Soient G un groupe commutatif localement compact, noté additivement, μ une mesure de Haar sur G, A, B deux parties intégrables de G.
a) Pour tout s∈G, soient
A′=σs(A,B)=A∪(B+s),B′=τs(A,B)=(A−s)∩B.
Montrer que l'on a μ(A′)+μ(B′)=μ(A)+μ(B) et A′+B′⊂A+B.
b) On suppose que 0 appartient à A∩B. On dit qu’un couple (A′,B′) de parties intégrables de G est dérivé de (A,B) s’il existe une suite (sk)1≤k≤n d’éléments de G et deux suites (Ak)0≤k≤n,(Bk)0≤k≤n de parties de G telles que A0=A,B0=B,Ak=σsk(Ak−1,Bk−1),Bk=τsk(Ak−1,Bk−1) pour 1≤k≤n, sk∈Ak−1 pour 1≤k≤n, et A′=An,B′=Bn. Montrer qu’il existe une suite de couples (En,Fn) tels que E0=A,F0=B, que (En+1,Fn+1) soit dérivé de (En,Fn) et que l’on ait μ((En−s)∩Fn)≥μ(Fn+1)−2−n pour tout n et tout s∈En. On pose E∞=⋃nEn,F∞=⋂nFn. Montrer que, pour tout s∈E∞, on a
μ((E∞−s)∩F∞)=μ(F∞).
c) On suppose que μ(F∞)>0. Montrer que la fonction
f(s)=μ((E∞−s)∩F∞) ne peut prendre que les valeurs 0 et
μ(F∞) et que l’ensemble
C des
s∈G tels que
f(s)=μ(F∞) est
ouvert et fermé, tel que
μ(C)=μ(E∞), et est l’adhérence de
E∞ (utiliser l’exerc. 20
a) et
b)). Soit d’autre part
D l’ensemble des
s∈F∞ tels que l’intersection de
F∞ et de tout voisinage de
s soit de mesure
>0. Montrer que
μ(D)=μ(F∞) et que
E∞+D⊂C; en déduire que
D est contenu dans le sous-groupe
H(C) défini dans l’exerc. 22, et que
H(C) est compact et ouvert dans
G. Montrer enfin que
C+H(C)=C, que
μ(C)≥μ(A)+μ(B)−μ(H(C)) et que
C⊂A+B (considérer la mesure de
E∞∩(c−F∞) pour tout
c∈C).
d) Déduire de c) que, pour deux parties intégrables A,B de G : ou bien on a μ∗(A+B)≥μ(A)+μ(B); ou bien il existe un sous-groupe ouvert compact H de G tel que A+B contienne une classe mod. H, et alors μ∗(A+B)≥μ(A)+μ(B)−μ(H). Cas où G est connexe.