Bourbaki

§ 4. Classification des systèmes de racines

1. Groupes de Coxeter finis

Nous nous proposons dans ce paragraphe de déterminer, à isomorphisme près, tous les systèmes de racines, et par conséquent tous les groupes cristallographiques (§ 2, no 5). Plus généralement, nous allons commencer par déterminer tous les groupes finis engendrés par des réflexions dans des espaces vectoriels réels de dimension finie : il revient au même (chap. V, § 4, no 8) de déterminer tous les groupes de Coxeter finis, ou encore (chap. V, § 4, no 8, th. 2) toutes les matrices de Coxeter d’ordre fini telles que la forme bilinéaire associée soit positive non dégénérée.

Soit M=(mij)i,j∈IM = (m_{ij})_{i,j \in I} une matrice de Coxeter d’ordre ll fini. Posons

qij=−cos⁡(π/mij). q_{ij} = - \cos (\pi / m_{ij}).

Rappelons que qii=1q_{ii} = 1 et que qij=qjiq_{ij} = q_{ji} est nul ou ≤−1/2\leq -1/2 pour i≠ji \neq j. Posons E=RIE = \mathbf{R}^I et soit (ei)i∈I(e_i)_{i \in I} la base canonique de EE. Nous noterons (x∣y)(x|y) la forme bilinéaire sur EE associée à MM (chap. V, § 4, no 1) et qq la forme quadratique x↦(x∣x)x \mapsto (x|x) sur EE. Pour x=∑i∈Iξiei∈Ex = \sum_{i \in I} \xi_i e_i \in E, on a

∣∣x∣∣2=q(x)=∑i,j∈Iqijξiξj. ||x||^2 = q(x) = \sum_{i,j \in I} q_{ij} \xi_i \xi_j.

Nous désignerons par (X,f)(\mathbf{X}, f) le graphe de Coxeter de MM (chap. IV, § 1, no 9). Si aa est une arête de X\mathbf{X}, nous dirons que f(a)f(a) est l’ordre de aa.

Dans toute la suite de ce numéro, nous supposerons que le groupe de Coxeter W(M)W(M) défini par MM (chap. V, § 4, no 3) est fini, de sorte que qq est positive non dégénérée et que X\mathbf{X} est une forêt (chap. V, § 4, no 8, prop. 8). Nous supposerons de plus que X\mathbf{X} est connexe (autrement dit que le groupe de Coxeter W(M)W(M) est irréductible), de sorte que X\mathbf{X} est un arbre.

En exprimant que qq est positive non dégénérée, nous obtiendrons des conditions sur les mijm_{ij} qui permettront de dresser la liste des possibilités pour les graphes de Coxeter correspondants; il restera ensuite à voir que ces possibilités sont effectivement réalisées, c’est-à-dire que les groupes W(M)W(M) correspondants sont finis.

Lemme 1

Pour tout ii, on a* ∑j≠iqij2<1\sum_{j \neq i} q_{ij}^2 < 1.

Soit JJ l’ensemble des j∈Ij \in I distincts de ii tels que qij≠0q_{ij} \neq 0, c’est-à-dire tels que {i,j}\{i, j\} soit une arête de X\mathbf{X}. Si j,j′∈Jj, j' \in J et j≠j′j \neq j', {j,j′}\{j, j'\} n’est pas une arête (sinon i,j,j′i, j, j' formeraient un circuit), donc (ej∣ej′)=0(e_j|e_{j'}) = 0. Soit F=∑j∈JRejF = \sum_{j \in J} \mathbf{R} e_j. Alors (ej)j∈J(e_j)_{j \in J} est une base orthonormale de FF. La distance dd de eie_i à FF est donnée par d2=1−∑j∈J(ei∣ej)2=1−∑j∈Jqij2=1−∑j≠iqij2d^2 = 1 - \sum_{j \in J} (e_i|e_j)^2 = 1 - \sum_{j \in J} q_{ij}^2 = 1 - \sum_{j \neq i} q_{ij}^2, d’où le lemme.

Lemme 2

Un sommet de X\mathbf{X} ne peut appartenir qu’à 3 arêtes au plus.

En effet, si ii est lié à hh autres sommets, les relations qij2≥14q_{ij}^2 \geq \frac{1}{4} pour ces autres sommets entraînent h4<1\frac{h}{4} < 1 d’après le lemme 1, donc h≤3h \leq 3.

Lemme 3

Si ii appartient à 3 arêtes, ces arêtes sont d’ordre 3.

Dans le cas contraire, on aurait, compte tenu de la relation cos⁡π4=22\cos \frac{\pi}{4} = \frac{\sqrt{2}}{2},

∑j≠iqij2≥14+14+(22)2=1 \sum_{j \neq i} q_{ij}^2 \geq \frac{1}{4} + \frac{1}{4} + (\frac{\sqrt{2}}{2})^2 = 1

ce qui est impossible (lemme 1).

Lemme 4

S’il existe une arête d’ordre ≥6\geq 6, on a l=2l = 2.

Soit en effet {i,j}\{i, j\} cette arête. Si on avait l>2l > 2, un des sommets i,ji, j (par exemple ii) serait lié à un troisième sommet j′j', puisque X\mathbf{X} est connexe. Compte tenu de la relation cos⁡π6=32\cos \frac{\pi}{6} = \frac{\sqrt{3}}{2} on aurait

∑k≠iqik2≥14+(32)2=1 \sum_{k \neq i} q_{ik}^2 \geq \frac{1}{4} + (\frac{\sqrt{3}}{2})^2 = 1

ce qui est impossible (lemme 1).

Lemme 5

Un sommet ne peut appartenir à deux arêtes distinctes d’ordre ⩾4\geqslant 4.

Soit ii un tel sommet. On aurait ∑j≠iqij2≥(22)2+(22)2=1\sum_{j \neq i} q_{ij}^2 \geq (\frac{\sqrt{2}}{2})^2 + (\frac{\sqrt{2}}{2})^2 = 1, ce qui est impossible (lemme 1).

Soit {i,j}\{i, j\} une arête de XX. Nous allons définir un nouveau graphe de Coxeter, qui sera dit déduit du graphe de MM par identification de ii et jj. L’ensemble I′I' des sommets est l’ensemble quotient de II obtenu en identifiant ii et jj. Posons p={i,j}p = \{i, j\}, qui est un élément de I′I', et identifions les éléments de II distincts de ii et jj à leurs images canoniques dans I′I'. Soient k,k′k, k' deux éléments distincts de I′I'. Alors {k,k′}\{k, k'\} est une arête du nouveau graphe dans les cas suivants :

1) kk et k′k' sont distincts de pp, et {k,k′}\{k, k'\} est une arête de XX; dans ce cas, on définit l’ordre de cette arête comme égal à mkk′m_{kk'};

2) k=pk = p, et l’un des ensembles {i,k′},{j,k′}\{i, k'\}, \{j, k'\} est une arête de XX; on définit l’ordre de {p,k′}\{p, k'\} comme égal à mik′m_{ik'} si {i,k′}\{i, k'\} est une arête de XX, à mjk′m_{jk'} si {j,k′}\{j, k'\} est une arête de XX (les deux éventualités ne peuvent se produire simultanément puisque XX est un arbre).

Soit M′=(mij′)i,j∈I′M' = (m'_{ij})_{i,j \in I'} la nouvelle matrice de Coxeter ainsi définie, et posons qij′=−cos⁡πmij′q'_{ij} = -\cos \frac{\pi}{m'_{ij}}. On a, pour k≠pk \neq p, qpk′=qik+qjkq'_{pk} = q_{ik} + q_{jk}. Donc, si (ξi)∈RI′(\xi_i) \in \mathbf{R}^{I'},

∑k,k′∈I′qkk′′ξkξk′=∑k,k′∈I−{i,j}qkk′ξkξk′+2∑k∈I−{i,j}(qik+qjk)ξkξp+ξp2. \sum_{k, k' \in I'} q'_{kk'} \xi_k \xi_{k'} = \sum_{k, k' \in I - \{i, j\}} q_{kk'} \xi_k \xi_{k'} + 2 \sum_{k \in I - \{i, j\}} (q_{ik} + q_{jk}) \xi_k \xi_p + \xi_p^2.

Posons ξi=ξj=ξp\xi_i = \xi_j = \xi_p; on obtient

(1)

∑k,k′∈I′qkk′′ξkξk′=∑k,k′∈Iqkk′ξkξk′+ξp2−ξi2−ξj2−2qijξiξj=∑k,k′∈Iqkk′ξkξk′−(1+2qij)ξp2. \sum_{k, k' \in I'} q'_{kk'} \xi_k \xi_{k'} = \sum_{k, k' \in I} q_{kk'} \xi_k \xi_{k'} + \xi_p^2 - \xi_i^2 - \xi_j^2 - 2q_{ij} \xi_i \xi_j \\ = \sum_{k, k' \in I} q_{kk'} \xi_k \xi_{k'} - (1 + 2q_{ij}) \xi_p^2.

Lemme 6

Si {i,j}\{i, j\} est d’ordre 3, W(M′)W(M') est un groupe de Coxeter fini.

En effet, on a qij=−12q_{ij} = -\frac{1}{2}, donc (1) devient

(2)

∑k,k′∈I′qkk′′ξkξk′=∑k,k′∈Iqkk′ξkξk′ \sum_{k, k' \in I'} q'_{kk'} \xi_k \xi_{k'} = \sum_{k, k' \in I} q_{kk'} \xi_k \xi_{k'}
donc (ξk)k∈I′↦∑k,k′∈I′qkk′′ξkξk′(\xi_k)_{k \in I'} \mapsto \sum_{k, k' \in I'} q'_{kk'} \xi_k \xi_{k'} est une forme quadratique positive non dégénérée. Il suffit alors d’appliquer le th. 2 du chap. V, § 4, no 8.

Lemme 7

On a l’alternative suivante : a) XX possède un point de ramification (chap. IV, Annexe, no 1) et un seul, et toutes les arêtes de XX sont d’ordre 3. b) XX est une chaîne, et possède au plus une arête d’ordre ⩾4\geqslant 4. Raisonnons par récurrence sur ll. a) Supposons que XX possède un point de ramification ii. Alors ii appartient à 3 arêtes d’ordre 3, {i,k1},{i,k2},{i,k3}\{i, k_1\}, \{i, k_2\}, \{i, k_3\} (lemmes 2 et 3). Si l=4l = 4, le lemme est démontré. Sinon, k1k_1 par exemple appartient à une arête distincte des précédentes puisque XX est connexe. Identifions ii et k1k_1 dans le graphe de Coxeter de MM. On obtient un nouveau graphe auquel on peut appliquer l’hypothèse de récurrence grâce au lemme 6. Or l’image pp de ii est point de ramification du nouveau graphe X′X'. Donc X′X' n’a aucun autre point de ramification et a toutes ses arêtes d’ordre 3. Donc XX a toutes ses arêtes d’ordre 3, et n’a aucun point de ramification distinct de ii et k1k_1. Si k1k_1 était point de ramification dans XX, pp appartiendrait à au moins 4 arêtes dans X′X', contrairement au lemme 2.

b) Supposons que XX ne possède aucun point de ramification. Alors XX est une chaîne (chap. IV, Annexe, n° 3, prop. 3). Soit {i,j}\{i, j\} une arête d’ordre ⩾4\geqslant 4. Si l=2l = 2, le lemme est trivial. Sinon, ii par exemple appartient à une arête {i,k}\{i, k\} avec k≠jk \neq j (puisque XX est connexe). Cette arête est d’ordre 3 (lemme 5). Identifions ii et kk dans le graphe de Coxeter de MM. Grâce au lemme 6, on peut appliquer l’hypothèse de récurrence. Soit pp l’image de ii dans le nouveau graphe X′X'. Dans X′X', {p,j}\{p, j\} est une arête d’ordre ⩾4\geqslant 4, donc X′X' n’a aucune autre arête d’ordre ⩾4\geqslant 4, donc {i,j}\{i, j\} est la seule arête d’ordre ⩾4\geqslant 4 dans XX.

Lemme 8

Soient i1,i2,…,ipi_1, i_2, \ldots, i_p des sommets de XX tels que {i1,i2},{i2,i3},…,{ip−1,ip}\{i_1, i_2\}, \{i_2, i_3\}, \ldots, \{i_{p-1}, i_p\} soient des arêtes d’ordre 3. Alors q(∑r=1preir)=12p(p+1)q \left( \sum_{r=1}^p r e_{i_r} \right) = \frac{1}{2} p(p+1).

On a (eir∣eir)=1, (eir∣eir+1)=−12, (eir∣eis)=0(e_{i_r}|e_{i_r}) = 1,\ (e_{i_r}|e_{i_{r+1}}) = -\frac{1}{2},\ (e_{i_r}|e_{i_s}) = 0 si s>r+1s > r + 1. Donc

q(∑r=1preir)=∑r=1pr2−2∑r=1p−112r(r+1)=p2−∑r=1p−1r. q \left( \sum_{r=1}^p r e_{i_r} \right) = \sum_{r=1}^p r^2 - 2 \sum_{r=1}^{p-1} \frac{1}{2} r(r+1) = p^2 - \sum_{r=1}^{p-1} r.

D’après Ens., chap. III, § 5, n° 8, cor. de la prop. 14, ceci vaut

p2−12p(p−1)=12p(p+1). p^2 - \frac{1}{2} p(p-1) = \frac{1}{2} p(p+1).

Lemme 9

Supposons que XX soit une chaîne ayant pour sommets 1,2,…,l1, 2, \ldots, l et pour arêtes {1,2},{2,3},…,{l−1,l}\{1, 2\}, \{2, 3\}, \ldots, \{l-1, l\}.

(i) Si l’une des arêtes {2,3},{3,4},…,{l−2,l−1}\{2, 3\}, \{3, 4\}, \ldots, \{l-2, l-1\} est d’ordre ⩾4\geqslant 4, cette arête est d’ordre 4, et le graphe est le suivant :

∘∘∘4 \begin{array}{cccc} \circ & \circ & \circ & \\ \hline & 4 & \end{array}

(ii) Si l’arête {1,2}\{1, 2\} est d’ordre 5, le graphe est l’un des suivants :

∘5∘∘5∘∘5∘ \begin{array}{cccc} \circ & 5 & \circ & \\ \circ & 5 & \circ & \\ \circ & 5 & \circ & \\ \end{array}

On peut supposer l>2l > 2 (lemme 4). Supposons que {i,i+1}\{i, i+1\} soit d’ordre ⩾4\geqslant 4, avec 1⩽i⩽l−11 \leqslant i \leqslant l-1. Posons

x=e1+2e2+⋯+iei,y=el+2el−1+⋯+(l−i)ei+1,etj=l−i. x = e_1 + 2e_2 + \cdots + ie_i,\quad y = e_l + 2e_{l-1} + \cdots + (l-i)e_{i+1},\quad \text{et}\quad j = l-i.

D’après le lemme 8, on a ∥x∥2=12i(i+1)\|x\|^2 = \frac{1}{2} i(i+1), ∥y∥2=12j(j+1)\|y\|^2 = \frac{1}{2} j(j+1). D’autre part, (x∣y)=ij(ei∣ei+1)=−ijcos⁡πm(x|y) = ij(e_i|e_{i+1}) = -ij \cos \frac{\pi}{m} avec m=4m = 4 ou 55 (lemme 4). On a

(x∣y)2<∥x∥2∥y∥2, (x|y)^2 < \|x\|^2 \|y\|^2,

c’est-à-dire

14ij(i+1)(j+1)>i2j2cos⁡2πm \frac{1}{4} ij(i+1)(j+1) > i^2 j^2 \cos^2 \frac{\pi}{m}

d’où

(3)

(i+1)(j+1)>4ijcos⁡2πm≥2ij. (i+1)(j+1) > 4ij \cos^2 \frac{\pi}{m} \geq 2ij.

Ceci donne d’abord ij−i−j−1<0ij - i - j - 1 < 0, ou (i−1)(j−1)<2(i-1)(j-1) < 2. Si

1<i<l−1, 1 < i < l-1,

on a 1<j<l−11 < j < l-1, donc i=j=2i = j = 2, et en outre

9>16cos⁡2πm, donc cos⁡2πm<cos⁡2π5(∗), 9 > 16 \cos^2 \frac{\pi}{m}, \text{ donc } \cos^2 \frac{\pi}{m} < \cos^2 \frac{\pi}{5} (*),

donc m=4m = 4. Ceci prouve (i). Si i=1i = 1 et m=5m = 5, on a 2j+2>4j3+582j + 2 > 4j \frac{3+\sqrt{5}}{8}, ou j5−12<2,j<5+1<4j \frac{\sqrt{5}-1}{2} < 2, j < \sqrt{5} + 1 < 4, donc l=j+1≤4l = j + 1 \leq 4. Ceci prouve (ii).

Lemme 10

Si X admet un point de ramification i, le sous-graphe plein X—{i} est réunion de trois chaînes, et si p—1, q—1, r—1 sont les longueurs de ces chaînes, le triplet (p, q, r) est égal, à une permutation près, à l’un des triplets (1, 2, 2), (1, 2, 3, ), (1, 2, 4), (1, 1, m) (m quelconque ≥1\geq 1).

Le sommet i appartient à 3 arêtes (lemme 2), et il n’existe aucun autre point de ramification (lemme 7), donc le sous-graphe plein X—{i} est somme de 3 chaînes X₁, X₂, X₃ dont chacune a un sommet terminal lié à i dans X. Soient {i₁, i₂}, {i₂, i₃}, ..., {iₚ₋₁, iₚ} les arêtes de X₁, {j₁, j₂}, ..., {jₖ₋₁, jₖ} celles de X₂, {k₁, k₂}, ..., {kᵣ₋₁, kᵣ} celles de X₃, avec i, j₁, k₁ liés à i dans X. On peut supposer p≥q≥r≥1p \geq q \geq r \geq 1. Posons

x=eip+2eip−1+⋯+pei1y=ejq+2ejq−1+⋯+qej1z=ekr+2ekr−1+⋯+rek1. \begin{align*} x &= e_{i_p} + 2e_{i_{p-1}} + \cdots + pe_{i_1} \\ y &= e_{j_q} + 2e_{j_{q-1}} + \cdots + qe_{j_1} \\ z &= e_{k_r} + 2e_{k_{r-1}} + \cdots + re_{k_1}. \end{align*}

(*) Les racines 5-èmes de 1 distinctes de 1 sont solutions de z4+z3+z2+z+1=0z^4 + z^3 + z^2 + z + 1 = 0. Posant x=12(z+1z)x = \frac{1}{2} (z + \frac{1}{z}), cette équation devient (2x)2−2+2x+1=0(2x)^2 - 2 + 2x + 1 = 0, ou 4x2+2x−1=04x^2 + 2x - 1 = 0, ou

x=−1±54. x = \frac{-1 \pm \sqrt{5}}{4}.

D’où

2cos⁡2π5−1=cos⁡2π5=5−14,cos⁡2π5=3+58>58>916,cos⁡π5=1+54. 2 \cos^2 \frac{\pi}{5} - 1 = \cos \frac{2\pi}{5} = \frac{\sqrt{5}-1}{4}, \quad \cos^2 \frac{\pi}{5} = \frac{3+\sqrt{5}}{8} > \frac{5}{8} > \frac{9}{16}, \quad \cos \frac{\pi}{5} = \frac{1+\sqrt{5}}{4}.

