Bourbaki

Exercice 16, § 4

Intégration, IV

Soit XX un espace complètement régulier, et soit C(X)C(X) (resp. Cb(X)C^b(X)) l’espace de Riesz des fonctions numériques continues (resp. continues et bornées) dans XX. a) Montrer que, si une forme linéaire λ\lambda sur C(X)C(X) est continue pour la topologie de la convergence compacte, elle est relativement bornée. b) Soit λ\lambda une forme linéaire positive sur C(X)C(X). Montrer que, si λ\lambda est nulle dans Cb(X)C^b(X), elle est nulle dans C(X)C(X) (soit φ\varphi l’application canonique de C(X)C(X) sur l’espace de Riesz quotient C(X)/Cb(X)C(X)/C^b(X) (chap. II, § 1, exerc. 4); montrer que, si hh est une fonction continue ≥0\geq 0 et non bornée dans XX, on a nφ(h)≤φ(h2)n \varphi(h) \leq \varphi(h^2) pour tout entier n>0n > 0. c) Soit βX\beta X le compactifié de Stone-Čech de XX, espace compact obtenu en munissant XX de la structure uniforme la moins fine rendant uniformément continues les fonctions de Cb(X)C^b(X) et en complétant l’espace uniforme ainsi obtenu; toute fonction f∈C(X)f \in C(X) se prolonge alors par continuité en une fonction f~\tilde{f} continue dans βX\beta X, à valeurs finies ou non (considérer f/(1+∣f∣)f/(1 + |f|)). Si λ\lambda est une forme linéaire positive sur C(X)C(X), la restriction de λ\lambda à Cb(X)C^b(X) est de la forme f↦μ(f~)f \mapsto \mu(\tilde{f}), où μ\mu est une mesure positive sur βX\beta X; montrer que, pour toute fonction f∈C(X)f \in C(X), f~\tilde{f} est intégrable pour μ\mu et qu’on a λ(f)=μ(f~)\lambda(f) = \mu(\tilde{f}) (utiliser b), en remarquant que toute fonction ≥0\geq 0 de C(X)C(X) est enveloppe supérieure d’une suite de fonctions de Cb(X)C^b(X). d) Montrer que tout point x0x_0 du support de μ\mu qui n’appartient pas à XX possède la propriété suivante: pour toute suite décroissante (Vn)(V_n) de voisinages de x0x_0, l’intersection des VnV_n contient au moins un point de XX. Réciproque. e) Déduire de d) que si XX est localement compact et dénombrable à l’infini, le support de μ\mu est contenu dans XX (comparer à h)). f) Si XX est discret, montrer que le support de μ\mu est fini (dans le cas contraire, former une fonction f≥0f \geq 0 définie dans XX et telle que f~\tilde{f} ne soit pas μ\mu-intégrable). g) Montrer que si une forme linéaire λ\lambda sur C(X)C(X) est positive et continue pour la topologie de la convergence compacte, le support de μ\mu est contenu dans XX (cf. chap. III, § 2, prop. 11). h) Soient X0X_0 l’espace compact obtenu par adjonction d’un point à l’infini ω\omega à l’espace localement compact XX défini dans Top. gén. chap. I, 3e éd., § 9, exerc. 12, Y le sous-espace de Rˉ\bar{\mathbf{R}} formé des entiers ≥0\geq 0 et de +∞+\infty, Z l’espace localement compact complémentaire du point (ω,+∞)(\omega, +\infty) dans l’espace produit X0×YX_0 \times Y. Montrer que toute fonction numérique continue dans ZZ est bornée et que f(z)f(z) tend vers une limite lorsque zz tend vers le point à l’infini (ω,+∞)(\omega, +\infty) de ZZ. En déduire que, si μ\mu est la mesure sur ZZ définie par la masse 1/2n1/2^n placée au point (ω,n)(\omega, n) pour tout n≥0n \geq 0, toute fonction continue sur ZZ est μ\mu-intégrable, mais le support de μ\mu n’est pas compact.

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