Algèbre commutative, IX, p. 54
Soit A un anneau. Soit J=P×Q une décomposition du monoïde J en produit de sous-monoïdes P et Q (qui sont donc engendrés par les nombres premiers qu’ils contiennent). On suppose que tout q∈Q est inversible dans A, donc aussi dans U(A) (p. 52, exerc. 35, e)). a) Pour tout a∈U(A), la série
εQ(a)=q∈Q∑qμ(q)VqFq(a), où
μ désigne la fonction de Möbius (Lie, II, p. 71), est convergente pour la topologie produit de
U(A)=AJ. On définit ainsi l’endomorphisme additif
εQ=∑q∈Qqμ(q)VqFq de
U(A). Pour tout
n∈J, l’application
Φn∘εQ de
U(A) dans
A est égale à 0 si
n∈/P et à
Φn si
n∈P. b) Pour tout
q∈Q,q=1, on a
εQVq=0=FqεQ. (Utiliser l’exerc. 36, c), p. 52.) c) Montrer que
εQ est un idempotent ayant pour image l’intersection des noyaux des
Fq (
q∈Q,q=1). Pour
m∈J et
a∈A, calculer
εQVmτ(a). En déduire que le noyau de
εQ est l’ensemble des éléments de la forme
∑n∈QVnτ(an), avec
an∈A. Le sous-ensemble
εQU(A) de
U(A) est stable par addition et multiplication. Muni de ces deux opérations, c’est un anneau commutatif, d’unité
εQ(1U(A)), et l’application
εQ:U(A)→εQU(A) est un homomorphisme d’anneaux. d) Pour tout
q∈Q, posons
eq=q1VqεQFq. Montrer que l’on a
eq2=eq et
eqeq′=0 si
q=q′, et que, pour tout
a∈U(A) on a
(∗)a=q∈Q∑eq(a), où la somme est convergente pour la topologie produit de
U(A). (Pour (
) se ramener au cas où a=X∈U(R[X]), R étant le sous-anneau de Q formé des nombres rationnels à dénominateur dans Q. Il suffit alors d’appliquer Φ et de vérifier l’analogue de () dans
R[X]J ce qui résulte de la formule
Φpq∘eq′=Φpqδqq′ si
p∈P,q∈Q,q′∈Q. Le sous-ensemble
eqU(A) de
U(A) est stable par addition et multiplication. Muni de ces deux opérations, c’est un anneau commutatif, d’unité
eq(1U(A)) et l’application
eq:U(A)→eqU(A) est un homomorphisme d’anneaux. e) Pour tout
q∈Q, on a
Fqeq=εQFq et
(q1Vq)εQ=eq(q1Vq). En conclure que
a↦q1Vq(a) est un isomorphisme d’anneaux
eqU(A)→εQU(A), d’inverse
a↦q1Vq(a). f) Montrer que la projection canonique
πP:U(A)→UP(A) (exerc. 39) définit un isomorphisme d’anneaux
εQU(A)→UP(A). En déduire un isomorphisme d’anneaux de
U(A) sur
UP(A)Q transformant
a en
(πPεQFq(a))q∈Q pour tout
a∈U(A). g) Si
A est une
Q-algèbre, on peut prendre
P={1} et
Q=J. On déduit un isomorphisme d’anneaux
U(A)→AJ, qui n’est autre que
Φ.
h) Supposons que P={pn∣n∈N}, où p est un nombre premier. Ainsi tout nombre premier q=p est inversible dans A. On obtient un isomorphisme d’anneaux U(A)→W(A)Q (cf. exerc. 39, d)). On notera ωA l’application de W(A) dans U(A), qui, par l’isomorphisme de U(A) et W(A)Q, correspond à l’inclusion de W(A) dans W(A)Q selon la première composante.