Comme toutes les arêtes de X sont d’ordre 3 (lemme 7), le lemme 8 donne ∥x∥2=12p(p+1)\|x\|^2 = \frac{1}{2} p(p+1), ∥y∥2=12q(q+1)\|y\|^2 = \frac{1}{2} q(q+1), ∥z∥2=12r(r+1)\|z\|^2 = \frac{1}{2} r(r+1). D’autre part, eie_i est orthogonal à ei1,ei2,…,eipe_{i_1}, e_{i_2}, \ldots, e_{i_p}, d’où (ei∣x)=p(ei∣ei1)=−12p(e_i|x) = p(e_i|e_{i_1}) = -\frac{1}{2} p; de même, (ei∣y)=−12q(e_i|y) = -\frac{1}{2} q, (ei∣z)=−12r(e_i|z) = -\frac{1}{2} r. Les vecteurs ∥x∥−1x,∥y∥−1y,∥z∥−1z\|x\|^{-1} x, \|y\|^{-1} y, \|z\|^{-1} z sont unitaires et deux à deux orthogonaux, et eie_i n’appartient pas au sous-espace F qu’ils engendrent; le carré de la distance de eie_i à F est

1−(ei∣x∥x∥)2−(ei∣y∥y∥)2−(ei∣z∥z∥)2 1 - (e_i \Big| \frac{x}{\|x\|})^2 - (e_i \Big| \frac{y}{\|y\|})^2 - (e_i \Big| \frac{z}{\|z\|})^2
=1−12pp+1−12qq+1−12rr+1 = 1 - \frac{1}{2} \frac{p}{p+1} - \frac{1}{2} \frac{q}{q+1} - \frac{1}{2} \frac{r}{r+1}
=1−12+121p+1−12+121q+1−12+121r+1. = 1 - \frac{1}{2} + \frac{1}{2} \frac{1}{p+1} - \frac{1}{2} + \frac{1}{2} \frac{1}{q+1} - \frac{1}{2} + \frac{1}{2} \frac{1}{r+1}.

Exprimant que cette quantité est > 0, il vient

(4)

(p+1)−1+(q+1)−1+(r+1)−1>1.(p+1)^{-1} + (q+1)^{-1} + (r+1)^{-1} > 1.

Donc 3(r+1)−1>13(r+1)^{-1} > 1, d’où r<2r < 2 et finalement r=1r = 1. Alors (4) donne

(5)

(p+1)−1+(q+1)−1>12(p+1)^{-1} + (q+1)^{-1} > \frac{1}{2}

donc 2(q+1)−1>122(q+1)^{-1} > \frac{1}{2}, d’où q⩽2q \leqslant 2. Enfin, si q=2q = 2, (5) donne

(p+1)−1>16,d’ouˋ p⩽4.(p+1)^{-1} > \frac{1}{6}, \quad \text{d’où } p \leqslant 4.

Théorème 1

Si (W, S) est un système de Coxeter fini irréductible, son graphe de Coxeter est isomorphe à l’un des suivants :

A_l \hspace{1cm} (l \geqslant 1 \text{ sommets}) B_l \hspace{1cm} (l \geqslant 2 \text{ sommets}) D_l \hspace{1cm} (l \geqslant 4 \text{ sommets}) E_6 E_7 E_8

F₄ o———o———o G₂ o———o———o H₃ o———o———o H₄ o———o———o I₂(p) o———p———o (p = 5 ou p ≥ 7).

Ces graphes de Coxeter sont deux à deux non isomorphes.

En effet, soit M=(mij)M = (m_{ij}) la matrice de Coxeter de (W, S), et soit l=Card(S)l = \mathrm{Card}(S). Si l’un des mijm_{ij} est ⩾6\geqslant 6, on a l=2l = 2 (lemme 4) et le graphe de Coxeter de (W, S) est de type G₂ ou I₂(p) avec p⩾7p \geqslant 7. Supposons maintenant tous les mij⩽5m_{ij} \leqslant 5.

a) Si les mijm_{ij} ne sont pas tous égaux à 3, le graphe X de (W, S) est une chaîne et un seul des mijm_{ij} est égal à 4 ou 5 (lemme 7). Si l’un des mijm_{ij} est égal à 5, le lemme 9 montre que l’on a l’un des types H₃, H₄ ou I₂(5). Si l’un des mijm_{ij} est égal à 4, le lemme 9 montre que l’on a l’un des types Bₗ, F₄.

b) Supposons tous les mijm_{ij} égaux à 3. Si X est une chaîne, le graphe de Coxeter est de type Aₗ. Sinon, le lemme 10 montre qu’il est de type E₆, E₇, E₈ ou Dₗ.

Le fait que les graphes de Coxeter énumérés soient deux à deux non isomorphes est évident.

Réciproquement :

Théorème 2

Les groupes de Coxeter définis par les graphes de Coxeter Aₗ, Bₗ, ..., I₂(p) du th. 1 sont finis.

C’est clair pour I₂(p), le groupe correspondant étant le groupe diédral d’ordre 2p2p (chap. IV, § 1, no 9).

Pour H₄ la forme quadratique correspondante est

ξ12+ξ22+ξ32+ξ42−ξ1ξ2−ξ2ξ3−2(cos⁡π5)ξ3ξ4 \xi_1^2 + \xi_2^2 + \xi_3^2 + \xi_4^2 - \xi_1 \xi_2 - \xi_2 \xi_3 - 2 (\cos \frac{\pi}{5}) \xi_3 \xi_4
=ξ12+ξ22+ξ32+ξ42−ξ1ξ2−ξ2ξ3−1+52ξ3ξ4 = \xi_1^2 + \xi_2^2 + \xi_3^2 + \xi_4^2 - \xi_1 \xi_2 - \xi_2 \xi_3 - \frac{1 + \sqrt{5}}{2} \xi_3 \xi_4
=(ξ2−ξ1+ξ32)2+(ξ4−1+54ξ3)2+34(ξ1−13ξ3)2+7−3524ξ32. = (\xi_2 - \frac{\xi_1 + \xi_3}{2})^2 + (\xi_4 - \frac{1 + \sqrt{5}}{4} \xi_3)^2 + \frac{3}{4} (\xi_1 - \frac{1}{3} \xi_3)^2 + \frac{7 - 3 \sqrt{5}}{24} \xi_3^2.

Comme 7−357 - 3 \sqrt{5} est >0> 0, cette forme est positive non dégénérée, et le groupe de Coxeter correspondant est fini. Il en est de même de celui correspondant à H₃, puisqu’il est isomorphe à un sous-groupe du précédent (chap. IV, § 1, no 8).

Pour les types Aₗ, Bₗ, ..., G₂, nous construirons, dans les nos 5 à 13, des systèmes de racines ayant les groupes correspondants comme groupes de Weyl. On verra ainsi que ces groupes sont, non seulement finis, mais cristallographiques (§ 2, no 5).

2. Graphes de Dynkin

Par abus de langage, nous appellerons graphe normé un couple (Γ,f)(\Gamma, f) ayant les propriétés suivantes :

1) Γ\Gamma est un graphe (dit sous-jacent à (Γ,f)(\Gamma, f)).

2) Si EE désigne l’ensemble des couples (i,j)(i, j) tels que {i,j}\{i, j\} soit une arête de Γ\Gamma, ff est une application de EE dans R\mathbf{R} telle que f(i,j)f(j,i)=1f(i, j)f(j, i) = 1 quel que soit (i,j)∈E(i, j) \in E.

On a une notion évidente d’isomorphisme de graphes normés.

Soit RR un système de racines réduit dans un espace vectoriel réel VV. Nous allons lui associer un graphe normé (X,f)(X, f), appelé graphe de Dynkin de RR. Les sommets de XX seront les éléments de l’ensemble II des orbites de W(R)W(R) dans la réunion des ensembles {B}×B\{B\} \times B (pour BB décrivant l’ensemble des bases de RR). Si N=(nij)i,j∈IN = (n_{ij})_{i,j \in I} (resp. M=(mij)i,j∈IM = (m_{ij})_{i,j \in I}) est la matrice de Cartan (resp. la matrice de Coxeter) canonique de RR (§1§ 1, no 5, Remarque 7), deux sommets ii et jj de XX seront liés si et seulement si nij≠0n_{ij} \neq 0 et on pose alors :

f(i,j)=nijnji f(i, j) = \frac{n_{ij}}{n_{ji}}

Comme nij=0n_{ij} = 0 entraîne nji=0n_{ji} = 0, on a bien défini ainsi un graphe normé (X,f)(X, f).

Soient (x∣y)(x|y) un produit scalaire sur VV, invariant par W(R)W(R), et B=(αi)i∈IB = (\alpha_i)_{i \in I} une base de RR, indexée canoniquement. Les formules (7) et (9) du § 1, no 1 montrent que les sommets ii et jj du graphe XX sont liés si et seulement si

(αi∣αj)≠0 (\alpha_i|\alpha_j) \neq 0

et on a alors :

f′(i,j)=(αi∣αi)(αj∣αj) f'(i, j) = \frac{(\alpha_i|\alpha_i)}{(\alpha_j|\alpha_j)}

Compte tenu des résultats du § 1, no 3 et 5, les seules possibilités sont les suivantes, à l’échange près de ii et jj :

1) ii et jj ne sont pas liés; nij=nji=0n_{ij} = n_{ji} = 0; mij=2m_{ij} = 2; 2) f(i,j)=f(j,i)=1f(i, j) = f(j, i) = 1; nij=nji=−1n_{ij} = n_{ji} = -1; mij=3m_{ij} = 3; 3) f(i,j)=2f(i, j) = 2, f(j,i)=1/2f(j, i) = 1/2; nij=−2n_{ij} = -2; nji=−1n_{ji} = -1; mij=4m_{ij} = 4; 4) f(i,j)=3f(i, j) = 3, f(j,i)=1/3f(j, i) = 1/3; nij=−3n_{ij} = -3; nji=−1n_{ji} = -1; mij=6m_{ij} = 6.

On voit donc que la connaissance du graphe de Dynkin de RR détermine la matrice de Cartan et la matrice de Coxeter de R et par suite détermine R à isomorphisme près. Plus précisément, le cor. de la prop. 15 du § 1, n° 5 entraîne le résultat suivant :

Proposition 1

Soient R1R_1 et R2R_2 deux systèmes de racines réduits dans des espaces vectoriels réels V1V_1 et V2V_2. Soient B1=(αi)i∈I1B_1 = (\alpha_i)_{i \in I_1} et B2=(αi)i∈I1B_2 = (\alpha_i)_{i \in I_1} des bases de R1R_1 et R2R_2, indexées canoniquement. Soit λ\lambda un isomorphisme du graphe de Dynkin de R1R_1 sur le graphe de Dynkin de R2R_2. Il existe alors un unique isomorphisme de V1V_1 sur V2V_2 transformant R1R_1 en R2R_2 et transformant αi\alpha_i en αλ(i)\alpha_{\lambda(i)} pour tout i∈I1i \in I_1.

Il est clair qu’un automorphisme de R définit un automorphisme du graphe de Dynkin de R, d’où un homomorphisme φ\varphi du groupe A(R)A(R) dans le groupe des automorphismes du graphe de Dynkin de R.

Corollaire

L’homomorphisme φ\varphi défini par passage au quotient un isomorphisme du groupe A(R)/W(R)A(R)/W(R) sur le groupe des automorphismes du graphe de Dynkin de R.

On a évidemment φ(g)=Id\varphi(g) = \mathrm{Id} pour tout g∈W(R)g \in W(R). D’autre part, la prop. 1 montre qu’il existe un isomorphisme ψ\psi du groupe des automorphismes du graphe de Dynkin de R sur le sous-groupe E des éléments de A(R)A(R) laissant fixe une base donnée B de R, tel que φ∘ψ=Id\varphi \circ \psi = \mathrm{Id}. Comme A(R)A(R) est le produit semi-direct de E et de W(R)W(R) (§ 1, n° 5, prop. 16), le corollaire en résulte.

Dans la pratique, on représente le graphe de Dynkin (X,f)(X, f) par un dessin composé de points et de traits de la manière suivante. Les points correspondent aux sommets de X ; deux points correspondant à deux sommets distincts i et j sont liés par 0, 1, 2 ou 3 traits suivants que l’on est dans le cas 1), 2), 3) ou 4) ci-dessus (à l’échange près de i et j). De plus, dans les cas 3) et 4), c’est-à-dire lorsque f(i,j)>1f(i, j) > 1 ou encore lorsque les racines αi\alpha_i et αj\alpha_j ne sont pas orthogonales et ne sont pas de même longueur, on place sur les deux ou trois traits joignant les points correspondant à i et j un signe d’inégalité >> orienté vers le point correspondant à j (c’est-à-dire à la racine de plus petite longueur) :

∘⟹∘(pour f(i,j)=2),∘⇛∘(pour f(i,j)=3). \begin{array}{cc} \circ \Longrightarrow \circ & \text{(pour } f(i, j) = 2 \text{)}, \\ \circ \Rrightarrow \circ & \text{(pour } f(i, j) = 3 \text{)}. \end{array}

Il est clair que la donnée de ce dessin permet de reconstituer le graphe de Dynkin (X,f)(X, f).

On remarquera que la figure associée au graphe de Coxeter de W(R)W(R) s’obtient à partir de la figure ainsi associée au graphe de Dynkin de R en conservant les points et les traits simples et en remplaçant les doubles traits (resp. triples traits) par un trait surmonté du nombre 4 (resp. 6). Inversement, si l’on connaît le graphe de Coxeter de W(R)W(R), l’opération inverse permet de reconstituer la figure associée au graphe de Dynkin de R, à l’exception des signes d’inégalité surmontant les doubles et triples traits. On déduit alors immédiatement du th. 1 la liste des graphes de Dynkin possibles. Plus précisément :

Théorème 3

Si R est un système de racines réduit et irréductible, son graphe de Dynkin est isomorphe à l’un des graphes représentés par les figures suivantes :

A_l o———o———o……o———o (l \geqslant 1 sommets) B_l o———o———o……o———o———o (l \geqslant 2 sommets) C_l o———o———o……o———o———o (l \geqslant 3 sommets) D_l o———o———o……o———o———o———o (l \geqslant 4 sommets) E_6 o———o———o———o E_7 o———o———o———o———o E_8 o———o———o———o———o———o———o F_4 o———o———o———o G_2 o———o———o

Ces graphes de Dynkin sont deux à deux non isomorphes et, pour chacun d’eux, il existe un système de racines irréductible et réduit l’admettant (à un isomorphisme près) comme graphe de Dynkin.

La première assertion résulte aussitôt du th. 1, compte tenu des remarques qui précèdent, du fait que les groupes de Coxeter de graphe H_3, H_4 et I_2(p) (pour p = 5 ou p \geqslant 7) ne sont pas cristallographiques, et de ce que les deux inégalités possibles pour le double (resp. triple) trait du graphe de Dynkin associé au graphe de Coxeter F_4 (resp. G_2) donnent des graphes de Dynkin isomorphes. La deuxième assertion est évidente et la troisième résultera de la construction explicite d’un système de racines réduit et irréductible pour chacun des types, construction qui va être effectuée dans les n°s 5 à 13.

Remarque 1

Le graphe A_1 est réduit à un seul sommet; on le note aussi B_1 ou C_1. Le graphe B_2———o est aussi noté C_2. Le graphe A_3———o———o est aussi noté D_3. Enfin, on note D_2 le graphe composé de deux sommets non liés. (Ces conventions proviennent des propriétés des systèmes de racines correspondants, cf. n°s 5 à 8.)

Remarque 2

Si (X, f) est le graphe de Dynkin d’un système de racines réduit R, le graphe de Dynkin du système inverse s’identifie à (X, f^{-1}). Autrement dit, la figure associée au graphe de Dynkin de R^\vee s’obtient à partir de celle associée au graphe de Dynkin de R en renversant les signes d’inégalité. Si R est irréductible, on voit que R est isomorphe à R^\vee, sauf si R est de type B_l ou C_l, auquel cas R^\vee est de type C_l ou B_l.

3. Groupe de Weyl affine et graphe de Dynkin complété

Soit R un système de racines réduit et irréductible et soit (X,f)(X, f) son graphe de Dynkin. Nous allons définir un autre graphe normé (X~,f~)(\tilde{X}, \tilde{f}) que nous appellerons le graphe de Dynkin complété de R. L’ensemble I~\tilde{I} des sommets de X~\tilde{X} se compose de l’ensemble I des sommets de X et d’un sommet noté 0, n’appartenant pas à I. Pour définir f~\tilde{f}, choisissons une base B=(αi)i∈IB = (\alpha_i)_{i \in I} de R et un produit scalaire (x∣y)(x|y) invariant par W(R)W(R). Soit α0\alpha_0 l’*opposée de la plus grande racine* pour l’ordre défini par B. Deux sommets distincts, i,j∈I~i, j \in \tilde{I} sont liés si et seulement si (αi∣αj)≠0(\alpha_i|\alpha_j) \neq 0 et on pose alors

f~(i,j)=(αi∣αi)(αj∣αj). \tilde{f}(i, j) = \frac{(\alpha_i|\alpha_i)}{(\alpha_j|\alpha_j)}.

On vérifie aussitôt que le graphe X~\tilde{X} et l’application f~\tilde{f} ainsi définis ne dépendent pas du choix de B ni du produit scalaire.

Si le rang ll de R est égal à 1, on a I={i}I = \{i\} et α0=−αi\alpha_0 = -\alpha_i; d’où f~(0,i)=1\tilde{f}(0, i) = 1. Si l≥2l \geq 2, α0\alpha_0 n’est proportionnelle à aucune des αi\alpha_i et (α0∣αi)(\alpha_0|\alpha_i) est ≤0\leq 0 (§ 1, no 8, prop. 25). Pour tout couple (i,j)(i, j) d’éléments distincts de I~\tilde{I}, les seules possibilités sont celles notées 1), 2), 3), 4) au numéro précédent (en posant par exemple n0i=n(α0,αi)n_{0i} = n(\alpha_0, \alpha_i) et m0i=m_{0i} = ordre de sα0sαis_{\alpha_0}s_{\alpha_i} pour tout i∈Ii \in I).

Dans le cas l≥2l \geq 2, on représente le graphe de Dynkin complété par une figure avec les mêmes conventions qu’au numéro précédent, on indique parfois en pointillé les traits joignent le sommet 0 aux autres sommets. Remarquons que le signe d’inégalité >> placé sur un tel trait, s’il existe, est toujours dirigé vers le sommet distinct de 0, puisque α0\alpha_0 est une racine de la plus grande longueur possible (§ 1, no 8, prop. 25). On identifie (X,f)(X, f) au sous-graphe de (X~,f~)(\tilde{X}, \tilde{f}) obtenu en supprimant le sommet 0.

L’action de A(R)A(R) sur (X,f)(X, f) se prolonge en une action sur (X~,f~)(\tilde{X}, \tilde{f}), laissant 0 fixe, et W(R)W(R) opère trivialement sur (X~,f~)(\tilde{X}, \tilde{f}).

