Soient X un espace métrisable, (Ui)i∈I un recouvrement ouvert de X. Il existe une partition continue de l’unité faiblement subordonnée à (Ui)i∈I.
En effet, la prop. 3 (IX, p. 46) montre alors qu’il existe aussi une partition continue localement finie de l’unité (gi)i∈I subordonnée à (Ui)i∈I. Les ouverts Vi=gi([0,+∞[) formeront un recouvrement ouvert de X, plus fin que (Ui)i∈I et localement fini.
Pour prouver la prop. 6, prenons sur X une distance d≤1 compatible avec la topologie de X (IX, p. 3 et 15). Pour tout i∈I, posons
fi(x)=d(x,CUi).
On a donc fi(x)=0 si x∈/Ui, et
∣fi(x)−fi(y)∣≤d(x,y)
quels que soient x,y dans X (IX, p. 13, formule (2)), ce qui prouve la continuité de fi. Munissons I d’une structure d’ensemble bien ordonné (E, III, p. 20, th. 1), dont nous noterons α le plus petit élément. Pour tout i∈I, posons
gi(x)=γ≤isupfλ(x),hi(x)=γ<isupfλ(x)
(en convenant de prendre hα(x)=0; on notera que si l’ensemble des λ<i a un plus grand élément κ, on a gκ=hi);
h(x)=i∈Isupfi(x)=i∈Isupgi(x).
En vertu de (3), on a fi(x)≤fi(y)+d(x,y) pour tout i, donc
ce qui prouve que les fonctions gi,hi et h sont continues dans X. En outre, on a gi(x)=sup(fi(x),hi(x))≥0, et gi(x)=hi(x) si x∈/Ui.
Posons ui(x)=gi(x)−hi(x), et prouvons que, pour tout x∈X, la famille (ui(x)) est sommable dans R et a pour somme ∑i∈Iui(x)=h(x). Il suffit évidemment de prouver, par récurrence transfinie, que l’on a
(4)
λ≤i∑uλ(x)=gi(x)pour tout i∈I.
Supposons en effet la relation (4) vérifiée pour i<γ; alors la famille (uλ(x))λ≤γ est sommable dans R et l’on a
Alors, la fonction continue h est >0 en tout point, et la famille (ui/h)i∈I est une partition continue de l’unité faiblement subordonnée à (Ui)i∈I. C.Q.F.D.
Bourbaki place la démonstration juste après l’énoncé : ce qui précède est l’énoncé avec sa démonstration.