§ 4. Produits tensoriels d’algèbres
Du § 4 au § 8 inclus, A désigne un anneau commutatif, et sauf mention expresse du contraire, les algèbres considérées sont supposées associatives et unifères, et les homomorphismes d’algèbres sont supposés unifères.
1. Produit tensoriel d’une famille finie d’algèbres
On désigne toujours par A un anneau commutatif. Soit une famille \emph{finie} de A-algèbres, et soit le A-module produit tensoriel des A-modules (II, p. 71). On va définir sur E une structure de A-\emph{algèbre}. Soit l’application A-linéaire qui définit la multiplication dans (III, p. 5). Considérons l’application A-linéaire
l’application composée
où est l’isomorphisme d’associativité (II, p. 72) est une application A-linéaire ; nous allons voir que définit sur E une structure d’algèbre (associative et unifère). En effet, si on explicite la multiplication définie par , on obtient la formule
(1)
On voit donc déjà, par linéarité, que si est l’élément unité de , est élément unité de E. D’autre part, l’associativité de chacune des entraîne la relation
d’où, par linéarité, la relation quels que soient dans E.
Définition 1
Etant donnée une famille finie d’algèbres sur , on appelle produit tensoriel de cette famille, et on note (ou, lorsque est l’intervalle de , , ou simplement ) l’algèbre obtenue en munissant le produit tensoriel des -modules de la multiplication définie par (1).
La relation (1) montre que le produit tensoriel des algèbres opposées aux est l’algèbre opposée à ; en particulier, si les sont commutatives, il en est de même de .
Soient et deux familles de -algèbres ayant le même ensemble d’indices fini . Soit, pour chaque , un homomorphisme de -algèbres. Alors l’application -linéaire
est un homomorphisme de -algèbres, comme il résulte de (1).
Pour toute partition de , les isomorphismes d’associativité
(II, p. 72) sont aussi des isomorphismes d’algèbres, comme il résulte de (1) et de leurs définitions.
Lorsque est l’intervalle de et que toutes les algèbres sont égales à une même algèbre , l’algèbre produit tensoriel se note aussi .
Nous nous bornerons dans le reste de ce aux propriétés des produits tensoriels de deux algèbres, laissant au lecteur le soin de les étendre aux produits tensoriels de familles finies quelconques.
Soient deux -algèbres; si (resp. ) est un idéal à gauche de (resp. ), l’image canonique de dans est un idéal à gauche de ; on a des énoncés analogues en remplaçant « idéal à gauche » par « idéal à droite » ou « idéal bilatère ». En outre:
Proposition 1
Soient deux -algèbres, (resp. ) un idéal bilatère de (resp. ). Alors l’isomorphisme canonique de -modules
(II, p. 60, cor. 1) est un isomorphisme d’algèbres.
Cela résulte de (1) (III, p. 33) et de la définition donnée loc. cit.
Corollaire 1
Soient une -algèbre, un idéal de . Alors le -module est un idéal bilatère de , et l’isomorphisme canonique de -modules
est un isomorphisme de -algèbres.
Corollaire 2
Si sont deux idéaux de , la -algèbre est canoniquement isomorphe à .
Corollaire 3
Soient deux -algèbres, un idéal de contenu dans l’annulateur de . Alors la -algèbre est canoniquement isomorphe à .
Proposition 2
Soient et deux familles de -algèbres. L’application canonique (II, p. 61)
est un isomorphisme d’algèbres.
Cela résulte aussitôt de II, p. 61, prop. 7 et de la définition de la multiplication dans .
Proposition 3
Soient deux anneaux commutatifs, un homomorphisme d’anneaux, deux -algèbres. Alors l’isomorphisme canonique de -modules
(II, p. 83, prop. 3) est un isomorphisme de -algèbres.
Proposition 4
Soient deux anneaux commutatifs, un homomorphisme d’anneaux, une -algèbre, une -algèbre. Alors l’isomorphisme canonique de -modules
(II, p. 85, prop. 6) est un isomorphisme de -algèbres.
Les vérifications sont triviales, compte tenu de III, p. 7.
En particulier, la structure de -algèbre de obtenue par restriction à de l’anneau des scalaires, est identique à la structure de l’algèbre , produit tensoriel des -algèbres et .
Enfin, si est un système inductif d’anneaux commutatifs, et deux systèmes inductifs de -algèbres (III, p. 9), et , l’isomorphisme canonique de -modules
(II, p. 93, prop. 7) est aussi un isomorphisme de -algèbres, comme il résulte des définitions.
Exemples de produits tensoriels d’algèbres. — 1) Soient un anneau commutatif, deux -modules ; l’application canonique
(2)
(II, p. 79) est un homomorphisme de -algèbres, comme il résulte de II, p. 53, formule (5). Lorsque ou est un -module projectif de type fini, on sait que cet homomorphisme est bijectif (II, p. 79, prop. 4). En particulier on retrouve la définition du produit tensoriel de deux matrices carrées.
