Bourbaki

§ 4. Algèbres de Lie nilpotentes

On rappelle que K désigne désormais un corps commutatif. Dans toute la fin du chapitre, les algèbres de Lie sont supposées de dimension finie sur K.

1. Définition des algèbres de Lie nilpotentes

Définition 1

Une algèbre de Lie g est dite nilpotente s’il existe une suite finie décroissante d’idéaux (gi)0≤i≤p(g_i)_{0 \leq i \leq p} de g, avec g0=gg_0 = g, gp={0}g_p = \{0\}, telle que [g,gi]⊂gi+1[g, g_i] \subset g_{i+1} pour 0≤i<p0 \leq i < p.

Une algèbre de Lie commutative est nilpotente.

Proposition 1

Soit g une algèbre de Lie. Les conditions suivantes sont équivalentes : a) g est nilpotente ; b) Ckg={0}C^k g = \{0\} pour k assez grand ; c) Ckg=gC_k g = g pour k assez grand ; d) il existe un entier k tel que ad⁡x1∘ad⁡x2∘⋯∘ad⁡xk=0\operatorname{ad} x_1 \circ \operatorname{ad} x_2 \circ \cdots \circ \operatorname{ad} x_k = 0 quels que soient les éléments x1,x2,…,xkx_1, x_2, \ldots, x_k dans g ; e) il existe une suite décroissante d’idéaux (gi)0≤i≤n(g_i)_{0 \leq i \leq n} de g, avec g0=gg_0 = g, gn={0}g_n = \{0\}, telle que [g,gi]⊂gi+1[g, g_i] \subset g_{i+1} et dim⁡gi/gi+1=1\dim g_i / g_{i+1} = 1 pour 0≤i<n0 \leq i < n.

Si Ckg={0}C^k g = \{0\} (resp. Ckg=gC_k g = g), il est clair que la suite C1g,…,CkgC^1 g, \ldots, C^k g (resp. Ckg,Ck−1g,…,C0gC_k g, C_{k-1} g, \ldots, C_0 g) possède les propriétés de la définition 1, donc que g est nilpotente. Réciproquement, supposons qu’il existe une suite (gi)0≤i≤p(g_i)_{0 \leq i \leq p} possédant les propriétés de la définition 1. On voit par récurrence sur i que gi⊃Ci+1gg_i \supset C^{i+1} g et gp−i⊂Cigg_{p-i} \subset C_i g. Donc Cp+1g={0}C^{p+1} g = \{0\} et Cpg=gC_p g = g. On a ainsi prouvé que les conditions a), b), c) sont équivalentes. D’autre part, CigC^i g est l’ensemble des combinaisons linéaires d’éléments de la forme

[x1,[x2,…,[xi−2,[xi−1,xi]]…]] [x_1, [x_2, \ldots, [x_{i-2}, [x_{i-1}, x_i]] \ldots ]]
quand x1,x2,…,xix_1, x_2, \ldots, x_i parcourent g. Donc les conditions b) et d) sont équivalentes. Enfin, s’il existe une suite (gi)0≤i≤p(g_i)_{0 \leq i \leq p} d’idéaux possédant les propriétés de la déf. 1, il existe une suite décroissante (h_i)_{0 \leq i \leq n} de sous-espaces vectoriels de g de dimension n, n - 1, n - 2, \ldots, 0, et une suite d’indices i_0 < i_1 < \cdots < i_p avec g_0 = h_{i_0}, g_1 = h_{i_1}, \ldots, g_p = h_{i_p}; alors, comme [g, h_{i_k}] \subset h_{i_{k+1}}, les h_i sont des idéaux et [g, h_i] \subset h_{i+1} pour tout i. Donc les conditions a) et e) sont équivalentes.

Corollaire 1

Le centre d’une algèbre de Lie nilpotente non nulle est non nul.

Corollaire 2

La forme de Killing d’une algèbre de Lie nilpotente est nulle.

En effet, quels que soient x et y dans une algèbre de Lie nilpotente, ad x \circ ad y est nilpotent, donc de trace nulle.