Reprenons les notations du § 2. La prop. 5 du § 2, no 2, jointe au th. 1 du chap. V, § 3, no 2, montre que le graphe de Coxeter Σ\Sigma du groupe de Weyl affine Wa(R)W_a(R) se déduit de (X~,f~)(\tilde{X}, \tilde{f}) par les mêmes règles que celles permettant de passer de (X,f)(X, f) au graphe de Coxeter de W(R)W(R). D’autre part, soit G le normalisateur de Wa(R)W_a(R) (§ 2, no 3). À tout g∈Gg \in G correspond un automorphisme φ(g)\varphi(g) de Σ\Sigma et on a φ(g)=Id\varphi(g) = \mathrm{Id} si g∈Wa(R)g \in W_a(R). Inversement, à tout automorphisme λ\lambda de Σ\Sigma correspond, d’après la prop. 11 du chap. V, § 4, no 9, un élément g=ψ(λ)g = \psi(\lambda) et un seul, conservant une alcôve C donnée et tel que φ(g)=λ\varphi(g) = \lambda. Comme G est produit semi-direct du sous-groupe GCG_C des éléments conservant C et de Wa(R)W_a(R) (§ 2, no 3), on en déduit que φ\varphi fournit par passage au quotient un isomorphisme de G/WaG/W_a (ou de GCG_C) sur Aut(Σ)\mathrm{Aut}(\Sigma). On vérifie aussitôt que le composé de cet isomorphisme avec l’application canonique de A(R)/W(R)A(R)/W(R) dans G/WaG/W_a coïncide avec l’homomorphisme de A(R)/W(R)A(R)/W(R) dans Aut(Σ)\mathrm{Aut}(\Sigma) déduit de l’homomorphisme de A(R)/W(R)A(R)/W(R) dans Aut(X~,f~)\mathrm{Aut}(\tilde{X}, \tilde{f}) défini plus haut. D’après le § 2, n° 3, le groupe Aut(Σ)\mathrm{Aut}(\Sigma) est isomorphe au produit semi-direct de A(R)/W(R)A(R)/W(R) par P(R∨)/Q(R∨)P(R^\vee)/Q(R^\vee), et P(R∨)/Q(R∨)P(R^\vee)/Q(R^\vee) est isomorphe au groupe ΓC=GC∩Wa′\Gamma_C = G_C \cap W'_a (avec les notations du § 2, n° 3); l’élément de Aut(Σ)\mathrm{Aut}(\Sigma) correspondant à l’élément γi\gamma_i de ΓC\Gamma_C transforme le sommet 0 en le sommet ii de Σ\Sigma.

Remarque

On peut montrer que l’application canonique

Aut(X~,f~)→Aut(Σ) \mathrm{Aut}(\tilde{X}, \tilde{f}) \to \mathrm{Aut}(\Sigma)
est un isomorphisme.

Théorème 4

Soit (W,S)(W, S) un système de Coxeter irréductible, avec SS fini. Pour que la forme quadratique associée (chap. V, § 4, n° 1) soit positive et dégénérée, il faut et il suffit que le graphe de Coxeter de (W,S)(W, S) soit isomorphe à l’un des suivants :

A~1A~l(l≥2)(circuit aˋ l+1 sommets)B~2B~l(l≥3)(l+1 sommets)C~l(l≥3)(l+1 sommets)D~l(l≥4)(l+1 sommets)E~6E~7E~8F~4G~2 \begin{array}{ll} \tilde{A}_1 & \\ \tilde{A}_l \quad (l \geq 2) & \text{(circuit à } l + 1 \text{ sommets)} \\ \tilde{B}_2 & \\ \tilde{B}_l \quad (l \geq 3) & (l + 1 \text{ sommets}) \\ \tilde{C}_l \quad (l \geq 3) & (l + 1 \text{ sommets}) \\ \tilde{D}_l \quad (l \geq 4) & (l + 1 \text{ sommets}) \\ \tilde{E}_6 & \\ \tilde{E}_7 & \\ \tilde{E}_8 & \\ \tilde{F}_4 & \\ \tilde{G}_2 & \end{array}

Ces graphes de Coxeter sont deux à deux non isomorphes.

D’après le chap. V, § 4, n° 9 et la prop. 8 du § 2, n° 5, les systèmes de Coxeter dont la forme quadratique est positive et dégénérée sont ceux qui correspondent aux groupes de Weyl affines des systèmes de racines réduits et irréductibles. Le théorème résulte alors de la détermination des graphes de Dynkin complétés faite dans les n°s 5 à 13 ci-après.

4. Préliminaires à la construction des systèmes de racines

Soient V un espace vectoriel réel de dimension l⩾1l \geqslant 1 muni d’un produit scalaire (x∣y)(x|y), L un sous-groupe discret de V, Λ\Lambda un ensemble fini de nombres >0> 0, et R l’ensemble des α∈L\alpha \in L tels que (α∣α)∈Λ(\alpha|\alpha) \in \Lambda. Supposons que R engendre V et que, pour tout couple (α,β)(\alpha, \beta) de points de R, le nombre 2(α∣β)(α∣α)2 \frac{(\alpha|\beta)}{(\alpha|\alpha)} soit entier. Alors, R est un système de racines dans V. En effet, R vérifie évidemment (SR_I). Soit α∈R\alpha \in R; soit sαs_\alpha la réflexion orthogonale x⟼x−2(x∣α)(α∣α)αx \longmapsto x - 2 \frac{(x|\alpha)}{(\alpha|\alpha)} \alpha; alors, si β∈R\beta \in R, on a 2(β∣α)(α∣α)∈Z2 \frac{(\beta|\alpha)}{(\alpha|\alpha)} \in \mathbf{Z}, donc sα(β)∈Ls_\alpha(\beta) \in L, et par ailleurs ∥sα(β)∥=∥β∥\|s_\alpha(\beta)\| = \|\beta\|, donc sα(β)∈Rs_\alpha(\beta) \in R; donc R vérifie (SR_{II}) et (SR_{III}), et est réduit si Λ\Lambda ne contient pas deux nombres de la forme λ\lambda et 4λ4\lambda.

Nous prendrons pour V un sous-espace de E=RnE = \mathbf{R}^n. Soit (ε1,…,εn)(\varepsilon_1, \ldots, \varepsilon_n) la base canonique de E; on munit E du produit scalaire (x∣y)(x|y) pour lequel cette base est orthonormale et on identifie E∗E^* à E (resp. V∗V^* à V) au moyen de ce produit scalaire. Définissons dans E les sous-groupes L0,L1,L2,L3L_0, L_1, L_2, L_3 comme suit :

1) L0L_0 est le Z\mathbf{Z}-module de base (εi)(\varepsilon_i). On a (α∣β)∈Z(\alpha|\beta) \in \mathbf{Z} pour α,β∈L0\alpha, \beta \in L_0. Les vecteurs α∈L0\alpha \in L_0 pour lesquels (α∣α)=1(\alpha|\alpha) = 1 sont les ±εi\pm \varepsilon_i (1≤i≤n1 \leq i \leq n); ceux pour lesquels (α∣α)=2(\alpha|\alpha) = 2 sont les ±εi±εj\pm \varepsilon_i \pm \varepsilon_j pour i<ji < j (les deux signes ±\pm, dans ±εi±εj\pm \varepsilon_i \pm \varepsilon_j, sont choisis indépendamment l’un de l’autre; on adopte une convention analogue dans toute la fin de ce paragraphe).

2) L1L_1 est le sous-Z\mathbf{Z}-module de L0L_0 formé des x=∑i=1nξiεi∈L0x = \sum_{i=1}^n \xi_i \varepsilon_i \in L_0 tels que ∑i=1nξi\sum_{i=1}^n \xi_i soit pair; comme ξi\xi_i et ξi2\xi_i^2 ont même parité, il revient au même de dire que (x∣x)(x|x) est pair. Soit L1′L_1' le sous-module de L1L_1 engendré par les εi±εj\varepsilon_i \pm \varepsilon_j; on a ∑i=1nξiεi≡(∑i=1nξi)εn\sum_{i=1}^n \xi_i \varepsilon_i \equiv (\sum_{i=1}^n \xi_i) \varepsilon_n (mod. L1′L_1'), et comme 2εn=(ε1+εn)−(ε1−εn)∈L1′2\varepsilon_n = (\varepsilon_1 + \varepsilon_n) - (\varepsilon_1 - \varepsilon_n) \in L_1', on voit que L1′=L1L_1' = L_1. Comme L0L_0 est engendré par L1L_1 et ε1\varepsilon_1, L0/L1L_0/L_1 est isomorphe à Z/2Z\mathbf{Z}/2\mathbf{Z}.

3) L2=L0+Z(12∑i=1nεi)L_2 = L_0 + \mathbf{Z}(\frac{1}{2} \sum_{i=1}^n \varepsilon_i). Il est clair qu’un élément x=∑i=1nξiεix = \sum_{i=1}^n \xi_i \varepsilon_i de V est dans L2L_2 si et seulement si

2ξi∈Z,ξi−ξj∈Zquels que soient i et j. 2\xi_i \in \mathbf{Z}, \quad \xi_i - \xi_j \in \mathbf{Z} \quad \text{quels que soient } i \text{ et } j.

Comme (εk∣12∑i=1nεi∣)=12(\varepsilon_k \left| \frac{1}{2} \sum_{i=1}^n \varepsilon_i \right|) = \frac{1}{2} pour tout kk, et que ∣12∑i=1nεi∣2=n4\left| \frac{1}{2} \sum_{i=1}^n \varepsilon_i \right|^2 = \frac{n}{4}, on a (α∣β)∈12Z(\alpha|\beta) \in \frac{1}{2}\mathbf{Z} pour α,β∈L2\alpha, \beta \in L_2 si nn est pair. Le groupe L2/L0L_2/L_0 est isomorphe à Z/2Z\mathbf{Z}/2\mathbf{Z}.

4) L3=L1+Z(12∑i=1nεi)L_3 = L_1 + \mathbf{Z}(\frac{1}{2}\sum_{i=1}^n \varepsilon_i). Si nn est un multiple de 4, L3L_3 est l’ensemble des ∑i=1nξiεi\sum_{i=1}^n \xi_i \varepsilon_i qui vérifient (6) et en outre la condition ∑i=1nξi∈2Z\sum_{i=1}^n \xi_i \in 2\mathbf{Z}; dans ce cas, on a (α∣β)∈Z(\alpha|\beta) \in \mathbf{Z} quels que soient α,β∈L3\alpha, \beta \in L_3.

Il est immédiat que le sous-groupe de E associé à L0L_0 (resp. L1,L2L_1, L_2) est L0L_0 (resp. L2,L1L_2, L_1). Le sous-groupe de E associé à L3L_3 est l’ensemble des

x=∑i=1nξiεi∈L2 x = \sum_{i=1}^n \xi_i \varepsilon_i \in L_2

tels que (x∣12∑i=1nεi)∈Z(x|\frac{1}{2}\sum_{i=1}^n \varepsilon_i) \in \mathbf{Z}, c’est-à-dire tels que ∑i=1nξi∈2Z\sum_{i=1}^n \xi_i \in 2\mathbf{Z}; si n≡0(mod4)n \equiv 0 \pmod{4}, ce sous-groupe associé est donc L3L_3.

Le groupe commutatif L2/L1L_2/L_1 est d’ordre 4, donc isomorphe à Z/4Z\mathbf{Z}/4\mathbf{Z} ou à (Z/2Z)×(Z/2Z)(\mathbf{Z}/2\mathbf{Z}) \times (\mathbf{Z}/2\mathbf{Z}) (Alg., chap. VII, § 4, n° 6, th. 3). Si nn est impair, on a

p(12∑i=1nεi)∈L1  ⟺  p≡0(mod4) p(\frac{1}{2}\sum_{i=1}^n \varepsilon_i) \in L_1 \iff p \equiv 0 \pmod{4}

donc L2/L1L_2/L_1 est cyclique d’ordre 4. Si nn est pair, on a

p(12∑i=1nεi)∈L1  ⟺  p≡0(mod2) p(\frac{1}{2}\sum_{i=1}^n \varepsilon_i) \in L_1 \iff p \equiv 0 \pmod{2}

donc L2/L1L_2/L_1, qui contient deux éléments distincts d’ordre 2, est isomorphe à (Z/2Z)×(Z/2Z)(\mathbf{Z}/2\mathbf{Z}) \times (\mathbf{Z}/2\mathbf{Z}).

Nous utiliserons ces notations dans les neuf n°s suivants et dans les planches. Pour chaque type de graphe de Dynkin du th. 3, nous expliciterons :

(I) Un système de racines R et le nombre de racines. (II) Une base B de R˙\dot{R}, et les racines positives correspondantes. La base B sera indexée par les entiers 1,…,l1, \ldots, l. (III) Le nombre de Coxeter hh (§ 1, n° 11). (IV) La plus grande racine α~\tilde{\alpha} (pour l’ordre défini par B) et le graphe de Dynkin complété (n° 3). Nous indiquerons à côté de chaque sommet la racine correspondante de B. (V) Le système inverse R∨R^\vee, la forme bilinéaire canonique et la constante γ(R)\gamma(R) (§ 1, n° 12). (VI) Les poids fondamentaux relativement à B (§ 1, n° 10). (VII) La somme des racines positives. (VIII) Les groupes P(R), Q(R), P(R)/Q(R) et l’indice de connexion (§ 1, n° 9).

(IX) Les exposants de W(R)W(R) (chap. V, § 6, n° 2, déf. 2). Dans les cas Al,Bl,ClA_l, B_l, C_l et DlD_l nous déterminerons les invariants symétriques. (X) L’ordre de W(R)W(R) (et éventuellement sa structure). (XI) le groupe A(R)/W(R)A(R)/W(R), son action sur le graphe de Dynkin, et l’élément w0w_0 de W(R)W(R) qui transforme BB en −B-B. (XII) L’action de P(R∨)/Q(R∨)P(R^\vee)/Q(R^\vee) sur le graphe de Dynkin complété et l’action de A(R)/W(R)A(R)/W(R) sur P(R∨)/Q(R∨)P(R^\vee)/Q(R^\vee). Pour chaque graphe de Dynkin du th. 3, ces données seront rassemblées dans les planches I à IX, en les ordonnant de façon uniforme comme ci-dessus. On y ajoute : (XIII) La matrice de Cartan, qui se déduit du graphe de Dynkin comme on l’a expliqué au n° 2.

5. Systèmes de type BlB_l (l⩾2l \geqslant 2)

(I) Considérons dans V=RlV = \mathbf{R}^l le groupe L0L_0 (n° 4). Soit RR l’ensemble des α∈L0\alpha \in L_0 tels que (α∣α)=1(\alpha|\alpha) = 1 ou (α∣α)=2(\alpha|\alpha) = 2, c’est-à-dire l’ensemble des vecteurs ±εi\pm \varepsilon_i (1⩽i⩽l1 \leqslant i \leqslant l) et ±εi±εj\pm \varepsilon_i \pm \varepsilon_j (1⩽i<j⩽l1 \leqslant i < j \leqslant l). Il est clair que RR engendre VV et que 2(α∣β)/(α∣α)∈Z2(\alpha|\beta)/(\alpha|\alpha) \in \mathbf{Z} quels que soient α,β∈R\alpha, \beta \in R. Donc RR est un système de racines réduit dans VV (n° 4). Le nombre de racines est n=2l+4l(l−1)2=2l2n = 2l + 4 \frac{l(l-1)}{2} = 2l^2.

(II) Posons

α1=ε1−ε2,α2=ε2−ε3,…,αl−1=εl−1−εl,αl=εl. \alpha_1 = \varepsilon_1 - \varepsilon_2, \quad \alpha_2 = \varepsilon_2 - \varepsilon_3, \ldots, \alpha_{l-1} = \varepsilon_{l-1} - \varepsilon_l, \quad \alpha_l = \varepsilon_l.

On a alors

εi=αi+αi+1+⋯+αl(1⩽i⩽l)εi+εj=(αi+αi+1+⋯+αl)+(αj+αj+1+⋯+αl)(1⩽i<j⩽l).εi−εj=αi+αi+1+⋯+αj−1(1⩽i<j⩽l). \begin{align*} \varepsilon_i &= \alpha_i + \alpha_{i+1} + \cdots + \alpha_l & (1 \leqslant i \leqslant l) \\ \varepsilon_i + \varepsilon_j &= (\alpha_i + \alpha_{i+1} + \cdots + \alpha_l) + (\alpha_j + \alpha_{j+1} + \cdots + \alpha_l) & (1 \leqslant i < j \leqslant l). \\ \varepsilon_i - \varepsilon_j &= \alpha_i + \alpha_{i+1} + \cdots + \alpha_{j-1} & (1 \leqslant i < j \leqslant l). \end{align*}

Donc (α1,α2,…,αl)(\alpha_1, \alpha_2, \ldots, \alpha_l) est une base de RR (§1§ 1, n° 7, cor. 3 de la prop. 20). En outre, on a ∥αi∥2=2\|\alpha_i\|^2 = 2 pour i<li < l, ∥αl∥2=1\|\alpha_l\|^2 = 1, (αi∣αi+1)=−1(\alpha_i|\alpha_{i+1}) = -1 pour 1⩽i⩽l−11 \leqslant i \leqslant l-1, (αi∣αj)=0(\alpha_i|\alpha_j) = 0 pour j>i+1j > i + 1; le graphe de Dynkin de RR est donc de type BlB_l, ce qui montre que RR est irréductible. Les racines positives sont les εi\varepsilon_i et les εi±εj\varepsilon_i \pm \varepsilon_j (i<ji < j).

(III) D’après le th. 1 (ii) du chap. V, § 6, n° 2, on a

h=n/l=2l. h = n/l = 2l.

(IV) Soit α~=ε1+ε2=α1+2α2+2α3+⋯+2αl\tilde{\alpha} = \varepsilon_1 + \varepsilon_2 = \alpha_1 + 2\alpha_2 + 2\alpha_3 + \cdots + 2\alpha_l, qui est une racine. La somme de ses coordonnées relativement à la base (αi)(\alpha_i) est 2l−1=h−12l - 1 = h - 1. Compte tenu de la prop. 31 du § 1, n° 11, α~\tilde{\alpha} est la plus grande racine de RR. On a (α~∣αi)=0(\tilde{\alpha}|\alpha_i) = 0 pour i≠2i \neq 2 et (α~∣α2)=1(\tilde{\alpha}|\alpha_2) = 1. Comme α2\alpha_2 est de longueur 1 (resp. 2\sqrt{2}) quand l=2l = 2 (resp. l⩾3l \geqslant 3), on en déduit le graphe de Dynkin complété de RR:

pour l=2l = 2

pour l⩾3l \geqslant 3

(V) La formule α∨=2α(α∣α)\alpha^\vee = \frac{2\alpha}{(\alpha|\alpha)} donne pour R∨R^\vee l’ensemble des vecteurs ±2εi\pm 2\varepsilon_i (1⩽i⩽l1 \leqslant i \leqslant l), ±εi±εj\pm \varepsilon_i \pm \varepsilon_j (1⩽i<j⩽l1 \leqslant i < j \leqslant l). Le graphe de Dynkin de R∨R^\vee se déduit de celui de RR par le procédé expliqué au no 2, et l’on voit que R∨R^\vee est du type ClC_l.

