Bourbaki

Exercice 29, § 5

Intégration, IV

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

Soit μ\mu une mesure sur un espace localement compact X. Pour toute fonction numérique μ\mu-mesurable f≥0f \geq 0 définie dans X, l’application fμ′:t↦∣μ∣(f−1([t,+∞)))f'_{\mu}: t \mapsto |\mu|(f^{-1}([t, +\infty))) de R+\mathbf{R}_+ dans Rˉ+\bar{\mathbf{R}}_+ est décroissante et continue à droite. Si ν\nu est une mesure sur un second espace localement compact Y et g une fonction numérique ν\nu-mesurable et ≥0\geq 0 définie dans Y, on dit que ff et g sont équimesurables (pour μ\mu et ν\nu respectivement) si l’on a fμ′=gν′f'_{\mu} = g'_{\nu}. On désigne par f∗f^* (ou fμ∗f^*_\mu) la fonction définie dans R+\mathbf{R}_+, égale pour tout s∈R+s \in \mathbf{R}_+ à la borne supérieure dans Rˉ+\bar{\mathbf{R}}_+ de l’ensemble des nombres aa tels que fμ′(a)≥sf'_\mu(a) \geq s (borne égale à 0 si cet ensemble est vide).

a) Montrer que la fonction f∗f^* est décroissante, continue à gauche dans R+\mathbf{R}_+ et équimesurable à ff (pour la mesure μ\mu et la mesure de Lebesgue sur R+\mathbf{R}_+); on dit que f∗f^* est le réarrangement décroissant de ff.

b) Si 0≤f≤g0 \leq f \leq g sont deux fonctions μ\mu-mesurables dans X, montrer que l’on a f∗≤g∗f^* \leq g^*. Si (fn)(f_n) est une suite croissante de fonctions μ\mu-mesurables ≥0\geq 0 dans X, et f=sup⁡nfnf = \sup_n f_n, montrer que l’on a

f∗(s)=sup⁡nfn∗(s) f^*(s) = \sup_n f^*_n(s)

en tous les points où f∗f^* est continue.

c) Montrer que pour toute fonction numérique μ\mu-mesurable f≥0f \geq 0, on a ∣μ∣∗(f)=∫∗f∗(s) ds|\mu|^*(f) = \int^* f^*(s) \, ds. (Considérer d’abord le cas d’une fonction étagée, puis utiliser b)).

d) Soit w une fonction numérique finie (sauf peut-être au point s=0s = 0) définie dans R+\mathbf{R}_+ et décroissante. Pour toute fonction numérique f≥0f \geq 0 définie dans X et μ\mu-mesurable, on pose

A^(f)=(∫∗w(s)(f∗(s))p ds)1/p(1≤p<+∞). \hat{\mathscr{A}}(f) = \left( \int^* w(s) (f^*(s))^p \, ds \right)^{1/p} \quad (1 \leq p < +\infty).

Montrer que cette fonction vérifie les conditions de l’exerc. 28. (Pour prouver qu’elle est convexe, on considérera d’abord le cas où w est une fonction en escalier décroissante, en utilisant c), puis on passera à la limite pour traiter le cas général.)

e) Avec les notations de d), on écrit LFp,w\mathscr{L}_F^{p,w} au lieu de LFλ\mathscr{L}_F^\lambda, et l’on pose Np,w(f)=λ(∣f∣)N_{p,w}(f) = \lambda(|f|) pour toute application μ\mu-mesurable f de X dans F. Montrer que si f∈LFp,wf \in \mathscr{L}_F^{p,w}, et si, pour tout n, on désigne par fnf_n la fonction égale à f si ∣f∣≤n|f| \leq n, à nf/∣f∣nf/|f| si ∣f∣>n|f| > n, la suite (∣fn∣∗)(|f_n|^*) tend presque partout vers ∣f∣∗|f|^* et que l’on a lim⁡n→∞Np,w(f−fn)=0\lim_{n \to \infty} N_{p,w}(f - f_n) = 0. Si f est μ\mu-négligeable, on a Np,w(f)=0N_{p,w}(f) = 0.

Solution

Aucune solution n’a encore été écrite.

Transcrit du volume imprimé. Non traduit.