Proposition 2

Une sous-algèbre, une algèbre quotient, une extension centrale d’une algèbre de Lie nilpotente sont nilpotentes. Un produit fini d’algèbres de Lie nilpotentes est une algèbre de Lie nilpotente.

Soient g une algèbre de Lie, g' une sous-algèbre de g, h un idéal de g, \mathfrak{k} = g/h, et \varphi l’application canonique de g sur \mathfrak{k}. Si g est nilpotente, on a C^k g = \{0\} pour un entier k, donc C^k g' \subset C^k g = \{0\} et C^k \mathfrak{k} = \varphi(C^k g) = \{0\}, donc g' et \mathfrak{k} sont nilpotentes. Si \mathfrak{k} est nilpotente et h contenu dans le centre de g, on a C^k \mathfrak{k} = \{0\} pour un entier k, donc C^k g \subset h, et par suite C^{k+1} g \subset [h, g] = \{0\}, de sorte que g est nilpotente. Enfin, l’assertion relative aux produits résulte par exemple de l’assertion a) \Leftrightarrow d) de la prop. 1.

La définition 1 et la proposition 2 montrent que les algèbres de Lie nilpotentes sont exactement les algèbres obtenues à partir des algèbres de Lie commutatives par une suite d’extensions centrales.

Proposition 3

Soient g une algèbre de Lie nilpotente, h une sous-algèbre de g distincte de g. Le normalisateur de h dans g est distinct de h.

Soit k le plus grand entier tel que C^k g + h \neq h. Alors, [C^k g + h, h] \subset C^{k+1} g + h \subset h, donc le normalisateur de h dans g contient C^k g + h.

2. Le théorème d’Engel

Lemme 1

Soit V un espace vectoriel sur K. Si x est un endomorphisme nilpotent de V, l’application y↦[x,y]y \mapsto [x, y] de L(V)\mathscr{L}(V) dans L(V)\mathscr{L}(V) est nilpotente.

En effet, si f désigne cette application, fm(y)f^m(y) est une somme de termes de la forme ±xiyxj\pm x^i y x^j avec i+j=mi + j = m. Si xk=0x^k = 0, on a donc f2k−1(y)=0f^{2k-1}(y) = 0 pour tout yy.

Théorème 1 (Ergel)

Soient V un espace vectoriel sur K, et g une sous-algèbre de dimension finie de gl(V)\mathrm{gl}(V), dont les éléments sont des endomorphismes nilpotents de V. Si V≠{0}V \neq \{0\}, il existe un u≠0u \neq 0 dans V tel que x.u=0x.u = 0 pour tout x∈gx \in g.

La démonstration procède par récurrence sur la dimension n de g. Le théorème est évident si n=0n = 0. Supposons-le vrai pour les algèbres de dimension < n.

Soit h\mathfrak{h} une sous-algèbre de Lie de g de dimension m<nm < n. Si x∈hx \in \mathfrak{h}, adgx\mathrm{ad}_g x applique h\mathfrak{h} dans lui-même et définit par passage au quotient un endomorphisme σ(x)\sigma(x) de l’espace g/hg/\mathfrak{h}. D’après le lemme 1, adgx\mathrm{ad}_g x est nilpotent, donc σ(x)\sigma(x) est nilpotent. En vertu de l’hypothèse de récurrence, il existe un élément non nul de g/hg/\mathfrak{h} qui est annulé par tous les σ(x),x∈h\sigma(x), x \in \mathfrak{h}. Autrement dit, il existe y∈g,y∉hy \in g, y \notin \mathfrak{h}, tel que [x,y]∈h[x, y] \in \mathfrak{h} pour tout x∈hx \in \mathfrak{h}. Il en résulte que h\mathfrak{h} est un idéal dans une certaine sous-algèbre de dimension m+1m + 1 de g.