2) Soient S, T deux monoïdes, et les algèbres des monoïdes S et T sur l’anneau A (III, p. 19); on a alors un isomorphisme canonique de A-algèbres
En effet, les éléments (resp. ), où s parcourt S et t parcourt T, forment une base de en vertu de II, p. 62, cor. 2 (resp. de ); l’isomorphisme cherché s’obtient en faisant correspondre à , et il résulte aussitôt des définitions que c’est bien un isomorphisme d’*algèbres*.
2. Caractérisation universelle des produits tensoriels d’algèbres
Proposition 5
Soit* une famille finie de A-algèbres, et, pour chaque , soit l’élément unité de . Pour chaque , soit *l’application A-linéaire défini par
(i) Les sont des homomorphismes de A-algèbres; de plus, pour , les éléments et sont permutables dans E quels que soient et , et E est engendrée par la réunion des sous-algèbres .
(ii) Soit F une A-algèbre, et, pour tout , soit un homomorphisme de A-algèbres, les étant tels que, pour , et soient permutables dans F quels que soient et . Alors il existe un homomorphisme de A-algèbres et un seul tel que
(i) L’application est un homomorphisme d’algèbres par définition de la multiplication dans E. Si , , , on a
Il est clair que pour tout , donc et commutent dans E d’après la formule (1) (III, p. 33) définissant la multiplication dans E. La dernière assertion résulte de la relation .
(ii) Pour chaque , soit un élément de . Le produit est alors défini dans F indépendamment de toute structure d’ordre sur I, puisque l’algèbre
F est associative et que les éléments sont deux à deux permutables. L’application de dans F est évidemment A-multilinéaire, et il existe donc une application A-linéaire et une seule, telle que
Or, l’homomorphisme de A-algèbres cherché doit satisfaire à (5), qui résulte de (4) et du fait que . Ceci prouve l’unicité de ; il reste à montrer que l’application A-linéaire définie par (5) est un homomorphisme de A-algèbres et vérifie (4). Le fait que vérifie (4) est évident : il suffit d’appliquer (5) au cas où pour , et on obtient . Enfin, est un homomorphisme d’algèbres, car on a
puisque permute avec pour ; on a donc bien
ce qui, par linéarité, achève la démonstration.
Le couple formé de E et de l’application canonique de dans E est solution du problème d’application universelle (E, IV, p. 23) où est l’espèce de structure de A-algèbre, les morphismes étant les homomorphismes de A-algèbres, et les -applications les applications de dans une A-algèbre, telles que les soient des homomorphismes de A-algèbres, et que et permutent pour , quels que soient et .
Corollaire
Soient* deux familles finies de A-algèbres, et, pour tout , soit un homomorphisme d’algèbres. Si sont les homomorphismes canoniques, l’application (cf. III, p. 34) est l’unique homomorphisme de A-algèbres tel que pour tout .
Il suffit de noter que les homomorphismes sont tels que et permutent pour et ; on applique alors la prop. 5 de III, p. 36.
Lorsque, dans la prop. 5 (III, p. 36), on suppose que l’algèbre F est commutative, l’hypothèse que et sont permutables pour est automatiquement vérifiée. Donc, lorsque est commutative, on a une bijection canonique
à savoir celle qui, à tout homomorphisme de dans , associe la famille des .
On notera que si est une -algèbre commutative, la structure d’anneau de est la même que celle de (III, p. 7).
3. Modules et multimodules sur les produits tensoriels d’algèbres
Définition 2
Soit une -algèbre (unifère). On appelle -module à gauche (resp. à droite) un module à gauche (resp. à droite) sur l’anneau sous-jacent à .
Sauf mention expresse du contraire, tous les modules et multimodules considérés dans ce n° sont des modules et multimodules à gauche.
Si est un -module, l’homomorphisme (III, p. 6) définit alors sur une structure de -module dite sous-jacente à la structure de -module de ; pour , on a
de sorte que pour tout , l’homothétie de est un endomorphisme de la structure sous-jacente de -module. Inversement, la donnée d’une structure de -module sur équivaut à la donnée d’une structure de -module sur et d’un homomorphisme de -algèbres de dans .
Définition 3
Soient et deux -algèbres (unifères), un ensemble muni d’une structure de -module et d’une structure de -module. On dit que est un bimodule (à gauche) sur les algèbres et si ; 1° est un bimodule sur les anneaux sous-jacents à et (II, p. 33); 2° les deux structures de -module sous-jacentes aux structures de -module et de -module de sont identiques.
Cette dernière condition exprime que, si et sont les éléments unités de et respectivement, on a
on note alors la valeur commune des deux membres.
