Bourbaki

Exercice 25, § 1

Algèbre commutative, IX, p. 49

Soit A un anneau parfait de caractéristique pp. a) Soient B une A-algèbre et φ:A→B\varphi : A \to B l’homomorphisme structural. Pour tout entier n⩾1n \geqslant 1, munissons le groupe Wn(B)W_n(B) de la structure de W(A)W(A)-module définie par

(a,b)↦φ(F1−na).bpour(a,b)∈W(A)×Wn(B). (a, b) \mapsto \varphi(F^{1-n}a).b \quad \text{pour} \quad (a, b) \in W(A) \times W_n(B).
Muni de l’action de F par l’homomorphisme de Frobenius F et de V par l’homomorphisme de décalage V, Wn(B)W_n(B) est alors un DA\mathscr{D}_A-module (exerc. 22). L’application Vn:Wn(B)→Wn+1(B)V_n : W_n(B) \to W_{n+1}(B) induite par le décalage est un homomorphisme de DA\mathscr{D}_A-modules. Par transport de structure, on munit le groupe CWn(B)CW^n(B) d’une structure de DA\mathscr{D}_A-module. b) Soit A\mathscr{A} l’anneau de polynômes A[X]A[X] en une famille X=(Xi)i∈IX = (X_i)_{i \in I} d’indéterminées. Pour tout entier r⩾0r \geqslant 0, soit brb_r l’idéal de A\mathscr{A} engendré par les X−nX_{-n}, pour n⩾rn \geqslant r. Soient rr et ss des entiers ⩾1\geqslant 1. Alors, pour tout élément a=(an)n∈Na = (a_n)_{n \in \mathbf{N}} de W(A)W(A), on a
Pm(a0p−m,...,amp−m;X−m,...,X0)≡Pm+1(a0p−m−1,...,am+1p−m−1;X−m−1,...,X0)mod  .brs, P_m(a_0^{p^{-m}}, ..., a_m^{p^{-m}}; X_{-m}, ..., X_0) \equiv P_{m+1}(a_0^{p^{-m-1}}, ..., a_{m+1}^{p^{-m-1}}; X_{-m-1}, ..., X_0) \mod. b_r^s,
pour tout entier m⩾r−1m \geqslant r - 1 si s<ps < p, et pour tout entier m⩾r−1+(s−p)/(p−1)m \geqslant r - 1 + (s - p)/(p - 1) si s⩾ps \geqslant p. c) Soient B une A-algèbre et φ:A→B\varphi : A \to B l’homomorphisme structural. Soient a=(an)n∈Na = (a_n)_{n \in \mathbf{N}} un élément de W(A)W(A), et b=(bi)i∈Ib = (b_i)_{i \in I} un élément de CW(B)CW(B). Pour tout entier n⩾0n \geqslant 0, la suite des éléments Pm(φ(a0p−n−m),...,φ(amp−n−m);b−m−n,...,b−n)P_m(\varphi(a_0^{p^{-n-m}}), ..., \varphi(a_m^{p^{-n-m}}); b_{-m-n}, ..., b_{-n}) est stationnaire. Notant c−nc_{-n} la limite de cette suite, l’élément c=(ci)i∈Ic = (c_i)_{i \in I} appartient à CW(B)CW(B). Posons c=a.bc = a.b. L’application de W(A)×CW(B)W(A) \times CW(B) dans CW(B)CW(B) qui à (a,b)(a, b) associe cc, munit CW(B)CW(B) d’une structure de W(A)W(A)-module, qui prolonge la structure de W(A)W(A)-module de CWn(A)CW^n(A). Pour tout a∈Aa \in A et tout b∈CW(B)b \in CW(B), on a
τ(a).b=(ci)i∈Iavecci=apibipour touti∈I \tau(a).b = (c_i)_{i \in I} \quad \text{avec} \quad c_i = a^{p^i}b_i \quad \text{pour tout} \quad i \in I
et
p.b=(bi−1p)i∈I. p.b = (b_{i-1}^p)_{i \in I}.
Si pour tout b∈CW(B)b \in CW(B), on pose
Fb=(bip)i∈I Fb = (b_i^p)_{i \in I}
Vb=(bi−1)i∈I, Vb = (b_{i-1})_{i \in I},
alors F et V sont des endomorphismes continus de CW(B)CW(B) et permettent de munir CW(B)CW(B) d’une structure de DA\mathscr{D}_A-module. Le DA\mathscr{D}_A-module CWn(B)CW^n(B) est un sous-DA\mathscr{D}_A-module de CW(B)CW(B).

Solution

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