Espaces vectoriels topologiques, V, p. 61
Soit E un espace normé réel ou complexe, de dimension ⩾2, ayant la propriété suivante : il existe un nombre réel γ distinct de 0 et de ±1, tel que la relation ∥x+y∥=∥x−y∥ entraîne ∥x+γy∥=∥x−γy∥.
a) Montrer que si ∥x+y∥=∥x−y∥, l’application convexe φ:ξ↦∥x+ξy∥ de R dans R n’est constante dans aucun intervalle. (Raisonnant par l’absurde, soit [α,β] le plus grand intervalle dans lequel φ soit constante ; montrer qu’il existe δ>β assez voisin de β et tel que φ(δ)=φ(β), en remarquant que si ∥u+v∥=∥u−v∥, on a ∥u+γnv∥=∥u−γnv∥ pour tout entier rationnel n.)
b) Montrer que si ∥x+y∥=∥x−y∥, on a ∥x+ξy∥=∥x−ξy∥ pour tout nombre réel ξ. (Avec les notations de a), remarquer que φ admet un minimum relatif au point ξ=0, en utilisant le fait que φ(γn)=φ(−γn) pour tout entier rationnel n; en déduire que l’on a identiquement φ(ξ)=φ(−ξ) en remarquant que, dans le cas contraire, on aurait φ(λ)=φ(μ) pour deux nombres λ,μ tels que λ+μ=0 et que dans ce cas φ admettrait un minimum relatif au point 21(λ+μ).)
c) Déduire de b) que la norme sur E est préhilbertienne. (Montrer d’abord que si ∥x∥=∥y∥, on a ∥αx+βy∥=∥βx+αy∥ pour tout couple de nombres réels α,β et que l’égalité ∥x+y∥=∥x−y∥ entraîne ∥αx+βy∥=∥αx−βy∥ pour tout couple de nombres réels α,β. Montrer ensuite que, si ∥x∥=∥y∥=1 et ∥x+y∥=∥x−y∥, on a la relation ∥(α2−β2)x+2αβy∥=α2+β2 en utilisant les résultats précédents, et en déduire la conclusion.)