Bourbaki

Exercice 24, § 1

Groupes et algèbres de Lie, I

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

Soient KK un corps (commutatif) de caractéristique pp (quelconque), Xi,Yi,ZiX_i, Y_i, Z_i 3n3n indéterminées distinctes ; on désigne pour abréger par x,y,zx, y, z les systèmes (Xi)1≤i≤n,(Yi)1≤i≤n,(Zi)1≤i≤n(X_i)_{1 \leq i \leq n}, (Y_i)_{1 \leq i \leq n}, (Z_i)_{1 \leq i \leq n} respectivement. Soit Ax,y,zA_{x,y,z} l’algèbre des séries formelles par rapport aux 3n3n indéterminées Xi,Yi,ZiX_i, Y_i, Z_i, à coefficients dans KK ; on désignera par Ax,yA_{x,y} (resp. AxA_x) la sous-algèbre de Ax,y,zA_{x,y,z} formée des séries formelles ne contenant pas zz (resp. y,zy, z). Un élément de Ax,y,zA_{x,y,z} (resp. Ax,y,AxA_{x,y}, A_x) se notera u(x,y,z)u(x, y, z) (resp. u(x,y),u(x)u(x, y), u(x)) ; un système (ui(x,y,z))1≤i≤n(u_i(x, y, z))_{1 \leq i \leq n} de nn éléments de Ax,y,zA_{x,y,z} se notera u(x,y,z)u(x, y, z) ; notations analogues pour les séries formelles ne contenant qu’un ou deux des trois systèmes x,y,zx, y, z. Si u(x,y,z)∈Ax,y,zu(x, y, z) \in A_{x,y,z} et si f=(fi),g=(gi),h=(hi)f = (f_i), g = (g_i), h = (h_i) sont trois systèmes de nn éléments de Ax,y,zA_{x,y,z} qui sont des séries sans terme constant, on note u((f(x,y,z),g(x,y,z),h(x,y,z))u((f(x, y, z), g(x, y, z), h(x, y, z)) la série formelle obtenue en substituant fif_i à Xi,giX_i, g_i à Yi,hiY_i, h_i à ZiZ_i (1≤i≤n1 \leq i \leq n) dans uu. Pour tout système α=(α1,…,αn)\alpha = (\alpha_1, \ldots, \alpha_n) de nn entiers ≥0\geq 0, on désigne par xαx^\alpha le monôme X1α1…XnαnX_1^{\alpha_1} \ldots X_n^{\alpha_n}; on définit de même yαy^\alpha et zαz^\alpha. On désigne par εi\varepsilon_i le système α\alpha pour lequel αj=0\alpha_j = 0 si j≠i,αi=1j \neq i, \alpha_i = 1. On désigne par ee le système (0,…,0)(0, \ldots, 0) de nn éléments de Ax,y,zA_{x,y,z}.

a) On appelle loi de groupe formel sur KK (ou, par abus de langage, groupe formel sur KK) de dimension nn, un système G=f(x,y)G = f(x, y) de nn éléments de Ax,yA_{x,y} ayant les propriétés suivantes : 1o1^o f(x,f(y,z))=f(f(x,y),z)f(x, f(y, z)) = f(f(x, y), z); 2o2^o f(e,y)=y,f(x,e)=xf(e, y) = y, f(x, e) = x. Montrer que l’on a nécessairement fi(x,y)=Xi+Yi+gi(x,y)f_i(x, y) = X_i + Y_i + g_i(x, y), où gig_i ne contient que des monômes de degré total ≥2\geq 2, et dont chacun contient au moins un XjX_j et au moins un YjY_j. Montrer qu’il existe un système et un seul h(x)h(x) de nn éléments de AxA_x tel que f(x,h(x))=f(h(x),x)=ef(x, h(x)) = f(h(x), x) = e (Alg. chap. IV, , no 9, prop. 10). On dit que G est commutatif si f(y,x)=f(x,y)f(y, x) = f(x, y)

