Bourbaki

Exercice 14, § 4

Espaces vectoriels topologiques, V, p. 78

Soient E un espace hilbertien complexe, T un endomorphisme de Hilbert-Schmidt de E. a) Soient R et L les endomorphismes de Hilbert-Schmidt positifs tels que R2=T∗TR^2 = T^*T et L2=TT∗L^2 = TT^* (V, p. 56, cor. 3); on pose R=abs⁡(T)R = \operatorname{abs}(T), et on dit que c’est la « valeur absolue » de T (cf. V, p. 74, exerc. 4); on a L=abs⁡(T∗)L = \operatorname{abs}(T^*). Montrer que l’on a Ker⁡(T)=Ker⁡(R)\operatorname{Ker}(T) = \operatorname{Ker}(R) et L(E)=T(E)‾L(E) = \overline{T(E)}. Il existe une isométrie V et une seule de R(E)R(E) sur T(E)T(E) telle que T=VRT = VR; si on prolonge V par continuité à R(E)‾\overline{R(E)}, puis à un opérateur U∈L(E)U \in \mathscr{L}(E) en prenant U.x=0U.x = 0 dans le supplémentaire orthogonal de R(E)R(E), on a aussi T=URT = UR (décomposition polaire de T). On a R=U∗T=U∗UR=RU∗UR = U^*T = U^*UR = RU^*U et L=URU∗, T=LU∗L = URU^*, \ T = LU^*. Si T appartient à L1(E)\mathscr{L}^1(E), il en est de même de R=abs⁡(T)R = \operatorname{abs}(T), et T est produit de deux endomorphismes de Hilbert-Schmidt. b) Si T appartient à L1(E)\mathscr{L}^1(E), montrer que l’on a Tr⁡(abs⁡(T))=sup⁡i(∑∣⟨ai∣T.bi⟩∣)\operatorname{Tr}(\operatorname{abs}(T)) = \sup_i (\sum | \langle a_i|T.b_i \rangle |), où au second membre (ai)(a_i) et (bi)(b_i) parcourent l’ensemble des bases orthonormales de E (utiliser la décomposition polaire de T). Montrer que si l’on pose ∥T∥1=Tr⁡(abs⁡(T))\|T\|_1 = \operatorname{Tr}(\operatorname{abs}(T)), ∥T∥1\|T\|_1 est une norme sur l’espace L1(E)\mathscr{L}^1(E), telle que ∥T∥2≤∥T∥1\|T\|_2 \leq \|T\|_1. c) Inversement, si T∈L(E)T \in \mathscr{L}(E) est telle que, pour tout couple ((ai),(bi))((a_i), (b_i)) de bases orthonormales de E, la somme ∑i∣⟨ai∣T.bi⟩∣\sum_i |\langle a_i|T.b_i \rangle| soit finie, T appartient à L1(E)\mathscr{L}^1(E) (remarquer d’abord que T est un endomorphisme de Hilbert-Schmidt, et utiliser la décomposition polaire de T). d) Soit (Tv)(T_v) une suite d’endomorphismes de Hilbert-Schmidt (resp. d’éléments de L1(E)\mathscr{L}^1(E)) telle que, pour tout couple de points x, y de E, la suite (⟨x∣Tv.y⟩)(\langle x|T_v.y \rangle) soit convergente vers ⟨x∣T.y⟩\langle x|T.y \rangle, où T est une application linéaire de E dans lui-même; on suppose de plus que la suite des normes ∥Tv∥2\|T_v\|_2 (resp. ∥Tv∥1\|T_v\|_1) est bornée. Montrer que T est un endomorphisme de Hilbert-Schmidt (resp. un élément de L1(E)\mathscr{L}^1(E)) (utiliser b) et c)). e) Déduire de d) que l’espace L1(E)\mathscr{L}^1(E) est un espace de Banach pour la norme ∥T∥1\|T\|_1. f) Pour qu’un endomorphisme T∈L(E)T \in \mathscr{L}(E) appartienne à L1(E)\mathscr{L}^1(E), il faut et il suffit que, pour une base orthonormale (ei)(e_i) de E au moins, la somme ∑i∥T.ei∥\sum_i \|T.e_i\| soit finie (avec les notations de a), remarquer que ∣⟨ei∣R.ei⟩∣≤∥T.ei∥|\langle e_i|R.e_i \rangle| \leq \|T.e_i\|. g) Dans l’espace ℓC2\ell^2_{\mathbf{C}}, soit (en)(e_n) la base orthonormale canonique, et soit a=∑n=0∞1n+1ena = \sum_{n=0}^{\infty} \frac{1}{n+1} e_n; si F est le sous-espace C.a\mathbf{C}.a de dimension 1, l’orthoprojecteur pFp_F est de trace finie, mais la série ∑∥pF.en∥\sum \|p_F.e_n\| n’est pas convergente.

Solution

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