Les racines non orthogonales à β=ε1\beta = \varepsilon_1 sont ±ε1\pm \varepsilon_1 et ±ε1±εj\pm \varepsilon_1 \pm \varepsilon_j pour 2⩽j⩽l2 \leqslant j \leqslant l, donc sont au nombre de 4l−24l - 2; pour chacune de ces racines α\alpha, on a n(α,β)=±2n(\alpha, \beta) = \pm 2. La formule (17) du § 1, no 12 montre que, pour ΦR\Phi_R, le carré de la longueur de β\beta est (4l−2)−1(4l - 2)^{-1}; donc ΦR(x,y)=(x∣y)/(4l−2)\Phi_R(x, y) = (x|y)/(4l - 2). Appliquons la formule (18) du § 1, no 12 avec x=y=βx = y = \beta. Il vient

2+14(4l−4)=γ(R)14l−2 2 + \frac{1}{4}(4l - 4) = \gamma(R) \frac{1}{4l - 2}

d’où γ(R)=(l+1)(4l−2)\gamma(R) = (l + 1)(4l - 2).

(VI) On calcule aisément les poids fondamentaux ϖi\varpi_i (1⩽i⩽l1 \leqslant i \leqslant l) tels que (ϖi∣αj∨)=δij(\varpi_i|\alpha_j^\vee) = \delta_{ij}, et l’on trouve

ϖi=ε1+ε2+⋯+εi=α1+2α2+⋯+(i−1)αi−1+i(αi+αi+1+⋯+αl)(i<l)ϖl=12(ε1+ε2+⋯+εl)=12(α1+2α2+⋯+lαl). \begin{align*} \varpi_i &= \varepsilon_1 + \varepsilon_2 + \cdots + \varepsilon_i \\ &= \alpha_1 + 2\alpha_2 + \cdots + (i - 1)\alpha_{i-1} + i(\alpha_i + \alpha_{i+1} + \cdots + \alpha_l) \quad (i < l) \\ \varpi_l &= \frac{1}{2}(\varepsilon_1 + \varepsilon_2 + \cdots + \varepsilon_l) = \frac{1}{2}(\alpha_1 + 2\alpha_2 + \cdots + l\alpha_l). \end{align*}

(VII) La somme des racines positives est

2ρ=(2l−1)ε1+(2l−3)ε2+⋯+3εl−1+εl=(2l−1)α1+2(2l−2)α2+⋯+i(2l−i)αi+⋯+l2αl. \begin{align*} 2\rho &= (2l - 1)\varepsilon_1 + (2l - 3)\varepsilon_2 + \cdots + 3\varepsilon_{l-1} + \varepsilon_l \\ &= (2l - 1)\alpha_1 + 2(2l - 2)\alpha_2 + \cdots + i(2l - i)\alpha_i + \cdots + l^2\alpha_l. \end{align*}

(VIII) On a Q(R)=L0Q(R) = L_0 (no 4), et P(R)P(R) est engendré par Q(R)Q(R) et ϖl\varpi_l, donc est égal à L2L_2 (no 4). Donc P(R)/Q(R)P(R)/Q(R) est isomorphe à Z/2Z\mathbf{Z}/2\mathbf{Z}, et l’indice de connexion est égal à 2.

(IX) et (X) Dans RlR^l, la réflexion orthogonale sεi−εjs_{\varepsilon_i - \varepsilon_j} (i≠ji \neq j) échange εi\varepsilon_i et εj\varepsilon_j et laisse invariants les εk\varepsilon_k d’indice kk distinct de ii et jj. Les sεi−εjs_{\varepsilon_i - \varepsilon_j} engendrent un groupe G1G_1 isomorphe au groupe symétrique SlS_l. La réflexion orthogonale sεis_{\varepsilon_i} transforme εi\varepsilon_i en −εi-\varepsilon_i et laisse invariants les εk\varepsilon_k d’indice kk distinct de ii. Les sεis_{\varepsilon_i} engendrent un groupe G2G_2 isomorphe à (Z/2Z)l(\mathbf{Z}/2\mathbf{Z})^l. Le groupe de Weyl W(R)W(R) est engendré par G1G_1 et G2G_2, et G2G_2 est distingué dans W(R)W(R), donc W(R)W(R) est isomorphe à un produit semi-direct de Sl\mathfrak{S}_l par (Z/2Z)l(\mathbf{Z}/2\mathbf{Z})^l. Son ordre est par suite 2l.l!2^l.l!

L’algèbre symétrique S(Rl)S(\mathbf{R}^l) s’identifie canoniquement à l’algèbre des fonctions polynômes P(ξ1,…,ξl)P(\xi_1, \ldots, \xi_l) sur Rl\mathbf{R}^l. Pour qu’un tel polynôme soit invariant par W(R)W(\mathbf{R}), il faut d’abord que

P(ξ1,ξ2,…,ξl)=P(±ξ1,±ξ2,…,±ξl) P(\xi_1, \xi_2, \ldots, \xi_l) = P(\pm \xi_1, \pm \xi_2, \ldots, \pm \xi_l)

quels que soient les ll signes du second membre, c’est-à-dire que

P(ξ1,…,ξl)=Q(ξ12,…,ξl2) P(\xi_1, \ldots, \xi_l) = Q(\xi_1^2, \ldots, \xi_l^2)

où QQ est un polynôme; il faut ensuite que QQ soit une fonction polynôme symétrique; et ces conditions sont suffisantes. Par suite (Alg., chap. V, App. I), S(Rl)W(R)S(\mathbf{R}^l)^{W(\mathbf{R})} est l’algèbre engendrée par les ll fonctions polynômes

ti=∑τ∈Slξτ(1)2ξτ(2)2…ξτ(l)2(1≤i≤l). t_i = \sum_{\tau \in \mathfrak{S}_l} \xi_{\tau(1)}^2 \xi_{\tau(2)}^2 \ldots \xi_{\tau(l)}^2 \quad (1 \leq i \leq l).

Par ailleurs, le degré de transcendance sur R\mathbf{R} du corps des fractions de S(Rl)W(R)S(\mathbf{R}^l)^{W(\mathbf{R})} est ll, donc les tit_i sont algébriquement indépendants. Comme les tit_i sont de degré 2, 4, \ldots, 2l2l, on en conclut que les exposants de W(R)W(\mathbf{R}) sont (chap. V, § 6, no 2, prop. 3):

1,3,5,…,2l−1. 1, 3, 5, \ldots, 2l - 1.

(XI) Le seul automorphisme du graphe de Dynkin est l’identité. On a donc A(R)=W(R)A(\mathbf{R}) = W(\mathbf{R}) et −1∈W(R)-1 \in W(\mathbf{R}). Comme −1-1 transforme B en −B-B, on en déduit que w0=−1w_0 = -1.

(XII) Le groupe P(R∨)/Q(R∨)P(\mathbf{R}^\vee)/Q(\mathbf{R}^\vee) est dual de P(R)/Q(R)P(\mathbf{R})/Q(\mathbf{R}), donc isomorphe à Z/2Z\mathbf{Z}/2\mathbf{Z}. Son élément non trivial permutte les sommets correspondants à α0\alpha_0 et α1\alpha_1 et laisse fixés les autres.

6. Systèmes de type ClC_l (l≥2l \geq 2).

(I) L’existence de systèmes de racines de type ClC_l a été démontrée au no 5, puisqu’on a vu que le système inverse d’un système de type BlB_l est de type ClC_l. Un système de racines RR de type ClC_l est donc obtenu en prenant dans Rl\mathbf{R}^l les vecteurs ±2εi\pm 2\varepsilon_i (1≤i≤l1 \leq i \leq l), et ±εi±εj\pm \varepsilon_i \pm \varepsilon_j (1≤i<j≤l1 \leq i < j \leq l). Le nombre de racines est 2l22l^2.

(II) On obtient une base de RR en prenant l’image, par l’application α↦2α(α∣α)\alpha \mapsto \frac{2\alpha}{(\alpha|\alpha)}, de la base du système considéré au no 5. On obtient:

α1=ε1−ε2, α2=ε2−ε3, …, αl−1=εl−1−εl, αl=2εl. \alpha_1 = \varepsilon_1 - \varepsilon_2, \ \alpha_2 = \varepsilon_2 - \varepsilon_3, \ \ldots, \ \alpha_{l-1} = \varepsilon_{l-1} - \varepsilon_l, \ \alpha_l = 2\varepsilon_l.

Les racines positives sont les 2εi2\varepsilon_i et les εi±εj\varepsilon_i \pm \varepsilon_j (i<ji < j).

(III) Le nombre de Coxeter est le même que pour le système inverse : h=2lh = 2l.

(IV) Soit α~=2ε1=2α1+2α2+⋯+2αl−1+αl\tilde{\alpha} = 2\varepsilon_1 = 2\alpha_1 + 2\alpha_2 + \cdots + 2\alpha_{l-1} + \alpha_l, qui est une racine. La somme de ses coordonnées relativement à (αi)(\alpha_i) est 2l−1=h−12l - 1 = h - 1. Donc α~\tilde{\alpha} est la plus grande racine. On a (α~∣αi)=0(\tilde{\alpha}|\alpha_i) = 0 pour i≠1i \neq 1, (α~∣α1)=2(\tilde{\alpha}|\alpha_1) = 2.

D’où le graphe de Dynkin complété :

(V) On a déjà déterminé R∨R^\vee, qui est de type BlB_l. D’après la formule (19) du § 1, no 12, et d’après le no 5 (V), le carré de la longueur de 2εi2\varepsilon_i pour ΦR\Phi_R est

((l+1)(4l−2))−1((4l−2)−1)−1=(l+1)−1; ((l + 1)(4l - 2))^{-1}((4l - 2)^{-1})^{-1} = (l + 1)^{-1};

donc ΦR(x,y)=(x∣y)/4(l+1)\Phi_R(x, y) = (x|y)/4(l + 1).

On a γ(R)=γ(R∨)=(l+1)(4l−2)\gamma(R) = \gamma(R^\vee) = (l + 1)(4l - 2).

(VI) On trouve facilement les poids fondamentaux :

ϖi=ε1+ε2+⋯+εi=α1+2α2+⋯+(i−1)αi−1+i(αi+αi+1+⋯+12αl)(i≤l). \begin{align*} \varpi_i &= \varepsilon_1 + \varepsilon_2 + \cdots + \varepsilon_i \\ &= \alpha_1 + 2\alpha_2 + \cdots + (i - 1)\alpha_{i-1} + i(\alpha_i + \alpha_{i+1} + \cdots + \frac{1}{2}\alpha_l) \quad (i \leq l). \end{align*}

(VII) La somme des racines positives est

2ρ=2lε1+(2l−2)ε2+⋯+4εl−1+2εl=2lα1+2(2l−1)α2+⋯+i(2l−i+1)αi+⋯+(l−1)(l+2)αl−1+12l(l+1)αl. \begin{align*} 2\rho &= 2l\varepsilon_1 + (2l - 2)\varepsilon_2 + \cdots + 4\varepsilon_{l-1} + 2\varepsilon_l \\ &= 2l\alpha_1 + 2(2l - 1)\alpha_2 + \cdots + i(2l - i + 1)\alpha_i + \cdots \\ &+ (l - 1)(l + 2)\alpha_{l-1} + \frac{1}{2}l(l + 1)\alpha_l. \end{align*}

(VIII) D’après le no 4, et le no 5 (VIII), on a Q(R)=L1,P(R)=L0;P(R)/Q(R)Q(R) = L_1, P(R) = L_0; P(R)/Q(R) est isomorphe à Z/2Z\mathbf{Z}/2\mathbf{Z}, et l’indice de connexion est 2.

(IX) et (X) Ces questions ne concernent que W(R)W(R), et les résultats sont donc les mêmes que pour le type BlB_l.

(XI) Le même raisonnement qu’au no 6 montre que A(R)=W(R)A(R) = W(R) et w0=−1w_0 = -1.

(XII) Le seul élément non neutre de P(R∨)/Q(R∨)P(R^\vee)/Q(R^\vee) définit l’unique automorphisme non trivial du graphe de Dynkin complété : il échange les sommets correspondant à αj\alpha_j et αl−j\alpha_{l-j} pour 0≤j≤l0 \leq j \leq l.

7. Systèmes de type AlA_l (l≥1l \geq 1).

(I) et (II) Dans E=Rl+1E = \mathbf{R}^{l+1}, soit VV l’hyperplan d’équation ∑i=1l+1ξi=0\sum_{i=1}^{l+1} \xi_i = 0. En remplaçant ll par l+1l + 1 dans le no 5, on obtient un système R′R' de type Bl+1B_{l+1} dans EE, admettant la base

α1=ε1−ε2, α2=ε2−ε3, …, αl=εl−εl+1, αl+1=εl+1. \alpha_1 = \varepsilon_1 - \varepsilon_2, \ \alpha_2 = \varepsilon_2 - \varepsilon_3, \ \ldots, \ \alpha_l = \varepsilon_l - \varepsilon_{l+1}, \ \alpha_{l+1} = \varepsilon_{l+1}.

Comme α1,…,αl\alpha_1, \ldots, \alpha_l engendrent VV, R=R′∩VR = R' \cap V est un système de racines dans

V, de base (α1,…,αl)(\alpha_1, \ldots, \alpha_l) (§ 1, n° 7, cor. 4 de la prop. 20). D’après les calculs de produits scalaires du n° 5, il est immédiat que R est de type AlA_l. Les éléments de R sont les εi−εj\varepsilon_i - \varepsilon_j (i≠j,1≤i≤l+1,1≤j≤l+1i \neq j, 1 \leq i \leq l + 1, 1 \leq j \leq l + 1). Leur nombre est n=l(l+1)n = l(l + 1). Les racines positives sont les εi−εj\varepsilon_i - \varepsilon_j où i<ji < j.

(III) On a h=nl=l+1h = \frac{n}{l} = l + 1.

(IV) Soit α~=ε1−εl+1=α1+α2+⋯+αl\tilde{\alpha} = \varepsilon_1 - \varepsilon_{l+1} = \alpha_1 + \alpha_2 + \cdots + \alpha_l, qui est une racine. La somme de ses coordonnées relativements à (αi)(\alpha_i) est l=h−1l = h - 1. Donc α~\tilde{\alpha} est la plus grande racine. Pour l=1l = 1, on a α~=α1\tilde{\alpha} = \alpha_1, d’où (α~∣α1)=2(\tilde{\alpha}|\alpha_1) = 2; le graphe de Coxeter du groupe Wa(R)W_a(R) est

∘→∞∘α1 \begin{array}{c} \circ \xrightarrow{\infty} \circ \\ \alpha_1 \end{array}

Pour l≥2l \geq 2, on a (α~∣αi)=0(\tilde{\alpha}|\alpha_i) = 0 pour 0<i<l0 < i < l et (α~∣α1)=(α~∣αl)=1(\tilde{\alpha}|\alpha_1) = (\tilde{\alpha}|\alpha_l) = 1. D’où le graphe de Dynkin complété:

∘⋯∘⋯∘α1α2⋯αl−1αl \begin{array}{cccccc} \circ & \cdots & \circ & \cdots & \circ \\ \alpha_1 & \alpha_2 & \cdots & \alpha_{l-1} & \alpha_l \end{array}

(V) Identifiant V à son dual grâce au produit scalaire, on a α∨=2α(α∣α)=α\alpha^\vee = \frac{2\alpha}{(\alpha|\alpha)} = \alpha pour tout α∈R\alpha \in R, donc R∨=RR^\vee = R. Pour la forme ΦR\Phi_R, la longueur des racines est h−1/2=(l+1)−1/2h^{-1/2} = (l + 1)^{-1/2} (§ 1, n° 12); donc ΦR(x,y)=(x∣y)/2(l+1)\Phi_R(x, y) = (x|y)/2(l + 1). On a γ(R)=(l+1)2\gamma(R) = (l + 1)^2 (§ 1, n° 12, formule (20)). (VI) Soit (ϖi)1≤i≤l(\varpi_i)_{1 \leq i \leq l} la famille des poids fondamentaux. Posons

ϖi=∑j=1l+1ξijεj,avec ξij∈R. \varpi_i = \sum_{j=1}^{l+1} \xi_{ij} \varepsilon_j, \quad \text{avec } \xi_{ij} \in \mathbf{R}.

Exprimant que (ϖi∣αj∨)=δij(\varpi_i|\alpha_j^\vee) = \delta_{ij}, et ϖi∈V\varpi_i \in V, on a

ξii−ξi,i+1=1,ξij−ξi,j+1=0pour j≠i,∑j=1l+1ξij=0, \xi_{ii} - \xi_{i, i+1} = 1, \quad \xi_{ij} - \xi_{i, j+1} = 0 \quad \text{pour } j \neq i, \quad \sum_{j=1}^{l+1} \xi_{ij} = 0,

ce qui donne aisément

ϖi=ε1+⋯+εi−il+1(ε1+⋯+εl+1) \varpi_i = \varepsilon_1 + \cdots + \varepsilon_i - \frac{i}{l+1} (\varepsilon_1 + \cdots + \varepsilon_{l+1})
=1l+1((l−i+1)(α1+2α2+⋯+(i−1)αi−1) = \frac{1}{l+1} ((l-i+1)(\alpha_1 + 2\alpha_2 + \cdots + (i-1)\alpha_{i-1})
=+i((l−i+1)αi+(l−i)αi+1+⋯+αl)). \phantom{=} + i((l-i+1)\alpha_i + (l-i)\alpha_{i+1} + \cdots + \alpha_l)).

(VII) La somme des racines positives est

2ρ=lε1+(l−2)ε2+(l−4)ε3+⋯−(l−2)εl−lεl+1 2\rho = l\varepsilon_1 + (l-2)\varepsilon_2 + (l-4)\varepsilon_3 + \cdots - (l-2)\varepsilon_l - l\varepsilon_{l+1}
=lα1+2(l−1)α2+⋯+i(l−i+1)αi+⋯+lαl. = l\alpha_1 + 2(l-1)\alpha_2 + \cdots + i(l-i+1)\alpha_i + \cdots + l\alpha_l.

(VIII) Introduisons dans E=Rl+1E = \mathbf{R}^{l+1} le sous-groupe L0L_0 du no 4. Soit pp le projecteur orthogonal de EE sur VV. D’après le § 1, no 10, prop. 28, on a

Q(R)=Q(R′)∩V=L0∩V, et P(R)=p(P(R′)); Q(R) = Q(R') \cap V = L_0 \cap V, \text{ et } P(R) = p(P(R'));
tenant compte du fait que le dernier poids fondamental de R′R' est orthogonal à VV, on a P(R)=p(Q(R′))=p(L0)P(R) = p(Q(R')) = p(L_0). Ainsi, P(R)P(R) est le groupe engendré par les εi−εj\varepsilon_i - \varepsilon_j et par p(ε1)=ε1−(l+1)−1∑i=1l+1εip(\varepsilon_1) = \varepsilon_1 - (l + 1)^{-1} \sum_{i=1}^{l+1} \varepsilon_i, donc
P(R)=Q(R)+Z(ε1−(l+1)−1∑i=1l+1εi). P(R) = Q(R) + \mathbf{Z}(\varepsilon_1 - (l + 1)^{-1} \sum_{i=1}^{l+1} \varepsilon_i).
Or l+1l+1 est le plus petit entier m>0m > 0 tel que mp(ε1)∈Q(R)mp(\varepsilon_1) \in Q(R). Donc P(R)/Q(R)P(R)/Q(R) est isomorphe à Z/(l+1)Z\mathbf{Z}/(l + 1)\mathbf{Z} et l’indice de connexion est l+1l + 1.

