Algèbre commutative, IX, p. 69
Soit n un entier positif. Soit C un p-anneau de Cohen, de corps résiduel k, et de longueur n+1. Soit (xλ)λ∈Λ une famille d’éléments de C relevant une p-base (ξλ)λ∈Λ de k. On notera ρi:k→C pour tout i∈N, l’application ρn,iC définie à l’exerc. 2, où l’on prend pour Jm l’idéal pm+1C. a) Pour r∈N, soit M, l’ensemble des multi-indices m∈N(Λ) tels que, pour tout λ∈Λ, on ait 0≤mλ<pr. Alors, pour tout élément α de C, il existe une unique famille à support fini (ai,m) (0≤i≤n, m∈Mn−i) d’éléments de k, telle que
α=i=0∑nm∈Mn−i∑ρi(ai,m)xm, où la notation
xm désigne le produit
∏λ∈Λxλmλ. b) Considérons l’anneau U engendré par des générateurs
[xλ],
λ parcourant
Λ, et
[ρi(a)], i parcourant
N et
a parcourant k, et soumis aux seules relations suivantes (où les polynômes
Ri sont ceux introduits dans l’exerc. 3, p. 42). (i)
[ρi(a)]=0 pour
a∈k, i>n, (ii)
[ρ0(1)]=1 et
[ρ0(0)]=0, (iii)
[ρi(a)][ρj(b)]=[ρi+j(apjbpi)] pour
i,j dans
N et
a,b dans
k, (iv)
[ρi(a)]+[ρi(b)]=∑m=0n−i[ρi+m(Rm(a,b))] pour
i∈N et
a,b dans
k, (v)
[xλ]pn−i[ρi(a)]=[ρi(ξλa)] pour
0≤i≤n, λ∈Λ, a∈k. Prouver qu’on a
[ρi(0)]=0 pour tout
i∈N. Prouver, grâce à l’exerc. 3, b), p. 42, que si p est impair, on a
[ρ0(−1)]=−1; si p est pair, on a
∑i=0n[ρi(1)]=−1. c) Il existe une seule application de U dans C, qui, pour toute famille à support fini
(ai,m)0≤i≤n, m∈Mn−i d’éléments de k, associe à l’élément
⟨(ai,m)⟩=i=0∑nm∈Mn−i∑[ρi(ai,m)]λ∈Λ∏[xλ]mλ de U l’élément
∑i=0n∑m∈Mn−iρi(ai,m)xm de C ; c’est un isomorphisme d’anneaux. d) Déduire de ce qui précède une autre démonstration des résultats du § 2, no 3.