On peut encore dire que se donner sur une structure de bimodule sur et équivaut à se donner sur une structure de -module, ainsi que deux homomorphismes de -algèbres de dans et de dans tels que quels que soient et . Par suite (III, p. 36, prop. 5) on en déduit canoniquement un homomorphisme de A-algèbres de dans tel que pour et . Autrement dit, on définit ainsi sur une structure de -module, dite associée à la structure de bimodule sur et donnée, et pour laquelle on a
Inversement, si on se donne sur une structure de -module, on en déduit au moyen des homomorphismes canoniques et une structure de -module et une structure de -module sur , et il est immédiat que est un bimodule sur les algèbres et pour ces deux structures, et que la structure de -module donnée est associée à cette structure de bimodule.
On a ainsi établi une correspondance biunivoque entre les -modules et les bimodules sur les algèbres et . Il est clair que tout sous-bimodule de est un sous-module pour la structure de -module associée, et réciproquement. On a des résultats analogues pour les quotients, produits, sommes directes, limites projectives et injectives. Enfin, si est un second bimodule sur les algèbres et , et si est un homomorphisme de bimodules, est aussi un homomorphisme de -modules, et réciproquement.
On a évidemment des énoncés correspondants pour les structures de bimodule à droite, ou lorsque par exemple il s’agit d’une structure de -module à gauche et d’une structure de -module à droite; on parle dans ce cas de -*bimodule*, et la donnée d’une telle structure revient à celle d’une structure de bimodule à gauche sur et .
Exemple 1
Soit une -algèbre; l’anneau est canoniquement muni d’une structure de -*bimodule* (II, p. 34, Exemple 1), et si est l’élément unité de , on a pour tout et tout ; on peut donc considérer comme un bimodule à gauche sur les algèbres et (opposée à ); à la structure de -bimodule de est donc associée une structure de -*module* telle que, pour et dans , on ait
Exemple 2
Soient et deux -algèbres, leurs éléments unités respectifs, un -module, un -module; ces structures de module définissent sur une structure de bimodule sur les anneaux et , et sur une structure de bimodule sur les anneaux et ; on en déduit donc sur le produit tensoriel une structure de bimodule sur les anneaux et , définie par
pour (II, p. 54); on voit en outre que les conditions (8) de III, p. 38 sont vérifiées, donc la structure de bimodule précédente est associée à une structure de -module sur , telle que
Si on prend en particulier , se trouve muni canoniquement d’une structure de -module; d’ailleurs, est canoniquement identifié à , où est considéré comme muni de sa structure de -module à droite définie par l’homomorphisme canonique ; pour dans , est ainsi identifié à , et à . Le -module est ainsi identifié au -module déduit de par extension des scalaires à au moyen de l’homomorphisme (II, p. 82). L’application canonique de dans s’identifie à l’application canonique de dans ; on sait que c’est un -homomorphisme.
Avec les mêmes notations, soit un -module à droite; alors on a un isomorphisme canonique de -modules
Tout ce qui précède s’étend aux multimodules (II, p. 33).
4. Produit tensoriel d’algèbres sur un corps
Soient un corps commutatif, et deux algèbres sur , dont les éléments unités respectifs sont non nuls. Alors les homomorphismes et (III, p. 6) sont des injections qui permettent d’identifier à un sous-corps de (resp. de ). Les homomorphismes canoniques et , définis par et , sont injectifs (II, p. 113, prop. 19), et permettent d’identifier et à des sous-algèbres de , ayant toutes deux comme élément unité l’élément unité de . Dans , on a (II, p. 113, prop. 19).
Si et sont des sous-algèbres de et respectivement, l’homomorphisme canonique est injectif, et permet d’identifier à la sous-algèbre de engendrée par (II, p. 108, prop. 14).
Proposition 6
Soient* deux algèbres sur un corps commutatif , non réduites à , (resp. ) une sous-algèbre de (resp. ), (resp. ) la commutante de dans (resp. de dans ). Alors la commutante de dans est .
Tout revient à voir qu’un élément de la commutante de () appartient à ; on sait que l’on a (II, p. 109, corollaire). On peut supposer les linéairement indépendants sur ; pour tout , on doit avoir , c’est-à-dire , d’où pour tout (II, p. 62, cor. 1); on doit donc avoir pour tout , et par suite ; on montre de même que , d’où la proposition.
Corollaire
Si Z et Z' sont les centres respectifs de E et F, le centre de E F est Z Z'.
Soient E et F deux sous-algèbres d’une algèbre G sur un corps commutatif K; supposons que tout élément de E commute à tout élément de F. Alors les injections canoniques définissent un homomorphisme canonique (III, p. 36, prop. 5) tel que pour .
Définition 4
Etant donnée une algèbre G sur un corps commutatif K, on dit que deux sous-algèbres E, F de G sont linéairement disjointes sur K si elles vérifient les conditions suivantes: 1° tout élément de E commute à tout élément de F; 2° l’homomorphisme canonique de E F dans G est injectif.