(IX) et (X) Pour tout automorphisme gg de VV, soit φ(g)\varphi(g) l’automorphisme de EE qui prolonge gg et laisse invariant ε1+ε2+⋯+εl\varepsilon_1 + \varepsilon_2 + \cdots + \varepsilon_l. Si on prend pour gg la réflexion orthogonale sεi−εj∣Vs_{\varepsilon_i - \varepsilon_j}|V, φ(g)\varphi(g) est égal à sεi−εjs_{\varepsilon_i - \varepsilon_j}, donc échange εi\varepsilon_i et εj\varepsilon_j et laisse fixes les εk\varepsilon_k d’indice kk distinct de ii et jj. Soit

X={ε1,ε2,…,εl+1}. X = \{\varepsilon_1, \varepsilon_2, \ldots, \varepsilon_{l+1}\}.
Alors g↦φ(g)∣Xg \mapsto \varphi(g)|X est un isomorphisme de W(R)W(R) sur le groupe symétrique de XX. Ainsi, W(R)W(R) est isomorphe au groupe symétrique Sl+1S_{l+1}, donc est d’ordre (l+1)!(l + 1)!.

L’algèbre symétrique S(E)S(E) s’identifie canoniquement à l’algèbre des fonctions polynômes P(ξ1,ξ2,…,ξl+1)P(\xi_1, \xi_2, \ldots, \xi_{l+1}) sur EE. Soit G=φ(W(R))G = \varphi(W(R)). D’après ce qui précède, l’ensemble S(E)GS(E)^G des éléments de S(E)S(E) invariants par GG est l’ensemble des polynômes symétriques (\emph{Alg.}, chap. V, App. I), et par suite (\emph{ibid.}) S(E)GS(E)^G est l’algèbre engendrée par les fonctions

si′=∑τ∈Sl+1ξτ(1)ξτ(2)⋯ξτ(i)(1≤i≤l+1). s'_i = \sum_{\tau \in S_{l+1}} \xi_{\tau(1)} \xi_{\tau(2)} \cdots \xi_{\tau(i)} \quad (1 \leq i \leq l + 1).
L’algèbre S(V)S(V) s’identifie à l’algèbre des restrictions à VV des fonctions polynômes sur EE. Si P∈S(E)GP \in S(E)^G, la restriction de PP à VV est évidemment invariante par W(R)W(R). Réciproquement, si Q∈S(V)W(R)Q \in S(V)^{W(R)}, il existe P∈S(E)P \in S(E) prolongeant QQ; remplaçant PP par ((l+1)!)−1∑g∈Gg(P)((l + 1)!)^{-1} \sum_{g \in G} g(P), qui a même restriction que PP à VV, on voit qu’on peut supposer P∈S(E)GP \in S(E)^G. Ainsi, S(V)W(R)S(V)^{W(R)} est engendré par les si=si′∣Vs_i = s'_i|V. Or s1=0s_1 = 0. Par ailleurs, le degré de transcendance sur R\mathbf{R} du corps des fractions de S(V)W(R)S(V)^{W(R)} est ll, donc les sis_i (2≤i≤l+12 \leq i \leq l + 1) sont algébriquement indépendants. Comme les sis_i sont de degrés 2,3,…,l+12, 3, \ldots, l + 1, les exposants de W(R)W(R) sont :
1,2,3,…,l. 1, 2, 3, \ldots, l.

(XI) Pour l=1l = 1, on a A(R)=W(R)=Z/2ZA(R) = W(R) = \mathbf{Z}/2\mathbf{Z} et w0=−1w_0 = -1.

Pour l≥2l \geq 2, soit ε∈A(R)\varepsilon \in A(R) l’automorphisme qui transforme αi\alpha_i en αl+1−i\alpha_{l+1-i}. Il est clair que l’automorphisme du graphe de Dynkin induit par ε\varepsilon est l’unique automorphisme non trivial de ce graphe. Le groupe A(R)/W(R)A(R)/W(R) est isomorphe à Z/2Z\mathbf{Z}/2\mathbf{Z}. Comme −1-1 est un élément de A(R)A(R) qui n’appartient pas à W(R)W(R) d’après (IX) et (X), on voit que A(R)A(R) est isomorphe à W(R)×Z/2ZW(R) \times \mathbf{Z}/2\mathbf{Z}. On a w0=−εw_0 = -\varepsilon.

(XII) Le groupe P(R∨)/Q(R∨)P(R^\vee)/Q(R^\vee) étant cyclique d’ordre l+1l + 1, il opère sur le graphe de Dynkin complété par permutations circulaires. Si l≥2l \geq 2, l’unique élément non neutre de A(R)/W(R)A(R)/W(R) opère sur P(R∨)/Q(R∨)P(R^\vee)/Q(R^\vee) par l’automorphisme x↦−xx \mapsto -x.

8. Systèmes de type DlD_l (l≥3l \geq 3).

(I) Considérons dans V=RlV = \mathbf{R}^l le groupe L0L_0 (n° 4). L’ensemble RR des α∈L0\alpha \in L_0 tels que (α∣α)=2(\alpha|\alpha) = 2 est formé des vecteurs ±εi±εj\pm \varepsilon_i \pm \varepsilon_j (1≤i<j≤l1 \leq i < j \leq l). Il est clair que RR engendre VV et que 2(α∣β)/(α∣α)∈Z2(\alpha|\beta)/(\alpha|\alpha) \in \mathbf{Z} quels que soient α,β∈R\alpha, \beta \in R. Donc RR est un système de racines réduit dans VV (n° 4). Le nombre de racines est n=2l(l−1)n = 2l(l-1).

(II) Posons

α1=ε1−ε2,α2=ε2−ε3,…,αl−1=εl−1−εl,αl=εl−1+εl. \alpha_1 = \varepsilon_1 - \varepsilon_2, \quad \alpha_2 = \varepsilon_2 - \varepsilon_3, \quad \ldots, \quad \alpha_{l-1} = \varepsilon_{l-1} - \varepsilon_l, \quad \alpha_l = \varepsilon_{l-1} + \varepsilon_l.

On a aussitôt les formules

εi−εj=αi+αi+1+⋯+αj−1(i<j)εi+εj=αi+αi+1+⋯+αj−1+2αj+2αj+1+⋯=+2αl−2+αl−1+αl(i<j≤l−2)εi+εl−1=αi+αi+1+⋯+αl(i<l−1)εi+εl=αi+αi+1+⋯+αl−2+αl(i<l−1)εl−1+εl=αl, \begin{align*} \varepsilon_i - \varepsilon_j &= \alpha_i + \alpha_{i+1} + \cdots + \alpha_{j-1} \quad (i < j) \\ \varepsilon_i + \varepsilon_j &= \alpha_i + \alpha_{i+1} + \cdots + \alpha_{j-1} + 2\alpha_j + 2\alpha_{j+1} + \cdots \\ &\phantom{=} + 2\alpha_{l-2} + \alpha_{l-1} + \alpha_l \quad (i < j \leq l-2) \\ \varepsilon_i + \varepsilon_{l-1} &= \alpha_i + \alpha_{i+1} + \cdots + \alpha_l \quad (i < l-1) \\ \varepsilon_i + \varepsilon_l &= \alpha_i + \alpha_{i+1} + \cdots + \alpha_{l-2} + \alpha_l \quad (i < l-1) \\ \varepsilon_{l-1} + \varepsilon_l &= \alpha_l, \end{align*}

donc (α1,…,αl)(\alpha_1, \ldots, \alpha_l) est une base de RR (§1§ 1, n° 7, cor. 3 de la prop. 20). En outre, on a ∥αi∥2=2\| \alpha_i \|^2 = 2 pour tout ii, (αi∣αj)=0(\alpha_i|\alpha_j) = 0 pour i+1<ji + 1 < j sauf pour i=l−2i = l-2, j=lj = l qui donne (αl−2∣αl)=−1(\alpha_{l-2}|\alpha_l) = -1, (αi∣αi+1)=−1(\alpha_i|\alpha_{i+1}) = -1 pour i≤l−2i \leq l-2, et enfin (αl−1∣αl)=0(\alpha_{l-1}|\alpha_l) = 0; le graphe de Dynkin de RR est donc de type DlD_l. Les racines positives sont les εi±εj\varepsilon_i \pm \varepsilon_j pour i<ji < j.

(III) On a h=nl=2(l−1)h = \frac{n}{l} = 2(l-1).

(IV) Soit α~=ε1+ε2=α1+2α2+⋯+2αl−2+αl−1+αl\tilde{\alpha} = \varepsilon_1 + \varepsilon_2 = \alpha_1 + 2\alpha_2 + \cdots + 2\alpha_{l-2} + \alpha_{l-1} + \alpha_l, qui est une racine. La somme de ses coordonnées relativement à (αi)(\alpha_i) est

2l−3=h−1. 2l-3 = h-1.

Donc α~\tilde{\alpha} est la plus grande racine.

Si l=3l = 3, on a

(α~∣α1)=0,(α~∣α2)=(α~∣α3)=1. (\tilde{\alpha}|\alpha_1) = 0, \quad (\tilde{\alpha}|\alpha_2) = (\tilde{\alpha}|\alpha_3) = 1.
Si l≥4l \geq 4, on a (α~∣αi)=0(\tilde{\alpha}|\alpha_i) = 0 pour i≠2i \neq 2 et (α~∣α2)=1(\tilde{\alpha}|\alpha_2) = 1. D'où le graphe de Dynkin complété:

!Graphe de Dynkin

(V) Comme (α∣α)=2(\alpha|\alpha) = 2 pour tout α∈R\alpha \in \mathbf{R}, on a R∨=R\mathbf{R}^\vee = \mathbf{R}. La longueur des racines pour ΦR\Phi_\mathbf{R} est h−1/2=(2l−2)−1/2h^{-1/2} = (2l - 2)^{-1/2}. D'où

ΦR(x,y)=(x∣y)/(4l−4)etγ(R)=4(l−1)2. \Phi_\mathbf{R}(x, y) = (x|y)/(4l - 4) \quad \text{et} \quad \gamma(\mathbf{R}) = 4(l - 1)^2.
(VI) Un calcul analogue à celui du n° 7 donne les poids fondamentaux :
ω‾i=ε1+ε2+⋯+εi=α1+2α2+⋯+(i−1)αi−1+i(αi+αi+1+⋯+αl−2)+12i(αl−1+αl) \begin{align*} \overline{\omega}_i &= \varepsilon_1 + \varepsilon_2 + \cdots + \varepsilon_i \\ &= \alpha_1 + 2\alpha_2 + \cdots + (i - 1)\alpha_{i-1} + i(\alpha_i + \alpha_{i+1} + \cdots + \alpha_{l-2}) \\ &\hspace{10cm} + \frac{1}{2} i(\alpha_{l-1} + \alpha_l) \end{align*}
pour i<l−1i < l - 1,
ω‾l−1=12(ε1+ε2+⋯+εl−2+εl−1−εl)=12(α1+2α2+⋯+(l−2)αl−2+12lαl−1+12(l−2)αl). \begin{align*} \overline{\omega}_{l-1} &= \frac{1}{2} (\varepsilon_1 + \varepsilon_2 + \cdots + \varepsilon_{l-2} + \varepsilon_{l-1} - \varepsilon_l) \\ &= \frac{1}{2} (\alpha_1 + 2\alpha_2 + \cdots + (l - 2)\alpha_{l-2} + \frac{1}{2} l\alpha_{l-1} + \frac{1}{2} (l - 2)\alpha_l). \end{align*}
ω‾l=12(ε1+ε2+⋯+εl−2+εl−1+εl)=12(α1+2α2+⋯+(l−2)αl−2+12(l−2)αl−1+12lαl). \begin{align*} \overline{\omega}_l &= \frac{1}{2} (\varepsilon_1 + \varepsilon_2 + \cdots + \varepsilon_{l-2} + \varepsilon_{l-1} + \varepsilon_l) \\ &= \frac{1}{2} (\alpha_1 + 2\alpha_2 + \cdots + (l - 2)\alpha_{l-2} + \frac{1}{2} (l - 2)\alpha_{l-1} + \frac{1}{2} l\alpha_l). \end{align*}
(VII) La somme des racines positives est
2ρ=2(l−1)ε1+2(l−2)ε2+⋯+2εl−1=∑i=1l−22(il−i(i+1)2)αi+l(l−1)2(αl−1+αl). \begin{align*} 2\rho &= 2(l - 1)\varepsilon_1 + 2(l - 2)\varepsilon_2 + \cdots + 2\varepsilon_{l-1} \\ &= \sum_{i=1}^{l-2} 2\left(il - \frac{i(i+1)}{2}\right) \alpha_i + \frac{l(l-1)}{2} (\alpha_{l-1} + \alpha_l). \end{align*}
(VIII) Les ±εi±εj\pm \varepsilon_i \pm \varepsilon_j engendrent L1L_1 (n° 4), donc Q(R)=L1Q(\mathbf{R}) = L_1. Donc Q(R∨)=L1Q(\mathbf{R}^\vee) = L_1 et par suite P(R)=L2P(\mathbf{R}) = L_2 (n° 4). D'après le n° 4, P(R)/Q(R)P(\mathbf{R})/Q(\mathbf{R}) est isomorphe à Z/4Z\mathbf{Z}/4\mathbf{Z} pour ll impair, à (Z/2Z)×(Z/2Z)(\mathbf{Z}/2\mathbf{Z}) \times (\mathbf{Z}/2\mathbf{Z}) pour ll pair. Dans le premier cas, P(R)/Q(R)P(\mathbf{R})/Q(\mathbf{R}) est engendré par l'image canonique de ω‾l\overline{\omega}_l (et aussi par celle de ω‾l−1\overline{\omega}_{l-1}). Dans le second cas, P(R)/Q(R)P(\mathbf{R})/Q(\mathbf{R}) est engendré par les images canoniques de ω‾l−1\overline{\omega}_{l-1} et ω‾l\overline{\omega}_l. Dans les deux cas, l'indice de connexion est 4. (IX) et (X) Dans Rl\mathbf{R}^l, la réflexion orthogonale sεi−εjs_{\varepsilon_i-\varepsilon_j} (i≠ji \neq j) échange εi\varepsilon_i et εj\varepsilon_j, et laisse invariante les εk\varepsilon_k d'indice kk distinct de ii et jj. Les sεi−εjs_{\varepsilon_i-\varepsilon_j} engendrent un groupe G1G_1 isomorphe au groupe symétrique Sl\mathfrak{S}_l. D'autre part, sij=sεi−εjsεi+εjs_{ij} = s_{\varepsilon_i - \varepsilon_j} s_{\varepsilon_i + \varepsilon_j} transforme εi\varepsilon_i en −εi-\varepsilon_i, εj\varepsilon_j en −εj-\varepsilon_j et laisse invariants les εk\varepsilon_k d'indice kk distinct de ii et jj. Les sijs_{ij} engendrent un groupe G2G_2, ensemble des automorphismes uu de l'espace vectoriel Rl\mathbf{R}^l tels que u(εi)=(−1)νiεiu(\varepsilon_i) = (-1)^{\nu_i} \varepsilon_i avec ∏i=1l(−1)νi=1\prod_{i=1}^l (-1)^{\nu_i} = 1. Le groupe G2G_2 est isomorphe à (Z/2Z)l−1(\mathbf{Z}/2\mathbf{Z})^{l-1}, et G2G_2 est distingué dans W(R)W(\mathbf{R}), donc W(R)W(\mathbf{R}) est isomorphe à un produit semi-direct de Sl\mathfrak{S}_l par (Z/2Z)l−1(\mathbf{Z}/2\mathbf{Z})^{l-1}. Son ordre est par suite 2l−1⋅l!2^{l-1} \cdot l!

Les fonctions polynômes tit_i du n° 5 sont invariantes par W(R)W(\mathbf{R}), et il en est de même de t=ξ1ξ2…ξlt = \xi_1 \xi_2 \ldots \xi_l; on a d'ailleurs tl=t2t_l = t^2. Soit alors P(ξ1,…,ξl)P(\xi_1, \ldots, \xi_l) une fonction polynôme invariante par W(R)W(\mathbf{R}). Soit ξ1ν1ξ2ν2…ξlνl\xi_1^{\nu_1} \xi_2^{\nu_2} \ldots \xi_l^{\nu_l} un monôme figurant dans PP tel que νi\nu_i soit impair; alors νj\nu_j est impair pour tout jj, car dans sij(P)s_{ij}(P) figure le monôme (−1)νi+νjξ1ν1ξ2ν2…ξlνl(-1)^{\nu_i + \nu_j} \xi_1^{\nu_1} \xi_2^{\nu_2} \ldots \xi_l^{\nu_l}, d'où νi+νj≡0\nu_i + \nu_j \equiv 0 (mod. 2) et νj≡1\nu_j \equiv 1 (mod. 2). Donc P=P1+tP2P = P_1 + tP_2, où tous les monômes figurant dans P1P_1 et P2P_2 possèdent uniquement des exposants pairs. Comme PP est invariant par les permutations des ξi\xi_i, P1P_1 et P2P_2 possèdent la même propriété, donc s'écrivent comme des polynômes par rapport à t1,t2,…,tlt_1, t_2, \ldots, t_l. Ceci prouve que l'algèbre S(Rl)W(R)S(\mathbf{R}^l)^{W(\mathbf{R})} est engendrée par t1,t2,…,tl−1,tt_1, t_2, \ldots, t_{l-1}, t. Par ailleurs, le degré de transcendance du corps des fractions de S(Rl)W(R)S(\mathbf{R}^l)^{W(\mathbf{R})} est ll, donc t1,t2,…,tl−1,tt_1, t_2, \ldots, t_{l-1}, t sont algébriquement indépendants. On en conclut que la suite des exposants, convenablement ordonnée, est :

1, 3, 5, …, 2l−5, 2l−3, l−1. 1,\ 3,\ 5,\ \ldots,\ 2l-5,\ 2l-3,\ l-1.

On notera que l−1l-1 apparaît deux fois si ll est pair, une seule fois si ll est impair.

(XI) Les automorphismes du graphe de Dynkin sont ceux du graphe sous-jacent. Donc : 1) Si l=3l = 3, A(R)/W(R)A(\mathbf{R})/W(\mathbf{R}) est isomorphe à Z/2Z\mathbf{Z}/2\mathbf{Z}. 2) Si l=4l = 4, toute permutation des sommets terminaux définit un automorphisme du graphe, donc A(R)/W(R)A(\mathbf{R})/W(\mathbf{R}) est isomorphe à S3\mathfrak{S}_3. 3) Si l⩾5l \geqslant 5, les chaînes issues du point de ramification αl−2\alpha_{l-2} ont pour longueur 1,1 et l−3⩾2l-3 \geqslant 2. Le seul automorphisme du graphe distinct de l'identité correspond donc à l'automorphisme ε∈A(R)\varepsilon \in A(\mathbf{R}) qui permute αl−1\alpha_{l-1} et αl\alpha_l et laisse fixes les αi\alpha_i pour 1⩽i⩽l−21 \leqslant i \leqslant l-2. Donc A(R)/W(R)A(\mathbf{R})/W(\mathbf{R}) est isomorphe à Z/2Z\mathbf{Z}/2\mathbf{Z}; de plus A(R)A(\mathbf{R}) est produit semi-direct du groupe G1≃SlG_1 \simeq \mathfrak{S}_l défini dans (IX) par le groupe G3G_3 formé des automorphismes uu de Rl\mathbf{R}^l tels que u(εi)=±εiu(\varepsilon_i) = \pm \varepsilon_i pour tout ii.

