) Soit (Fi)i∈I(F_i)_{i \in I} une famille de Σ\Sigma-ensembles, et pour tout i∈Ii \in I, soit φi\varphi_i une α\alpha-application de EE dans FiF_i. Alors l’application (φi)i∈I(\varphi_i)_{i \in I} de EE dans ∏i∈IFi\prod_{i \in I} F_i (muni de la structure produit) est une α\alpha-application.

Nous dirons qu’une partie GG d’un Σ\Sigma-ensemble FF est Σ\Sigma-permise si la structure de FF induit une structure d’espèce Σ\Sigma sur GG (IV, p. 16).

(CU_{III}) Il existe un cardinal α\alpha possédant les propriétés suivantes: pour tout Σ\Sigma-ensemble

F et toute α\alpha-application φ\varphi de E dans F, il existe une partie Σ\Sigma-permise G de F contenant φ(E)\varphi(E), de cardinal ≤α\leq \alpha, telle que l’application de E dans G qui a même graphe que φ\varphi soit une α\alpha-application, et que deux morphismes de G dans un Σ\Sigma-ensemble, qui coïncident dans φ(E)\varphi(E), soient égaux.

CST22. Si les conditions (CU_I) à (CU_{III}) sont vérifiées, le problème d’application universelle pour E admet une solution.

Montrons d’abord que s’il existe un couple (FE,φE)(F_E, \varphi_E) vérifiant (AU'_I), il existe aussi une solution du problème d’application universelle pour E. En effet, il existe, d’après (CU_{III}), une partie Σ\Sigma-permise FE′F'_E de FEF_E contenant φE(E)\varphi_E(E), telle que l’application φE′\varphi'_E de E dans FE′F'_E, qui a même graphe que φE\varphi_E, soit une α\alpha-application, et que deux morphismes de FE′F'_E dans un Σ\Sigma-ensemble, qui coïncident dans φE(E)\varphi_E(E), soient égaux. Soit jj l’injection canonique de FE′F'_E dans FEF_E, de sorte que φE=j∘φE′\varphi_E = j \circ \varphi'_E; pour tout morphisme ff de FEF_E dans un Σ\Sigma-ensemble F, f∘jf \circ j est un morphisme de FE′F'_E dans F, et l’on a f∘φE=(f∘j)∘φE′f \circ \varphi_E = (f \circ j) \circ \varphi'_E. Il est clair alors que (FE′,φE′)(F'_E, \varphi'_E) vérifient (AU'_I) et (AU'_II).

Reste donc à prouver l’existence d’un couple (FE,φE)(F_E, \varphi_E) vérifiant (AU'_I). Soit s∈S(x)s \in S(x) la caractérisation typique de l’espèce de structure Σ\Sigma, et considérons la partie L de l’ensemble produit

P(a)×S(a)×P(E×a) \mathfrak{P}(a) \times S(a) \times \mathfrak{P}(E \times a)
formée des triplets λ=(X,V,P)\lambda = (X, V, P) ayant la propriété suivante: « V est une structure d’espèce Σ\Sigma sur X⊂aX \subset a, et P est le graphe d’une α\alpha-application de E dans X (pour la structure V) » (on notera que l’on a S(X)⊂S(a)S(X) \subset S(a), comme on le voit aisément en raisonnant de proche en proche sur la longueur du schéma de construction d’échelon S). Pour tout λ=(X,V,P)∈L\lambda = (X, V, P) \in L, nous noterons XλX_\lambda l’ensemble X muni de la structure V, et φλ\varphi_\lambda l’application de E dans XλX_\lambda, de graphe P.

Soit alors FEF_E le Σ\Sigma-ensemble produit des XλX_\lambda (qui existe d’après (CU_I)), et soit φE\varphi_E l’application x↦(φλ(x))x \mapsto (\varphi_\lambda(x)) de E dans FEF_E, qui est une α\alpha-application en vertu de (CU_{II}). Montrons que (FE,φE)(F_E, \varphi_E) vérifie (AU'_I). En effet, étant donnée une α\alpha-application φ\varphi de E dans un Σ\Sigma-ensemble F, soit G une partie de F vérifiant les conditions énoncées dans (CU_{III}); soient jj l’injection canonique de G dans F, et ψ\psi l’application de E dans G qui a même graphe de φ\varphi, de sorte que φ=j∘ψ\varphi = j \circ \psi. Il résulte de (CU_{III}) que ψ\psi est une α\alpha-application de E dans G. Comme Card(G) ≤α\leq \alpha, il y a une partie G′G' de aa équipotente à G. Soit g une bijection de G sur G′G'; si on transporte par g la structure d’espèce Σ\Sigma de G, il existe par définition un λ∈L\lambda \in L tel que G′G' (muni de cette structure transportée) soit égal à XλX_\lambda et que g∘ψ=φλg \circ \psi = \varphi_\lambda. Alors f=j∘g−1∘prλf = j \circ g^{-1} \circ \mathrm{pr}_\lambda est un morphisme de FEF_E dans F tel que φ=f∘φE\varphi = f \circ \varphi_E, ce qui achève la démonstration.