Proposition 7
Soient G une algèbre sur un corps commutatif K, E et F deux sous-algèbres de G telles que tout élément de E commute à tout élément de F. Pour que E et F soient linéairement disjointes sur K, il faut et il suffit qu’il existe une base de E sur K qui soit une partie libre de G pour la structure de F-module à droite de G. Lorsqu’il en est ainsi: (i) l’homomorphisme canonique est un isomorphisme de E F sur la sous-algèbre de G engendrée par ; (ii) on a ; (iii) toute partie libre de E (resp. F) sur K est une partie libre de G pour sa structure de F-module (resp. de E-module) à droite ou à gauche. La condition de l’énoncé est évidemment nécessaire, toute base de E sur K étant une base de E F pour sa structure de F-module à droite (II, p. 62, cor. 1). Pour voir que la condition est suffisante, remarquons que l’image H de E F par est l’ensemble des sommes dans G, avec et ; si est une base de E sur K, H est donc aussi le sous-module du F-module (à droite ou à gauche) G, engendré par . La condition de l’énoncé signifie donc qu’il existe une base de E qui est aussi une base du F-module H; il en résulte que est injective. L’assertion (iii) résulte de ce que toute partie libre de E est contenue dans une base de E (II, p. 95, th. 2).
Corollaire 1
Pour que l’homomorphisme canonique de E F dans G soit bijectif,* il faut et il suffit qu’il existe une base de E sur K qui soit une base du F-module (à droite ou à gauche) G.
Corollaire 2
Soient E, F deux sous-algèbres de G, de rang fini sur K, telles que tout élément de E commute à tout élément de F. Pour que E et F soient linéairement disjointes sur K, il faut et il suffit que la sous-algèbre H de G engendrée par E ∪ F soit telle que
(12)
En effet, cela exprime que le rang sur K de l’homomorphisme canonique surjectif est égal au rang de sur K, ce qui équivaut à dire que cet homomorphisme est bijectif (II, p. 101, prop. 9).
5. Produit tensoriel d’une famille infinie d’algèbres.
Soient A un anneau commutatif, et une famille quelconque de A-algèbres (unifères). Pour toute partie finie J de I, notons le produit tensoriel des algèbres d’indice ; on note l’élément unité de , et l’élément unité de ; on note l’homomorphisme canonique pour (III, p. 36, prop. 5). Si J, J’ sont deux parties finies de I telles que , on en déduit canoniquement (III, p. 36, prop. 5) un homomorphisme par la condition pour tout . En outre l’unicité de entraîne que si J, J’, J'' sont trois parties finies de I telles que , on a . Autrement dit, est un système inductif de A-algèbres dont l’ensemble d’indices est l’ensemble filtrant croissant des parties finies de I.
Définition 5
On appelle produit tensoriel de la famille de A-algèbres la limite inductive E du système inductif .
Si I est fini, E s’identifie à . Par abus de notation, on désigne encore E par même si I est infini.
Pour toute partie finie J de I, on notera l’homomorphisme canonique (et on écrira au lieu de ); si est l’élément unité de , on a donc pour tout . Il est immédiat que si toutes les algèbres sont commutatives, il en est de même de .
Proposition 8
(i) Les homomorphismes sont tels que pour deux indices tels que , et commutent dans E quels que soient et ; en outre, E est engendrée par la réunion des sous-algèbres .
(ii) Soit F une A-algèbre, et, pour tout , soit un homomorphisme de A-algèbres tel que, pour , et commutent dans F quels que soient et x_j \in E_j. Alors il existe un homomorphisme de A-algèbres u : E \to F et un seul tel que l’on ait quel que soit .
(i) Comme, pour toute partie finie J de I, on a , la première assertion de (i) résulte de III, p. 36, prop. 5, en prenant J contenant i et j; la second résulte aussi de III, p. 36, prop. 5, en tenant compte de ce que E est réunion des lorsque J parcourt .
(ii) Pour toute partie finie J de I, il résulte de III, p. 36, prop. 5 qu’il existe un homomorphisme unique tel que pour tout ; on déduit aussitôt de cette propriété d’unicité que, pour , on a ; autrement dit, les forment un système inductif d’homomorphismes. Soit ; on a par définition pour toute partie finie J de I, et en particulier pour tout ; l’unicité de u résulte de ces relations et du fait que les engendrent l’algèbre E.
Corollaire
Soient deux familles de A-algèbres ayant même ensemble d’indices, et, pour tout , soit un homomorphisme d’algèbres. Il existe alors un homomorphisme de A-algèbres et un seul tel que, pour tout , le diagramme
soit commutatif, et désignant les homomorphismes canoniques.
Il suffit d’appliquer la prop. 8 aux homomorphismes .
L’homomorphisme u défini dans le cor. de la prop. 8 se note . Si J est une partie quelconque de I, on peut appliquer la prop. 8 à la famille des homomorphismes canoniques ; on en déduit un homomorphisme canonique , que l’on note encore et qui, lorsque J est finie, coïncide avec l’homomorphisme noté de cette façon plus haut.