Si ll est pair, on a −1∈W(R)-1 \in W(\mathbf{R}), d'où w0=−1w_0 = -1. Si ll est impair, on a −1∉W(R)-1 \notin W(\mathbf{R}), d'où A(R)=W(R)×{1,−1}A(\mathbf{R}) = W(\mathbf{R}) \times \{1, -1\} et w0=−εw_0 = -\varepsilon.

(XII) Pour ll pair, P(R∨)/Q(R∨)P(R^\vee)/Q(R^\vee) a trois éléments d'ordre 2, ω1,ωl−1\omega_1, \omega_{l-1} et ωl\omega_l. Comme ωl\omega_l (resp. ωl−1\omega_{l-1}) échange les sommets correspondant à α0\alpha_0 et αl\alpha_l (resp. αl−1\alpha_{l-1}), il échange ceux correspondant à α1\alpha_1 et αl−1\alpha_{l-1} (resp. αl\alpha_l) et aussi ceux correspondant à αj\alpha_j et αl−j\alpha_{l-j} pour

2≤j≤l−2. 2 \leq j \leq l - 2.
On a ω1=ωlωl−1\omega_1 = \omega_l \omega_{l-1}.

Pour ll impair, P(R∨)/Q(R∨)P(R^\vee)/Q(R^\vee) a deux éléments d'ordre 4 qui sont ωl−1\omega_{l-1} et ωl\omega_l, et un élément d'ordre 2, égal à ω1\omega_1. En effet ω1\omega_1 échange les sommets correspondant à α0\alpha_0 et α1\alpha_1, donc il laisse fixes les sommets correspondant aux αj\alpha_j pour 2≤j≤l−22 \leq j \leq l - 2 et est nécessairement d'ordre 2. Par suite ωl\omega_l est d'ordre 4 et transforme le sommet correspondant à α0\alpha_0 (resp. αl\alpha_l, resp. α1\alpha_1, resp. αl−1\alpha_{l-1}) en celui correspondant à αl\alpha_l (resp. α1\alpha_1, resp. αl−1\alpha_{l-1}, resp. α0\alpha_0), et échange les sommets correspondant à αj\alpha_j et αl−j\alpha_{l-j} pour 2≤j≤l−22 \leq j \leq l - 2. On a ω1=ωl2\omega_1 = \omega_l^2 et ωl−1=ωl3\omega_{l-1} = \omega_l^3.

Pour l≠4l \neq 4, l'élément non neutre de A(R)/W(R)A(R)/W(R) échange les sommets correspondant à αl−1\alpha_{l-1} et αl\alpha_l, et par suite échange les éléments ωl−1\omega_{l-1} et ωl\omega_l de P(R∨)/Q(R∨)P(R^\vee)/Q(R^\vee). Pour ll impair, l'automorphisme ainsi obtenu de P(R∨)/Q(R∨)P(R^\vee)/Q(R^\vee) est l'application x↦−xx \mapsto -x.

Pour l=4l = 4, A(R)/W(R)A(R)/W(R) s'identifie au groupe des permutations de {1,3,4}\{1, 3, 4\} et opère par permutation des indices sur {ω1,ω3,ω4}\{\omega_1, \omega_3, \omega_4\}.

9. Système de type F4F_4

(I) Considérons dans R4\mathbf{R}^4 le groupe L2L_2 (n° 4). Soit RR l'ensemble des α∈L2\alpha \in L_2 tels que (α∣α)=1(\alpha|\alpha) = 1 ou (α∣α)=2(\alpha|\alpha) = 2; il contient les vecteurs

±εi,±εi±εj (i<j),12(±ε1±ε2±ε3±ε4). \pm \varepsilon_i, \quad \pm \varepsilon_i \pm \varepsilon_j \ (i < j), \quad \frac{1}{2} (\pm \varepsilon_1 \pm \varepsilon_2 \pm \varepsilon_3 \pm \varepsilon_4).
Réciproquement, si α∈R\alpha \in R, les coordonnées de α\alpha ne prennent que les valeurs 0, ±12\pm \frac{1}{2}, ±1\pm 1 (car (32)2>2(\frac{3}{2})^2 > 2); ces coordonnées sont, ou bien toutes entières, ce qui donne les vecteurs ±εi,±εi±εj\pm \varepsilon_i, \pm \varepsilon_i \pm \varepsilon_j, ou bien toutes égales à ±12\pm \frac{1}{2}, ce qui donne les vecteurs 12(±ε1±ε2±ε3±ε4)\frac{1}{2} (\pm \varepsilon_1 \pm \varepsilon_2 \pm \varepsilon_3 \pm \varepsilon_4).

Soient α,β∈R\alpha, \beta \in R et montrons que 2(α∣β)/(α∣α)∈Z2(\alpha|\beta)/(\alpha|\alpha) \in \mathbf{Z}. Si α=±εi\alpha = \pm \varepsilon_i, ou si α=12(±ε1±ε2±ε3±ε4)\alpha = \frac{1}{2} (\pm \varepsilon_1 \pm \varepsilon_2 \pm \varepsilon_3 \pm \varepsilon_4), on a (α∣α)=1(\alpha|\alpha) = 1, et on a vu au n° 4 que (α∣β)∈12Z(\alpha|\beta) \in \frac{1}{2} \mathbf{Z} puisque α,β∈L2\alpha, \beta \in L_2. Si α=±εi±εj\alpha = \pm \varepsilon_i \pm \varepsilon_j, on a (α∣α)=2(\alpha|\alpha) = 2, et on a vu au n° 4 que (α∣β)∈Z(\alpha|\beta) \in \mathbf{Z} puisque α∈L1\alpha \in L_1 et β∈L2\beta \in L_2. Donc RR est un système de racines réduit dans R4\mathbf{R}^4 (n° 4). Le nombre de racines est n=8+(42)4+24=48n = 8 + \binom{4}{2} 4 + 2^4 = 48.

(II) Munissons R4\mathbf{R}^4 de l'ordre lexicographique défini par la base (ε1,ε2,ε3,ε4)(\varepsilon_1, \varepsilon_2, \varepsilon_3, \varepsilon_4) (§ 1, n° 7). On a donc en particulier ε1>ε2>ε3>ε4\varepsilon_1 > \varepsilon_2 > \varepsilon_3 > \varepsilon_4. Les racines positives sont

εi,εi±εj (i<j),12 (ε1±ε2±ε3±ε4). \varepsilon_i,\quad \varepsilon_i \pm \varepsilon_j\ (i < j),\quad \frac{1}{2}\ (\varepsilon_1 \pm \varepsilon_2 \pm \varepsilon_3 \pm \varepsilon_4).

La plus petite est α3=ε4\alpha_3 = \varepsilon_4. Parmi les racines positives appartenant à Rε3+Rε4\mathbf{R}\varepsilon_3 + \mathbf{R}\varepsilon_4 mais non à Rε4\mathbf{R}\varepsilon_4, la plus petite est α2=ε3−ε4\alpha_2 = \varepsilon_3 - \varepsilon_4. Parmi les racines positives appartenant à Rε2+Rε3+Rε4\mathbf{R}\varepsilon_2 + \mathbf{R}\varepsilon_3 + \mathbf{R}\varepsilon_4 mais non à Rε3+Rε4\mathbf{R}\varepsilon_3 + \mathbf{R}\varepsilon_4, la plus petite est α1=ε2−ε3\alpha_1 = \varepsilon_2 - \varepsilon_3. Parmi les racines positives n’appartenant pas à Rε2+Rε3+Rε4\mathbf{R}\varepsilon_2 + \mathbf{R}\varepsilon_3 + \mathbf{R}\varepsilon_4, la plus petite est α4=12 (ε1−ε2−ε3−ε4)\alpha_4 = \frac{1}{2}\ (\varepsilon_1 - \varepsilon_2 - \varepsilon_3 - \varepsilon_4). Aucune αi\alpha_i n’est somme de 2 racines positives. Donc (α1,α2,α3,α4)(\alpha_1, \alpha_2, \alpha_3, \alpha_4) est une base de R\mathbf{R} (§ 1, n° 6, cor. 1 de la prop. 19). On a ∥α1∥2=∥α2∥2=2,∥α3∥2=∥α4∥2=1,\| \alpha_1 \|^2 = \| \alpha_2 \|^2 = 2, \| \alpha_3 \|^2 = \| \alpha_4 \|^2 = 1, (α1∣α2)=(α2∣α3)=−1,(α3∣α4)=−12,(α1∣α3)=(α1∣α4)=(α2∣α4)=0(\alpha_1|\alpha_2) = (\alpha_2|\alpha_3) = -1, (\alpha_3|\alpha_4) = -\frac{1}{2}, (\alpha_1|\alpha_3) = (\alpha_1|\alpha_4) = (\alpha_2|\alpha_4) = 0.

On voit que R\mathbf{R} a un graphe de Dynkin de type F4F_4, donc est irréductible.

(III) On a h=nl=12h = \frac{n}{l} = 12.

(IV) Soit α~=ε1+ε2=2α1+3α2+4α3+2α4\tilde{\alpha} = \varepsilon_1 + \varepsilon_2 = 2\alpha_1 + 3\alpha_2 + 4\alpha_3 + 2\alpha_4. La somme des coordonnées de α~\tilde{\alpha} par rapport à (αi)(\alpha_i) est 11=h−111 = h - 1, donc α~\tilde{\alpha} est la plus grande racine. On a (α~∣α1)=1,(α~∣α2)=(α~∣α3)=(α~∣α4)=0(\tilde{\alpha}|\alpha_1) = 1, (\tilde{\alpha}|\alpha_2) = (\tilde{\alpha}|\alpha_3) = (\tilde{\alpha}|\alpha_4) = 0.

Le graphe de Dynkin complété est:

!Graphe de Dynkin complet

(V) La formule α∨=2α(α∣α)\alpha^\vee = \frac{2\alpha}{(\alpha|\alpha)} donne pour R∨R^\vee l’ensemble des vecteurs ±2εi\pm 2\varepsilon_i ±εi±εj,±ε1±ε2±ε3±ε4\pm \varepsilon_i \pm \varepsilon_j, \pm \varepsilon_1 \pm \varepsilon_2 \pm \varepsilon_3 \pm \varepsilon_4. Le graphe de Dynkin de R∨R^\vee se déduit de celui de R\mathbf{R} par le procédé expliqué au n° 2, et l’on voit que R∨R^\vee est de type F4F_4.

Les racines non orthogonales à β=ε1\beta = \varepsilon_1 sont ±ε1,±ε1±εj (j≥2)\pm \varepsilon_1, \pm \varepsilon_1 \pm \varepsilon_j\ (j \geq 2), et 12 (±ε1±ε2±ε3±ε4)\frac{1}{2}\ (\pm \varepsilon_1 \pm \varepsilon_2 \pm \varepsilon_3 \pm \varepsilon_4); le nombre n(α,β)=2(α∣β)n(\alpha, \beta) = 2(\alpha|\beta) est égal à ±2\pm 2 pour les 14 premières de ces racines et à ±1\pm 1 pour les 16 dernières; donc, pour ΦR\Phi_R, le carré de la longueur de β\beta est 4(14.4+16.1)−1=1184(14.4 + 16.1)^{-1} = \frac{1}{18}; donc

ΦR(x,y)=(x∣y)/18. \Phi_R(x, y) = (x|y)/18.

Appliquons alors la formule (18) du § 1, n° 12, avec x=y=βx = y = \beta; il vient

2+12.14+161/41=γ(R)⋅118 2 + 12.\frac{1}{4} + 16\frac{1/4}{1} = \gamma(\mathbf{R}) \cdot \frac{1}{18}

d’où

γ(R)=2.34. \gamma(\mathbf{R}) = 2.3^4.

(VI) Le calcul des poids fondamentaux donne ici

ω‾1=ε1+ε2=2α1+3α2+4α3+2α4=α~ \overline{\omega}_1 = \varepsilon_1 + \varepsilon_2 = 2\alpha_1 + 3\alpha_2 + 4\alpha_3 + 2\alpha_4 = \tilde{\alpha}
ω‾2=2ε1+ε2+ε3=3α1+6α2+8α3+4α4 \overline{\omega}_2 = 2\varepsilon_1 + \varepsilon_2 + \varepsilon_3 = 3\alpha_1 + 6\alpha_2 + 8\alpha_3 + 4\alpha_4
ω‾3=12(3ε1+ε2+ε3+ε4)=2α1+4α2+6α3+3α4 \overline{\omega}_3 = \frac{1}{2} (3\varepsilon_1 + \varepsilon_2 + \varepsilon_3 + \varepsilon_4) = 2\alpha_1 + 4\alpha_2 + 6\alpha_3 + 3\alpha_4
ω‾4=ε1=α1+2α2+3α3+2α4. \overline{\omega}_4 = \varepsilon_1 = \alpha_1 + 2\alpha_2 + 3\alpha_3 + 2\alpha_4.

(VII) La somme des racines positives est

2ρ=11ε1+5ε2+3ε3+ε4=16α1+30α2+42α3+22α4. 2\rho = 11\varepsilon_1 + 5\varepsilon_2 + 3\varepsilon_3 + \varepsilon_4 = 16\alpha_1 + 30\alpha_2 + 42\alpha_3 + 22\alpha_4.

(VIII) On a Q(R)=L2Q(R) = L_2 (no 4), et P(R)=Q(R)P(R) = Q(R) d’après (VI). L’indice de connexion est donc 1.

(IX) La famille des exposants a 4 termes, et puisque h=12h = 12, les entiers 1, 5, 7, 11, étrangers à 12, doivent figurer dans cette famille (§ 1, no 11, prop. 30); ce sont par suite tous les exposants de W(R)W(R).

(X) et (XI) Le seul automorphisme du graphe de Dynkin est l’identité, donc A(R)=W(R)A(R) = W(R) et w0=−1w_0 = -1. Soit R′R' l’ensemble des éléments de RR de plus grande longueur, c’est-à-dire les ±εi±εj:R′\pm \varepsilon_i \pm \varepsilon_j : R' est le système de racines de type D4D_4 construit au no 8. Tout élément de A(R)A(R) est évidemment un élément de A(R′)A(R'). Réciproquement, un élément de A(R′)A(R') laisse stable L1L_1 (qui est engendré par R′R'), donc son associé L2L_2, donc RR. D’où W(R)=A(R)=A(R′)W(R) = A(R) = A(R'). D’après le no 8, W(R)W(R) est donc produit semi-direct de S3S_3 et de W(R′)W(R'), W(R′)W(R') étant lui-même produit semi-direct de S4S_4 et de (Z/2Z)3(\mathbf{Z}/2\mathbf{Z})^3. L’ordre de W(R)W(R) est 3!4!23=27.323!4!2^3 = 2^7.3^2.

10. Système de type E8E_8

(I) Considérons dans R8\mathbf{R}^8 le groupe L3L_3 (no 4). Soit RR l’ensemble des α∈L3\alpha \in L_3 tels que (α∣α)=2(\alpha|\alpha) = 2; il contient les vecteurs

±εi±εj (i<j),12∑i=18(−1)ν(i)εi(∑i=18ν(i) pair). \pm \varepsilon_i \pm \varepsilon_j \ (i < j), \quad \frac{1}{2} \sum_{i=1}^8 (-1)^{\nu(i)} \varepsilon_i \quad (\sum_{i=1}^8 \nu(i) \text{ pair}).
Réciproquement, si un élément α∈L3\alpha \in L_3 est tel que (α∣α)=2(\alpha|\alpha) = 2, ses coordonnées ne peuvent prendre que les valeurs 0, ±12\pm \frac{1}{2}, ±1\pm 1; d’après le no 4, ces coordonnées sont, ou bien toutes entières, ce qui donne les vecteurs ±εi±εj\pm \varepsilon_i \pm \varepsilon_j, ou toutes égales à ±12\pm \frac{1}{2} et de somme paire, ce qui donne les vecteurs
12∑i=18(−1)ν(i)εi \frac{1}{2} \sum_{i=1}^8 (-1)^{\nu(i)} \varepsilon_i
avec ∑i=18ν(i)\sum_{i=1}^8 \nu(i) pair.

On a vu (n° 4) que (α∣β)∈Z(\alpha|\beta) \in \mathbf{Z} quels que soient α,β∈L3\alpha, \beta \in L_3. Donc RR est un système de racines réduit. Le nombre de racines est n=(82).4+27=240n = \binom{8}{2} . 4 + 2^7 = 240.

(II) Soit ρ\rho le vecteur (0,1,2,3,4,5,6,23)(0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 23) de L3L_3. Aucun élément de RR n’est orthogonal à ρ\rho (c’est clair pour les ±εi±εj\pm \varepsilon_i \pm \varepsilon_j; si 12∑i=18(−1)ν(i)εi\frac{1}{2} \sum_{i=1}^8 (-1)^{\nu(i)} \varepsilon_i était orthogonal à ρ\rho, on aurait ∑i=16i(−1)ν(i+1)+23(−1)ν(8)=0\sum_{i=1}^6 i(-1)^{\nu(i+1)} + 23(-1)^{\nu(8)} = 0, ce qui est impossible puisque ∑i=16i<23\sum_{i=1}^6 i < 23). Donc (§ 1, n° 7, cor. 2 de la prop. 20) les α∈R\alpha \in R telles que (α∣ρ)>0(\alpha|\rho) > 0 sont les racines positives relativement à une certaine chambre. Ces racines sont les ±εi+εj(i<j)\pm \varepsilon_i + \varepsilon_j (i < j), et les

12(ε8+∑i=17(−1)ν(i)εi) \frac{1}{2} (\varepsilon_8 + \sum_{i=1}^7 (-1)^{\nu(i)} \varepsilon_i)

avec ∑i=17ν(i)\sum_{i=1}^7 \nu(i) pair. On a (α∣ρ)∈Z(\alpha|\rho) \in \mathbf{Z} pour tout α∈R\alpha \in R (n° 4), et (α∣ρ)(\alpha|\rho) est égal à 1 pour les racines suivantes :

α1=12(ε1+ε8)−12(ε2+ε3+ε4+ε5+ε6+ε7)α2=ε1+ε2,α3=ε2−ε1,α4=ε3−ε2,α5=ε4−ε3,α6=ε5−ε4,α7=ε6−ε5,α8=ε7−ε6 \begin{align*} \alpha_1 &= \frac{1}{2} (\varepsilon_1 + \varepsilon_8) - \frac{1}{2} (\varepsilon_2 + \varepsilon_3 + \varepsilon_4 + \varepsilon_5 + \varepsilon_6 + \varepsilon_7) \\ \alpha_2 &= \varepsilon_1 + \varepsilon_2, \quad \alpha_3 = \varepsilon_2 - \varepsilon_1, \quad \alpha_4 = \varepsilon_3 - \varepsilon_2, \quad \alpha_5 = \varepsilon_4 - \varepsilon_3, \\ \alpha_6 &= \varepsilon_5 - \varepsilon_4, \quad \alpha_7 = \varepsilon_6 - \varepsilon_5, \quad \alpha_8 = \varepsilon_7 - \varepsilon_6 \end{align*}

et ces huit vecteurs forment une base de R8R^8. D’après le § 1, n° 6, cor. 1 de la prop. 19, (α1,α2,…,α8)(\alpha_1, \alpha_2, \ldots, \alpha_8) est la base de RR pour laquelle les racines positives sont celles qui ont été définies plus haut. On a

(α4∣α5)=(α5∣α6)=(α6∣α7)=(α7∣α8)=(α4∣α2)=(α4∣α3)=(α3∣α1)=−1,(\alpha_4|\alpha_5) = (\alpha_5|\alpha_6) = (\alpha_6|\alpha_7) = (\alpha_7|\alpha_8) = (\alpha_4|\alpha_2) = (\alpha_4|\alpha_3) = (\alpha_3|\alpha_1) = -1,

et (αi∣αj)=0(\alpha_i|\alpha_j) = 0 pour les autres couples d’indices. Le graphe de Dynkin de RR est donc de type E8E_8, et RR est irréductible.

