Bourbaki marks this one as harder than the rest.
a) Soit Y un espace métrique; pour tout y∈Y et tout r>0, on désigne par B(y;r) la boule ouverte de centre y et de rayon r dans Y. Soit S un ensemble de boules ouvertes dans Y, dont les diamètres forment un ensemble borné dans R, et qui est tel que, pour tout suite (B(yn;rn)) de boules appartenant à S et deux à deux disjointes, on a limn→∞rn=0. Montrer que si M est la réunion des boules B∈S, il existe une suite de boules B(yn;rn)∈S, deux à deux disjointes et telles que les boules B(yn;4rn) forment un recouvrement de M. (Si k>0 est un majorant de l’ensemble des rayons des boules B∈S, définir par récurrence sur h une suite de familles (Th) de boules B(yhj;rhj)∈S de sorte que Th soit maximale parmi les familles (finies) de boules appartenant à S, deux à deux disjointes et disjointes des boules appartenant aux familles Ti pour i<h, et de rayons compris entre (2/3)h+1k et (2/3)hk.)
b) Soient X un espace localement compact métrisable, d une distance sur X compatible avec sa topologie; on note encore B(x;r) la boule ouverte de centre x et de rayon r>0 pour cette distance, par δ(A) le diamètre d’une partie A de X pour la distance d. Soit μ une mesure positive sur X vérifiant les conditions suivantes: 1° toute boule ouverte est μ-intégrable; 2° on a μ(B(x;4r))⩽K⋅μ(B(x;r)), où K est une constante >1 indépendante de x et de r; 3° si une suite (Bn) de boules ouvertes est telle que limn→∞μ(Bn)=0, alors limn→∞δ(Bn)=0; 4° si une suite (Bn) de boules ouvertes est telle que limn→∞δ(Bn)=+∞, alors limn→∞μ(Bn)=+∞.
Soit f∈Lp(X;μ) une fonction à valeurs ≥0 (1<p<∞); pour tout x∈X, on pose
fˉ(x)=supμ(B)1∫Bf(y)dμ(y) où B parcourt l’ensemble des boules ouvertes de centre x. Montrer que
fˉ est finie et semi-continue inférieurement dans X.
c) Soit f∗ le réarrangement décroissant de f (§ 5, exerc. 29); pour t>0, on pose
βf(t)=t1∫0tf∗(s)ds qui est une fonction continue décroissante telle que
f∗≤βf; on a
βf(t)=o(t−1/p) pour
t tendant vers 0 ou vers
+∞ (exerc. 19 a)). Enfin, on désigne par
γf la fonction réciproque de
βf, définie dans l’intervalle
]0,βf(0+)[, et prolongée par 0 à l’extérieur de cet intervalle si
βf(0+) est fini.
Pour tout t>0, on désigne par Mt l’ensemble des x∈X tels que fˉ(x)>t. Montrer que l’on a μ(Mt)≤K⋅γf(t). (Pour tout x∈Mt, soit Bx une boule ouverte de centre x telle que ∫Bxf(y)dμ(y)≥t⋅μ(Bx); appliquer a) à la famille des boules Bx).
d) Déduire de c) que l’on a
∫(fˉ(x))pdμ(x)≤K(p−1p)p∫(f(x))pdμ(x). (Observer que le premier membre s’écrit aussi
∫0+∞ptp−1(μ(Mt))dt et utiliser l’inégalité de Hardy (exerc. 19)).