Soit maintenant un élément de tel que la famille ait un support fini H. Il est immédiat que, si J et J’ sont deux parties finies de I contenant H, on a
On désignera par la valeur commune des pour les parties finies de I.
Proposition 9
Soit une famille de A-algèbres, et pour chaque , soit B une base de telle que l’élément unité appartienne à . Soit l’ensemble des éléments de la forme , où parcourt l’ensemble des éléments de tels que la famille ait un support fini. Alors est une base de l’algèbre , et cette base contient l’élément unité .
En effet, pour toute partie finie de , soit la base de produit tensoriel des bases pour (II, p. 72). Il résulte aussitôt des définitions que est la réunion des lorsque parcourt , et que l’on a lorsque ; donc est un système inductif de parties des et ; la conclusion résulte donc de II, p. 92, corollaire.
On dit encore que la base est le produit tensoriel des bases pour ; lorsque les conditions de la prop. 9 sont satisfaites, les homomorphismes canoniques sont injectifs pour toute partie de , car si est la base de produit tensoriel des pour , on vérifie aussitôt que la restriction de à est injective et applique sur une partie de .
6. Lemmes de commutation
Lemme 1
Soient un anneau commutatif, une -algèbre, une suite finie d’éléments de , une suite finie d’éléments de , un élément de ; supposons que l’on ait
Le lemme étant trivial pour , on raisonne par récurrence sur . On a
Lemme 2
Soient un anneau commutatif, une -algèbre, et deux suites finies de éléments de ; supposons que pour , on ait
Le lemme étant trivial pour , on raisonne encore par récurrence sur pour . En vertu du lemme 1, on a
Pour toute famille d’éléments de , avec , et pour toute permutation , on pose
Lemme 3
Soient un anneau commutatif, une -algèbre, une suite finie d’éléments de , et supposons que, pour tout couple d’entiers tel que , on ait*
Or, on a
et ceci, d’après le lemme 1 (III, p. 44), est égal à
Finalement, (20) et (21) donnent
avec
ce qui achève la démonstration du lemme 3.
7. Produit tensoriel d’algèbres graduées relativement à des facteurs de commutation
Définition 6
Soit une famille finie de monoïdes commutatifs, notés additives ment. On appelle système de facteurs de commutation sur les , à valeurs dans un anneau commutatif , un système d’applications , où , vérifiant les conditions suivantes:
(22)
quels que soient dans , dans .
Si on munit I d’une structure d’ordre total et si les sont des groupes, on définit un système de facteurs de commutation sur les en prenant pour tout couple tel que une application -bilinéaire quelconque de dans le -module (multiplicatif) des éléments inversibles de l’anneau , puis en posant pour .
On notera que, puisque les sont inversibles, on a
en vertu de (22) et (23).
Exemple 1
Le système de facteurs de commutation trivial est formé des tels que quels que soient , , .
Exemple 2
Si on prend et pour tout , on a un système de facteurs de commutation en prenant . On notera que ce nombre ne dépend que des parités de et , et les peuvent donc être considérés comme un système de facteurs de commutation lorsque certains des sont égaux à , les autres à .
Ces deux exemples sont les cas les plus fréquents que l’on rencontre dans les applications.
Proposition 10
Soient A un anneau commutatif, une famille finie de monoïdes commutatifs, notés additivement; pour chaque , soit une A-algèbre graduée de type . Enfin, soit un système de facteurs de commutation sur les , à valeurs dans A. Il existe alors une A-algèbre graduée E de type et, pour chaque , un homomorphisme d’algèbres , ayant les propriétés suivantes:
(i) Si est l’homomorphisme canonique, alors est un homomorphisme gradué (II, p. 166), autrement dit, on a , en notant et les graduations respectives de et de .
(ii) Si et si (resp. ) est un élément de (resp. ) homogène de degré (resp. ), alors on a
(iii) Pour toute A-algèbre F et tout système d’homomorphismes vérifiant les conditions
lorsque ont les mêmes significations que dans (ii), alors il existe un homomorphisme d’algèbres et un seul, tel que pour tout . En outre, le A-module sous-jacent à E est le produit tensoriel .
