Soient K un corps de caractéristique p, P son sous-corps premier, Ω une clôture algébrique de K. On note ℘ l’endomorphisme x↦Fx−x du groupe W(Ω), et aussi, pour tout entier n⩾1, l’endomorphisme de Wn(Ω) qu’il induit par passage aux quotients.
a) Fixons un entier n⩾1. L’endomorphisme ℘ de W(Ω) (resp. Wn(Ω)) laisse stable W(K) (resp. Wn(K)) et son noyau est W(P) (resp. Wn(P)).
On identifiera, dans la suite de cet exercice, W(P) et Zp, Wn(P) et Z/pnZ (§ 1, n° 7, exemple 3).
b) Soit a∈Wn(K). Notant V l’homomorphisme de décalage Wn(K)→Wn+1(K), prouver que l’on a a∈pWn(K) si et seulement si l’on a Va∈pWn+1(K). Si K est séparablement clos, on a pWn(K)=Wn(K).
c) Soit a∈Wn(Ω) tel que pa∈Wn(K). On note K(a) le sous-corps de Ω engendré par K et les composantes a0,...,an−1 de a. Si A est une partie de Wn(K), on note K(p−1(A)) la sous-extension de Ω engendrée par les corps K(a), pour tous les éléments a de Wn(Ω) vérifiant pa∈A.
Raisonnant comme dans A, V, p. 87 et utilisant l’exercice précédent, prouver les assertions suivantes :
(i) Soit L une extension galoisienne de K dans Ω. Il existe une unique application (σ,a)↦[σ,a] de Gal(L/K)×(pWn(L)∩Wn(K))/pWn(K) dans Z/pnZ telle que pour tout σ∈Gal(L/K) et tout x∈Wn(L) tel que p(x)∈Wn(K), on ait, en notant p(x) la classe de p(x) modulo pWn(K)
[σ,p(x)]=σx−x.
Si σ,σ′∈Gal(L/K) et a,a′∈(pWn(L)∩Wn(K))/pWn(K), on a
[σσ′,a]=[σ,a]+[σ′,a]
et
[σ,a+a′]=[σ,a]+[σ,a′].
(ii) Notons, pour toute extension galoisienne L de K dans Ω,
aL:(pWn(L)∩Wn(K))/pWn(K)→Hom(Gal(L/K),Z/pnZ)
et
aL′:Gal(L/K)→Hom((pWn(L)∩Wn(K))/pWn(K),Z/pnZ)
les homomorphismes déduits de l’application (σ,a)↦[σ,a] construite en (i). Pour toute extension galoisienne L de K dans Ω, l’homomorphisme aL est injectif, et son image est le groupe des homomorphismes continus du groupe topologique Gal(L/K) dans le groupe discret Z/pnZ.
(iii) L’application A↦K(p−1(A)) est une bijection de l’ensemble des sous-groupes de Wn(K) contenant pWn(K) sur l’ensemble des extensions de K dans Ω, abéliennes sur K et d’exposant divisant pn. L’application réciproque est L↦pWn(L)∩Wn(K).
(iv) Pour tout sous-groupe A de Wn(K) contenant pWn(K), l’homomorphisme
aK(p−1(A))′:Gal(K(p−1(A))/K)→Hom(A/pWn(K),Z/pnZ)
est bijectif. Lorsqu’on munit Hom(A/pWn(K),Z/pnZ) de la topologie de la convergence simple, c’est un homéomorphisme.