(III) On a h=n8=30h = \frac{n}{8} = 30. (IV) Soit

α~=ε7+ε8=2α1+3α2+4α3+6α4+5α5+4α6+3α7+2α8,\tilde{\alpha} = \varepsilon_7 + \varepsilon_8 = 2\alpha_1 + 3\alpha_2 + 4\alpha_3 + 6\alpha_4 + 5\alpha_5 + 4\alpha_6 + 3\alpha_7 + 2\alpha_8,

qui est une racine. La somme de ses coordonnées par rapport à (αi)(\alpha_i) est 29=h−129 = h - 1, donc α~\tilde{\alpha} est la plus grande racine. Elle est orthogonale à tous les αi\alpha_i sauf α8\alpha_8, et (α~∣α8)=1(\tilde{\alpha}|\alpha_8) = 1. D’où le schéma de Dynkin complété :

∘∘∘∘∘∘∘∘∘α1α3α4α5α6α7α8↓α2 \begin{array}{cccccccccc} \circ & \circ & \circ & \circ & \circ & \circ & \circ & \circ & \circ \\ \alpha_1 & \alpha_3 & \alpha_4 & \alpha_5 & \alpha_6 & \alpha_7 & \alpha_8 \\ \downarrow & & & & & & & & \\ \alpha_2 \end{array}

(V) Comme (α∣α)=2(\alpha|\alpha) = 2 pour tout α∈R\alpha \in R, on a R∨=RR^\vee = R.

Pour ΦR\Phi_R, le carré de la longueur des racines est 130\frac{1}{30} (§ 1, no 12). Donc ΦR(x,y)=(x∣y)/60\Phi_R(x, y) = (x|y)/60, et γ(R)=900\gamma(R) = 900 (§ 1, no 12, formule (20)).

(VI) Le calcul des poids fondamentaux donne

ω‾1=2ε8=4α1+5α2+7α3+10α4+8α5+6α6+4α7+2α8ω‾2=12(ε1+ε2+ε3+ε4+ε5+ε6+ε7+5ε8)=5α1+8α2+10α3+15α4+12α5+9α6+6α7+3α8ω‾3=12(−ε1+ε2+ε3+ε4+ε5+ε6+ε7+7ε8)=7α1+10α2+14α3+20α4+16α5+12α6+8α7+4α8ω‾4=ε3+ε4+ε5+ε6+ε7+5ε8=10α1+15α2+20α3+30α4+24α5+18α6+12α7+6α8ω‾5=ε4+ε5+ε6+ε7+4ε8=8α1+12α2+16α3+24α4+20α5+15α6+10α7+5α8ω‾6=ε5+ε6+ε7+3ε8=6α1+9α2+12α3+18α4+15α5+12α6+8α7+4α8ω‾7=ε6+ε7+2ε8=4α1+6α2+8α3+12α4+10α5+8α6+6α7+3α8ω‾8=ε7+ε8=2α1+3α2+4α3+6α4+5α5+4α6+3α7+2α8=α~. \begin{align*} \overline{\omega}_1 &= 2\varepsilon_8 = 4\alpha_1 + 5\alpha_2 + 7\alpha_3 + 10\alpha_4 + 8\alpha_5 + 6\alpha_6 + 4\alpha_7 + 2\alpha_8 \\ \overline{\omega}_2 &= \frac{1}{2}(\varepsilon_1 + \varepsilon_2 + \varepsilon_3 + \varepsilon_4 + \varepsilon_5 + \varepsilon_6 + \varepsilon_7 + 5\varepsilon_8) \\ &= 5\alpha_1 + 8\alpha_2 + 10\alpha_3 + 15\alpha_4 + 12\alpha_5 + 9\alpha_6 + 6\alpha_7 + 3\alpha_8 \\ \overline{\omega}_3 &= \frac{1}{2}(-\varepsilon_1 + \varepsilon_2 + \varepsilon_3 + \varepsilon_4 + \varepsilon_5 + \varepsilon_6 + \varepsilon_7 + 7\varepsilon_8) \\ &= 7\alpha_1 + 10\alpha_2 + 14\alpha_3 + 20\alpha_4 + 16\alpha_5 + 12\alpha_6 + 8\alpha_7 + 4\alpha_8 \\ \overline{\omega}_4 &= \varepsilon_3 + \varepsilon_4 + \varepsilon_5 + \varepsilon_6 + \varepsilon_7 + 5\varepsilon_8 \\ &= 10\alpha_1 + 15\alpha_2 + 20\alpha_3 + 30\alpha_4 + 24\alpha_5 + 18\alpha_6 + 12\alpha_7 + 6\alpha_8 \\ \overline{\omega}_5 &= \varepsilon_4 + \varepsilon_5 + \varepsilon_6 + \varepsilon_7 + 4\varepsilon_8 \\ &= 8\alpha_1 + 12\alpha_2 + 16\alpha_3 + 24\alpha_4 + 20\alpha_5 + 15\alpha_6 + 10\alpha_7 + 5\alpha_8 \\ \overline{\omega}_6 &= \varepsilon_5 + \varepsilon_6 + \varepsilon_7 + 3\varepsilon_8 \\ &= 6\alpha_1 + 9\alpha_2 + 12\alpha_3 + 18\alpha_4 + 15\alpha_5 + 12\alpha_6 + 8\alpha_7 + 4\alpha_8 \\ \overline{\omega}_7 &= \varepsilon_6 + \varepsilon_7 + 2\varepsilon_8 \\ &= 4\alpha_1 + 6\alpha_2 + 8\alpha_3 + 12\alpha_4 + 10\alpha_5 + 8\alpha_6 + 6\alpha_7 + 3\alpha_8 \\ \overline{\omega}_8 &= \varepsilon_7 + \varepsilon_8 \\ &= 2\alpha_1 + 3\alpha_2 + 4\alpha_3 + 6\alpha_4 + 5\alpha_5 + 4\alpha_6 + 3\alpha_7 + 2\alpha_8 = \tilde{\alpha}. \end{align*}

(VII) La demi-somme des racines positives est la somme des poids fondamentaux (§ 1, no 10, prop. 29) et vaut donc

ρ=ε2+2ε3+3ε4+4ε5+5ε6+6ε7+23ε8=46α1+68α2+91α3+135α4+110α5+84α6+57α7+29α8. \rho = \varepsilon_2 + 2\varepsilon_3 + 3\varepsilon_4 + 4\varepsilon_5 + 5\varepsilon_6 + 6\varepsilon_7 + 23\varepsilon_8 \\ = 46\alpha_1 + 68\alpha_2 + 91\alpha_3 + 135\alpha_4 + 110\alpha_5 + 84\alpha_6 + 57\alpha_7 + 29\alpha_8.

(VIII) Le groupe Q(R)Q(R) est engendré par les εi±εj\varepsilon_i \pm \varepsilon_j et 12∑i=18εi\frac{1}{2} \sum_{i=1}^8 \varepsilon_i, et est égal à L3L_3 (no 4). Donc P(R)P(R), qui est l’associé de Q(R∨)=Q(R)=L3Q(R^\vee) = Q(R) = L_3, est L3L_3 (no 4). L’indice de connexion est égal à 1.

(IX) La famille des exposants a 8 termes, et puisque h=30h = 30, les entiers 1, 7, 11, 13, 17, 19, 23, 29, étrangers à 30, doivent figurer dans cette famille; ce sont par suite tous les exposants de W(R)W(R).

(X) On déduit de (IX) et du chap. V, § 6, no 2, cor. 1 de la prop. 3, que l’ordre de W(R)W(R) est

2.8.12.14.18.20.24.30=214.35.52.7. 2.8.12.14.18.20.24.30 = 2^{14}.3^5.5^2.7.

(XI) Le seul automorphisme du graphe de Dynkin est l’identité puisque les trois chaînes issues du point de ramification sont de longueurs distinctes. Donc A(R)=W(R)A(R) = W(R) et w0=−1w_0 = -1.

11. Système de type E7E_7

(I) et (II) Soit E=R8E = \mathbf{R}^8, et soit R8R_8 le système de racines de EE construit au no 10. Soit VV l’hyperplan de EE engendré par les racines α1,…,α7\alpha_1, \ldots, \alpha_7 de R8R_8; il est orthogonal au huitième poids fondamental ω=ε7+ε8\omega = \varepsilon_7 + \varepsilon_8 de R8R_8.

Soit R=R8∩VR = R_8 \cap V. Alors RR est un système de racines réduit de base (α1,…,α7)(\alpha_1, \ldots, \alpha_7), cf. § 1, no 7, cor. 4 de la prop. 20; ce système est donc de type E7E_7. Ses éléments sont:

±εi±εj(1≤i<j≤6),±(ε7−ε8), \pm \varepsilon_i \pm \varepsilon_j \quad (1 \leq i < j \leq 6), \qquad \pm (\varepsilon_7 - \varepsilon_8),
±12(ε7−ε8+∑i=16(−1)ν(i)εi)avec ∑i=16ν(i) impair. \pm \frac{1}{2} (\varepsilon_7 - \varepsilon_8 + \sum_{i=1}^6 (-1)^{\nu(i)} \varepsilon_i) \qquad \text{avec } \sum_{i=1}^6 \nu(i) \text{ impair.}

Le nombre de racines est n=2+(62).4+26=126n = 2 + \binom{6}{2} . 4 + 2^6 = 126. Les racines positives sont

±εi+εj(1≤i<j≤6),−ε7+ε8, \pm \varepsilon_i + \varepsilon_j \quad (1 \leq i < j \leq 6), \qquad -\varepsilon_7 + \varepsilon_8,
12(−ε7+ε8+∑i=16(−1)ν(i)εi)avec ∑i=16ν(i) impair. \frac{1}{2} (-\varepsilon_7 + \varepsilon_8 + \sum_{i=1}^6 (-1)^{\nu(i)} \varepsilon_i) \qquad \text{avec } \sum_{i=1}^6 \nu(i) \text{ impair.}

(III) On a h=nl=18h = \frac{n}{l} = 18.

(IV) Soit α~=ε8−ε7=2α1+2α2+3α3+4α4+3α5+2α6+α7\tilde{\alpha} = \varepsilon_8 - \varepsilon_7 = 2\alpha_1 + 2\alpha_2 + 3\alpha_3 + 4\alpha_4 + 3\alpha_5 + 2\alpha_6 + \alpha_7, qui est une racine. La somme de ses coordonnées par rapport à (αi)(\alpha_i) est 17=h−117 = h - 1. C’est donc la plus grande racine. Elle est orthogonale à αi\alpha_i pour 2≤i≤72 \leq i \leq 7, et (α~∣α1)=1(\tilde{\alpha}|\alpha_1) = 1. Le graphe de Dynkin complété est

!Graphe de Dynkin completé

(V) Comme (α∣α)=2(\alpha|\alpha) = 2 pour tout α∈R\alpha \in R, on a R∨=RR^\vee = R.

Pour ΦR\Phi_R, le carré de la longueur des racines est 118\frac{1}{18}, donc

ΦR(x,y)=(x∣y)/36,etγ(R)=22.34 \Phi_R(x, y) = (x|y)/36, \qquad \text{et} \qquad \gamma(R) = 2^2 . 3^4
(§ 1, no 12, formule (20)).

(VI) Le calcul des poids fondamentaux donne

ω‾1=ε8−ε7=2α1+2α2+3α3+4α4+3α5+2α6+α7=α~ \overline{\omega}_1 = \varepsilon_8 - \varepsilon_7 = 2\alpha_1 + 2\alpha_2 + 3\alpha_3 + 4\alpha_4 + 3\alpha_5 + 2\alpha_6 + \alpha_7 = \tilde{\alpha}
ω‾2=12(ε1+ε2+ε3+ε4+ε5+ε6−2ε7+2ε8) \overline{\omega}_2 = \frac{1}{2} (\varepsilon_1 + \varepsilon_2 + \varepsilon_3 + \varepsilon_4 + \varepsilon_5 + \varepsilon_6 - 2\varepsilon_7 + 2\varepsilon_8)
=12(4α1+7α2+8α3+12α4+9α5+8α6+3α7) = \frac{1}{2} (4\alpha_1 + 7\alpha_2 + 8\alpha_3 + 12\alpha_4 + 9\alpha_5 + 8\alpha_6 + 3\alpha_7)
ω‾3=12(−ε1+ε2+ε3+ε4+ε5+ε6−3ε7+3ε8)=3α1+4α2+6α3+8α4+6α5+4α6+2α7 \overline{\omega}_3 = \frac{1}{2} (-\varepsilon_1 + \varepsilon_2 + \varepsilon_3 + \varepsilon_4 + \varepsilon_5 + \varepsilon_6 - 3\varepsilon_7 + 3\varepsilon_8) = 3\alpha_1 + 4\alpha_2 + 6\alpha_3 + 8\alpha_4 + 6\alpha_5 + 4\alpha_6 + 2\alpha_7
ω‾4=ε3+ε4+ε5+ε6+2(ε8−ε7)=4α1+6α2+8α3+12α4+9α5+6α6+3α7 \overline{\omega}_4 = \varepsilon_3 + \varepsilon_4 + \varepsilon_5 + \varepsilon_6 + 2(\varepsilon_8 - \varepsilon_7) = 4\alpha_1 + 6\alpha_2 + 8\alpha_3 + 12\alpha_4 + 9\alpha_5 + 6\alpha_6 + 3\alpha_7
ω‾5=ε4+ε5+ε6+32(ε8−ε7)=12(6α1+9α2+12α3+18α4+15α5+10α6+5α7) \overline{\omega}_5 = \varepsilon_4 + \varepsilon_5 + \varepsilon_6 + \frac{3}{2} (\varepsilon_8 - \varepsilon_7) = \frac{1}{2} (6\alpha_1 + 9\alpha_2 + 12\alpha_3 + 18\alpha_4 + 15\alpha_5 + 10\alpha_6 + 5\alpha_7)
ω‾6=ε5+ε6−ε7+ε8=2α1+3α2+4α3+6α4+5α5+4α6+2α7 \overline{\omega}_6 = \varepsilon_5 + \varepsilon_6 - \varepsilon_7 + \varepsilon_8 = 2\alpha_1 + 3\alpha_2 + 4\alpha_3 + 6\alpha_4 + 5\alpha_5 + 4\alpha_6 + 2\alpha_7
ω‾7=ε6+12(ε8−ε7)=12(2α1+3α2+4α3+6α4+5α5+4α6+3α7). \overline{\omega}_7 = \varepsilon_6 + \frac{1}{2} (\varepsilon_8 - \varepsilon_7) = \frac{1}{2} (2\alpha_1 + 3\alpha_2 + 4\alpha_3 + 6\alpha_4 + 5\alpha_5 + 4\alpha_6 + 3\alpha_7).

(VII) La somme 2ρ2\rho des racines positives est 2∑i=17ω‾i2 \sum_{i=1}^{7} \overline{\omega}_i (§ 1, n° 10, prop. 29), d'où

2ρ=2ε2+4ε3+6ε4+8ε5+10ε6−17ε7+17ε8=34α1+49α2+66α3+96α4+75α5+52α6+27α7. 2\rho = 2\varepsilon_2 + 4\varepsilon_3 + 6\varepsilon_4 + 8\varepsilon_5 + 10\varepsilon_6 - 17\varepsilon_7 + 17\varepsilon_8 = 34\alpha_1 + 49\alpha_2 + 66\alpha_3 + 96\alpha_4 + 75\alpha_5 + 52\alpha_6 + 27\alpha_7.

(VIII) D'après le n° 10 (VIII) et le § 1, n° 10, prop. 28, on a

Q(R)=Q(R8)∩V=L3∩VetP(R)=p(P(R8))=p(L3), \mathbf{Q}(R) = \mathbf{Q}(R_8) \cap V = L_3 \cap V \quad \text{et} \quad P(R) = p(P(R_8)) = p(L_3),
où pp désigne la projection orthogonale de EE sur VV. Le groupe Q(R)\mathbf{Q}(R) a pour base (α1,…,α7)(\alpha_1, \ldots, \alpha_7); le groupe P(R)P(R) est engendré par Q(R)\mathbf{Q}(R) et
p(α8)=α8−12ω. p(\alpha_8) = \alpha_8 - \frac{1}{2} \omega.
On a ω∈P(R8),12ω∉P(R8)\omega \in P(R_8), \frac{1}{2} \omega \notin P(R_8), donc 2p(α8)∈Q(R)2p(\alpha_8) \in \mathbf{Q}(R) et p(α8)∉Q(R)p(\alpha_8) \notin \mathbf{Q}(R).

On voit ainsi que P(R)/Q(R)P(R)/\mathbf{Q}(R) est isomorphe à Z/2Z\mathbf{Z}/2\mathbf{Z} et engendré, par exemple, par l'image de ω‾7\overline{\omega}_7.

L'indice de connexion est 2.

(IX) La suite des exposants de W(R)W(R) a 7 termes. Les nombres 1, 5, 7, 11, 13, 17, étrangers à h=18h = 18, figurent dans cette suite. Le dernier exposant mm doit donc être que tel m+m=18m + m = 18 (chap. V, § 6, n° 2, formule (2)). Donc la suite des exposants est

1,5,7,9,11,13,17. 1, 5, 7, 9, 11, 13, 17.

(X) On déduit de (IX) et du chap. V, § 6, n° 2, cor. 1 de la prop. 3, que l'ordre de W(R)W(R) est

2.6.8.10.12.14.18=210.34.5.7. 2.6.8.10.12.14.18 = 2^{10}.3^4.5.7.

(XI) Le seul automorphisme du graphe de Dynkin est l’identité, donc A(R)=W(R)A(R) = W(R) et w0=−1w_0 = -1.

(XII) P(R∨)/Q(R∨)P(R^\vee)/Q(R^\vee) a un seul élément non neutre. Il échange les sommets correspondant à α0\alpha_0 et α7\alpha_7, α1\alpha_1 et α6\alpha_6, α3\alpha_3 et α5\alpha_5 et laisse fixes α2\alpha_2 et α4\alpha_4.