Considérons le A-module ; il s’identifie à la somme directe des sous-modules , où, pour tout , on pose ; les forment donc sur le A-module E une graduation de type . Nous allons définir sur E une structure de A-algèbre graduée de type . Pour cela, munissons I d’une structure d’ordre total; pour tout couple d’éléments de , il s’agit d’abord de définir une application A-bilinéaire de dans , ou encore une application A-linéaire de dans . Nous définirons par la condition
pour , où l’on a posé
En effet, le second membre de (27) appartient évidemment à , et l’application est A-multilinéaire dans le produit des et des (). Il s’agit ensuite de prouver que la multiplication ainsi définie sur est associative; or, si est un troisième élément de , et pour , on a
Si, pour tout , désigne l’élément unité de , on sait que est homogène de degré 0 (III, p. 30), donc est homogène de degré 0, et il résulte de (27), (28) (III, p. 47) et des relations que est élément unité de , ce qui achève de définir sur la structure de A-algèbre graduée cherchée. On prendra ensuite ; pour vérifier que pour dans , on peut se borner au cas où et sont homogènes, et alors cette relation découle aussitôt de (27) (III, p. 47) et des relations ; ces mêmes relations et (24) (III, p. 46) prouvent en outre que les satisfont aux conditions (i) et (ii) de l’énoncé, et que l’on a
Reste à vérifier la condition (iii); notons que l’application , où le second membre est le produit de la séquence pour l’ordre total choisi sur , est A-multilinéaire. Il existe donc une application A-linéaire et une seule telle que
Il est clair que l’algèbre et l’application canonique constituent une solution du problème d’application universelle (E, IV, p. 23), où est l’espèce de structure de A-algèbre, et les -applications les applications de dans une A-algèbre, vérifiant les conditions (26) de III, p. 47.
Pour un ordre total fixé sur , nous dirons que l’algèbre graduée définie dans la démonstration de la prop. 10 est un -*produit tensoriel gradué de type* de la famille d’algèbres graduées de types , et nous le noterons (s’il n’y a pas de confusion possible sur l’ordre de ); nous noterons de même l’homomorphisme défini dans la démonstration de la prop. 10. Les homomorphismes sont dits canoniques. On écrit aussi lorsque et que toutes les sont égales à une même algèbre .
Remarque 1
On retrouve le produit tensoriel d’algèbres défini dans III, p. 34 (muni en outre de la graduation produit tensoriel de celles de ses facteurs) lorsque l’on prend quels que soient et .
Remarque 2
Supposons que tous les soient égaux à , et posons ; le -produit tensoriel correspondant à ce système de facteurs de commutation est alors appelé le produit tensoriel gauche des algèbres graduées de type , et se note (ou pour deux algèbres, ou au lieu de ).
Corollaire 1
Avec les notations de la prop. 10 (III, p. 48), supposons en outre que F soit une A-algèbre graduée de type , et que chaque soit un homomorphisme d’algèbres graduées relatif à ; alors est un homomorphisme d’algèbres graduées.
Cela résulte aussitôt de la définition de et du fait que par définition des .
On voit donc que est aussi solution d’un second problème d’application universelle, où est cette fois l’espèce de structure de A-algèbre graduée de type , les morphismes étant les homomorphismes d’algèbres graduées de type , et les -applications les applications , où en plus des conditions (26) de III, p. 47, on suppose que est un homomorphisme d’algèbres graduées relatif à .
Corollaire 2
Soient deux familles finies de -algèbres, et étant graduées de type pour tout . Pour chaque , soit un homomorphisme d’algèbres graduées de type . Alors, si et sont les homomorphismes canoniques, il existe un homomorphisme de -algèbres graduées de type et un seul, tel que pour tout . En outre, si chaque est bijectif, il en est de même de .
Il suffit d’appliquer le cor. 1 aux , en remarquant que les conditions (26) (III, p. 47) découlent alors des relations (25) (III, p. 47) appliquées aux .
On notera encore (si aucune confusion n’en résulte) l’homomorphisme défini dans le cor. 2; si pour chaque , est une troisième -algèbre graduée de type , et un homomorphisme d’algèbres graduées, on a
Lorsqu’il s’agit du produit tensoriel gauche d’algèbres graduées de type , on écrit au lieu de pour des homomorphismes d’algèbres graduées de type ; quand , on écrit aussi cet homomorphisme; quand , que tous les (resp. ) sont égaux et tous les égaux à un même homomorphisme , on écrit .
Remarque
Dans la démonstration de la prop. 10 (III, p. 47), on s’est servi d’une relation d’ordre total sur pour définir une structure d’algèbre sur le produit tensoriel des -modules . Si l’on change la relation d’ordre sur , on trouve une autre structure multiplicative sur , mais la nouvelle algèbre ainsi obtenue est canoniquement isomorphe à la précédente, puisque l’une et l’autre sont solutions du même problème d’application universelle. Par exemple, lorsque , l’isomorphisme canonique de l’algèbre sur l’algèbre transforme en , pour homogène de degré et homogène de degré .
Soit une partie de , et, pour chaque , considérons l’homomorphisme canonique . En vertu des relations (25) de III, p. 47, on déduit canoniquement (par la prop. 10 de III, p. 47) de ces homomorphismes un homomorphisme canonique tel que pour tout , , étant l’homomorphisme canonique . Si l’on prend sur l’ordre total induit par celui choisi sur , on a
où le second membre est le produit de la séquence , et où dans le troisième membre, pour , pour .
