Bourbaki

Exercice 20, § 6

Intégration, IV

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

a) Soit YY un espace métrique; pour tout y∈Yy \in Y et tout r>0r > 0, on désigne par B(y;r)B(y; r) la boule ouverte de centre yy et de rayon rr dans YY. Soit S\mathfrak{S} un ensemble de boules ouvertes dans YY, dont les diamètres forment un ensemble borné dans R\mathbf{R}, et qui est tel que, pour tout suite (B(yn;rn))(B(y_n; r_n)) de boules appartenant à S\mathfrak{S} et deux à deux disjointes, on a lim⁡n→∞rn=0\lim_{n \to \infty} r_n = 0. Montrer que si MM est la réunion des boules B∈SB \in \mathfrak{S}, il existe une suite de boules B(yn;rn)∈SB(y_n; r_n) \in \mathfrak{S}, deux à deux disjointes et telles que les boules B(yn;4rn)B(y_n; 4r_n) forment un recouvrement de MM. (Si k>0k > 0 est un majorant de l’ensemble des rayons des boules B∈SB \in \mathfrak{S}, définir par récurrence sur hh une suite de familles (Th)(\mathfrak{T}_h) de boules B(yhj;rhj)∈SB(y_{hj}; r_{hj}) \in \mathfrak{S} de sorte que Th\mathfrak{T}_h soit maximale parmi les familles (finies) de boules appartenant à S\mathfrak{S}, deux à deux disjointes et disjointes des boules appartenant aux familles Ti\mathfrak{T}_i pour i<hi < h, et de rayons compris entre (2/3)h+1k(2/3)^{h+1}k et (2/3)hk(2/3)^hk.)

b) Soient XX un espace localement compact métrisable, dd une distance sur XX compatible avec sa topologie; on note encore B(x;r)B(x; r) la boule ouverte de centre xx et de rayon r>0r > 0 pour cette distance, par δ(A)\delta(A) le diamètre d’une partie AA de XX pour la distance dd. Soit μ\mu une mesure positive sur XX vérifiant les conditions suivantes: 1° toute boule ouverte est μ\mu-intégrable; 2° on a μ(B(x;4r))⩽K⋅μ(B(x;r))\mu(B(x; 4r)) \leqslant K \cdot \mu(B(x; r)), où KK est une constante >1> 1 indépendante de xx et de rr; 3° si une suite (Bn)(B_n) de boules ouvertes est telle que lim⁡n→∞μ(Bn)=0\lim_{n \to \infty} \mu(B_n) = 0, alors lim⁡n→∞δ(Bn)=0\lim_{n \to \infty} \delta(B_n) = 0; 4° si une suite (Bn)(B_n) de boules ouvertes est telle que lim⁡n→∞δ(Bn)=+∞\lim_{n \to \infty} \delta(B_n) = +\infty, alors lim⁡n→∞μ(Bn)=+∞\lim_{n \to \infty} \mu(B_n) = +\infty.

Soit f∈Lp(X;μ)f \in \mathscr{L}^p(X; \mu) une fonction à valeurs ≥0\geq 0 (1<p<∞1 < p < \infty); pour tout x∈Xx \in X, on pose

fˉ(x)=sup⁡1μ(B)∫Bf(y)dμ(y) \bar{f}(x) = \sup \frac{1}{\mu(B)} \int_B f(y) d\mu(y)
où B parcourt l’ensemble des boules ouvertes de centre x. Montrer que fˉ\bar{f} est finie et semi-continue inférieurement dans X.

c) Soit f∗f^* le réarrangement décroissant de ff (§ 5, exerc. 29); pour t>0t > 0, on pose

βf(t)=1t∫0tf∗(s)ds \beta_f(t) = \frac{1}{t} \int_0^t f^*(s) ds
qui est une fonction continue décroissante telle que f∗≤βff^* \leq \beta_f; on a βf(t)=o(t−1/p)\beta_f(t) = o(t^{-1/p}) pour tt tendant vers 0 ou vers +∞+\infty (exerc. 19 a)). Enfin, on désigne par γf\gamma_f la fonction réciproque de βf\beta_f, définie dans l’intervalle ]0,βf(0+)[]0, \beta_f(0+)[, et prolongée par 0 à l’extérieur de cet intervalle si βf(0+)\beta_f(0+) est fini.

Pour tout t>0t > 0, on désigne par MtM_t l’ensemble des x∈Xx \in X tels que fˉ(x)>t\bar{f}(x) > t. Montrer que l’on a μ(Mt)≤K⋅γf(t)\mu(M_t) \leq K \cdot \gamma_f(t). (Pour tout x∈Mtx \in M_t, soit BxB_x une boule ouverte de centre xx telle que ∫Bxf(y)dμ(y)≥t⋅μ(Bx)\int_{B_x} f(y) d\mu(y) \geq t \cdot \mu(B_x); appliquer a) à la famille des boules BxB_x).

d) Déduire de c) que l’on a

∫(fˉ(x))pdμ(x)≤K(pp−1)p∫(f(x))pdμ(x). \int (\bar{f}(x))^p d\mu(x) \leq K \left( \frac{p}{p-1} \right)^p \int (f(x))^p d\mu(x).
(Observer que le premier membre s’écrit aussi ∫0+∞ptp−1(μ(Mt))dt\int_0^{+\infty} pt^{p-1}(\mu(M_t)) dt et utiliser l’inégalité de Hardy (exerc. 19)).

Solution

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Transcrit du volume imprimé. Non traduit.