Bourbaki

Exercice 22, § 1

Algèbre commutative, VII

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

a) Soient \Gamma un groupe additif ordonné réticulé, A l’algèbre de \Gamma sur un corps k ; A est un anneau intègre (Alg., chap. II, 3e éd., § 11, n° 4, prop. 8). Tout élément x \neq 0 dans A s’écrit d’une seule manière

x=∑i=1nαievi, x = \sum_{i=1}^n \alpha_i e^{v_i},
où les v_i sont des éléments deux à deux distincts de \Gamma, les e^{v_i} les éléments correspondants de la base canonique de A sur k, et les \alpha_i des éléments \neq 0 de k. On pose \varphi(x) = \inf(v_1, \ldots, v_n) dans \Gamma : montrer que l’on a \varphi(x + y) \geq \inf(\varphi(x), \varphi(y)) si x, y et x + y sont \neq 0 dans A, et \varphi(xy) = \varphi(x) + \varphi(y) si xy \neq 0 dans A. (Pour démontrer la

EXERCICES

seconde assertion, on établira d’abord le lemme suivant : étant donnée une famille finie (ξj)(\xi_j) d’éléments de Γ\Gamma, pour que inf⁡(ξj)=0\inf(\xi_j) = 0, il faut et il suffit que pour tout η>0\eta > 0 dans Γ\Gamma, il existe un indice jj et un élément ζ∈Γ\zeta \in \Gamma tels que 0<ζ≤η0 < \zeta \leq \eta et inf⁡(ξj,ζ)=0\inf(\xi_j, \zeta) = 0. On appliquera ce lemme en se ramenant au cas où φ(x)=φ(y)=0\varphi(x) = \varphi(y) = 0.

b) Déduire de a) que si K\mathbf{K} est le corps des fractions de AA, φ\varphi se prolonge en un homomorphisme de K∗\mathbf{K}^* dans Γ\Gamma (encore noté φ\varphi), tel que φ(x+y)≥inf⁡(φ(x),φ(y))\varphi(x + y) \geq \inf(\varphi(x), \varphi(y)) si x,yx, y et x+yx + y sont ≠0\neq 0 dans K\mathbf{K}. En déduire que si BB est l’ensemble des x∈Kx \in \mathbf{K} tels que x=0x = 0 ou φ(x)≥0\varphi(x) \geq 0, BB est un anneau dont le corps des fractions est K\mathbf{K} et tel que, si UU est le groupe des éléments inversibles de BB, K∗/U\mathbf{K}^*/U soit isomorphe à Γ\Gamma (et en particulier BB est un anneau pseudo-bezoutien). En déduire des exemples d’un anneau pseudo-bezoutien non complètement intégralement clos, d’un anneau pseudo-bezoutien complètement intégralement clos mais non pseudo-principal (cf. Alg., chap. VI, § 1, exerc. 31), et d’un anneau pseudo-principal non factoriel.

c) Déduire de b) un exemple d’anneau intègre réunion d’une famille filtrante croissante de sous-anneaux factoriels et qui est complètement intégralement clos, mais non pseudo-bezoutien. (Soit θ\theta un nombre irrationnel dans (0,1)(0, 1), et pour tout entier jj, soit qjq_j le plus grand entier tel que qj/2j<θq_j/2^j < \theta. Pour tout jj, définir sur le groupe produit Q×Q\mathbf{Q} \times \mathbf{Q} une structure de groupe réticulé en prenant pour ensemble (Gj)+(G_j)_+ des éléments ≥0\geq 0 de ce groupe les couples (ξ,η)(\xi, \eta) tels que ξ≥0\xi \geq 0 et 0≤η≤(qj2−j)ξ0 \leq \eta \leq (q_j 2^{-j})\xi).

Solution

Aucune solution n’a encore été écrite.

Transcrit du volume imprimé. Non traduit.