On en conclut (par itération à partir de h={0}\mathfrak{h} = \{0\}) que g possède un idéal h\mathfrak{h} de dimension n−1n - 1. Soit a∈g,a∉ha \in g, a \notin \mathfrak{h}. Faisons usage à nouveau de l’hypothèse de récurrence : les u∈Vu \in V tels que x.u=0x.u = 0 pour tout x∈hx \in \mathfrak{h} forment un sous-espace vectoriel non nul U de V. Ce sous-espace est stable pour aa (§ 3, no 5, prop. 5). Puisque aa est un endomorphisme nilpotent de V, il existe un élément non nul de U qui est annulé par aa, donc par tout élément de g.

Corollaire 1

Pour qu’une algèbre de Lie g soit nilpotente, il faut et il suffit que, pour tout x∈gx \in g, ad x\mathrm{ad}\, x soit nilpotent.

La condition est nécessaire (prop. 1). Supposons démontrée sa suffisance pour les algèbres de Lie de dimension < n (n≠0n \neq 0). Soit g une algèbre de Lie de dimension n telle que, pour tout x∈gx \in g, ad xx soit nilpotent. Le théorème 1, appliqué à l’ensemble des ad x (x∈g)x\ (x \in g), prouve que le centre cc de gg est non nul. Alors, gg est extension centrale de l’algèbre de Lie g/cg/c, qui est nilpotente d’après notre hypothèse de récurrence. On conclut en appliquant la prop. 2.

Corollaire 2

Soient g une algèbre de Lie, h un idéal de g. On suppose que g/h est nilpotente et que, pour tout x \in g, la restriction à h de ad x est nilpotente. Alors g est nilpotente.

Soit x \in g. Comme g/h est nilpotente, il existe un entier k tel que (ad x)^k(g) \subset h. Par hypothèse, il existe un entier k' tel que (ad x)^{k'}(h) = \{0\}. Donc (ad x)^{k+k'} = \{0\}. Le cor. 2 est donc une conséquence du cor. 1.

Corollaire 3

Soient V un espace vectoriel, et g une sous-algèbre de dimension finie de gl(V) dont les éléments sont des endomorphismes nilpotents de V. Alors, g est une algèbre de Lie nilpotente.

Ceci résulte aussitôt du lemme 1 et du cor. 1.

Exemple

L’algèbre n(n, K) (§ 1, no 2, ex. 2, 3°) est nilpotente.

3. Le plus grand idéal de nilpotence d’une représentation

Lemme 2

Soient g une algèbre de Lie, a un idéal de g, M un g-module simple. Si, pour tout x \in a, x_M est nilpotent, alors x_M = 0 pour tout x \in a.

En effet, soit N le sous-espace de M formé des m \in M tels que x_M . m = 0 pour tout x \in a. D’après le th. 1, N \neq \{0\}. D’autre part, pour tout y \in g, N est stable pour y_M (§ 3, no 5, prop. 5). Donc N = M, ce qui prouve le lemme.

Lemme 3

Soient g une algèbre de Lie, a un idéal de g, M un g-module de dimension finie sur K et (M_i)_{0 \leq i \leq n} une suite de Jordan-Hölder du g-module M. Les conditions suivantes sont équivalentes :

a) pour tout x \in a, x_M est nilpotent ;

b) pour tout x∈ax \in \mathfrak{a}, xMx_{\mathbf{M}} est dans le radical de l’algèbre associative AA engendrée par 1 et les yMy_{\mathbf{M}}, où y∈gy \in \mathfrak{g}; c) pour tout x∈ax \in \mathfrak{a}, on a

xM(M0)⊂M1, xM(M1)⊂M2,…, xM(Mn−1)⊂Mn. x_{\mathbf{M}}(M_0) \subset M_1,\ x_{\mathbf{M}}(M_1) \subset M_2,\ldots,\ x_{\mathbf{M}}(M_{n-1}) \subset M_n.
Si ces conditions sont remplies, a\mathfrak{a} est orthogonal à g\mathfrak{g} pour la forme bilinéaire associée au g\mathfrak{g}-module MM.

