Bourbaki

Exercice 14, § 1

Intégration, VII

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

Soient T un espace localement compact, U\mathscr{U} une structure uniforme sur T pour laquelle il existe un entourage V0V_0 tel que V0(t)V_0(t) soit compact pour tout t∈Tt \in T (Top. gén., chap. II, 3e éd., § 4, exerc. 9). Soit d'autre part Γ\Gamma un groupe uniformément équicontinu d'homéomorphismes de T (pour la structure uniforme U\mathscr{U}), tel qu'il existe a∈Ta \in T dont l'orbite par Γ\Gamma soit partout dense. Montrer qu'il existe sur T une mesure positive ≠0\neq 0 invariante par Γ\Gamma, et que cette mesure est unique à un facteur constant près. On pourra procéder comme suit :

1° En ce qui concerne l'existence de la mesure invariante, suivre la méthode du n° 2, th. 1 ; on prouvera d'abord que si K est une partie compacte de T et U un voisinage ouvert de aa, il existe un nombre fini d'éléments σi∈Γ\sigma_i \in \Gamma tels que K⊂⋃iσi(U)K \subset \bigcup_i \sigma_i(U).

2° En ce qui concerne l'unicité, remarquer d'abord que les entourages de U\mathscr{U} qui sont invariants par tout homéomorphisme σ×σ\sigma \times \sigma de T×TT \times T, pour σ∈Γ\sigma \in \Gamma, forment un système fondamental d'entourages S\mathscr{S}. Pour tout ensemble relativement compact A⊂TA \subset T et tout ensemble relativement compact B⊂TB \subset T d'intérieur non vide, soit (A:B)(A : B) le plus petit nombre d'éléments d'un recouvrement de A formé d'ensembles de la forme σB\sigma B, où σ∈Γ\sigma \in \Gamma; si C⊂TC \subset T est un troisième ensemble relativement compact d'intérieur non vide, on a (A:C)≤(A:B)(B:C)(A : C) \leq (A : B)(B : C). Soient K une partie compacte de T, L⊃KL \supset K un ensemble ouvert relativement compact, V∈GV \in \mathscr{G} un entourage ouvert symétrique contenu dans V0V_0 et tel que V(K)⊂LV(K) \subset L, W∈GW \in \mathscr{G} un entourage fermé symétrique contenu dans VV. Pour tout entourage symétrique U∈GU \in \mathscr{G} tel que UW⊂VUW \subset V et WU⊂VWU \subset V, montrer que, pour toute mesure positive ν\nu sur TT, invariante par Γ\Gamma, on a

(1)

(W(a):U(a))ν(K)≤(L:U(a))ν(V(a)) (W(a) : U(a))\nu(K) \leq (L : U(a))\nu(V(a))

(2)

(K:U(a))ν(W(a))≤(V(a):U(a))ν(L). (K : U(a))\nu(W(a)) \leq (V(a) : U(a))\nu(L).

On prouvera pour cela que si (σi(U(a)))(\sigma_i(U(a))) est un recouvrement de LL formé de (L:U(a))(L : U(a)) ensembles, tout x∈Kx \in K appartient à au moins (W(a):U(a))(W(a) : U(a)) ensembles de la forme σi(V(a))\sigma_i(V(a)), et que tout y∈Ly \in L appartient au plus à (V(a):U(a))(V(a) : U(a)) ensembles de la forme σi(W(a))\sigma_i(W(a)) (noter que si y∈σi(W(a))y \in \sigma_i(W(a)), σi(U(a))\sigma_i(U(a)) est contenu dans V(x)V(x)).

Soit F\mathscr{F} un ultrafiltre plus fin que le filtre des sections de G\mathscr{G}; soit A0A_0 une partie ouverte relativement compacte non vide de TT, et posons λU(A)=(A:U(a))/(A0:U(a))\lambda_U(A) = (A : U(a))/(A_0 : U(a)) pour tout entourage symétrique U∈GU \in \mathscr{G} et toute partie relativement compacte AA de TT. Soit λ(A)=lim⁡FλU(A)\lambda(A) = \lim_{\mathscr{F}} \lambda_U(A); pour toute partie compacte KK de TT, posons λ′(K)=inf⁡λ(B)\lambda'(K) = \inf \lambda(B), lorsque BB parcourt l’ensemble des voisinages ouverts relativement compacts de KK. Déduire de (1) et (2) que l’on a

λ′(W(a))ν(K)≤λ(L)ν(W(a)) \lambda'(W(a))\nu(K) \leq \lambda(L)\nu(W(a))
λ′(K)ν(W(a))≤λ′(W(a))ν(L). \lambda'(K)\nu(W(a)) \leq \lambda'(W(a))\nu(L).

En conclure que si K1,K2K_1, K_2 sont deux parties compactes de TT, L1⊃K1,L2⊃K2L_1 \supset K_1, L_2 \supset K_2 deux ensembles ouverts relativement compacts, on a

λ′(K1)ν(K2)≤λ(L2)ν(L1), \lambda'(K_1)\nu(K_2) \leq \lambda(L_2)\nu(L_1),

et finalement que λ′(K1)ν(K2)=λ′(K2)ν(K1)\lambda'(K_1)\nu(K_2) = \lambda'(K_2)\nu(K_1).

Solution

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Transcrit du volume imprimé. Non traduit.