Bourbaki

Exercice 12, § 2

Algèbre commutative, VII

Bourbaki marks this one as harder than the rest.

Soient AA un anneau intègre, KK son corps des fractions. Montrer que les propriétés suivantes sont équivalentes:

α\alpha Pour tout idéal premier pp de AA, l’anneau local ApA_p est un anneau de valuation.

β\beta Pour tout idéal maximal mm de AA, l’anneau local AmA_m est un anneau de valuation.

γ\gamma Tout idéal ≠0\neq 0 et de type fini dans AA est inversible (et par suite les idéaux fractionnaires ≠0\neq 0 et de type fini forment un groupe).

δ\delta Tout AA-module sans torsion et de type fini est projectif.

ε) Pour tout x∈Kx \in K, l’idéal fractionnaire A+AxA + Ax est inversible.

ζ) Pour tout x≠0x \neq 0 dans KK, il existe y∈Ky \in K tel que y≡0y \equiv 0 (mod. 1), y≡0y \equiv 0 (mod. xx), y≡1y \equiv 1 (mod. 1−x1 - x).

η) Si (αi)(\alpha_i) est une famille finie d’idéaux de AA, pour que le système de congruences x≡cix \equiv c_i (mod. αi\alpha_i) ait une solution, il faut et il suffit que ci≡cjc_i \equiv c_j (mod. (αi+αj)(\alpha_i + \alpha_j)) pour tout couple d’indices i,ji, j (« théorème chinois »).

θ) Si a,b,ca, b, c sont trois idéaux de AA, on a a∩(b+c)=a∩b+a∩ca \cap (b + c) = a \cap b + a \cap c.

ι) Si a,b,ca, b, c sont trois idéaux de AA, on a a+(b∩c)=(a+b)∩(a+c)a + (b \cap c) = (a + b) \cap (a + c).

κ) AA est intégralement clos et tout idéal de type fini dans AA est divisoriel.

λ) AA est intégralement clos et pour tout z≠0z \neq 0 dans KK, il existe x,yx, y dans AA tels que z=x+yz2z = x + yz^2.

μ) AA est intégralement clos et si a,b,ca, b, c sont trois idéaux fractionnaires ≠0\neq 0 de type fini, la relation ab=acab = ac entraîne b=cb = c.

ν) Pour tout AA-module MM de type fini, le sous-module de torsion de MM est facteur direct de MM.

σ) Tout anneau BB tel que A⊂B⊂KA \subset B \subset K est intégralement clos.

On dit alors que AA est un anneau prüférien (ou anneau de Prüfer).

(Pour prouver l’équivalence de α\alpha, β\beta, γ\gamma et δ\delta), utiliser le chap. II, § 5, n° 2, th. 1 et n° 6, th. 4. Pour prouver que ε\varepsilon entraîne γ\gamma, on utilisera l’identité (a+b)(b+c)(c+a)=(a+b+c)(ab+bc+ca)(a + b)(b + c)(c + a) = (a + b + c)(ab + bc + ca) entre trois idéaux fractionnaires dans un anneau intègre. Pour prouver que ζ\zeta entraîne η\eta, raisonner par récurrence sur le nombre des αi\alpha_i. L’équivalence de η\eta, θ\theta et ι\iota a été démontrée dans Alg., chap. VI, § 1, exerc. 25. Prouver que λ\lambda entraîne ε\varepsilon en remarquant que λ\lambda entraîne la relation

x(A+Az)⊂z(A+Az), x(A + Az) \subset z(A + Az),

en utilisant l’exerc. 6 b) du § 1, et en notant que

(A+Az)(Ay+Ax/z)=A. (A + Az)(Ay + Ax/z) = A.

Prouver que μ\mu entraîne λ\lambda en remarquant que l’on a toujours

z(A+Az)⊂(A+Az2)(A+Az). z(A + Az) \subset (A + Az^2)(A + Az).

Prouver que κ\kappa entraîne λ\lambda en notant que tout idéal principal fractionnaire AtAt qui contient AA et Az2Az^2 contient aussi AzAz. Pour prouver que ν\nu entraîne γ\gamma, considérer, pour un idéal entier de type fini a≠0a \neq 0 de AA, un élément c∈a(A:a)c \in a(A : a) non nul et appliquer l’exerc. 32 du § 1 à l’idéal b=cab = ca. Pour prouver que σ\sigma entraîne β\beta, se ramener au cas où AA est un anneau local, considérer un élément z∈K−Az \in K - A, et montrer que z−1∈Az^{-1} \in A en remarquant que l’hypothèse entraîne que z∈A[z2]z \in A[z^2].

Solution

Aucune solution n’a encore été écrite.

Transcrit du volume imprimé. Non traduit.