Bourbaki

Remarque 2

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Algebra, chapter III, § 10. Dérivations

Tant qu’on ne considère que des ε-dérivations d’un degré donné δ, on peut se débarrasser du facteur de commutation ε par le procédé suivant: on modifie l’application bilinéaire λ2:A×B′→B′′\lambda_2 : A \times B' \to B'' en la remplaçant par l’application bilinéaire λ2′:A×B′→B′′\lambda'_2 : A \times B' \to B'' telle que pour tout aa homogène dans AA et tout b′∈B′b' \in B', on ait

λ2′(a,b′)=εδ,deg⁡(a)λ2(a,b′). \lambda'_2(a, b') = \varepsilon_{\delta, \deg(a)} \lambda_2(a, b').

Alors dd est une dérivation relativement aux applications bilinéaires μ,λ1,λ2′\mu, \lambda_1, \lambda'_2.

La définition générale des ε-dérivations donnée ci-dessus est surtout utilisée dans deux cas:

Cas I): on a A=B,A′=B′,A′′=B′′A = B, A' = B', A'' = B'', et les trois applications bilinéaires μ,λ1,λ2\mu, \lambda_1, \lambda_2 sont égales à une même application.

Cas II): on a A=A′=A′′,B=B′=B′′A = A' = A'', B = B' = B'', de sorte que (pour μ\mu) AA est une algèbre graduée, et que les deux applications K-bilinéaires

(7)

λ1:B×A→B,λ2:A×B→B \lambda_1 : B \times A \to B, \quad \lambda_2 : A \times B \to B

sont telles que les applications K-linéaires correspondantes B⊗KA→B,A⊗KB→BB \otimes_K A \to B, A \otimes_K B \to B soient graduées de degré 0. Une ε-dérivation de degré δ de AA dans BB est alors une application K-linéaire graduée d:A→Bd : A \to B de degré δ, telle que, pour tout xx homogène dans AA et tout y∈Ay \in A, on ait la relation

(8)

d(xy)=(dx)y+εδ,deg⁡(x)x(dy). d(xy) = (dx)y + \varepsilon_{\delta, \deg(x)} x(dy).

Rentre en particulier dans le cas II) le cas où AA est une K-algèbre associative unifière, et où λ1\lambda_1 et λ2\lambda_2 sont les lois d’action d’un (A, A)-bimodule (III, p. 39, déf. 3). Il en est ainsi notamment lorsque AA et BB sont deux K-algèbres associatives unifières, que l’on s’est donné un homomorphisme unifière de K-algèbres graduées ρ:A→B\rho : A \to B et que l’on considère sur BB la structure de (A, A)-bimodule définie par les deux lois d’action

λ1:(b,a)↦bρ(a),λ2:(a,b)↦ρ(a)b \lambda_1 : (b, a) \mapsto b\rho(a), \qquad \lambda_2 : (a, b) \mapsto \rho(a)b

pour a∈A,b∈Ba \in A, b \in B.

Les cas I) et II) ont en commun le cas suivant: on considère une K-algèbre graduée AA, on prend B=AB = A, les applications (7) étant toutes deux la multiplication dans AA. On parle alors de ε-dérivation (ou (K, ε)-dérivation) de l’algèbre graduée AA: c’est une application K-linéaire graduée de AA dans elle-même, de degré δ, satisfaisant à (8) pour tout xx homogène dans AA et tout y∈Ay \in A. En particulier, si AA est un anneau gradué, considéré comme une Z\mathbf{Z}-algèbre (associative), on parlera des ε-dérivations de l’anneau AA.

Soient AA une K-algèbre associative, commutative et unifière, BB un A-module; lorsqu’on parlera de dérivation de AA dans BB, il sera sous-entendu qu’il s’agit de la structure de A-bimodule de B déduite de sa structure de A-module; on a alors la formule

d(xy)=x(dy)+y(dx) d(xy) = x(dy) + y(dx)
pour x∈A,y∈Ax \in A, y \in A pour une telle dérivation d:A→Bd : A \to B.

Bourbaki place la démonstration juste après l’énoncé : ce qui précède est l’énoncé avec sa démonstration.

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Rien.

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Rien.

Transcrit du volume imprimé. Non traduit.