b)⇒a)b) \Rightarrow a) : comme AA est de dimension finie sur KK, le radical de AA est un idéal nilpotent (Alg.Alg., chap. VIII, § 6, n° 4, th. 3), donc tout élément de ce radical est nilpotent.

a)⇒c)a) \Rightarrow c) : chaque Qi=Mi/Mi+1Q_i = M_i/M_{i+1} (0≤i<n0 \leq i < n) est un g\mathfrak{g}-module simple. Pour tout x∈ax \in \mathfrak{a}, l’endomorphisme xQix_{Q_i} (qui se déduit de xMx_{\mathbf{M}} par restriction à MiM_i et passage au quotient) est nilpotent si la condition a) est satisfaite, donc nul d’après le lemme 2 ; autrement dit, xM(Mi)⊂Mi+1x_{\mathbf{M}}(M_i) \subset M_{i+1}.

c)⇒b)c) \Rightarrow b) : supposons satisfaite la condition c); soient x∈ax \in \mathfrak{a} et z∈Az \in A. On a z(Mi)⊂Miz(M_i) \subset M_i (0≤i<n0 \leq i < n), donc (zxM)n(M)={0}(zx_{\mathbf{M}})^n(M) = \{0\}; ainsi AxMAx_{\mathbf{M}} est un nilidéal à gauche de AA, donc est contenu dans le radical de AA (Alg.Alg., chap. VIII, § 6, n° 3, cor. 3 du th. 1).

Enfin, supposons satisfaites les conditions a), b), c)a),\ b),\ c). Soient x∈ax \in \mathfrak{a} et y∈gy \in \mathfrak{g}. On vient de voir que yMxMy_{\mathbf{M}}x_{\mathbf{M}} est nilpotent, donc Tr⁡(yMxM)=0\operatorname{Tr}(y_{\mathbf{M}}x_{\mathbf{M}}) = 0, ce qui prouve la dernière assertion du lemme.

Proposition 4

Soient g\mathfrak{g} une algèbre de Lie, MM un g\mathfrak{g}-module de dimension finie sur KK, AA l’algèbre associative engendrée par 1 et l’ensemble des xMx_{\mathbf{M}} (x∈gx \in \mathfrak{g}).

a) Les idéaux a\mathfrak{a} de g\mathfrak{g}, tels que xMx_{\mathbf{M}} soit nilpotent pour tout x∈ax \in \mathfrak{a}, sont tous contenus dans l’un d’eux, n\mathfrak{n}.

b) L’idéal n\mathfrak{n} est l’ensemble des x∈gx \in \mathfrak{g} tels que xMx_{\mathbf{M}} appartienne au radical de AA.

c) Soit (Mi)0≤i≤n(M_i)_{0 \leq i \leq n} une suite de Jordan-Hölder du g\mathfrak{g}-module MM; alors n\mathfrak{n} est aussi l’ensemble des x∈gx \in \mathfrak{g} tels que (x)Mi/Mi+1=0(x)_{M_i/M_{i+1}} = 0 pour tout ii.

d) n\mathfrak{n} est orthogonal à g\mathfrak{g} pour la forme bilinéaire associée à φ\varphi.

L’ensemble des x∈gx \in \mathfrak{g} tels que xMx_{\mathbf{M}} appartienne au radical de AA est évidemment un idéal de g\mathfrak{g}. La proposition résulte alors aussitôt du lemme 3.

Définition 2

L’idéal nn de la prop. 4 s’appelle le plus grand idéal de nilpotence pour le gg-module MM, ou le plus grand idéal de nilpotence de la représentation correspondante.

Il est clair que nn contient le noyau de cette représentation. Il lui est égal quand MM est semi-simple (prop. 4 c)), mais non en général. On prendra garde qu’un élément xx de gg tel que xMx_M soit nilpotent n’appartient pas nécessairement à nn.

