On note λ la mesure de Lebesgue sur Rn. a) Soit C0 un cube (Top. gén., chap. VI, § 1, n° 1) dans Rn, et soit u une fonction numérique intégrable (pour λ) dans C0. Soit s un nombre réel tel que
s≥λ(C0)1∫C0∣u∣dλ. Montrer qu’il existe une suite
(Ik) de cubes ouverts contenus dans
C0, deux à deux disjoints, et vérifiant les conditions suivantes :
1∘ ∣u(x)∣≤s presque partout dans l’ensemble
C0−⋃kIk;
2∘ si l’on pose
uk=λ(Ik)1∫Ik∣u(x)∣dλ(x), on a
uk≤2ns pour tout
k;
3∘ k∑λ(Ik)≤s1∫C0∣u(x)∣dλ(x). (En divisant en deux intervalles égaux chacune des projections de
C0, choisir parmi les
2n cubes ouverts sans points communs les cubes
I1i tels que les « valeurs moyennes » correspondantes
u1i soient toutes.
≥s, et en raison du choix de s, montrer que l’on a
u1i≤2ns. Décomposer de même en
2n cubes chacun des cubes de la première subdivision qui ne figure pas parmi les
I1i, ce qui donne une seconde famille finie de cubes
I2i choisie parmi tous les nouveaux cubes obtenus comme ceux pour lesquels la valeur moyenne correspondante
u2i est
≤s. Continuer par récurrence. Pour prouver que la condition
1∘ est vérifiée, raisonner par l’absurde, en notant que la partie
Bm de
C0−⋃kIk où on a
∣u(x)∣≥s+1/m est, à un ensemble négligeable près, intersection d’une suite décroissante
(Ur) d’ouverts, où
Ur est la réunion des cubes de la r-ème subdivision qui ne figurent pas parmi les
Ik et contiennent un point de
Bm).
b) Soit F l’ensemble des fonctions numériques u intégrables dans C0 ayant la propriété suivante : pour tout cube C⊂C0, si mC(u) est la valeur moyenne
λ(C)1∫Cu(x)dλ(x),
on a ∫C∣u(x)−mC(u)∣ dλ(x)≤λ(C); si u∈F, il en est de même de u−c pour tout nombre réel c. Pour toute fonction u∈F, tout nombre σ>0 et tout cube C⊂C0, on note S(σ,u,C) l’ensemble des x∈C tels que ∣u(x)−mC(u)∣≥σ. Enfin on désigne par G(σ) le plus petit nombre tel que l’on ait
λ(S(σ,u,C))≤G(σ)∫C∣u(x)−mC(u)∣ dλ(x) lorsque
u parcourt
F et
C l’ensemble des cubes contenus dans
C0; on a
G(σ)≤1/σ. Montrer que si
σ/2n>s≥1, on a
G(σ)≤s1G(σ−2ns). (On peut se borner à prouver que, pour un
u∈F, on a
λ(S(σ,u,C0))≤s1G(σ−2ns)∫C0∣u(x)−mC0(u)∣ dλ(x) et on peut pour simplifier supposer
mC0(u)=0. Utiliser alors la décomposition de
C0 en réunion de cubes
Ik et en un ensemble où
∣u(x)∣≤s presque partout, en notant que si
x∈Ik appartient à
S(σ,u,C0), on a
∣u(x)−mIk(u)∣≥σ−2ns et par suite
λ(Ik∩S(σ,u,C0))≤G(σ−2ns)∫Ik∣u(x)−mIk(u)∣ dλ(x)). c) Déduire de b) qu’il existe deux constantes
B,b ne dépendant que de
n, telles que, pour toute fonction
u∈F et tout nombre
σ>0, on ait
λ(S(σ,u,C0))≤Be−bσλ(C0) (Prendre
s=e dans b)).