Bourbaki

Exercice 8, § 6

Espaces vectoriels topologiques, II, p. 88

It is set in small type as supplementary.

Soient T un espace compact, L un sous-espace vectoriel de C(T;R)\mathscr{C}(T ; \mathbf{R}) de dimension finie rr; on munit L de la norme induite par celle de C(T;R)\mathscr{C}(T ; \mathbf{R}), et son dual L∗L^* de la norme ∥x′∥=sup⁡∥x∥⩽1⟨x,x′⟩\|x'\| = \sup_{\|x\| \leqslant 1} \langle x, x' \rangle, de sorte que si B est la boule ∥x∥⩽1\|x\| \leqslant 1 dans L, B∘B^\circ est la boule ∥x′∥⩽1\|x'\| \leqslant 1 dans L∗L^*.

a) Pour tout t∈Tt \in T, on désigne par et′e'_t la forme linéaire x↦x(t)x \mapsto x(t) sur L. Montrer que B∘B^\circ est l’enveloppe convexe de l’ensemble des ±et′\pm e'_t, où tt parcourt, T (raisonner par l’absurde en utilisant la prop. 4 de II, p. 41).

En déduire que toute forme linéaire x′∈L∗x' \in L^* telle que ∥x′∥=1\|x'\| = 1 peut s’écrire x′=∑i=1rλieti′x' = \sum_{i=1}^r \lambda_i e'_{t_i}, où les tit_i sont rr points de T et les λi\lambda_i des nombres réels tels que ∑i=1r∣λi∣=1\sum_{i=1}^r |\lambda_i| = 1 (cf. II, p. 70, exerc. 9, a)).

b) Afin que, pour tout y∈C(T;R)y \in \mathscr{C}(T ; \mathbf{R}), il existe un seul x∈Lx \in L tel que ∥y−x∥=d(y,L)\|y - x\| = d(y, L), il faut et il suffit que pour tout z∈Lz \in L non nul, il existe au plus r−1r - 1 points distincts ti∈Tt_i \in T tels que z(ti)=0z(t_i) = 0 (th. de Haar). (Pour montrer que la condition est suffisante, observer d’abord qu’elle équivaut à dire que pour rr points distincts ti∈Tt_i \in T (1⩽i⩽r1 \leqslant i \leqslant r), les eti′e'_{t_i} sont linéairement indépendantes dans L∗L^*. Raisonner ensuite par l’absurde, en montrant que s’il existe deux points distincts x′,x′′x', x'' de L tels que ∥y−x′∥=∥y−x′′∥=d(y,L)\|y - x'\| = \|y - x''\| = d(y, L), alors il existe x0∈Lx_0 \in L et z∈Lz \in L tels que, pour tout λ\lambda réel assez petit, on ait ∥y−(x0+λz)∥=d(y,L)\|y - (x_0 + \lambda z)\| = d(y, L). Appliquer ensuite a) au sous-espace L⊕RyL \oplus \mathbf{R} y de C(T;R)\mathscr{C}(T ; \mathbf{R}) et à une forme linéaire convenable sur cet espace s’annulant dans L. Pour voir que la condition est nécessaire, remarquer que si elle n’est pas vérifiée, il existe rr points distincts ti∈Tt_i \in T (1⩽i⩽r1 \leqslant i \leqslant r) tels que les eti′e'_{t_i} soient linéairement dépendantes et qu’il existe une fonction z∈Lz \in L non nulle et s’annulant aux points tit_i. Si αi\alpha_i (1⩽i⩽r1 \leqslant i \leqslant r) sont des nombres non tous nuls tels que ∑i=1rαieti′=0\sum_{i=1}^r \alpha_i e'_{t_i} = 0, considérer une fonction w∈C(T;R)w \in \mathscr{C}(T ; \mathbf{R}) telle que ∥w∥=1\|w\| = 1, w(ti)=sgn⁡(αi)w(t_i) = \operatorname{sgn}(\alpha_i) pour 1⩽i⩽r1 \leqslant i \leqslant r, et la fonction y=w(1−∣βz∣)y = w(1 - |\beta z|) avec ∣β∣|\beta| assez petit et ≠0\neq 0.)

c) On suppose que T soit un intervalle compact dans R\mathbf{R} et que L vérifie la condition du th. de Haar; soit (ti)1⩽i⩽r+1(t_i)_{1 \leqslant i \leqslant r+1} une suite strictement croissante de r+1r + 1 points de T; il existe alors r+1r + 1 nombres réels λi\lambda_i non nuls tels que ∑i=1r+1λieti′=0\sum_{i=1}^{r+1} \lambda_i e'_{t_i} = 0. Montrer que l’on a alors sgn⁡(λi)sgn⁡(λi+1)=−1\operatorname{sgn}(\lambda_i) \operatorname{sgn}(\lambda_{i+1}) = -1 pour 1⩽i⩽r1 \leqslant i \leqslant r. (Considérer séparément le cas r=1r = 1 et le cas r > 1. Dans le second cas, raisonner par l’absurde en supposant que pour un indice i ≤ r − 1, λ_i soit du même signe que λ_{i−1} ou que λ_{i+1} et que λ_{i−1} et λ_{i+1} soient de signes contraires. Si par exemple λ_i > 0, prendre α_{i−1} > 0, α_{i+1} > 0 tels que α_{i−1}λ_{i−1} + α_{i+1}λ_{i+1} = 0, puis z ∈ L tel que z(t_{i−1}) = α_{i−1}, z(t_{i+1}) = α_{i+1} et z(t_j) = 0 pour j distinct de i − 1, i et i + 1. En déduire que z(t_i) < 0 et montrer que cela contredit l’hypothèse.) d) Les hypothèses et notations étant celles de c), supposons qu’il existe y ∈ C(T ; R) et z ∈ L tels que y(t_i) − z(t_i) = (−1)^iα_i avec α_i > 0 pour 1 ≤ i ≤ r + 1. Montrer que l’on a alors d(y, L) ≥ inf_i α_i. (Utiliser a), appliqué à L ⊕ Ry, et c).) e) Les hypothèses étant celles de c), soient y ∈ C(T ; R), z l’unique point de L tel que l’on ait \|y − z\| = d(y, L). Montrer qu’il existe une suite strictement croissante (t_i)_{1 ≤ i ≤ r+1} dans T telle que l’on ait

y(ti)−z(ti)=(−1)iε∥y−z∥ y(t_i) - z(t_i) = (-1)^i\varepsilon\|y - z\|
avec ε = ± 1. Réciproquement, si z a cette propriété, z est l’unique point de L tel que \|y − z\| = d(y, L). (Utiliser c) et d).) Cas où T est un intervalle de R et où L est l’ensemble des restrictions à T des polynômes de degré < r (th. de Tchebycheff).

Solution

Aucune solution n’a encore été écrite.

Transcrit du volume imprimé. Non traduit.