Proposition 11 (« associativité » du -produit tensoriel). — *Avec les notations de la prop. 10 (III, p. 47), soit une partition de , et posons pour tout . Soit un -produit tensoriel gradué de type de la famille (pour un ordre total choisi sur ). D’autre part, pour dans et , posons, pour , ,
Alors est un système de facteurs de commutation sur les à valeurs dans , et il existe un homomorphisme et un seul d’algèbres graduées de type , , tel que
pour tout , pourvu que l’on prenne sur l’ordre total qui induit sur chaque l’ordre total choisi, et qui est tel que pour dans , et , on ait .
Le fait que les forment un système de facteurs de commutation est trivial. Soient , les homomorphismes canoniques (pour ), et posons ; il suffira, en vertu de l’unicité de la solution d’un problème d’application universelle, de montrer que et les vérifient les conditions de la prop. 10 (III, p. 47). Or, pour tout , soit l’unique homomorphisme d’algèbres tel que pour tout . Montrons que, pour , , , on a
pour (resp. ) homogène de degré (resp. ); il suffit, par linéarité, de le voir lorsque , , (resp. ) étant homogène de degré (resp. ) dans (resp. ) pour . Mais cela résulte de la formule (30) (III, p. 48) qui définit les , et du lemme 3 de III, p. 45, compte tenu de l’hypothèse (26) (III, p. 47) et de la définition (32). Il y a donc un homomorphisme d’algèbres et un seul tel que pour tout ; d’où pour tout , et l’unicité de est triviale.
8. Produit tensoriel d’algèbres graduées de mêmes types
Les hypothèses de III, p. 47, prop. 10 étant supposées vérifiées, supposons en outre que tous les soient égaux à un même monoïde commutatif ; on peut alors considérer sur le -produit tensoriel la graduation totale de type , associée à la graduation de type sur cette algèbre (II, p. 164); nous dirons que , munie de cette graduation, est un -produit tensoriel gradué de type de la famille d’algèbres graduées de type .
Conservant toujours les notations de la prop. 10 de III, p. 47, supposons que F soit aussi une A-algèbre graduée de type et que les soient des homomorphismes d’algèbres graduées de type . Alors est aussi un homomorphisme d’algèbres graduées de type : il résulte en effet de la formule (30) (III, p. 48) que si est homogène et de degré , et sont tous deux homogènes de degré .
On peut donc dire que , muni de la graduation totale de type , constitue, avec l’application canonique , une solution d’un troisième problème d’application universelle, où est l’espèce de structure de A-algèbre graduée de type , les morphismes les homomorphismes d’algèbres graduées de type , et les -applications les applications où, en plus des conditions (26) (de III, p. 47), on suppose que chaque est un homomorphisme d’algèbres graduées de type .
Pour toute partie J de I, l’homomorphisme canonique (III, p. 50) est, dans le cas actuel, un homomorphisme d’algèbres graduées de type , comme il résulte de ce qui précède.
Proposition 12 (« associativité » du -produit tensoriel d’algèbres graduées de mêmes types)
Avec les notations de III, p. 47, prop. 10, supposons que tous les soient égaux à un même monoïde ; soit une partition de I. Avec les notations de la prop. 11 de III, p. 51, supposons que le second membre de la formule (32) (III, p. 51) ne dépende que des sommes , pour tout couple d’indices distincts, tout et tout ; désignons par le second membre de (32). Alors est un système de facteurs de commutation sur la famille , où pour tout . Si est le -produit tensoriel gradué de type de la famille , il existe un isomorphisme et un seul d’algèbres graduées de type , , tel que
En vertu de l’hypothèse, pour dans , on a pour un et un , comme on le voit en considérant les éléments et tels que pour , pour ; il en résulte aussitôt que les forment un système de facteurs de commutation. Le reste de la démonstration est alors analogue à celle de la prop. 11 (III, p. 51), et est laissé au lecteur.
On notera que les hypothèses supplémentaires de la prop. 12 sont remplies lorsque et que est, soit le système de facteurs trivial quels que soient ), soit le système de facteurs défini par ; dans ce dernier cas, le second membre de la formule (32) est en effet égal à , avec .
Remarque 1
Soit I un ensemble infini d’indices, un monoïde commutatif; désignons par la famille telle que pour tout , et supposons donnée, pour tout couple d’indices distincts de I, une application vérifiant les conditions (22), (23) et (24) (III, p. 46); nous dirons encore que c’est un système de facteurs de commutation sur la famille . Considérons une famille de A-algèbres graduées de type ; pour chaque partie finie J de I, désignons par un -produit tensoriel gradué de type de la sous-famille (avec un choix arbitraire d’un ordre total sur J). Si J, J' sont deux parties finies de I telles que , on a défini ci-dessus un homomorphisme canonique d’algèbres graduées de type , , et les propriétés d’unicité de ces homomorphismes montrent aussitôt que si sont trois parties finies de I, on a . On a donc un système inductif d’algèbres graduées de type (III, p. 32), dont l’ensemble d’indices est l’ensemble filtrant croissant des parties finies de I. L’algèbre graduée de type , limite inductive de ce système inductif (III, p. 33) est appelée un -produit tensoriel gradué de type de la famille ; on le note encore . Lorsque tous les sont égaux à et , on dit encore que le produit tensoriel est le produit tensoriel gauche de la famille et on le note . Nous laissons au lecteur le soin de formuler et de démontrer la proposition qui généralise au cas où I est infini la prop. 10 de III, p. 47, comme la prop. 8 de III, p. 42 généralise au cas où I est infini la prop. 5 de III, p. 36. On notera que le A-module sous-jacent à est le même que celui sous-jacent au produit tensoriel (non gradué) de la famille d’algèbres non graduées, défini dans III, p. 42.
