Bourbaki

Exercice 17, § 2

Algèbre commutative, II

(*) Soient AA un anneau (non nécessairement commutatif), F\mathscr{F} un ensemble topologisant (exerc. 16) d’idéaux à gauche de AA.

(*) Les exercices 17 à 25 (inédits) nous ont été communiqués par P. Gabriel.

a) On dit qu’un A-module (à gauche) M est F\mathscr{F}-négligeable si l’annulateur de tout élément de M appartient à F\mathscr{F}. Si M est F\mathscr{F}-négligeable, il en est de même de tout sous-module et de tout module quotient de M. Si M et N sont deux A-modules F\mathscr{F}-négligeables, M⊕NM \oplus N est F\mathscr{F}-négligeable. Pour que As/mA_s/m soit F\mathscr{F}-négligeable, il faut et il suffit que m∈Fm \in \mathscr{F}. Si (0)∈F(0) \in \mathscr{F}, tout A-module est F\mathscr{F}-négligeable ; si F\mathscr{F} est réduit au seul idéal à gauche AsA_s, tout A-module F\mathscr{F}-négligeable est réduit à 0.

b) Pour tout A-module M, il existe un plus grand sous-module F\mathscr{F}-négligeable de M que l’on note FM\mathscr{F}M. Pour tout homomorphisme u:M→Nu : M \to N de A-modules, on a u(FM)⊂FNu(\mathscr{F}M) \subset \mathscr{F}N; soit Fu\mathscr{F}u l’application de FM\mathscr{F}M dans FN\mathscr{F}N dont le graphe coïncide avec celui de u∣FMu|_{\mathscr{F}M}. Si

0⟶M→uN→vP 0 \longrightarrow M \xrightarrow{u} N \xrightarrow{v} P

est une suite exacte de A-modules, la suite

0⟶FM→FuFN→FvFP 0 \longrightarrow \mathscr{F}M \xrightarrow{\mathscr{F}u} \mathscr{F}N \xrightarrow{\mathscr{F}v} \mathscr{F}P

est exacte. Montrer que FAs\mathscr{F}A_s est un idéal bilatère de A.

c) Soient m,nm, n deux éléments de F\mathscr{F} tels que m⊂nm \subset n; pour tout A-module à gauche M, l’injection canonique j:m→nj : m \to n définit un homomorphisme de groupes commutatifs

um,n=Hom⁡A(j,1M):Hom⁡A(n,M)→Hom⁡A(m,M). u_{m,n} = \operatorname{Hom}_A(j, 1_M) : \operatorname{Hom}_A(n, M) \to \operatorname{Hom}_A(m, M).

Lorsqu’on ordonne F\mathscr{F} par la relation ⊃\supset, les uum,mu_{u_m, m} définissent un système inductif de groupes commutatifs, dont on notera la limite inductive M(F)M_{(\mathscr{F})}. Les applications um,Asu_{m, A_s} forment un système inductif, dont la limite inductive est une application (dite canonique) de M=Hom⁡A(As,M)M = \operatorname{Hom}_A(A_s, M) dans M(F)M_{(\mathscr{F})}. De même, si φ:M→N\varphi : M \to N est un homomorphisme de A-modules à gauche, les φm=Hom⁡A(1,φ):Hom⁡A(m,M)→Hom⁡A(m,N)\varphi_m = \operatorname{Hom}_A(1, \varphi) : \operatorname{Hom}_A(m, M) \to \operatorname{Hom}_A(m, N) forment un système inductif dont la limite inductive est un homomorphisme de groupes commutatifs v(F):M(F)→N(F)v_{(\mathscr{F})} : M_{(\mathscr{F})} \to N_{(\mathscr{F})}. Si 0→M→vN→wP0 \to M \xrightarrow{v} N \xrightarrow{w} P

est une suite exacte de A-modules, la suite 0→M(F)→v(F)N(F)→w(F)P(F)0 \to M_{(\mathscr{F})} \xrightarrow{v_{(\mathscr{F})}} N_{(\mathscr{F})} \xrightarrow{w_{(\mathscr{F})}} P_{(\mathscr{F})}

est exacte.

Solution

Aucune solution n’a encore été écrite.

Transcrit du volume imprimé. Non traduit.