Exercice 15, § 2
Algèbre commutative, II
Bourbaki marks this one as harder than the rest.
Soient un espace topologique complètement régulier, son compactifié de Stone-Čech ( gén., chap. IX, 2e éd., § 1, exerc. 7). Pour tout , on désigne par l'idéal maximal de l'anneau formé des telles que soit adhérent au sous-ensemble de ( gén., chap. X, 2e éd., § 4, exerc. 15); on désigne par l'idéal formé des telles que soit la trace sur d'un voisinage de dans ; est égal à sa racine.
On dit qu'un idéal de est isolé (resp. absolument isolé) si, pour tout dans , tout tel que (resp. ) appartient à (cf. Alg., chap. VI, § 1, exerc. 4); alors est muni d'une structure d'ordre (resp. d'une structure d'ordre réticulée) compatible avec sa structure d'anneau et pour laquelle les éléments sont les classes mod. des éléments de (loc. cit.).
a) Montrer qu’un idéal de égal à sa racine est absolument isolé (si et , considérer la fonction égale à 0 pour , à pour ). Pour que dans ce cas soit totalement ordonné, il faut et il suffit que soit premier ; l’ensemble des idéaux premiers de est alors totalement ordonné par inclusion.
b) Pour qu’un idéal isolé de soit tel que soit totalement ordonné, il est nécessaire que soit contenu dans un seul idéal maximal , et alors contient nécessairement ; il est suffisant que contienne un idéal premier, et alors est absolument isolé (remarquer que la relation implique alors ou ).
c) On prend , ; montrer que l’idéal principal engendré par la fonction est contenu dans et contient , mais n’est pas isolé ; l’idéal principal engendré par l’application identique est contenu dans , contient et est isolé, mais non absolument isolé.
d) Montrer que, si et sont deux idéaux premiers dans , on a (et en particulier ) et est premier ou égal à . (Si , observer que est absolument isolé et égal à sa racine, et utiliser .)
e) Pour que soit premier, il faut et il suffit que, pour toute fonction , l’adhérence dans de l’un des deux ensembles soit un voisinage de . En déduire un exemple où est premier et non maximal (considérer l’espace topologique associé à un ultrafiltre non trivial ; cf. Top. gén., chap. I, 3e éd., § 6, no 5).
f) On suppose que . Pour que , il faut et il suffit que toute intersection dénombrable de voisinages de dans soit un voisinage de . (Cf. Top. gén., chap. I, 3e éd., § 7, exerc. 7.)
g) Montrer que s’identifie canoniquement à l’anneau total des fractions de .
Solution
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