Considérons une matrice carrée d’ordre n qui se présente sous forme d’une « matrice triangulaire supérieure de matrices » (II, p. 152, Exemple IV)
X=(Y0TZ)
Montrons que l’on a
(30)
detX=(detY)(detZ).
Soient n l’ordre de la matrice X, h celui de la matrice Y, (ei)1≤i≤n la base canonique de An, xi (1≤i≤n) les colonnes de X; l’hypothèse entraîne que les colonnes x1,…,xh appartiennent au sous-module de An ayant pour base e1,…,eh et l’on a par définition (III, p. 92, formule (6))
x1∧x2∧⋯∧xh=(detY)e1∧e2∧⋯∧eh.
D’autre part, pour tout indice i>h, on peut écrire xi=yi+zi, où yi est une combinaison linéaire de e1,e2,…,eh et zi une combinaison linéaire de eh+1,…,en. D’après (30), on a x1∧x2∧⋯∧xh∧yi=0 pour tout i>h, donc
x1∧x2∧⋯∧xn=(detY)e1∧e2∧⋯∧eh∧zh+1∧⋯∧zn.
Mais par définition on a
zh+1∧zh+2∧⋯∧zn=(detZ)eh+1∧eh+2∧⋯∧en
d’où la formule (30).
Par récurrence sur p, on en déduit que si X est sous forme d’une matrice triangulaire supérieure de matrices:
X=X110…0X12X22…0…………X1pX2p…Xpp
on a
(31) detX=(detX11)(detX22)…(detXpp).
Ceci s’applique en particulier à une matrice triangulaire (toutes les Xii étant d’ordre 1) et plus particulièrement à une matrice diagonale:
(32) det(diag(α1,α2,…,αn))=α1α2…αn.
Bourbaki place la démonstration juste après l’énoncé : ce qui précède est l’énoncé avec sa démonstration.