Algèbre commutative, IX, p. 48
Soit I l’ensemble des entiers négatifs. Pour tout anneau A, tout idéal nilpotent n de A, et tout entier r⩾0, soit CW(A,n,r) le sous-ensemble de A1 formé des éléments (ai)i∈I tels que a−n∈n si n⩾r. Autrement dit, on a
CW(A,n,r)=A{0,−1,...,1−r}×n{−r,−r−1,...}. On munit
CW(A,n,r) de la topologie produit, chaque facteur
A ou
n étant muni de la topologie discrète. On note
CW(A) la réunion des
CW(A,n,r) et on munit
CW(A) de la topologie limite inductive. Pour cette topologie,
CW(A) est séparé et
CWu(A) (
cf. exerc. 23) est dense dans
CW(A). Les éléments de
CW(A) sont appelés
covecteurs de Witt de A. a) Soit
t un entier positif, et soient
ω0,...,ωt des entiers positifs tels que
ω0 soit non nul et que
pt+1 divise
∑i=0tpiωi. Alors on a
∑i=0tωi⩾t(p−1)+p. b) Soit
A l’anneau
Z[X,Y] des polynômes en deux familles d’indéterminées
X=(Xi)i∈I et
Y=(Yi)i∈I. Pour tout entier
r⩾0, soit
nr l’idéal de
A engendré par les
X−n et
Y−n pour
n⩾r. Soient
r et
s deux entiers
⩾1. Alors on a
Sm(X−m,...,X0;Y−m,...,Y0)≡Sm+1(X−m−1,X−m,...,X0;Y−m−1,...,Y0) modulo
nrs pour tout entier
m⩾r−1 si
s<p et pour tout entier
m⩾r−1+(s−p)/(p−1) si
s⩾p. (Par des arguments de poids, montrer que la différence des deux membres est combinaison linéaire à coefficients entiers de termes de la forme
X−m−1u0Y−m−1v0X−mu1Y−mv1...X0um+1Y0vm+1) où, si l’on pose
ωi=ui+vi pour
0⩽i⩽m+1, on a
ω0=0 et
∑i=0tpiωi=pm+1. Utiliser alors
a). c) Soient
A un anneau,
n un idéal nilpotent de
A,
r un entier positif et
a,b deux éléments de
CW(A,n,r). Alors : (i) Pour tout entier
n⩾0, la suite des éléments
dm=Sm(a−n−m,...,a−n−1,a−n;b−n−m,...,b−n−1,b−n) de
A est stationnaire. (ii) Pour tout entier
n⩾0, soit
c−n la limite de la suite précédente. Alors l’élément
c=(ci)i∈I appartient à
CW(A,n,r). On posera
a+b=c. (iii) La loi d’addition précédente munit
CW(A) d’une structure de groupe commutatif, compatible avec sa topologie. Pour tout idéal nilpotent
n de
A et tout entier
r⩾0, le sous-ensemble
CW(A,n,r) de
CW(A) en est un sous-groupe topologique. Il en est de même de
CWu(A). d) Soient
A et
B deux anneaux,
φ un homomorphisme d’anneaux de
A dans
B. Notons
CW(φ) l’application de
CW(A) dans
CW(B) qui à
(ai)i∈I associe
(φ(ai))i∈I. Alors
CW(φ) est un homomorphisme de groupes et une application continue.