CST23. Soit (FE,φE)(F_E, \varphi_E) une solution du problème d’application universelle pour E. Pour que φE\varphi_E soit une injection de E dans FEF_E, il faut et il suffit que, pour tout couple d’éléments distincts x,yx, y de EE, il existe une α\alpha-application φ\varphi de EE dans un Σ\Sigma-ensemble FF, telle que φ(x)≠φ(y)\varphi(x) \neq \varphi(y).

Comme φE\varphi_E est une α\alpha-application, le critère résulte aussitôt des définitions.

On dit encore dans ce cas que les α\alpha-applications séparent les éléments de EE. On ne fait alors d’ordinaire aucune distinction, dans le langage, entre les éléments de EE et leurs images par φE\varphi_E; avec cette convention, si (FE,φE)(F_E, \varphi_E) est une solution du problème d’application universelle, toute α\alpha-application de EE dans un Σ\Sigma-ensemble FF se prolonge en un morphisme de FEF_E dans FF et un seul.

3. Exemples d’applications universelles

*Les exemples qui suivent seront, pour la plupart, traités en détail dans la suite de cet ouvrage.

I. Structures algébriques libres. — Soient EE un ensemble, Σ\Sigma une espèce de structure algébrique définie par une ou plusieurs lois de composition; nous prendrons comme morphismes les homomorphismes (pour toutes les lois envisagées), et les α\alpha-applications seront les applications quelconques de EE dans un Σ\Sigma-ensemble (autrement dit, α:x,s↦F(E;x)\alpha : x, s \mapsto \mathscr{F}(E; x)). Toutes les espèces de structure algébrique usuelles vérifient (CU_{III}); à l’exception de la structure de corps, elles vérifient aussi (CU_I), et (CU_{II}) est ici une conséquence triviale de (CU_I).

Comme en général il existe des structures d’espèce Σ\Sigma définies sur des ensembles ayant au moins deux éléments, les α\alpha-applications séparent les éléments de EE, et on considère donc EE comme plongé dans FEF_E. On dit que FEF_E est le Σ\Sigma-ensemble libre engendré par EE; c’est ainsi qu’on parle en Algèbre de monoïde libre (A, I, § 7, n° 2), de groupe libre (A, I, § 7, n° 5), de module libre (A, II, § 1, n° 11), d’algèbre libre (A, III, § 2, n° 7).

II. Anneaux et corps de fractions. — Soient EE un anneau commutatif, et SS une partie multiplicative de EE, ne contenant pas 0. Nous prendrons pour Σ\Sigma l’espèce de structure d’anneau commutatif, et pour morphismes les homomorphismes (pour la structure d’anneau). Les α\alpha-applications seront les homomorphismes φ\varphi de EE dans un anneau commutatif AA tels que φ(S)\varphi(S) ne contienne que des éléments inversibles dans AA. On vérifie immédiatement les conditions (QM_{II}), (CU_I) à (CU_{III}) (avec α=Card(E)Card(N)\alpha = \mathrm{Card}(E)\mathrm{Card}(\mathbf{N})); le problème d’application universelle a donc toujours une solution (FE,φE)(F_E, \varphi_E), mais en général φE\varphi_E n’est pas injective. Le cas le plus fréquent est celui où EE est un anneau intègre; en ce cas, φE\varphi_E est injective. Si en outre on prend alors S=E−{0}S = E - \{0\}, FEF_E est un corps commutatif, appelé corps des fractions de EE (A, I, § 9, n° 2); voir (AC, II, § 2).

III. Produit tensoriel de deux modules. — Soit EE le produit A×BA \times B de deux modules sur un anneau commutatif CC. Prenons pour Σ\Sigma l’espèce de structure de C-module, pour morphismes les applications linéaires, pour α\alpha-applications les applications bilinéaires de A×BA \times B dans un C-module. La condition (QM_{II}) est évidemment vérifiée, ainsi que les conditions (CUI)(\mathrm{CU}_I) à (CUIII)(\mathrm{CU}_{III}) (avec α=Card(E)Card(C)Card(N)\alpha = \mathrm{Card}(E)\mathrm{Card}(C)\mathrm{Card}(N)). Le C-module universel FEF_E correspondant au couple (A,B)(A, B) est appelé le produit tensoriel de AA par BB et noté A⊗BA \otimes B; l’application universelle φE\varphi_E est notée (x,y)↦x⊗y(x, y) \mapsto x \otimes y; elle est bilinéaire, mais n’est pas injective en général (cf. A, II, § 3, no 5).

IV. Extension de l’anneau d’opérateurs d’un module. — Soient AA un anneau commutatif, BB un sous-anneau de AA, EE un BB-module. L’espèce Σ\Sigma est l’espèce de structure de AA-module, les morphismes sont les applications AA-*linéaires*, et les α\alpha-applications sont les applications BB-*linéaires* de EE dans un AA-module. On dit que le AA-module universel FEF_E correspondant au BB-module EE est obtenu par extension à AA de l’anneau d’opérateurs BB de EE (A, II, § 5, no 1).

