Soient E et F deux A-algèbres, e,e′ leurs éléments unités respectifs, M un E-module, N un F-module; ces structures de module définissent sur M une structure de bimodule sur les anneaux A et E, et sur N une structure de bimodule sur les anneaux A et F; on en déduit donc sur le produit tensoriel M⊗AN une structure de bimodule sur les anneaux E et F, définie par
x⋅(m⊗n)=(x⋅m)⊗n,y⋅(m⊗n)=m⊗(y⋅n)
pour x∈E,y∈F,m∈M,n∈N (II, p. 54); on voit en outre que les conditions (8) de III, p. 38 sont vérifiées, donc la structure de bimodule précédente est associée à une structure de (E⊗AF)-module sur M⊗AN, telle que
(x⊗y).(m⊗n)=(x.m)⊗(y.n) pour
x∈E,y∈F,m∈M,n∈N.
Si on prend en particulier M=Es, Es⊗AN se trouve muni canoniquement d’une structure de (E⊗AF)-module; d’ailleurs, E⊗AN est canoniquement identifié à E⊗A(Fd⊗FN)=(E⊗AF)⊗FN, où E⊗AF est considéré comme muni de sa structure de F-module à droite définie par l’homomorphisme canonique v:F→E⊗AF; pour x,x′ dans E,y∈F,n∈N, x′⊗n est ainsi identifié à (x′⊗e′)⊗n, et (x⊗y).(x′⊗n)=(xx′)⊗(y.n) à ((xx′)⊗y)⊗n. Le (E⊗AF)-module Es⊗AN est ainsi identifié au (E⊗AF)-module déduit de N par extension des scalaires à E⊗AF au moyen de l’homomorphisme v (II, p. 82). L’application canonique n↦e⊗n de N dans Es⊗AN s’identifie à l’application canonique n↦(e⊗e′)⊗n de N dans (E⊗AF)⊗FN; on sait que c’est un F-homomorphisme.
Avec les mêmes notations, soit P un (E⊗AF)-module à droite; alors on a un isomorphisme canonique de Z-modules
P⊗E⊗AF(Es⊗AN)→P⊗FN où au second membre
P est considéré comme
F-module à droite au moyen de l’homomorphisme canonique
v. En effet,
P s’identifie canoniquement à
P⊗E⊗AF(E⊗AF), et
(E⊗AF)⊗FN à
E⊗A(F⊗FN), donc à
E⊗AN, ce qui établit l’isomorphisme annoncé (II, p. 64, prop. 8 et II, p. 55, prop. 4).
Tout ce qui précède s’étend aux multimodules (II, p. 33).
Bourbaki place la démonstration juste après l’énoncé : ce qui précède est l’énoncé avec sa démonstration.
Rien.
Rien.