Bourbaki

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Algebra, chapter V, § 10. EXTENSIONS GALOISIENNES

Avec les notations du cor. 6, supposons les conditions a) et b) remplies. Les homomorphismes de restriction φi:Γ→Gal(Ei/K)\varphi_i : \Gamma \to \mathrm{Gal}(E_i/K) pour i=1,2i = 1, 2 induisent des isomorphismes de groupes topologiques

Ψ1:Γ2→Gal(E1/K),Ψ2:Γ1→Gal(E2/K). \Psi_1 : \Gamma_2 \to \mathrm{Gal}(E_1/K) , \quad \Psi_2 : \Gamma_1 \to \mathrm{Gal}(E_2/K) .

D’après a), on voit que l’application σ↦(φ1(σ),φ2(σ))\sigma \mapsto (\varphi_1(\sigma), \varphi_2(\sigma)) est un isomorphisme de groupes topologiques de Gal(N/K)\mathrm{Gal}(N/K) sur Gal(E1/K)×Gal(E2/K)\mathrm{Gal}(E_1/K) \times \mathrm{Gal}(E_2/K).

8. Changement du corps de base

Soient NN une extension galoisienne de KK et Γ\Gamma le groupe de Galois de NN sur KK; soit aussi N′N' une extension galoisienne d’un corps K′K', de groupe de Galois Γ′\Gamma'. On identifie KK (resp. K′K') à son image dans NN (resp. N′N'). Soient uu un homomorphisme

N→vN′∣∣K→uK′ \begin{array}{ccc} N & \xrightarrow{v} & N' \\ | & & | \\ K & \xrightarrow{u} & K' \end{array}

Fig. 1.

de KK dans K′K' et vv un homomorphisme de NN dans N′N', dont la restriction à KK soit égale à uu (cf. fig. 1). Soit σ∈Γ′\sigma \in \Gamma'; comme on a u(K)⊂K′u(K) \subset K', σ\sigma est un u(K)u(K)-automorphisme de N′N'; de plus, v(N)v(N) est extension galoisienne de u(K)u(K), donc σ\sigma induit un u(K)u(K)-automorphisme de v(N)v(N) (V, p. 53, remarque 1). Autrement dit, pour tout σ∈Γ′\sigma \in \Gamma', il existe un unique élément v∗(σ)v^*(\sigma) de Γ\Gamma tel que

v∘v∗(σ)=σ∘v. v \circ v^*(\sigma) = \sigma \circ v .

L’application v∗v^* est un homomorphisme de Gal(N′/K′)\mathrm{Gal}(N'/K') dans Gal(N/K)\mathrm{Gal}(N/K). Pour tout x∈Nx \in N, l’application σ↦v∗(σ)(x)=v−1(σ(v(x)))\sigma \mapsto v^*(\sigma)(x) = v^{-1}(\sigma(v(x))) de Γ′\Gamma' dans l’espace discret NN est continue, donc v∗v^* est continue.

Trois cas particuliers sont importants :

a) Si FF est une extension galoisienne de KK et EE une sous-extension de FF, on sait (V, p. 64, lemme 1) que FF est extension galoisienne de EE. Appliquons ce qui précède au cas où N=F,K′=E,N′=FN = F, K' = E, N' = F et v=IdFv = \mathrm{Id}_F. Alors v∗v^* n’est autre que l’injection canonique

j:Gal(F/E)→Gal(F/K). j : \mathrm{Gal}(F/E) \to \mathrm{Gal}(F/K) .

On l’appelle parfois l’homomorphisme d’inflation.

b) Supposons de plus que EE soit galoisienne sur KK. Appliquons ce qui précède au cas où N=E,K′=K,N′=FN = E, K' = K, N' = F et où vv est l’injection canonique de EE dans FF. Alors v∗v^* n’est autre que l’homomorphisme de restriction

π:Gal(F/K)→Gal(E/K). \pi : \mathrm{Gal}(F/K) \to \mathrm{Gal}(E/K) .

On sait (V, p. 58, prop. 3) que π\pi est surjectif, de noyau Gal(F/E)\mathrm{Gal}(F/E), et définit par passage au quotient un isomorphisme de groupes topologiques de Gal(F/K)/Gal(F/E)\mathrm{Gal}(F/K)/\mathrm{Gal}(F/E) sur Gal(E/K)\mathrm{Gal}(E/K) (V, p. 66, cor. 4).

c) Supposons que l’on ait v−1(K′)=Kv^{-1}(K') = K et N′=K′(v(N))N' = K'(v(N)). Montrons que l’homomorphisme

v∗:Gal(N′/K′)→Gal(N/K), v^*: \mathrm{Gal}(N'/K') \to \mathrm{Gal}(N/K),

est un isomorphisme de groupes topologiques, appelé parfois la translation. En effet, le groupe Gal(N′/K′)\mathrm{Gal}(N'/K') est compact, le groupe Gal(N/K)\mathrm{Gal}(N/K) est séparé et v∗v^* est continu ; il suffit donc (TG, I, p. 63, cor. 2) de prouver que v∗v^* est bijectif. Or tout élément σ\sigma du noyau de v∗v^* est un automorphisme de N′N' qui induit l’identité sur K′K' et sur v(N)v(N), donc σ=ε\sigma = \varepsilon puisque N′=K′(v(N))N' = K'(v(N)); par suite, v∗v^* est injectif. Par ailleurs, l’image de v∗v^* est un sous-groupe fermé Δ\Delta de Gal(N/K)\mathrm{Gal}(N/K) (TG, I, p. 63, ibid.) et le corps des invariants de Δ\Delta est égal à v−1(K′)=Kv^{-1}(K') = K; par suite, on a Δ=Gal(N/K)\Delta = \mathrm{Gal}(N/K) (V, p. 64, th. 4), donc v∗v^* est surjectif.

Le cas général se ramène par composition aux précédents. Remarquons tout d’abord que K′(v(N))K'(v(N)) est le corps des invariants dans N′N' du noyau Δ\Delta de v∗v^*; comme Δ\Delta est un sous-groupe distingué de Gal(N′/K′)\mathrm{Gal}(N'/K'), l’extension K′(v(N))K'(v(N)) de K′K' est galoisienne (V, p. 66, cor. 4). Alors v∗v^* est composé des homomorphismes

Gal(N′/K′)→πGal(K′(v(N))/K′)→ψGal(N/v−1(K′))→jGal(N/K); \mathrm{Gal}(N'/K') \xrightarrow{\pi} \mathrm{Gal}(K'(v(N))/K') \xrightarrow{\psi} \mathrm{Gal}(N/v^{-1}(K')) \xrightarrow{j} \mathrm{Gal}(N/K);

dans cette suite, π\pi est l’homomorphisme de restriction associé au triplet K′⊂K′(v(N))⊂N′K' \subset K'(v(N)) \subset N', ψ\psi est l’isomorphisme de translation associé au carré central du diagramme (fig. 2) et jj est l’homomorphisme d’inflation associé au triplet K⊂v−1(K′)⊂NK \subset v^{-1}(K') \subset N.

N→K′(v(N))→N′↑↑K→v−1(K′)→K′ \begin{array}{ccc} N & \to & K'(v(N)) \to N' \\ \uparrow & & \uparrow \\ K & \to & v^{-1}(K') \to K' \end{array}

Fig. 2.

Le théorème suivant précise la structure des isomorphismes de translation.

Bourbaki place la démonstration juste après l’énoncé : ce qui précède est l’énoncé avec sa démonstration.

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Rien.

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Rien.

Transcrit du volume imprimé. Non traduit.