b) Pour tout u∈Axu \in A_x, on désigne par LyuL_y u l’élément u(f(y,z))u(f(y, z)) de Ax,yA_{x,y}. Une dérivation D de AxA_x se prolonge canoniquement en une dérivation de Ax,yA_{x,y} (notée encore D par abus de notation) par la condition que D(Yi)=0D(Y_i) = 0 pour tout ii (Alg., chap. IV, § 5, no 8, prop. 6). On dit que D est invariante à gauche pour le groupe formel considéré G si on a LyD=DLyL_y D = D L_y. On désigne par D(e)D^{(e)} l’application linéaire de Ax,yA_{x,y} dans AyA_y définie par D(e)(u)=(Du)(e,y)D^{(e)}(u) = (Du)(e, y); elle applique AxA_x dans K et est déterminée par sa restriction à AxA_x. Montrer que, pour que D soit invariante à gauche, il faut et il suffit que pour tout φ∈Ax\varphi \in A_x, on ait D(e)(Lyφ)=(Dφ)(y)D^{(e)}(L_y \varphi) = (D \varphi)(y).

Soit DiD_i la dérivation ∂/∂Xi\partial / \partial X_i de AxA_x (1≤i≤n1 \leq i \leq n); il existe une dérivation invariante à gauche TiT_i et une seule telle que Ti(e)=Di(e)T_i^{(e)} = D_i^{(e)}. Montrer que les TiT_i sont linéairement indépendantes sur K et que toute dérivation invariante à gauche est combinaison linéaire des TiT_i à coefficients dans K. En déduire que, pour le crochet [D,D′][D, D'] et la pp-application D↦DpD \mapsto D^p (lorsque p>0p > 0), l’ensemble g des dérivations invariantes à gauche est une algèbre de Lie (une p-algèbre de Lie si p>0p > 0) dite algèbre de Lie du groupe formel G.

c) Montrer que, pour toute série formelle u∈Axu \in A_x, on a :

u(f(x,y))=u(0)+∑i=1nYiTiu+o2(x,y) u(f(x, y)) = u(0) + \sum_{i=1}^n Y_i T_i u + o_2(x, y)

où, dans la série o2o_2, tous les monômes sont de degré ≥2\geq 2 par rapport aux YjY_j. En déduire que l’on a :

u(f(x,f(y,z)))=u(0)+∑i=1n(Yi+Zi)Tiu+∑i,jYiZj((TiTj)(u))+o3(x,y,z) u(f(x, f(y, z))) = u(0) + \sum_{i=1}^n (Y_i + Z_i) T_i u \\ + \sum_{i,j} Y_i Z_j ((T_i T_j)(u)) + o_3(x, y, z)

où, dans la série o3o_3, tous les monômes sont de degré ≥3\geq 3, par rapport à l’ensemble des YiY_i et des ZiZ_i. En déduire que :

u(f(x,y))−u(f(y,x))=∑i<j(XiYj−XjYi)([Ti,Tj](e)(u))+o3′(x,y) u(f(x, y)) - u(f(y, x)) = \sum_{i < j} (X_i Y_j - X_j Y_i) ([T_i, T_j]^{(e)}(u)) + o'_3(x, y)

où tous les termes de o3′o'_3 sont de degré total ≥3\geq 3. Montrer que, si G est commutatif, g est commutative.

d) Soit G′G' un second groupe formel, de dimension m, dont la loi de groupe est f′f'. On appelle homomorphisme formel de G dans G′G' un système F=(Fj(x))1≤j≤mF = (F_j(x))_{1 \leq j \leq m} d’éléments de AxA_x tel que l’on ait f′(F(x),F(y))=F(f(x,y))f'(F(x), F(y)) = F(f(x, y)). Pour toute dérivation invariante à gauche D∈gD \in g, montrer que φ→D(φ∘F)\varphi \to D(\varphi \circ F) est une dérivation invariante à gauche appartenant à l’algèbre de Lie g′g' de G′G'. Si on la désigne par F∗(D)F^*(D), F∗F^* est un homomorphisme (un pp-homomorphisme pour p>0p > 0) de g dans g′g'. Si (Ti)1≤i≤n(T_i)_{1 \leq i \leq n}, (Tj′)1≤j≤m(T'_j)_{1 \leq j \leq m} sont les bases de g et g′g' telles que Ti(e)=Di(e)T_i^{(e)} = D_i^{(e)} et Tj′(e)=Dj(e)T_{j'}^{(e)} = D_j^{(e)}, montrer que la matrice de F∗F^*, rapportée à ces bases, est la matrice

(∂F_j/∂X_i)_0 (terme constant de ∂F_j/∂X_i, où i est l’indice des lignes, j celui des colonnes).

Solution

Aucune solution n’a encore été écrite.

Transcrit du volume imprimé. Non traduit.