Notons par ailleurs qu’un cas particulier du lemme 3 fournit aussitôt le résultat suivant :

Proposition 5

Soient VV un espace vectoriel de dimension finie nn sur KK, et gg une sous-algèbre de Lie de gl(V)\mathrm{gl}(V) dont les éléments sont des endomorphismes nilpotents de VV. Alors, il existe une suite décroissante de sous-espaces vectoriels V0,V1,…,VnV_0, V_1, \ldots, V_n de VV, de dimensions n,n−1,…,0n, n-1, \ldots, 0, tels que x(Vi)⊂Vi+1x(V_i) \subset V_{i+1} pour tout x∈gx \in g et tout i=0,1,…,n−1i = 0, 1, \ldots, n-1.

4. Le plus grand idéal nilpotent d’une algèbre de Lie

Soient gg une algèbre de Lie, aa un idéal de gg. Pour que aa soit nilpotent, il faut et il suffit que, pour tout x∈ax \in a, adgx\mathrm{ad}_g x soit nilpotent ; la condition, évidemment suffisante, est nécessaire, car, si aa est nilpotent, et si x∈ax \in a, adax\mathrm{ad}_a x est nilpotent et adgx\mathrm{ad}_g x applique gg dans aa, donc adgx\mathrm{ad}_g x est nilpotent. Ceci posé, la prop. 4, appliquée à la représentation adjointe de gg, fournit le résultat suivant :

Proposition 6

Soient gg une algèbre de Lie, EE la sous-algèbre associative de L(g)\mathscr{L}(g) engendrée par 1 et les adgx\mathrm{ad}_g x (x∈gx \in g). Soit RR le radical de EE. a) L’ensemble nn des y∈gy \in g tels que adgy∈R\mathrm{ad}_g y \in R est le plus grand idéal nilpotent de gg. b) Il est orthogonal à gg pour la forme de Killing.

On prendra garde que g/ng/n peut avoir des idéaux nilpotents non nuls.

5. Extension du corps de base

Soient g une K-algèbre de Lie, K₁ une extension de K, et g' = g_{(K₁)}. Comme C^k g' = (C^k g)_{(K₁)}, g est nilpotente si et seulement si g' est nilpotente.

Soient M un g-module de dimension finie sur K, n le plus grand idéal de nilpotence pour M, et M' = M_{(K₁)}. Soit (M_i)_{0 \leq i \leq n} une suite de Jordan-Hölder du g-module M. On a x_M(M_i) \subset M_{i+1} pour tout i et tout x \in n, donc x'_M'((M_i)_{(K₁)}) \subset (M_{i+1})_{(K₁)} pour tout i et tout x' \in n_{(K₁)} ; donc x'_M' est nilpotent pour x' \in n_{(K₁)}, de sorte que n_{(K₁)} est contenu dans le plus grand idéal de nilpotence n' pour M'. Nous allons voir que, si K₁ est séparable sur K, alors n' = n_{(K₁)}. Soient E la K-algèbre associative engendrée par 1 et les x_M (x \in g), E' la K-algèbre associative engendrée par 1 et les x'_M' (x' \in g'), R et R' les radicaux de E et E'. L’algèbre E' s’identifie canoniquement à E_{(K₁)}. On a R' = R_{(K₁)} (Alg., chap. VIII, § 7, no 2, cor. 2 c) de la prop. 3). Ceci posé, soit y' \in n', et écrivons y' = \sum_{i=1}^n \lambda_i y_i, où les y_i sont dans g et où les \lambda_i \in K₁ sont linéairement indépendants sur K. On a y'_M' = \sum_{i=1}^n \lambda_i (y_i)_M', et y'_M' \in R' = R_{(K₁)}. Donc (y_i)_M \in R, et par suite y_i \in n pour tout i. On en conclut que y' \in n_{(K₁)}, d’où n' \subset n_{(K₁)}.

En particulier, si K₁ est séparable sur K, le plus grand idéal nilpotent de g_{(K₁)} se déduit de celui de g par extension de K à K₁ du corps de base.

Exercices

Les conventions du § 4 restent valables, sauf mention contraire.

See the exercises for § 4.

Transcribed from the printed volume. Not translated.