Remarque 2
Soient E une A-algèbre graduée de type (où est un monoïde commutatif), et un homomorphisme d’anneaux; la graduation de (II, p. 174) est identique à la graduation du produit tensoriel gradué , où B est muni de la graduation triviale.
9. Algèbres anticommutatives et algèbres alternées
Définition 7
On dit qu’une A-algèbre graduée E de type est anticommutative si, quels que soient les éléments homogènes non nuls x, y de E, on a
(36)
On dit que l’algèbre E est alternée si elle est anticommutative et si de plus pour tout élément homogène de degré impair.
Remarque 1
Soit la sous-algèbre graduée de somme directe des (); il résulte de la déf. 7 que si est anticommutative, est une sous-algèbre contenue dans le centre de (donc commutative).
Remarque 2
Supposons que 2 ne soit pas diviseur de 0 dans ; alors si est anticommutative, est alternée, car pour homogène et de degré impair, on a d’après (36), d’où , et en vertu de l’hypothèse.
Remarque 3
Nous étudierons en détail dans III, p. 76 à 90, des exemples importants d’algèbres alternées.
Lemme 4
Soient une algèbre graduée du type , un ensemble d’éléments homogènes ; l’ensemble des éléments de dont toutes les composantes homogènes satisfont à la relation (36) (III, p. 53) pour tout , est une sous-algèbre graduée de .
Il suffit de noter que: 1° si sont deux éléments homogènes de même degré , un élément homogène de degré , et si , , on a aussi ; 2° si sont deux éléments homogènes de degrés respectifs , un élément homogène de degré , et si , , on a .
Proposition 13
Soient une -algèbre graduée de type , un système générateur de l’algèbre formé d’éléments homogènes ; pour que soit anticommutative (resp. alternée), il faut et il suffit que (36) (III, p. 53) soit vérifiée, quels que soient et (resp. que cette condition soit vérifiée et en outre que pour tout homogène de degré impair appartenant à ).
Considérons d’abord le cas des algèbres anticommutatives. En vertu du lemme 4, la sous-algèbre formée des éléments dont toute les composantes homogènes satisfont à (36) (III, p. 53) pour tout , contient tous les éléments de , donc . Si maintenant est de même la sous-algèbre de formée des éléments dont toutes les composantes homogènes satisfont à (36) pour tout élément homogène de , il résulte de ce qui précède que contient tous les éléments de , donc , ce qui prouve la proposition dans ce cas.
Pour prouver la proposition dans le cas des algèbres alternées, on peut déjà supposer anticommutative; il est immédiat alors que tout élément homogène de degré impair de est de la forme , où et est de degré impair (utilisant le fait que est contenu dans le centre de ); on en déduit puisque par hypothèse et en vertu de (36).
Proposition 14
Soient et deux -algèbres graduées de type , toutes deux anticommutatives (resp. alternées). Alors le produit tensoriel gauche (III, p. 49) est (une algèbre) anticommutative (resp. alternée).
En effet, un système générateur de est formé des , où (resp. ) est un élément homogène de (resp. ). Considérons deux tels éléments , avec , de sorte que est de degré et de degré . On a par définition (III, p. 47, formule (27)), et en vertu de (36) (III, p. 53)
et le critère de la prop. 13 (III, p. 54) montre que est anticommutative puisque (mod. 2). Si de plus E et F sont alternées et impair, un des nombres est nécessairement impair, donc , et la prop. 13 montre que est alternée.
Corollaire
Soit E une A-algèbre graduée de type , anticommutative (resp. alternée). Alors, pour tout homomorphisme d’anneaux , la B-algèbre graduée (III, p. 53, Remarque 2) est anticommutative (resp. alternée)*.
En effet, l’anneau B, muni de la graduation triviale, peut être considéré comme une A-algèbre alternée, et , donc on peut appliquer la prop. 14.
Remarque
Soit E une A-algèbre graduée de type anticommutative. Alors l’application A-linéaire de dans E définie par la multiplication de E (III, p. 5) est un homomorphisme de la A-algèbre graduée dans E, car avec les notations de la prop. 14, on a, dans l’algèbre E, .
Exercices
See the exercises for § 4.