Bourbaki marks this one as harder than the rest.
Soient X un espace localement compact, μ une mesure positive sur X, f une fonction numérique μ-mesurable.
a) Soit (an)n∈Z une suite de nombres réels, λ un nombre réel fini ; pour tout n∈Z, on pose
un(x)=an+[λlog∣f(x)∣]f(x)si f(x)=0 et f(x)=±∞un(x)=0 pour les autres valeurs de x∈X ([
t] désignant la partie entière du nombre réel fini
t). Montrer que les
un sont
μ-mesurables et que pour tout nombre réel fini
c tel que
cλ<1, on a
n=−∞∑+∞∫∗∣un(x)∣ecxdμ(x)≤e∣c∣∫∗∣f(x)∣1−cλdμ(x)⋅(n=−∞∑∞ecn∣an∣).
b) Soient p′,p′′ deux nombres finis >0, t un nombre réel tel que 0<t<1, et soit p le nombre réel défini par 1/p=(1−t)/p′+t′/p′′. Pour tout nombre α>0, on pose
1/Kα=inf(n=−∞∑+∞∣eαtnan∣p′)(1−t)/p′(n=−∞∑+∞∣e−α(1−t)nan∣p′′)t/p′′
la borne inférieure étant prise pour toutes les séries absolument convergentes (an)n∈Z de nombres réels finis telles que ∑n=−∞+∞an=1. Montrer que l’on a
() Np(f)≤Kα⋅infF(u) (*)
Np(f)≥Kαe−α⋅infF(u)
où u=(un)n∈Z parcourt l’ensemble des suites de fonctions appartenant à Lp′∩Lp′′-telles que la série (un(x))n∈Z soit presque partout absolument convergente et de somme f(x); pour toute suite u ayant ces propriétés, on pose
F(u)=(n=−∞∑+∞(Np′(eαtnun))p′)(1−t)/p′(n=−∞∑+∞(Np′′(e−α(1−t)nun))p′′)t/p′′
et dans les formules () et (*) la borne inférieure est prise dans l’ensemble des suites u=(un) ayant les propriétés précédentes. (Pour démontrer (), utiliser l’inégalité de Hölder; pour démontrer (*), utiliser deux fois a) avec des choix convenables de c et de λ. En particulier, Kα est fini pour tout α>0.
c) Soient p′,p′′,q′,q′′ des nombres finis ≥1, t un nombre tel que 0<t<1, et soient
p1=p′1−t+p′′t,q1=q′1−t+q′′t.
Soient Y un second espace localement compact, ν une mesure positive sur Y, et soit w une application linéaire de K(X;R) dans l’espace vectoriel (non topologique) S(Y,ν;R) des fonctions numériques finies ν-mesurables sur Y. On suppose que: 1∘ w applique K(X;R) dans Lq′(Y;R)∩Lq′′(Y;R);2∘ on a, pour toute fonction f∈K(X;R)
Nq′(w(f))≤M′Np′(f)etNq′′(w(f))≤M′′Np′′(f).
En conclure que w applique aussi K(X;R) dans Lq(Y;R) et que l’on a
Nq(w(f))≤M⋅Np(f)
avec
M≤M′1−tM′′
(« inégalité de M. Riesz »). (Ecrire f sous la forme ∑nun comme dans b), et considérer la série de terme général w(un); utiliser les inégalités () et (*) de b).