Soient A un anneau, M un A-module à gauche. On appelle présentation de longueur n ou n-présentation de M une suite exacte
Ln→Ln−1→⋯→L1→L0→M→0
où Li est un A-module à gauche libre (0≤i≤n). On dit que la présentation est finie si tous les Li sont des modules libres de type fini.
Si M est un A-module à gauche de type fini, on désigne par λ(M) la borne supérieure (finie ou égale à +∞) des entiers n≥0 tels que M possède une n-présentation finie. Si M n'est pas de type fini, on pose λ(M)=−1.
a) Soit 0→P→N→M→0 une suite exacte de A-modules à gauche. On a alors λ(N)≥inf(λ(P),λ(M)). (A partir de deux n-présentations de P et M respectivement, en déduire une de N en utilisant l'exerc. 5 du § 1).
EXERCICES
b) Soit MnunMn−1→⋯→M0u0M→0 une n-présentation finie de M; montrer que, si λ(M)>n, Ker(un) est un A-module de type fini. (Soit Ln+1vn+1Ln→⋯→L2v2L1v1′L0v0M→0 une (n+1)-présentation finie de M, et soit P=Ker(v0), de sorte que l’on a une n-présentation de P:
Ln+1vn+1Ln→⋯→L2v2L1v1P→0.
Appliquant la méthode de a) à la suite exacte 0→P→L0→M→0 on obtient une suite exacte
Mn⊕Ln+1wnMn−1⊕Lnwn−1⋯w1M0⊕L1w0L0→0
et des suites exactes 0→Ker(vi+1)→Ker(wi)→Ker(ui)→0 (§1, no 4, prop. 2). Observer enfin que Ker(wi) est facteur direct de Mi⊕Li+1.
c) Montrer que, sous les hypothèses de a), on a
λ(M)⩾inf(λ(N),λ(P)+1).
(Si n⩽inf(λ(N),λ(P)+1), montrer par récurrence sur n que λ(M)⩾n, en raisonnant comme dans a) et utilisant b)).
d) Montrer que, sous les hypothèses de a), on a
λ(P)⩾inf(λ(N),λ(M)−1).
(Même méthode que dans c).) En déduire que, si λ(N)=+∞, alors λ(M)=λ(P)+1.
e) Déduire de a), c) et d) que, si N=M⊕P, on a
λ(N)=inf(λ(M),λ(P)).
En particulier, pour que N admette une présentation finie il faut et il suffit qu’il en soit ainsi pour M et P.
f) Soient N1,N2 deux sous-modules d’un A-module M. Supposons que N1 et N2 admettent une présentation finie. Pour que N1+N2 admette une présentation finie, il faut et il suffit que N1∩N2 soit de type fini.