Bourbaki

Exercice 12, § 2

Espaces vectoriels topologiques, I, p. 26

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

Soient K un corps valué localement compact dont la valeur absolue est ultramétrique et non discrète. On appelle ultranorme sur un espace vectoriel à gauche E sur K une norme vérifiant l’inégalité ultramétrique (II, p. 2). a) Soient E un espace vectoriel à gauche de dimension finie sur K, α\alpha une ultranorme sur E, H un hyperplan dans E, d’équation ⟨x,a∗⟩=0\langle x, a^* \rangle = 0. Montrer qu’il existe un point x0∈Ex_0 \in E où la fonction x↦∣⟨x,a∗⟩∣/α(x)x \mapsto |\langle x, a^* \rangle| / \alpha(x) atteint sa borne supérieure dans E−{0}E - \{0\}; montrer qu’on a alors

α(x)=sup⁡(α(x−⟨x,a∗⟩⟨x0,a∗⟩x0),∣⟨x,a∗⟩∣∣⟨x0,a∗⟩∣α(x0)). \alpha(x) = \sup \left( \alpha \left( x - \frac{\langle x, a^* \rangle}{\langle x_0, a^* \rangle} x_0 \right), \frac{|\langle x, a^* \rangle|}{|\langle x_0, a^* \rangle|} \alpha(x_0) \right).
En déduire qu’il existe une base (ai)(a_i) de E et une famille (ri)(r_i) de nombres réels >0> 0 tels que l’on ait, pour tout x=∑iξiaix = \sum_i \xi_i a_i, α(x)=sup⁡(ri∣ξi∣)\alpha(x) = \sup (r_i |\xi_i|). On dit que α\alpha a une forme standard par rapport à la base (ai)(a_i). b) Soit α∗\alpha^* la norme sur le dual E∗E^* de E canoniquement associée à α\alpha par
α∗(x∗)=sup⁡x≠0∣⟨x,x∗⟩∣/α(x), \alpha^*(x^*) = \sup_{x \neq 0} |\langle x, x^* \rangle| / \alpha(x),
qui est une ultranorme. Montrer que pour tout x0≠0x_0 \neq 0 dans E, il existe x0∗∈E∗x_0^* \in E^* tel que α(x0)=∣⟨x0,x0∗⟩∣/α∗(x0∗)\alpha(x_0) = |\langle x_0, x_0^* \rangle| / \alpha^*(x_0^*). c) Soient α,β\alpha, \beta deux ultranormes quelconques sur E. Montrer qu’il existe une base de E telle que par rapport à cette base, α\alpha et β\beta aient toutes deux la forme standard (considérer un point x0∈E−{0}x_0 \in E - \{0\} tel qu’en ce point α/β\alpha/\beta atteigne son maximum ; puis utiliser bb), et procéder par récurrence sur dim E).

d) Soit N0(E)\mathfrak{N}_0(E) l’ensemble des ultranormes sur EE, considéré comme sous-espace de N(E)\mathfrak{N}(E) (exerc. 10). Montrer que N0(E)\mathfrak{N}_0(E) est fermé dans N(E)\mathfrak{N}(E). Soit α0\alpha_0 un élément de N0(E)\mathfrak{N}_0(E); pour tout α∈N0(E)\alpha \in \mathfrak{N}_0(E) et pour 0≤t≤10 \leq t \leq 1, soit Pα(t)P_\alpha(t) l’ensemble des β∈N0(E)\beta \in \mathfrak{N}_0(E) telles que β(x)≤α0(x)1−tα(x)t\beta(x) \leq \alpha_0(x)^{1-t} \alpha(x)^t pour tout x∈Ex \in E. Montrer que Pα(t)P_\alpha(t) n’est pas vide et que πtα=sup⁡Pα(t)\pi_t^\alpha = \sup P_\alpha(t) est une ultranorme. En outre l’application (t,α)↦πtα(t, \alpha) \mapsto \pi_t^\alpha de [0,1]×N0(E)[0, 1] \times \mathfrak{N}_0(E) dans N0(E)\mathfrak{N}_0(E) est continue et telle que π0α=α0\pi_0^\alpha = \alpha_0 et π1α=α\pi_1^\alpha = \alpha (utiliser cc).

*e) Soient AA l’anneau de la valeur absolue de KK, mm son idéal maximal, de sorte que k=A/mk = A/m est un corps fini à qq éléments (AC, VI, § 5, no 1, prop. 2). Pour toute ultranorme α\alpha sur EE, l’image canonique XαX_\alpha de l’ensemble des valeurs de log⁡α(x)\log \alpha(x) pour x∈E−{0}x \in E - \{0\} dans le groupe quotient R/(Z.log⁡q)R/(Z.\log q) est un ensemble fini ayant au plus n=dim⁡En = \dim E éléments (utiliser aa) ; on appelle rang de α\alpha et on note r(α)r(\alpha) le nombre d’éléments de cet ensemble. Montrer que rr est une application semi-continue inférieurement de N0(E)\mathfrak{N}_0(E) dans N\mathbf{N}, et que l’ensemble N0′(E)\mathfrak{N}_0'(E) des α\alpha tels que r(α)=nr(\alpha) = n est ouvert et partout dense dans N0(E)\mathfrak{N}_0(E) (utiliser aa et cc).

f) On suppose que r(α)=nr(\alpha) = n ; soit (ai)(a_i) une base de EE par rapport à laquelle α\alpha a une forme standard ; montrer qu’il existe un voisinage VV de α\alpha dans N0′(E)\mathfrak{N}_0'(E) tel que tout β∈V\beta \in V ait la forme standard par rapport à (ai)(a_i) (utiliser bb) ; en déduire qu’il existe un voisinage W⊂VW \subset V de α\alpha homéomorphe à un ouvert de Rn\mathbf{R}^n.

g) Pour toute base (ai)(a_i) de EE, montrer que l’ensemble des ultranormes α\alpha qui ont une forme standard relativement à (ai)(a_i) est fermé dans N0(E)\mathfrak{N}_0(E). En déduire que si α∈N0′(E)\alpha \in \mathfrak{N}_0'(E) a une forme standard relativement à (ai)(a_i), il en est de même de tout élément de la composante connexe de α\alpha dans N0′(E)\mathfrak{N}_0'(E).*

Solution

Aucune solution n’a encore été écrite.

Transcrit du volume imprimé. Non traduit.