Algèbre commutative, IX, p. 59
a) Soient A un pré-λ-anneau et a∈A. On appelle λ-rang de a la borne supérieure dans R de l’ensemble des entiers n∈N tels que λn(a)=0. Soit P une partie multiplicative de A formée d’éléments de λ-rang ≤1. Soit a=∑i∈Iai la somme d’une famille finie d’éléments de P. On a
λ(a)=i∈I∏(1+aiT), donc λn(a)=sn((ai)i∈I), ouˋ sn deˊsigne le polynoˆme symeˊtrique eˊleˊmentaire de degreˊ n (A, IV, p. 63). b) Soient
A un anneau et
a,b des éléments de
A. Alors dans
Λ(A) les éléments
1+aT et
(1+aT)∗(1+bT)=1+abT sont de
λ-rang
≤1. c) Soit
A un pré-
λ-anneau. Supposons qu’il existe un sous-monoïde multiplicatif de
A, formé d’éléments de
λ-rang
≤1, qui engendre le groupe additif de
A. Montrer que
A est alors un
λ-anneau. Plus généralement,
A est un
λ-anneau s’il existe un
λ-morphisme injectif de
A dans un pré-
λ-anneau satisfaisant à la propriété précédente (« Principe de scindage »). (Il s’agit de montrer que l’application
Z-bilinéaire
(a,b)↦λ(a)∗λ(b)λ(ab)−1 est nulle et que les applications
Z-linéaires
a↦ΛS(λT)[λS(a)] et
a↦λSA(λT(a)) de
A dans
ΛS(ΛT(A)) coïncident. Il suffit de vérifier ces propriétés pour
a,b∈P.) d) Soit
A=Z[(Xi)i∈I,(Xi′)i′∈I′] l’anneau des polynômes en deux familles finies d’indéterminées. On a
i∈I∏(1+XiT)=n≥0∑sn((Xi)i∈I)Tn où
sn((Xi)i∈I)=H∈(nI)∑XH, (nI) désignant l’ensemble des parties à
n éléments de
I, et où
XH=∏h∈HXh. En affectant les
Xi (et
Xi′′) du poids 1,
sn est homogène de poids
n. Tout polynôme symétrique en
(Xi)i∈I s’exprime de façon unique comme polynôme en les
sn (
n≥1) (A, IV, p. 58). En particulier, pour tout
m≥0, on a
sm((XH)H∈(nI))=Qn,m(s1,...,snm) où
Qn,m est homogène de poids
nm en les
sr=sr((Xi)i∈I) (
r=1,...,nm). C’est le coefficient de
Tm dans
∏H∈(nI)(1+XHT), et il est bien défini et indépendant de
I, pourvu que
Card(I)≥nm. Le coefficient de
Tn dans
∏(i,i′)∈I×I′(1+XiXi′′T) est
sn((XiXi′′)(i,i′)∈I×I′)=Pn(s1,...,sn,s1′,...,sn′) où
sr′=sr((Xi′′)i′∈I′), et où
Pn est homogène de poids
n en chacune des familles de variables
(sr) et
(sr′). Il est bien défini et indépendant de
I et
I′ pourvu que
I et
I′ soient de cardinaux
≥n. Montrer que dans le
λ-anneau
Λ(A) on a
(r≥0∑srTr)∗(r≥0∑sr′Tr)=n≥0∑Pn(s1,...,sn,s1′,...,sn′)Tn et
λnA(r≥0∑srTr)=m≥0∑Qn,m(s1,...,snm)Tm. D’après a) et b), on a
(r∑srTr)∗(r∑sr′Tr)=(i∏(1+XiT))∗(i′∏(1+Xi′′T))=i,i′∏(1+XiXi′′T)
et
λ(r∑srTr)=λ(i∏(1+XiT))=i∏(1+(1+XiT)S)=n∑sn((1+XiT)i∈I)Sn et
sn((1+XiT)i∈I)=H∈(nI)∏∗(1+XHT)=H∈(nI)∏(1+XHT).
e) Soit A un pré-λ-anneau. Pour que A soit un λ-anneau, il faut et il suffit que les conditions suivantes soient satisfaites, quels que soient a,b dans A, et n,m dans N. (i) λ(1)=1+T, (ii) λn(ab)=Pn(λ1(a),...,λn(a),λ1(b),...,λn(b)), (iii) λm(λn(a))=Qn,m(λ1(a),...,λnm(a)).
f) Soit ρ:A→B un λ-morphisme de pré-λ-anneaux. Si A est un λ-anneau et ρ surjectif, alors B est un λ-anneau. Si B est un λ-anneau et si ρ est injectif, alors A est un λ-anneau.