12. Système de type E6E_6

(I) et (II) Soit E=R8E = R^8, et soit R8R_8 le système de racines de EE construit au n° 10. Soit VV le sous-espace vectoriel de EE engendré par les racines α1,…,α6\alpha_1, \ldots, \alpha_6 de R8R_8; c’est l’orthogonal du plan engendré par les deux derniers poids fondamentaux ω=ε7+ε8\omega = \varepsilon_7 + \varepsilon_8 et π=ε6+ε7+2ε8\pi = \varepsilon_6 + \varepsilon_7 + 2\varepsilon_8 de R8R_8.

Soit R=R8∩VR = R_8 \cap V. C’est un système de racines réduit de base (α1,…,α6)(\alpha_1, \ldots, \alpha_6), donc de type E6E_6. Ses éléments sont :

±εi±εj(1≤i<j≤5) \pm \varepsilon_i \pm \varepsilon_j \quad (1 \leq i < j \leq 5)
±12(ε8−ε7−ε6+∑i=15(−1)ν(i)εi)avec ∑i=15ν(i) pair. \pm \frac{1}{2} (\varepsilon_8 - \varepsilon_7 - \varepsilon_6 + \sum_{i=1}^5 (-1)^{\nu(i)} \varepsilon_i) \quad \text{avec } \sum_{i=1}^5 \nu(i) \text{ pair.}

Le nombre de racines est n=(52)⋅4+25=72n = \binom{5}{2} \cdot 4 + 2^5 = 72. Les racines positives sont

±εi+εj(1≤i<j≤5) \pm \varepsilon_i + \varepsilon_j \quad (1 \leq i < j \leq 5)
12(ε8−ε7−ε6+∑i=15(−1)ν(i)εi)avec ∑i=15ν(i) pair. \frac{1}{2} (\varepsilon_8 - \varepsilon_7 - \varepsilon_6 + \sum_{i=1}^5 (-1)^{\nu(i)} \varepsilon_i) \quad \text{avec } \sum_{i=1}^5 \nu(i) \text{ pair.}

(III) On a h=n6=12h = \frac{n}{6} = 12.

(IV) Soit α~=12(ε1+ε2+ε3+ε4+ε5−ε6−ε7+ε8)\tilde{\alpha} = \frac{1}{2} (\varepsilon_1 + \varepsilon_2 + \varepsilon_3 + \varepsilon_4 + \varepsilon_5 - \varepsilon_6 - \varepsilon_7 + \varepsilon_8)

=α1+2α2+2α3+3α4+2α5+α6, = \alpha_1 + 2\alpha_2 + 2\alpha_3 + 3\alpha_4 + 2\alpha_5 + \alpha_6,
qui est une racine. La somme de ses coordonnées par rapport à (αi)(\alpha_i) est 11=h−111 = h - 1, donc α~\tilde{\alpha} est la plus grande racine. Elle est orthogonale à α1,α3,α4,α5,α6\alpha_1, \alpha_3, \alpha_4, \alpha_5, \alpha_6, et (α~∣α2)=1(\tilde{\alpha}|\alpha_2) = 1. Le graphe de Dynkin complété est

!Graphe de Dynkin complet pour E6

(V) Comme (α∣α)=2(\alpha|\alpha) = 2 pour tout α∈R\alpha \in R, on a R∨=RR^\vee = R.

Pour ΦR\Phi_R, le carré de la longueur des racines est 112\frac{1}{12}, donc

ΦR(x,y)=(x∣y)/24,etγ(R)=144. \Phi_R(x, y) = (x|y)/24, \quad \text{et} \quad \gamma(R) = 144.

(VI) Le calcul des poids fondamentaux donne:

ω‾1=23(ε8−ε7−ε6)=13(4α1+3α2+5α3+6α4+4α5+2α6) \overline{\omega}_1 = \frac{2}{3} (\varepsilon_8 - \varepsilon_7 - \varepsilon_6) = \frac{1}{3} (4\alpha_1 + 3\alpha_2 + 5\alpha_3 + 6\alpha_4 + 4\alpha_5 + 2\alpha_6)
ω‾2=12(ε1+ε2+ε3+ε4+ε5−ε6−ε7+ε8) \overline{\omega}_2 = \frac{1}{2} (\varepsilon_1 + \varepsilon_2 + \varepsilon_3 + \varepsilon_4 + \varepsilon_5 - \varepsilon_6 - \varepsilon_7 + \varepsilon_8)
=α1+2α2+2α3+3α4+2α5+α6=α~ = \alpha_1 + 2\alpha_2 + 2\alpha_3 + 3\alpha_4 + 2\alpha_5 + \alpha_6 = \tilde{\alpha}
ω‾3=56(ε8−ε7−ε6)+12(−ε1+ε2+ε3+ε4+ε5) \overline{\omega}_3 = \frac{5}{6} (\varepsilon_8 - \varepsilon_7 - \varepsilon_6) + \frac{1}{2} (-\varepsilon_1 + \varepsilon_2 + \varepsilon_3 + \varepsilon_4 + \varepsilon_5)
=13(5α1+6α2+10α3+12α4+8α5+4α6) = \frac{1}{3} (5\alpha_1 + 6\alpha_2 + 10\alpha_3 + 12\alpha_4 + 8\alpha_5 + 4\alpha_6)
ω‾4=ε3+ε4+ε5−ε6−ε7+ε8 \overline{\omega}_4 = \varepsilon_3 + \varepsilon_4 + \varepsilon_5 - \varepsilon_6 - \varepsilon_7 + \varepsilon_8
=2α1+3α2+4α3+6α4+4α5+2α6 = 2\alpha_1 + 3\alpha_2 + 4\alpha_3 + 6\alpha_4 + 4\alpha_5 + 2\alpha_6
ω‾5=23(ε8−ε7−ε6)+ε4+ε5 \overline{\omega}_5 = \frac{2}{3} (\varepsilon_8 - \varepsilon_7 - \varepsilon_6) + \varepsilon_4 + \varepsilon_5
=13(4α1+6α2+8α3+12α4+10α5+5α6) = \frac{1}{3} (4\alpha_1 + 6\alpha_2 + 8\alpha_3 + 12\alpha_4 + 10\alpha_5 + 5\alpha_6)
ω‾6=13(ε8−ε7−ε6)+ε5 \overline{\omega}_6 = \frac{1}{3} (\varepsilon_8 - \varepsilon_7 - \varepsilon_6) + \varepsilon_5
=13(2α1+3α2+4α3+6α4+5α5+4α6). = \frac{1}{3} (2\alpha_1 + 3\alpha_2 + 4\alpha_3 + 6\alpha_4 + 5\alpha_5 + 4\alpha_6).

(VII) La demi-somme ρ\rho des racines positives est ∑i=16ω‾i\sum_{i=1}^{6} \overline{\omega}_i, d'où

ρ=ε2+2ε3+3ε4+4ε5+4(ε8−ε7−ε6) \rho = \varepsilon_2 + 2\varepsilon_3 + 3\varepsilon_4 + 4\varepsilon_5 + 4(\varepsilon_8 - \varepsilon_7 - \varepsilon_6)
=8α1+11α2+15α3+21α4+15α5+8α6. = 8\alpha_1 + 11\alpha_2 + 15\alpha_3 + 21\alpha_4 + 15\alpha_5 + 8\alpha_6.

(VIII) D'après le no 10 (VIII) et le § 1, no 10, prop. 28, on a

Q(R)=Q(R8)∩V=L3∩VetP(R)=p(P(R8))=p(L3), Q(R) = Q(R_8) \cap V = L_3 \cap V \quad \text{et} \quad P(R) = p(P(R_8)) = p(L_3),
où pp désigne la projection orthogonale de EE sur VV. On a
p(α7)=α7−23π+ω,p(α8)=α8+π−2ω. p(\alpha_7) = \alpha_7 - \frac{2}{3}\pi + \omega, \qquad p(\alpha_8) = \alpha_8 + \pi - 2\omega.
Le groupe Q(R)Q(R) a pour base (α1,…,α6)(\alpha_1, \ldots, \alpha_6). Le groupe P(R)P(R) est engendré par Q(R)Q(R) et p(α7)p(\alpha_7), car p(α8)∈P(R8)∩V=Q(R8)∩V=Q(R)p(\alpha_8) \in P(R_8) \cap V = Q(R_8) \cap V = Q(R). On a 3p(α7)∈Q(R)3p(\alpha_7) \in Q(R) et p(α7)∉Q(R)p(\alpha_7) \notin Q(R). Le groupe P(R)/Q(R)P(R)/Q(R) est donc isomorphe à Z/3Z\mathbf{Z}/3\mathbf{Z}; il est engendré, par exemple, par l'image de ω‾6\overline{\omega}_6.

L'indice de connexion est 3.

(IX) et (X) D'après le § 2, no 4, prop. 7, l'ordre du groupe de Weyl est 6!1.2.2.3.2.1.3=27.34.56!1.2.2.3.2.1.3 = 2^7.3^4.5. La suite des exposants a 6 termes compris entre 1 et 11, et comporte les entiers 1, 5, 7, 11 qui sont étrangers à 12. Les autres exposants m,m′m, m' sont des entiers tels que

m+m′=12 m + m' = 12
(m+1)(m′+1)(1+1)(5+1)(7+1)(11+1)=27⋅34⋅5 (m + 1)(m' + 1)(1 + 1)(5 + 1)(7 + 1)(11 + 1) = 2^7 \cdot 3^4 \cdot 5

en vertu du chap. V, § 6, no 2, formule (2) et cor. 1 de la prop. 3. La seconde relation donne (m+1)(m′+1)=45(m + 1)(m' + 1) = 45, et comme m+m′+2=14m + m' + 2 = 14, on obtient m=4,m′=8m = 4, m' = 8. La suite des exposants est donc

1,4,5,7,8,11. 1, \quad 4, \quad 5, \quad 7, \quad 8, \quad 11.

(XI) et (XII) Comme les racines ont toutes même longueur, les automorphismes du graphe de Dynkin sont ceux du graphe sous-jacent. A part l’identité, il n’y a que l’automorphisme ε\varepsilon qui transforme α1,α3,α4,α5,α6,α2\alpha_1, \alpha_3, \alpha_4, \alpha_5, \alpha_6, \alpha_2 respectivement en α6,α5,α4,α3,α1,α2\alpha_6, \alpha_5, \alpha_4, \alpha_3, \alpha_1, \alpha_2. Donc A(R)/W(R)A(R)/W(R) est isomorphe à Z/2Z\mathbf{Z}/2\mathbf{Z}; comme — 1∉W(R)1 \notin W(R) (chap. V, § 6, no 2, cor. 3 de la prop. 3), A(R)A(R) est isomorphe à W(R)×{1,−1}W(R) \times \{1, -1\} et w0w_0 s’identifie à −ε-\varepsilon. Il en résulte que l’élément non neutre de A(R)/W(R)A(R)/W(R) définit l’automorphisme x↦−xx \mapsto -x de P(R∨)/Q(R∨)P(R^\vee)/Q(R^\vee).

De plus, P(R∨)/Q(R∨)P(R^\vee)/Q(R^\vee) a deux éléments non neutres qui sont d’ordre 3. Ils définissent les deux seuls automorphismes d’ordre 3 du graphe de Dynkin complété.

13. Système de type G2G_2

(I) Dans E=R3E = \mathbf{R}^3, soit VV l’hyperplan d’équation

ξ1+ξ2+ξ3=0. \xi_1 + \xi_2 + \xi_3 = 0.

Soit RR l’ensemble des α∈L0∩V\alpha \in L_0 \cap V tels que (α∣α)=2(\alpha|\alpha) = 2 ou (α∣α)=6(\alpha|\alpha) = 6. Les éléments de RR sont

±(ε1−ε2),±(ε1−ε3),±(ε2−ε3),±(2ε1−ε2−ε3), \pm (\varepsilon_1 - \varepsilon_2), \quad \pm (\varepsilon_1 - \varepsilon_3), \quad \pm (\varepsilon_2 - \varepsilon_3), \quad \pm (2\varepsilon_1 - \varepsilon_2 - \varepsilon_3),
±(2ε2−ε1−ε3),±(2ε3−ε1−ε2). \pm (2\varepsilon_2 - \varepsilon_1 - \varepsilon_3), \quad \pm (2\varepsilon_3 - \varepsilon_1 - \varepsilon_2).

Alors RR engendre VV, et 2(α∣β)(β∣β)∈Z\frac{2(\alpha|\beta)}{(\beta|\beta)} \in \mathbf{Z} quels que soient α,β∈R\alpha, \beta \in R : c’est évident si β=±(εi−εj)\beta = \pm (\varepsilon_i - \varepsilon_j) avec i≠ji \neq j; si β=2ε1−ε2−ε3\beta = 2\varepsilon_1 - \varepsilon_2 - \varepsilon_3 par exemple, on a (α∣β)∈3Z(\alpha|\beta) \in 3\mathbf{Z} pour tout α∈R\alpha \in R, d’où encore notre assertion. Donc RR est un système de racines réduit dans VV. Le nombre de racines est n=12n = 12.

(II) Posons α1=ε1−ε2,α2=−2ε1+ε2+ε3\alpha_1 = \varepsilon_1 - \varepsilon_2, \alpha_2 = -2\varepsilon_1 + \varepsilon_2 + \varepsilon_3. Les racines sont alors

±α1,±(α1+α2),±(2α1+α2),±α2, \pm \alpha_1, \quad \pm (\alpha_1 + \alpha_2), \quad \pm (2\alpha_1 + \alpha_2), \quad \pm \alpha_2,
±(3α1+α2),±(3α1+2α2). \pm (3\alpha_1 + \alpha_2), \quad \pm (3\alpha_1 + 2\alpha_2).

Donc (α1,α2)(\alpha_1, \alpha_2) est une base de RR. On a ∥α1∥2=2,∥α2∥2=6,(α1∣α2)=−3,\|\alpha_1\|^2 = 2, \|\alpha_2\|^2 = 6, (\alpha_1|\alpha_2) = -3, donc RR est un système de type G2G_2. Les racines positives sont α1,α1+α2,2α1+α2,α2,3α1+α2,3α1+2α2\alpha_1, \alpha_1 + \alpha_2, 2\alpha_1 + \alpha_2, \alpha_2, 3\alpha_1 + \alpha_2, 3\alpha_1 + 2\alpha_2.

(III) On a h=n2=6h = \frac{n}{2} = 6.

(IV) La plus grande racine est α~=3α1+2α2=−ε1−ε2+2ε3\tilde{\alpha} = 3\alpha_1 + 2\alpha_2 = -\varepsilon_1 - \varepsilon_2 + 2\varepsilon_3. On a (α~∣α1)=0, (α~∣α2)=3(\tilde{\alpha}|\alpha_1) = 0,\ (\tilde{\alpha}|\alpha_2) = 3. Le graphe de Dynkin complété est

α1⟶α2 \begin{array}{c} \alpha_1 \\ \longrightarrow \\ \alpha_2 \end{array}

(V) Le système inverse R∨R^\vee est l’ensemble des vecteurs suivants :

±α1,±(α1+α2),±(2α1+α2),±13α2, \pm \alpha_1, \quad \pm (\alpha_1 + \alpha_2), \quad \pm (2\alpha_1 + \alpha_2), \quad \pm \frac{1}{3} \alpha_2,
±13(3α1+α2),±13(3α1+2α2). \pm \frac{1}{3} (3\alpha_1 + \alpha_2), \quad \pm \frac{1}{3} (3\alpha_1 + 2\alpha_2).

Il existe 10 racines non orthogonales à α1\alpha_1; on a n(β,α1)=±1n(\beta, \alpha_1) = \pm 1 pour 4 de ces racines, n(β,α1)=±3n(\beta, \alpha_1) = \pm 3 pour 4 autres, et n(β,α1)=±2n(\beta, \alpha_1) = \pm 2 pour β=±α1\beta = \pm \alpha_1. Donc le carré de la longueur de α1\alpha_1 pour ΦR\Phi_R est 4(4.1+4.9+2.4)−1=1124(4.1 + 4.9 + 2.4)^{-1} = \frac{1}{12}. Donc ΦR(x,y)=(x∣y)/24\Phi_R(x, y) = (x|y)/24. Appliquons alors la formule (18) du § 1, n° 12, avec x=y=α1x = y = \alpha_1; il vient :

2+4⋅14+4⋅14=γ(R)⋅112 2 + 4 \cdot \frac{1}{4} + 4 \cdot \frac{1}{4} = \gamma(R) \cdot \frac{1}{12}
d’où γ(R)=48\gamma(R) = 48.

(VI) et (VII) La demi-somme des racines positives est

ρ=5α1+3α2. \rho = 5\alpha_1 + 3\alpha_2.
Les poids fondamentaux ϖ1\varpi_1 et ϖ2\varpi_2 sont orthogonaux à α2\alpha_2 et α1\alpha_1, donc proportionnels à 2α1+α22\alpha_1 + \alpha_2 et 3α1+2α23\alpha_1 + 2\alpha_2. On a
ϖ1+ϖ2=ρ=5α1+3α2=(2α1+α2)+(3α1+2α2). \varpi_1 + \varpi_2 = \rho = 5\alpha_1 + 3\alpha_2 = (2\alpha_1 + \alpha_2) + (3\alpha_1 + 2\alpha_2).
Donc
ϖ1=2α1+α2,ϖ2=3α1+2α2=α~. \varpi_1 = 2\alpha_1 + \alpha_2, \quad \varpi_2 = 3\alpha_1 + 2\alpha_2 = \tilde{\alpha}.

(VIII) Q(R)Q(R) est engendré par exemple par ε1−ε2\varepsilon_1 - \varepsilon_2 et ε1−ε3\varepsilon_1 - \varepsilon_3. D’après (VI) et (VII), P(R)=Q(R)P(R) = Q(R). L’indice de connexion est 1.

(IX) La famille des exposants a 2 termes; comme 1 et h−1=5h - 1 = 5 sont des exposants, ce sont les seuls.

(X) On a (α1,α2‾)=5π6(\overline{\alpha_1, \alpha_2}) = \frac{5\pi}{6}, donc W(R)W(R) est isomorphe au groupe diédral d’ordre 12.

(XI) Le seul automorphisme du graphe de Dynkin est l’identité, donc A(R)=W(R)A(R) = W(R) et w0=−1w_0 = -1.

14. Systèmes de racines irréductibles non réduits

Les systèmes de racines irréductibles non réduits se déduisent des systèmes irréductibles réduits grâce aux prop. 13 et 14 du § 1, n° 4. Pour chaque entier l⩾1l \geqslant 1, il existe, à un isomorphisme près, un seul système de racines non réduit irréductible de rang ll: soient R un système de racines de type BlB_l, A l’ensemble des racines de plus petite longueur de R; on prend la réunion de R et de 2A. Avec les notations du n° 5, on obtient les vecteurs

±εi, ±2εi, ±εi±εj(i<j) \pm \varepsilon_i,\ \pm 2\varepsilon_i,\ \pm \varepsilon_i \pm \varepsilon_j\quad (i < j)

au nombre de 2l(l+1)2l(l+1).

Exercises

Exercices

Si R est un système de racines, on note W^+(R) l’ensemble des éléments de W(R) de déterminant 1.

See the exercises for § 4.

Transcribed from the printed volume. Not translated.