Espaces vectoriels topologiques, II, p. 78
Soit T un monoïde commutatif (A, I, p. 12) muni d’une relation de préordre x≤y telle que la relation x≤y entraîne x+z≤y+z pour tout z∈T. Une application f de T dans R∪{−∞} est dite additive (resp. sous-additive, resp. sur-additive) si l’on a f(x+y)=f(x)+f(y) (resp. f(x+y)≤f(x)+f(y), resp. f(x+y)≥f(x)+f(y)) quels que soient x,y dans T. a) Si g est une fonction sous-additive et croissante dans T, la fonction h(x)=infn>0g(nx)/n est sous-additive et croissante ; on a h≤g et h(0)=0 si g(0)≥0. b) Sous les mêmes hypothèses, on suppose qu’il existe deux éléments x1,x2 de T et deux nombres réels ξ1,ξ2 tels que ξ1<g(x1),ξ2<g(x2) et g(x1+x2)<ξ1+ξ2. Soient y1,y2,z1,z2 quatre éléments de T, n1,n2 deux entiers ≥0, α1,α2 deux nombres réels tels que l’on ait
n1ξ1+g(z1)<α1,y1≤n1x1+z1n2ξ2+g(z2)<α2,y2≤n2x2+z2. Montrer que l’on a alors
g(n2y1+n1y2)<n2α1+n1α2. c) Soient
ω une fonction sur-additive sur T telle que
ω(0)=0,
Ω une fonction croissante et sous-additive sur T telle que
ω(x)≤Ω(x) dans T. Montrer qu’il existe une fonction croissante et additive
f sur T telle que
ω(x)≤f(x)≤Ω(x) dans T. (Remarquer que l’ensemble des fonctions croissantes et sous-additives
g sur T telles que
ω(x)≤g(x)≤Ω(x) dans T est non vide et inductif pour la relation
≥, et prendre pour
f un élément minimal de cet ensemble ; montrer à l’aide de a) que
f(0)=0. Pour prouver qu’il ne peut pas exister de couples
(x1,x2) d’éléments de T tels que
f(x1+x2)<f(x1)+f(x2), remarquer que si
ξj∈R, et
hj(x)=inf(nξj+f(y)) où
n parcourt l’ensemble des entiers
≥0 et
y l’ensemble des éléments de T tels que
x≤nxj+y, alors
hj est croissante et sous-additive dans T (
j=1,2),
hj(xj)≤ξj et
hj(x)≤f(x) pour tout
x∈T. Utiliser alors la définition de
f et la partie b) pour obtenir une contradiction.)