V. Complétion d’un espace uniforme. — Soit EE un espace uniforme; prenons pour Σ\Sigma l’espèce de structure d’espace uniforme séparé et complet, pour morphismes les applications uniformément continues, pour α\alpha-applications les applications uniformément continues de EE dans un espace uniforme séparé et complet. Les parties Σ\Sigma-permises d’un espace uniforme séparé et complet sont ici les parties fermées pour la topologie de l’espace, et les conditions (QMII)(\mathrm{QM}_{II}) et (CUI)(\mathrm{CU}_I) à (CUIII)(\mathrm{CU}_{III}) sont vérifiées en prenant α=22Card(E)\alpha = 2^{2^{\mathrm{Card}(E)}}. L’espace uniforme séparé et complet FEF_E n’est autre (à un isomorphisme près) que le séparé complété de l’espace uniforme EE (TG, II, § 3, no 7).

VI. Compactification de Stone-Čech. — Soit EE un espace complètement régulier; Σ\Sigma est l’espèce de structure d’espace compact, les morphismes étant les applications continues (d’un espace compact dans un espace compact), les α\alpha-applications les applications continues de EE dans un espace compact. Les parties Σ\Sigma-permises sont encore ici les ensembles fermés, et on vérifie aisément les conditions (QMII)(\mathrm{QM}_{II}), (CUI)(\mathrm{CU}_I) à (CUIII)(\mathrm{CU}_{III}) (avec le même cardinal que dans l’*Exemple V*). L’espace compact FEF_E est (à un isomorphisme près) le « compactifié de Stone-Čech » obtenu en complétant EE pour la structure uniforme la moins fine rendant uniformément continues les applications continues de EE dans {0,1}\{0, 1\} (TG, IX, § 1, no 6); l’application φE\varphi_E est injective, car deux points distincts de EE peuvent être séparés par une application continue de EE dans {0,1}\{0, 1\}.

VII. Groupes topologiques libres. — Soient EE un espace complètement régulier, Σ\Sigma l’espèce de structure de groupe topologique séparé, les morphismes étant les homomorphismes continus; enfin, prenons comme α\alpha-applications les applications continues de EE dans un groupe topologique séparé. On vérifie aisément les conditions (QMII)(\mathrm{QM}_{II}), (CUI)(\mathrm{CU}_I) à (CUIII)(\mathrm{CU}_{III}) avec α=Card(E)Card(N)\alpha = \mathrm{Card}(E)\mathrm{Card}(N). Le groupe topologique séparé FEF_E solution du problème d’application universelle pour EE est appelé le groupe topologique libre engendré par l’espace EE; comme deux points distincts de EE peuvent être séparés par une application continue de EE dans le groupe topologique séparé R\mathbf{R}, l’application φE\varphi_E est injective; on peut montrer que φE\varphi_E est un homéomorphisme de EE sur le sous-espace φE(E)\varphi_E(E) de FEF_E.\footnote{Voir P. Samuel, On universal mappings and free topological groups, Bull. Amer. Math. Soc., t. LIV (1948), p. 591–598.} Au lieu de prendre pour Σ\Sigma l’espèce de structure de groupe topologique séparé, on pourrait aussi prendre des espèces de structures telles que celles de groupe commutatif topologique séparé, de groupe compact, d’anneau topologique séparé, d’espace vectoriel topologique séparé (sur un corps topologique considéré comme ensemble de base auxiliaire), etc.

VIII. Fonctions presque périodiques sur un groupe topologique. — Soit E un groupe topologique; prenons pour Σ\Sigma l’espèce de structure de groupe compact, les morphismes étant les homomorphismes continus, les α\alpha-applications étant les homomorphismes continus de E dans un groupe compact. Les conditions (QMΠ_{\Pi}), (CUI_{I}) à (CUIII_{III}) sont vérifiées avec α=22Card(E)\alpha = 2^{2^{\text{Card}(E)}}. On dit que le groupe compact FEF_E, solution du problème d’application universelle pour E, est le groupe compact associé à E; l’application φE\varphi_E n’est pas nécessairement injective. Toute fonction numérique continue dans E de la forme g∘φEg \circ \varphi_E, où g est une fonction numérique continue dans FEF_E, est appelée fonction presque périodique dans E.

IX. Variété d’Albanese. — Soient E une variété algébrique, Σ\Sigma l’espèce de structure de variété abélienne sur le même corps de base que E (variété algébrique complète, munie d’une loi de groupe algébrique, nécessairement commutative); les morphismes sont les applications rationnelles d’une variété abélienne dans une autre (qui sont nécessairement composées d’un homomorphisme et d’une translation); les α\alpha-applications sont les applications rationnelles de E dans une variété abélienne. La condition (CUI_{I}) n’est pas vérifiée, mais le problème d’application universelle admet une solution FEF_E, dite variété d’Albanese de E; en général, l’application rationnelle φE\varphi_E correspondante n’est pas injective.*

Exercises

Exercices

See the exercises for § 3.

Transcribed from the printed edition, 2006, Springer. Not translated.